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Pierre Dubois

Formations et carrières

Suite des chroniques sur l’Orientation et Admission Post-Bac. Journée des Carrières et des Formations, Mulhouse, 22 janvier 2011.  Deux albums : 50 photos de la Journée et 25 photos des formations de l’Université de Haute-Alsace. Les 3 personnalités du Quiz du 29 janvier apparaissent dans le 1er album : qui sont-elles ?

Prochain reportage du blog : “Journées des universités et des formations post-bac“, Strasbourg, Palais des Congrès et de la Musique, 3 et 4 février 2011 (les JU). Signalement par Michel Abhervé (blogueur d’EducPros) d’une publication fort intéressante de l’INSEE Alsace (cliquer ici) : “Un zoom sur les jeunes de 18 à 29 ans en Alsace“. L’Alsace au 3ème rang des régions.

Outre le succès de participation (plus de 7.000 visiteurs et 150 stands pour les formations), plusieurs points forts de la manifestation de Mulhouse. 1. Plus de 300 professionnels venus bénévolement présenter, aux élèves du Haut-Rhin, leur secteur d’activité et les métiers susceptibles d’être exercés avec un bac+2, 3 ou 5. Ce sont les professionnels de la santé, du social et du paramédical qui sont les plus nombreux. Dans Le Monde de ce jour, lire l’article : “Vers la création de nouveaux métiers de santé“. Par expérience, je sais que les témoignages de professionnels en activité sont plus efficaces, pour les élèves, que la présentation des métiers par les enseignants !

2. Plus de 300 enseignants et chargés d’orientation et d’insertion des universités pour expliquer aux jeunes les formations pouvant mener à ces métiers. 3. Trois conférences : comment financer ses études supérieures, l’apprentissage dans le supérieur, l’utilisation du site APB.

97 formations d’enseignement post-bac sont proposées dans le Haut-Rhin (source Admission Post-Bac) : 44 BTS (dans 11 villes), 23 DUT (à Mulhouse et Colmar), 19 licences (à Mulhouse), 6 CPGE seulement (à Mulhouse et à Colmar), 1 diplôme de comptabilité et gestion (DCG), 3 mentions complémentaires. Avec 42 licences et DUT, l’université de Haute-Alsace (UHA, Mulhouse et Colmar) est fort bien placée. Elle est cependant devancée : 44 BTS dans 11 villes du Haut-Rhin ; on le sait, c’est le BTS qui offre le plus de formations supérieures de proximité, gages d’une plus grande démocratisation de l’accès au supérieur. 

Il demeure que l’enseignement supérieur est concentré dans les grandes villes, mais il y est dispersé dans plusieurs établissements. 51 formations à Mulhouse (soit 52,5% de l’ensemble des formations post-bac du département, 19 licences, 14 BTS, 11 DUT, 5 CPGE), dispersées dans 7 établissements ou Instituts (université, IUT, 5 lycées). 23 formations à Colmar : 12 DUT, 9 BTS (dans 6 lycées), 1 CPGE, 1 DCG. Dans les Instituts d’enseignement supérieur à créer, projet de réforme que porte ce blog, à côté des voies longues de licences menant aux masters, il n’y aurait qu’un seul type de voie professionnelle menant à la licence éponyme ; la séparation BTS / DUT, créée dans les années 60, présente désormais beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages.

Points forts des formations de 1ère année de l’UHA (… la navigation sur le site de l’université pour consulter l’offre de formation devrait être améliorée !). 1. Ses formations professionnelles : 23 DUT à Mulhouse et à Colmar. 2. Ses formations en langues : allemand, anglais, espagnol, italien… en dépit d’une certaine désaffection des bacheliers, en Italien en particulier. 3. Une licence en chimie, transfrontalière avec l’université de Fribourg (Parcours Regio Chimica). 4. Ses formations en alternance organisées avec le Centre de formation d’apprentis universitaire (CFAU) : plus de la moitié des DUT, 2 DEUST, une quarantaine de licences pros… 5. Un taux de boursiers élevé. 

A signaler un très grave problème cette année sur Admission Post-Bac. L’accès aux formations en alternance est impossible pour les étudiants étrangers : cette discrimination selon la nationalité est fortement contestée (cliquer ici). Elle pourrait être fort préjudiciable à l’Université de Haute-Alsace, vu sa localisation et ses nombreuses formations en alternance.

Entretien avec Alain Brillard, président de l’université de Haute-Alsace et membre du Conseil d’administration de la CPU. Il mentionne d’autres points forts et initiatives pour la licence : le projet professionnel personnalisé (PPP) en 1er semestre de licence, les passerelles avec les BTS (éviter que les étudiants ne décrochent et ne perdent une année), les conventions avec les CPGE, l’orientation active, l’accueil spécifique des premières années dans le cadre du Plan Réussir en licence, les larges possibilités d’aller étudier à l’étranger, les parcours à vitesse adaptée, deux semestres de 14 semaines (c’est davantage que dans d’autres universités).

Mais Alain Brillard identifie aussi les pistes de progrès. “La 1ère année de licence doit être simplifiée. Il faudrait un semestre commun dans chaque grand champ disciplinaire. En sciences, c’est quasiment fait et ça le sera à la rentrée 2011 en économie, gestion et droit”… “Il faudrait aussi faire les évaluations des étudiants sur l’ensemble de l’année et non plus par semestres ; la session d’examens en janvier prend trop de temps ; cela permettrait d’allonger le nombre de semaines de cours”. Les cordées de la réussite ? “Il est difficile de trouver les tuteurs étudiants” (chronique à suivre). Quant aux partenariats avec les entreprises, “ils constituent un de nos points forts, mais il faut encore les développer. Notre objectif : créer de l’activité sur le territoire“.

Alain Brillard se félicite de tous ces points forts, mais il identifie fort bien des obstacles aux innovations dans les formations : “les formations sont rangées en grands domaines. Le ministère refuse qu’une formation soit “à cheval” sur deux d’entre eux”. Sans doute pour des raisons logistiques et bureaucratiques de traitement des dossiers d’habilitation. “Il n’est donc pas possible de faire habiliter une double licence, par exemple “sciences” et langues étrangères appliquées”. Le ministère peut faire mieux !

Alain Brillard n’est aucunement inquiet de l’avenir des formations de licence. Il l’est bien davantage par l’avenir de l’université de Haute-Alsace. L’UHA développe un modèle original fondé sur la professionnalisation mais n’est pas une université de technologie et ne veut pas devenir un collège universitaire. L’inquiétude vient de la marginalisation de l’UHA par les investissements d’avenir : il ne semble pas que l’université de Mulhouse et Colmar ait été beaucoup consultée sur le projet IDEX ; elle n’a pas gagné de projet Equipex ; elle va répondre aux appels à projets “culture scientifique” et “documents électroniques”. Je sens qu’Alain Brillard pense, mais il ne le dit pas : l’université de Strasbourg joue trop “perso”. Chronique à suivre : “Orientation : les discours paradoxaux des élus politiques et de madame le Recteur”, entendus lors de la Journée des carrières et des formations.

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