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Pierre Dubois

Paris 13 et Sorbonne Paris Cité

Chroniques sur Paris 13 Nord : “Président Salzmann“, “Les 9 présidents“, “Paris 13 en 140 photos“, “L’offre de formation“, “Président Méla“. Etat des lieux des PRES franciliens : le dossier d’EducPros : “Entre petits arrangements et grands desseins“.

Suite de l’entretien avec Jean-Loup Salzmann, président de Paris 13 Nord. Objet : L’université et le PRES Sorbonne Paris Cité. L’université a toujours souhaité être membre fondateur de ce PRES et si elle n’est encore que membre associé, ce n’est pas de son fait ; la situation doit évoluer rapidement. Aujourd’hui, Paris 13 est un des huit membres de fait du PRES, créé par décret du 10 février 2010 sous le statut d’EPCS. Le PRES est doté d’un nouveau siège depuis janvier 2011, au 190 avenue de France, Paris 13ème. La communication institutionnelle est en place : Lettre n°2 de janvier 2011.

Le PRES est “rubriqué” sur le site de Paris 13. Jean-Loup Salzmann le présente aux entreprises : “fort de 120.000 étudiants, dont 6.700 doctorants et 5.650 enseignants-chercheurs, le PRES s’affirme d’ores et déjà comme un pôle de recherche et d’enseignement majeur, au rayonnement international. La coopération de ses membres va lui permettre de renforcer cette position tout en renforçant l’attractivité de l’Université Paris 13 sur le territoire“. Lors de l’entretien, le président insiste sur les nombreuses actions communes du PRES.

Une de ces ”mutualisations” est intéressante et tout à fait originale de la part d’un PRES : “appel à projets pédagogiques émergents 2011″. “Pour être éligible, un projet devra impliquer deux établissements au moins”… ”Il devra avoir un impact significatif sur au moins un des trois axes suivants : attractivité internationale, promotion de l’égalité des chances, contribution à la professionnalisation des études”. Budget : 600.000  euros. Quel est le budget du PRES ? Je n’en trouve nulle trace sur le site.

Sorbonne Paris Cité : pour qui ? pourquoi ? comment ? Vidéo de 2010 : le président du PRES (Jean-François Girard) et les huit présidents ou directeurs des établissements en expliquent les objectifs en 3 minutes 47. Huit hommes, une femme. Intéressant pour visualiser et mémoriser leur visage, leur silhouette, leur voix, leurs arguments pour les projets communs du PRES. Guillaume Houzel est directeur du développement du PRES (photo ci-contre). 

Le PRES ne vise pas la fusion (elle serait impossible vu les différences de statuts entre les universités et les grands établissements). Les termes employés : établissement confédéral, convergences, mutualisations, application du principe de subsidiarité… En résumé : “on réalisera mieux certaines missions parce qu’on se met ensemble“. Vu la jeunesse du PRES, il est trop tôt pour faire un premier bilan, mais celui-ci devra être fait. Prouver la performance des PRES n’a rien d’évident (chronique du blog : “PRES. Stop à la gabegie“).

De nombreuses missions sont définies dans les statuts. Elles doivent être transformées en projets. Le site de Sorbonne Paris Cité consacre une de ses rubriques aux projets en cours. Un projet pertinent : un centre commun de formation des doctorants à l’insertion professionnelle (CFDIP).

Et il y a bien sûr la participation de Sorbonne Paris Cité aux appels à projets des investissements d’avenir. Le projet d’IDEX s’appelle “Open Science”. Il est intégralement en ligne sur le site du PRES : il faut se féliciter de cette transparence. Mieux encore : sept échanges thématiques sur les sept leviers d’excellence de l’IDEX, du 22 mars au 4 mai (le programme). Echanges sur les trois projets phares : School of Science, Institut Sciences et Décisions, Collegium technologique organisé en deux composantes (les 5 IUT d’un côté, les écoles d’ingénieurs) ; School, Institut, Collegium ; quel aurait été le nom du quatrième enfant s’il avait été conçu ? Echanges sur les 4 fonds d’intervention pour “stimuler les coopérations scientifiques et pédagogiques innovantes” : fonds d’émergence, fonds de développement, fonds pour la politique d’accueil et de projection internationale, fonds pour la mutualisation et la performance (”dans le respect du principe de subsidiarité, il vise à procurer des gains en termes de qualité de service et à faciliter les économies d’échelle”).

La synthèse présentant Open Science est fort bien faite : elle serait presque convaincante. Elle a en tout cas plus d’allure que le projet SUPER, présenté par la concurrence, i.e. par le PRES Sorbonne Universités (toutes les chroniques de ce blog sur ce PRES). Plus d’allure, à moins que ce ne soit qu’un effet d’annonce ou le produit de la mobilisation d’un cabinet d’audit plus performant (chronique : “Les IDEX ne font pas le printemps“). Sur 5 à 10 initiatives d’excellence, il ne pourra décemment y en avoir 6 en Ile-de-France. Parions pour deux : Plateau de Saclay (c’est couru d’avance) et Open Science plutôt que SUPER.

Les questions non résolues sont très nombreuses. Les trois projets phares constitueront-ils de nouvelles structures juridiques, sous la gouvernance du PRES ? Ou auront-ils une double tutelle : celle du PRES et celle de leur établissement actuel d’appartenance ? La pagaille est assurée dans un cas comme dans l’autre. Dans le premier cas, pourquoi les établissements d’origine se sépareraient-ils de leurs fleurons ? Dans le second cas, faudrait-il une double décision positive pour mettre en oeuvre les projets réels ? On peut même imaginer le pire, l’imbrication de trop nombreux niveaux de décision ou plutôt de non-décision. Un exemple de pyramide institutionnelle potentielle : CA de l’IUT, CA de l’université d’appartenance de l’IUT, CA de la composante IUT du Collegium technologique, CA du Collegium technologique, CA du PRES.

Les IDEX ne font pas le printemps de l’enseignement et de la recherche ; elles pourraient même annoncer un hiver prolongé, une paralysie dans les glaces. Pourquoi ne pas faire plus simple ? Substituer au PRES Sorbonne Paris Cité et à ses 8 établissements un seul Grand établissement de recherche et de formation de 2ème et 3ème cycles, allégé de ses formations de licence, qui seraient prises en charge par une trentaine d’Instituts d’enseignement supérieur (IES), répartis dans le périmètre géographique du PRES actuel. Toutes les chroniques de ce blog sur les IES.