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Claude Lelièvre

Vers un seul ministre pour le système éducatif?

Depuis cinq ans, nous avons eu un ministère de « l’enseignement supérieur et de la recherche » échappant sans ambiguïté au périmètre du ministère de l’Education nationale. Mais il faut bien voir que loin d’être la règle, cela constitue plutôt une exception depuis le début de la cinquième République. Du moins pour ce qui concerne les enseignements supérieurs.

En effet, les enseignements supérieurs n’ont échappé à l’autorité du ministre de l’Education nationale qu’une dizaine d’années sur les 54 années qui se sont écoulées depuis l’instauration de la cinquième République.
En dehors de Nicolas Sarkozy , le seul président de la République qui a voulu un ministère de plein exercice pour le supérieur a été Valéry Giscard d’Estaing qui a créé en mai 1974 un secrétariat d’Etat “aux universités”  ( dont le titulaire a été Jean-Pierre  Soissons, puis Alice Saunier-Seïté à partir de janvier 1976 ) érigé ensuite en ministère ( de plein exercice )  “aux universités” en avril 1978 ( pour la même Alice Saunier-Seïté ).

Le Premier Ministre de la première cohabitation  (Jacques Chirac ) a bien nommé un ministre « chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur » le 20 mars 1986 – Alain Devaquet – mais il a dû partir dès le 8 décembre 1986 et , surtout, il n’était que « ministre délégué » ( et donc sous la tutelle – au moins de principe – du ministre de l’Education nationale René Monory ).
Le Premier ministre de la seconde cohabitation  ( Edouard Balladur ) a – lui – nommé un vrai « ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche » ( François Fillon ) qui est resté en poste du 30 mars 1993 au 11 mai 1995.

Durant les quinze années de gouvernements socialistes, que ce soit sous les présidences de François Mitterrand ( de juin 1981 à mars 1986, et de mai 1988 à mars 1993 ) ou bien sous la houlette du Premier ministre de la troisième cohabitation ( Lionel Jospin ) les enseignements supérieurs sont restés sans ambiguïté dans le périmètre de l’action du ministre de l’Education nationale.
Il serait donc pour le moins curieux que le nouveau président de la République se situe en la matière dans la mouvance de son prédécesseur, d’autant que deux des dossiers prioritaires annoncés ( à savoir l’optimisation de la ‘’licence’’ et la refondation d’une véritable formation professionnelle des enseignants ) appellent plus la ‘’continuité’’ entre les sphères du ‘’scolaire’’ et du ‘’supérieur’’  ( ainsi que ‘’l’unité de commandement  ) que l’inverse.