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Pierre-Gaël Pasquiou

Un community manager ? Why not !

Pour mon premier billet sur ce blog, je souhaite aborder le thème du community management dans les écoles de commerce. En tant qu’ancien community manager de l’Ecole Management Strasbourg et depuis peu responsable communication du site Ecoles2commerce.com, il s’agit d’un sujet que je suis régulièrement amené à aborder.

Depuis l’an dernier de nombreuses écoles annoncent qu’elles viennent de doter leur service communication du dernier outil à la mode : Un community manager.

Pour les personnes qui ne savent pas du tout à quoi cela correspond, en résumant très sommairement, un community manager est la personne en charge de la e-reputation d’une organisation. Il est la bouche, les oreilles et les yeux de celle-ci sur la toile. Ce métier a commencé dans la communauté du jeu vidéo, il s’est répandu dans les entreprises et a gagné le milieu de l’enseignement supérieur depuis un peu plus d’un an.

En réalité, contrairement à ce qui est affiché, très peu d’écoles ont réellement recruté quelqu’un pour faire ce travail. Elles ont quelqu’un qui assure quelques unes des missions que comporte le métier de community manager. Parfois il s’agit du webmaster, parfois d’un des membres du service communication, d’un stagiaire, d’une association de l’école ou même d’un étudiant.

Il s’agit là d’un phénomène que j’ai constaté récemment lorsque j’ai eu à recenser l’ensemble des community managers existants dans les écoles de commerce.

Community manager est un métier, pas une mission. Il ne s’agit pas de poster des actualités de temps en temps sur le compte Facebook ou Twitter de l’institution, c’est un métier avec différentes missions.

Les missions de ce poste ne demandent pas uniquement une bonne gestion des outils mais également un vrai savoir faire.

Régulièrement on me demande «Nous voulons recruter un community manager, quelles sont les questions que je dois lui poser à l’entretien ? Il doit être capable de se servir de quels outils ?». Il y a une méconnaissance totale de ce métier, l’occasion d’ailleurs pour bon nombre de personnes de foncer dans cette brèche et de se présenter comme expert en la matière.

Le vrai risque est là, en déléguant ce travail à des gens qui ne connaissent pas le métier, nous allons forcément constater des dégâts prochainement. Quand je parle de dégâts, je veux parler de choses comme certains bad buzz que l’on a constatés l’an dernier.

En effet laisser le community management de façon totalement aveugle à un personne non compétente est un vrai risque pour les écoles. Alors que le community manager doit être le plus proche possible de l’information, connaître parfaitement les enjeux de la structure, être très pointu, réactif, on laisse la main à des personnes qui risquent de ne pas pouvoir gérer une situation de crise qu’elles auront elles-mêmes créée.

Le bricolage actuel est dangereux et construire une communauté est beaucoup plus simple que de reconstruire après un gros bad buzz. ll est normal que pour le moment, persuadé qu’il s’agit d’embaucher quelqu’un qui va passer sa journée sur Facebook, les écoles ne veulent pas investir dans une personne à plein temps. Il faut lever le voile sur ce nouveau métier afin que les écoles réalisent qu’un réel investissement est nécessaire.

On nous avait prédit l’éclosion de nombreux nouveaux métiers, en voici un exemple.

Quelques liens utiles :

Fiche de poste de l’APEC

Le Community Management” de Catherine Ertzscheid

1 réponse sur « Un community manager ? Why not ! »

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