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Pierre Dubois

Lorraine : LE communiqué officiel

Suite de la chronique “Lorraine : silence sur les élections“. Quand la communication externe de l’université se hâte lentement, il est logique qu’une chronique comme celle publiée sur ce blog attire des commentaires publics et des messages privés, chacun d’entre eux apportant des informations. Je remercie en particulier deux des candidats à la présidence de l’université unifiée de m’avoir indiqué l’adresse de leur blog de campagne. Blog de Pierre Mutzenhardt (Unis vers 2020). Blog d’Arnaud Mercier (L’UL Autrement) ; celui-ci, dès avant les élections, avait dénoncé ”l’usine à gaz électorale et institutionnelle” de l’université de Lorraine. Merci également à la liste ObstinéEs qui a diffusé l’info sur son blog de campagne.

L’analyse comparative des résultats des élections universitaires tentée par ce blog (35 chroniques sur les élections) doit d’abord s’appuyer sur la communication officielle détaillée : celle-ci engage l’université. Sans cette communication externe validée, l’analyse est perturbée par les informations partielles, voire partiales, par les bruits et les rumeurs.

Le reproche fait à la communication de l’université de Lorraine, c’est d’avoir tardé à publier un communiqué de presse. Celui-ci a été diffusé hier (15 février 2012). Il est centré sur la composition du Conseil d’administration (CA), l’instance qui va élire le président de l’université le 28 février 2012.

Le communiqué dresse d’abord le portrait des 5 personnalités extérieures, désignées par les directeurs des 10 pôles scientifiques et des 8 collegiums. Arnaud Mercier, sur son blog de campagne, se gausse de ce mode de désignation : “Démocratie au 4ème degré“.

Vient ensuite la liste des élus au CA, six élus représentant les professeurs et assimilés (collège A), six, les maîtres de conférences et assimilés (collège B), quatre, les BIATOSS, et quatre, les usagers. Toutes les informations nécessaires sont données : nombre d’inscrits et de votants, taux de participation (il n’est pas très élevé pour des élections qui précèdent l’élection du président d’une nouvelle université), nombre de voix et de sièges obtenus par chacune des listes de candidats. Une information supplémentaire aurait été la bienvenue : les données précédentes réparties par site géographique (Nancy et Metz) ; je comprends qu’elle n’ait pas été fournie ; le communiqué de presse aurait été trop long et trop compliqué.

Cinq professeurs sont candidats à l’élection présidentielle du 28 février 2012. Ils ne sont pas rangés par ordre alphabétique : Pierre Mutzenhardt, Luc Johann, Jean-Louis Morel, Arnaud Mercier, Henri Coudane. Rappelons qu’on peut être candidat à la présidence sans avoir été candidat ou élu au CA (quatre cas de figure sont identifiés dans la chronique : “Lyon 1 : combien de candidats ?“).

Dans le communiqué de presse, manquent les noms des représentants au CA de 5 collectivités terrritoriales : la région, les deux départements, les deux communautés d’agglomération principales (Metz Métropole et Grand Nancy). Sans doute parce que les collectivités n’ont pas encore toutes désigné leurs représentants. Seul Gilbert Krausener (président de la Commission enseignement supérieur et recherche) a été désigné par Metz Métropole. Les autres collectivités attendent-elles pour désigner leur représentant de négocier avec chacun des candidats à la présidence ?

Pierre Mutzenhardt a une longueur d’avance pour l’élection à la présidence (8 sièges au CA sur 30). Rappelons que ce nombre de sièges important (8 des 12 attribués aux enseignants) est le fruit de la prime attribuée à la liste arrivée en tête (pour en savoir plus : “Prime à la liste gagnante“). Pierre Mutzenhardt a obtenu 39,8% des suffrages exprimés dans le collège des professeurs, 28,3% dans le collège des MCF. L’élection du président de l’université de Lorraine n’est donc pas faite d’une part parce que les 4 BIATOSS et les 4 étudiants élus appartiennent à 6 listes différentes, d’autre part parce qu’il sera difficile aux personnalités extérieures de ne se baser que sur les programmes de l’un ou l’autre candidat pour faire leur choix.

Le président élu, quelle gouvernance de l’université unique mettra-t-il en oeuvre ? Comment la répartition des pouvoirs et des responsabilités se fera-t-elle entre le président, le CA, les 3 autres conseils, le sénat académique, le comité technique, le directoire, les directeurs des pôles scientifiques et de collegiums ? Délégations de pouvoir, subsidiarités… Ce ne sera pas évident. Pierre Muzenhardt précise ses orientations sur son blog : “nos principes en gouvernance“.

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