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Pierre Dubois

Le SNPTES UNSA en AG

La section territoriale d’Alsace du syndicat national du personnel technique de l’enseignement supérieur, de la recherche et des personnels de bibliothèques (SNPTES) de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) tenait son assemblée générale, ce 7 juin 2001, à Strasbourg. J’ai été invité à y participer par Alain Lithard, secrétaire départemental du SNPTES du Haut-Rhin et secrétaire national (photos ci-contre et dans l’album de 25 photos). L’AG se tient dans l’amphi du Collège doctoral européen de l’université de Strasbourg. Alain Lithard rappelle que le SNPTES a des élus dans les conseils d’administration des deux universités (Strasbourg et Haute-Alsace Mulhouse). 

Les principes qui guident la stratégie du syndicat : “la volonté de négocier, la force de s’opposer”. “Le service public au coeur”. “Libres ensemble”. Des nouvelles excellentes données par Jacques Drouet, secrétaire général (photos ci-contre et dans l’album), dans son exposé liminaire. Le congrès extraordinaire du SNPTES, réuni le 31 mars 2011, a approuvé le projet de modification des statuts du syndicat pour en particulier, “faire face aux modifications du paysage universitaire”.

L’organisation se décline désormais ainsi : adhérents, section locale, section territoriale (académie ou région), instances nationales. L’échelon départemental disparaît. L’assemblée générale de ce matin concernait donc les adhérents et les militants d’Alsace (une centaine étaient présents) et non pas du seul département du Bas-Rhin. Elle concrétisait la montée en puissance de l’échelon régional-académique et anticipait de fait le “rapprochement” entre les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace Mulhouse. Un syndicat qui anticipe : bravo ! Je reviendrai prochainement sur ce “rapprochement” : le SNPTES UNSA Alsace y est favorable. 

Deuxième bonne nouvelle : le syndicat va bien et même très bien. Il se renforce sans arrêt par l’intégration de nouveaux syndicats ; il en fédère aujourd’hui près d’une dizaine en Alsace : Université, CREPS, Rectorat, Crous, INRA, CNRS, Techniciens de labo… Ce renforcement s’est traduit lors des élections au CNESER du 22 mars 2011 : UNSA Education (SNPTES et A&I) a “conforté, avec 36,8% des voix, sa position de première fédération pour l’enseignement supérieur” chez les ingénieurs, techniciens et administratifs, loin devant la CGT (19,3%) et les autres syndicats.

Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. La prochaine échéance importante : les élections professionnelles au Comité technique Education nationale (20 octobre 2011). Il y a de fortes inquiétudes pour la composition des listes (elles sont désormais tous corps confondus, enseignants et BIATOSS), pour l’instauration du vote électronique. La participation au scrutin pourrait baisser fortement. Ce qui est sûr, c’est que ce scrutin entraînera une forte recomposition syndicale (suite à la loi sur le dialogue social) ; certains syndicats pourraient ne pas avoir de représentants et perdre ainsi les subventions de fonctionnement attribuées par l’Etat. Je reviendrai sur ces élections.

Le second exposé de la matinée est particulièrement courageux : “quel avenir pour les universités” ? Laurent Diez, secrétaire technique national, chargé du suivi des réformes, et secrétaire départemental de Meurthe-et-Moselle (photo ci-contre), fait circuler un texte d’une quarantaine de pages, extrêmement bien documenté et fort détaillé sur toutes les réformes qui ont touché les universités, en particulier depuis 2005.

L’empilement croissant des structures et des acteurs (chroniques : “Plan Campus et Investissements d’avenir : “je t’embrouille !”) saute aux yeux, dans les diapositives successives du diaporama (quelques photos dans l’album). Une des dernières projetées donne froid dans le dos : les investissements d’avenir conduisent à des inégalités insupportables entre régions : 7 régions devraient percevoir 89% des moyens, 4 régions, 8%, et 11 régions, 3% (chroniques : “14 régions désertifiées“).

La dernière diapositive projette la carte de l’enseignement supérieur dans 15 à 20 ans telle qu’elle serait produite par cette distribution inégale de l’excellence. Le SNPTES ne veut pas de ce schéma ! C’est courageux de la part de l’Alsace qui a particulièrement bien réussi les appels à projets des investissements d’avenir. Le SNPTES envisage d’autres avenirs. Des universités consacrées au cycle Licence et des universités de Master et doctorat ? Il s’interroge, cherche, anticipe.

Et la surprise pour moi (ce n’était pas prévu) : “Monsieur Dubois qu’en pensez-vous ? C’est quoi le projet de réforme que vous défendez sur votre blog, les Instituts d’enseignement supérieur (63 chroniques sur les IES) ? Je parle un quart d’heure, résumant les principaux arguments. Ce projet n’est pas rejeté d’emblée ; au contraire les militants sont attentifs. Je suis même fort applaudi. J’en discute encore avec plusieurs militants au cours de la marche vers le restaurant du CROUS et encore au déjeuner. Un avenir s’ouvre devant les IES, timidement. Je suis sur un petit nuage !

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