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Bernard Desclaux

Quelques réflexions à propos du service public d’orientation tout au long de la vie (I)

Le Décret no 2011-487 du 4 mai 2011 portant application de l’article L. 6111-5 du code du travail pour la mise en œuvre du service public de l’orientation tout au long de la vie et création du label national « Orientation pour tous – pôle information et orientation sur les formations et les métiers » et l’Arrêté du 4 mai 2011 fixant le cahier des charges relatif au label national « Orientation pour tous – pôle information et orientation sur les formations et les métiers » prévu à l’article R. 6111-1 du code du travail ont été publié récemment. Michel ABHERVE a publié une remarque : Orientation : la notion de site embrouillée par circulaire. Je défendrais dans ce premier post une autre position.

D’autres remarques seront développées dans d’autres posts.

La lecture du décret et de l’arrêté me suggère quelques réflexions sur la mise en œuvre.

Il faut tout d’abord rappeler que cette création est à mettre en rapport avec la conception européenne de l’orientation que l’on trouve dans la Résolution du Conseil sur

“Mieux inclure l’orientation tout au long de la vie dans les stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie”

2905ème session du Conseil ÉDUCATION, JEUNESSE et CULTURE

Bruxelles, le 21 novembre 2008

Le Conseil de l’Union européenne et les Représentants des Gouvernements des Etats membres, réunis au sein du Conseil,…

  • Confirme la définition de l’orientation en tant qu’un processus continu qui permet aux citoyens, à tout âge et tout au long de leur vie, de déterminer leurs capacités, leurs compétences et leurs intérêts, de prendre des décisions en matière d’éducation, de formation et d’emploi et de gérer leurs parcours de vie personnelle dans l’éducation et la formation, au travail et dans d’autres cadres où il est possible d’acquérir et d’utiliser ces capacités et compétences. L’orientation comprend des activités individuelles ou collectives d’information, de conseil, de bilan de compétences, d’accompagnement ainsi que d’enseignement des compétences nécessaires à la prise de décision et à la gestion de carrière.

La France, sans doute vu la complexité du problème, a fait le choix non pas de créer un service, mais de tenter de coordonner les services existants, qui sont finalement très nombreux dans notre pays. Cette coordination se faisant quasiment sans moyens.

Jusqu’à présent, ces différents organismes portaient pour la plupart sur un public ciblé, et avec deux « fonctions » plus ou moins développées selon les organismes :

  • une fonction « service » : essentiellement obtention d’informations à la demande
  • une fonction « traitement » : application d’un droit, par exemple, l’obtention d’un statut tel que celui de « stagiaire de la formation continue ».

L’un des premiers effets de cette coordination serait donc de généraliser à tous les organismes une fonction « service ». Ceci peut paraître simple, mais suppose de revoir complètement la fonction accueil de tous ces organismes. Dans ce cadre, celui qui décide de la nature du service à rendre est non pas l’accueillant, mais l’entrant ; renversement du pouvoir sur l’autre dans beaucoup d’endroits.

L’idée de coordination sans fusion et sans rassemblement sur un « lieu unique » me semble quant à moi beaucoup plus réaliste. Les différents organismes susceptibles de participer à ce Service pour tous, relèvent de statuts et de sources de financement forts différents.

Bernard Desclaux, le 9 juin 2011

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