Catégories
Jean-François Fiorina

L’entrepreneuriat, nouvelle frontière anti crise ?

Où faut-il chercher les explications de ce regain d’intérêt pour l’entrepreneuriat ? Est-ce une solution pour limiter les tensions actuelles sur le marché de l’emploi ? Ou les conséquences de la montée en puissance de la génération Y ? Il y a sûrement des deux. Dans mon établissement, où l’esprit d’entreprise fait partie de notre ADN, nous observons un socle stable de 10% à 15% d’entrepreneurs « nés » et un potentiel considérable d’étudiants qu’un accompagnement pourrait aider à passer le cap psychologique. Comment s’y prendre ?
Comme directeur d’école, j’ai la responsabilité de garantir deux choses : permettre à tous ceux qui le souhaitent de se lancer ou de se tester sans jouer avec leur scolarité et l’accès au diplôme. Il y a donc une méthode à appliquer :


1/ Conseil et discussions : la première étape concerne l’individu et non le projet. Quelque soit son niveau d’avancement, nous encourageons la démarche en explorant les réelles motivations des entrepreneurs. Sont-ils prêts à vivre un parcours plus risqué ? A se remettre en cause ?  A se relever en cas d’échec ? A vivre sans les mêmes garanties de revenus qu’un salarié dans une grande entreprise ? Tout le monde n’est pas entrepreneur…  Pour moi, l’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’entreprise, il y a aussi la reprise et l’ « intrapreneuriat ». Chacun doit aller au bout de ses rêves qu’ils aboutissent ou non. Au moins, ils ne seront pas  déçus.

2/ Accompagnement en souplesse : une fois la phase « motivation » validée, la variété des projets, des secteurs, des individus impose un accompagnement personnalisé. Pas de modèles formatés ! C’est la meilleure garantie de succès même si beaucoup s’engagent dans le secteur du web 2.0 et des nouvelles technologies. Nous aidons le porteur de projet à se fixer un objectif mais les chemins pour l’atteindre sont tous spécifiques. Certains étudiants n’ont d’ailleurs pas besoin de nous ! D’autres demandent ce suivi. Toutes les ressources sont alors proposées, dans la durée ou ponctuellement : conseil stratégique, aide sociale, coaching, etc. Le parcours pédagogique peut être également adapté. Le timing de l’école et de la création ne sont pas corrélés. Dire que le 15 septembre de l’année vous serez entrepreneur n’a pas de sens !

3/ Montée en puissance : après le lancement, et pour des structures en mode de croissance rapide, d’autres ressources sont mobilisables comme des cours spécialisés, l’incubation ou l’appui de business angels. A Grenoble, nous avons monté notre propre structure, GEM Angels, pilotée par des diplômés de l’école par des diplômés de GEM et des étudiants de notre mastère spécialisé Entrepreneurs, une première en France. Par ailleurs, 17 entreprises bénéficient d’une incubation maison.
Vous l’aurez compris je suis un fervent promoteur de l’entrepreneuriat. Je souhaite encore améliorer cette dynamique en identifiant, par exemple, les profils entrepreneurs dès l’oral du concours. Par contre, l’effervescence autour de ce thème me donne l’occasion de critiquer l’inflation du nombre d’acteurs et de programmes. Tout cela devient contre productif et je réaffirme fortement le fait que l’entrepreneuriat et la poursuite des études sont indissociables pour garantir le succès de nos jeunes. Je poursuivrai, d’ailleurs, sur cette question en interviewant sur mon blog quelques ex-étudiants entrepreneurs de Grenoble Ecole de Management.

A lire : une étude intéressante sur l’entrepreneuriat du cabinet MacKinsey&Company (novembre 2010, éditée à l’occasion du G20).

Be Sociable, Share!