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Henri Audier

Le Forum de Toulouse, le PS et la recherche. 4- Les programmes

4- Les programmes (1)

L’ANR

Nous recentrerons les missions de l’Agence nationale de la recherche dans son rôle de coordination. L’ANR gère des moyens importants qui se sont substitués aux moyens directement versés aux laboratoires par les organismes de recherche et les universités. Cette agence a ainsi contribué à développer la précarité dans la recherche et rendu plus difficile la mise en place de stratégies de sites ou de laboratoires en matière de recherche. Après un audit extérieur, nous réviserons à la fois ses objectifs, son fonctionnement et son budget. Celui-ci sera diminué, en augmentant d’autant les moyens de base des laboratoires universitaires et des organismes. Le budget correspondant aux salaires ne doit pas accroître la précarité. Le rôle de l’ANR sera de mettre en œuvre des programmes de coordination en matière de recherche orientée entre plusieurs organismes et universités, dans le cadre de priorités définies par le pouvoir politique (questions énergétiques, par exemple, qui relèvent de multiples organismes de recherche). Cette agence doit être une structure légère, d’interface, dont le fonctionnement doit être démocratique, à l’instar de la DFG allemande.

[Il y a contradiction entre l’affirmation que « cette agence doit être une structure légère, d’interface » et « le rôle de l’ANR sera de mettre en œuvre des programmes de coordination ». Point n’est besoin d’ANR pour gérer des programmes, activité qui peut être faite par l’un des établissements participant au programme. En tout état de cause, le nom de l’ANR devrait être changé]

Trois types de programmes

La division récente du CNRS en Instituts verticaux a mis un coup d’arrêt au développement de la pluridisciplinarité bien au-delà de cet organisme. (…) Trois types de programmes seront donc impulsés pour compenser ce lien transversal entre les disciplines insuffisamment consolidé par les Instituts du CNRS.
– Des programmes pluridisciplinaires ayant pour finalité le progrès des connaissances
Ces programmes dépendront des seuls scientifiques. Décidés par un ou plusieurs organismes (après avis de leur Conseil scientifique), ils seront gérés par l’un d’eux et dotés d’un conseil de programme représentatif. (…) Ils devront exclusivement fonctionner sur des emplois budgétaires ou des allocations de transition.
– des programmes finalisés sur les grands enjeux de la société
Ces programmes concernent très directement toute la société : santé, ville, environnement, éducation, etc. Ils peuvent être à l’initiative du gouvernement où à celle des scientifiques au travers de leurs établissements. Quelle qu’en soit l’origine, l’élaboration de ces programmes doit pleinement impliquer les EPST et les EPIC concernés par les thématiques choisies. Suivant la nature du projet, les représentants de ceux-ci pourraient s’adjoindre des membres du monde associatif, économique, social, médical, culturel. Ils seraient financés par le ministère après avis de l’OPECST.
– des programmes sur les grands enjeux économiques
Ces programmes accompagneront l’effort de ré-industrialisation. Ils visent à développer des réseaux nationaux de laboratoires de recherche, de plateformes scientifiques et de métiers, sur des thèmes scientifiques et technologiques considérés comme stratégiques pour l’économie, l’emploi et, plus généralement, pour tous les thèmes renforçant la compétitivité de notre tissu industriel et des emplois associés. Ces programmes pourront inclure des thématiques de certains des pôles de compétitivité actuels et seront déclinés dans les régions. Ils associeront laboratoires privés et publics, les Instituts Carnot, les organismes et les universités. Ils seraient votés par le Parlement, après avis de l’OPECST, et financés par l’État.

Une organisation en réseaux

Nous développerons des réseaux nationaux et européens pour mener des projets stratégiques de grande ampleur. (…) Au niveau national : nous encouragerons le développement de réseaux nationaux de laboratoires de recherche publique, de plateformes scientifiques et de métiers, sur des thèmes scientifiques jugés prioritaires aussi bien en recherche fondamentale qu’en recherche orientée. Des centres de recherche privée pourront y être associés. À côté de l’organisation territoriale de la recherche au sein des écosystèmes, il sera nécessaire de regrouper nationalement des forces scientifiques aptes à mener des projets stratégiques de grande ampleur, par exemple ceux conduisant à la ré-industrialisation de la France et à la relocalisation d’activités stratégiques, ceux correspondant à des programmes transversaux pluridisciplinaires ou encore à la réalisation ou la mise à niveau de très grandes infrastructures de recherche (TGIR) à forte lisibilité internationale.

(1) Lors du Forum de Toulouse (18 mai 2011), le PS a précisé ses positions en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Comme l’a dit par plusieurs fois François Hollande, son programme est celui du PS, même si, et c’est bien normal, il se réserve la possibilité de classer les priorités. Comme tout le monde n’a pas lu ce programme, nous en donnons ici un résumé pour ce qui concerne la seule recherche. Tous les textes ci-dessous émanent du programme, sauf les titres et sous-titres, ainsi que les rares commentaires entre crochets, qui sont de la main de l’auteur.

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