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Pierre Dubois

Bordeaux. Tunon de Lara, président

Manuel Tunon de Lara a été réélu, le 16 février 2012, président de l’université Bordeaux Ségalen (ex Bordeaux 2). Le site. L’offre de formation par domaines.

Plusieurs singularités et ressemblances de cette élection avec d’autres scrutins. 1. Une réélection brillante : 17 voix pour, 4 bulletins blancs, 1 non participation au vote. 2. Une réélection facile : le président, élu pour un premier mandat en 2008, était seul candidat à sa succession ; il pouvait l’être : un seul mandat exercé et un âge adéquat (54 ans). Il est le deuxième président élu dans des conditions identiques (Khaled Bouabdallah, Université Jean Monnet Saint-Etienne).

3. Une réélection pour un mandat court : singularité logique. ”Ce mandat pourra être réduit à deux ans en raison de la création de la Nouvelle Université de Bordeaux prévue au 1er janvier 2014″. 4. Manuel Tunon de Lara est professeur des universités et praticien hospitalier. Les PU/PH, au cours des deux premiers mois de la campagne d’élections 2012, ont raflé une grande partie de la mise. Mais pas de femmes, présidentes et PU/PH. Interprétations ? Elles commencent à apparaître dans les commentaires de plusieurs chroniques. J’y reviendrai.

Signalée sur le site de l’université, une interview de 27 minutes du président Tunon de Lara, le 8 octobre 2011, sur La Voix est libre. Trajectoire de reproduction sociale sur trois générations : père, exilé républicain espagnol, devenu professeur des universités en Histoire à la faculté de Bordeaux ; fille qui a commencé cette année des études de médecine. Praticien hospitalier, Manuel Tunon de Lara reconnaît ne plus faire de recherche, mais, pneumologue, spécialiste de l’asthme et des allergies, il continue de recevoir des patients à l’hôpital, une demi-journée par semaine.

Le journaliste le présente comme président de l’université de Bordeaux. Il est vrai que Manuel Tunon de Lara est également président du PRES. Sera-t-il candidat à la présidence de la nouvelle université au début de 2014 ? Plusieurs thématiques abordées au cours de l’entretien : autonomie, financement, échec en premier cycle universitaire, mission d’insertion professionnelle… Le président est manifestement favorable à la LRU et aux investissements d’avenir.

Le journaliste : 50% des étudiants entrant à l’université en sortent sans diplôme. C’est faux ! Même si le taux de réussite aux concours de santé est faible, à Bordeaux comme ailleurs, ce n’est pas pour autant que les étudiants qui s’inscrivent dans la PACES n’obtiennent pas de diplôme du supérieur ! Un président ne doit pas conforter les stéréotypes ! Manuel Tunon de Lara se contente de lister, assez banalement, les causes de l’échec : pas de sélection à l’entrée de l’université, choix de la licence faute de mieux, étudiants non préparés à l’université durant leur enseignement secondaire, étudiants qui travaillent en parallèle à leurs études, conditions d’études qui ne sont pas excellentes. Mais, des progrès ont été faits grâce… au Plan licence.

Dommage que l’Observatoire de l’université de Bordeaux ne fasse pas de suivi de cohortes des bacheliers qui entrent chaque année dans le SUP en Aquitaine : ce suivi, prenant en compte les réorientations d’une filière à l’autre, démontrerait l’erreur du président Tunon de Lara.

Université de Bordeaux. 60.000 étudiants, dit le président. Université qui a été une des 3 premières lauréates des Initiatives d’excellence. François Fillon a signé, le 3 février 2012, la convention de financement de l’IDEX (700 millions d’euros de dotation, en capital essentiellement). C’est fort compliqué à Bordeaux. L’université de Bordeaux 3 Michel de Montaigne est membre du PRES Université de Bordeaux. Dans le texte de l’IDEX, son nom n’apparaît jamais. Se pourrait-il que l’université, “intégrée” au début de 2014, laisse, sur le côté du chemin, l’université des Arts, lettres et langues ? ”IDEX ou le n’importe nawak“. Sur ce blog : une quarantaine de chroniques sur les universités d’Aquitaine et 150 photos de Bordeaux 3.

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