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Henri Audier

François Hollande et l’ES-R. 2- Les étudiants et la priorité au premier cycle

Addendum au précédent chapitre

Dans l’article précédent nous nous étions interrogé pour savoir si la fin de l’engagement 39 relatif « à l’accélération des investissement d’avenir » marquait un désaccord profond ou une ambiguïté. « Libération » de ce jour (30/01/12) publie un très bon article résumant les postions des différents candidats sur l’ESR : http://www.liberation.fr/societe/01012386632-les-candidats-revoient-la-copie-gouvernementale

Dans cet article, Vincent Peillon (responsable ESR de François Hollande) précise : « Après des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, une loi-cadre sera proposée. Afin de ne pas laisser se créer des déserts scientifiques, le travail des équipes de recherche et des universitaires pour répondre aux Investissements d’avenir ne doit pas être remis en cause mais réorienté par une politique de mise en réseau. (VP-LIB)»

Cette position ouvre la voie à une remise à plat du Grand emprunt et, pour le moins, à son utilisation en rapport avec les procédures budgétaires normales.

La priorité au premier cycle

Elle est clairement annoncée par François Hollande : « Je réformerai les premiers cycles universitaires, en décloisonnant les filières à l’université afin d’éviter une spécialisation trop précoce des étudiants, en renforçant les passerelles entre toutes les formations du supérieur, notamment entre universités et grandes écoles. Je créerai une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources dans le cadre d’un parcours d’autonomie. J’encadrerai les stages pour empêcher les abus. Je donnerai une impulsion aux échanges entre universités françaises et étrangères. J’abrogerai la circulaire sur les étudiants étrangers » .

« Nous nous attaquerons en priorité à réformer le 1er cycle, où les taux d’échec sont insupportables pour la nation. C’est un immense gâchis. Nous avons aussi à prendre vigoureusement en main quelques questions lourdes qui concernent la condition étudiante. Pensez aux difficultés de logement ou de santé, qui sont devenues très préoccupantes aujourd’hui » (VP-LM).

« Je souhaite un plan pluriannuel de recrutement dans l’enseignement supérieur et qu’une partie des 60.000 postes (que le candidat PS a promis de créer dans l’éducation) soit affectée au supérieur. Je le proposerai à François Hollande », a déclaré M. Peillon (VP-JE), chiffrant ensuite ce plan à « 5.000 postes ». « Je ne vois pas comment on peut réformer les premiers cycles universitaires sans moyens, notamment d’encadrement »(VP-JE),

Rapprocher universités et écoles

« Pour relancer la démocratisation, nous engagerons une profonde réforme des premiers cycles : il faut décloisonner les filières, favoriser les passerelles, en particulier universités-grandes écoles, donner plus de moyens aux étudiants les moins bien préparés. Il faudra aussi offrir des parcours plus adaptés aux bacheliers technologiques et professionnels. Nous créerons enfin une allocation d’études et de formation sous condition de ressources avec une refonte du système d’aides sociales. (VP-LIB)»

«  Il y a deux choses inacceptables pour la République : un élève de classe préparatoire coute deux fois plus cher à la nation qu’un étudiant de l’université, alors même qu’il vient d’un milieu plus favorisé, tendance d’ailleurs qui s’accroît. C’est une redistribution à l’envers, une discrimination positive où on donne plus à ce qui ont plus ! A l’université, les élèves issus de l’enseignement professionnel ou technologique, qui n’accèdent plus aux IUT, qui viennent de milieux plus modestes, sont en échec presque total. Voilà ce à quoi il faut remédier, avec des objectifs clairs, une vision de long terme, une volonté ferme. Le chemin ne sera pas de séparer davantage (…), mais de rapprocher, de diffuser et de partager cette excellence » (VP-LM).

La formation des maîtres
« Je mettrai en place un pré-recrutement des enseignants avant la fin de leurs études. Pour tous, je rétablirai une formation initiale digne de ce nom » (François Hollande).

D’après Educpros (VP-JE), la formation des enseignants sera un des gros chantiers. S’il reste attaché à la formation des enseignants à l’université, Vincent Peillon évoque la piste d’un pré-recrutement de certains enseignants « en L3 ou M1 », afin de susciter davantage de vocations. Ce pré-recrutement permettrait à certains jeunes de se faire financer leurs études.

En cas de victoire de la gauche, il n’y aurait plus qu’un seul ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, et non deux comme aujourd’hui, « cela a été arbitré », a ajouté Vincent Peillon (VP-JE), justifiant ce choix par la formation désormais universitaire des enseignants et la nécessité d’une continuité entre le lycée et le premier cycle.

A suivre … 3- Le casse-tête des moyens et de l’emploi

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