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Pierre Dubois

Trois présidents en Pays de Loire

Troisième synthèse comparative sur les élections universitaires  : “Les 4 présidents de Bretagne“, “3 présidents en Poitou-Charentes et Limousin“. Les trois universités des Pays de Loire ont élu leurs Conseils centraux. Nantes et Angers ont élu leur président ; le CA de l’université du Maine Le Mans élira le sien le 16 mai.

Les trois universités se sont fédérées fin 2008 dans le PRES UNAM (Université de Nantes, Angers, Le Mans). Daniel Martina, président sortant de l’université d’Angers et non rééligible, en est encore le président. Synthèse sur les élections dans les 3 universités : le tableau établit les liens vers les 7 chroniques du blog qui y ont été consacrées.

Informations fort lacunaires pour Maine Le Mans : degré zéro de la communication institutionnelle sur le site de l’université alors que les élections aux conseils ont eu lieu le 7 février 2012 et que le CA élira le président le 16 mai. “Président Guillotin, pourquoi cachez-vous les résultats des élections ? Est-ce parce que votre politique a été désavouée” ?  Un tel silence est inacceptable (chroniques sur la communication des universités).

2 présidents à Nantes et à Angers. Le plus âgé, Jean-Paul Saint-André (Angers), né en 1949 ; le plus jeune, Olivier Laboux (Nantes), né en 1962. Deux présidents appartenant au même secteur scientifique : celui de la Santé, tous deux professeurs des universités et praticiens hospitaliers, l’un odontologue, l’autre anatomopathologue. Autre point commun entre les deux nouveaux présidents : ils étaient doyens de faculté et n’appartenaient pas à l’équipe présidentielle sortante. Jean-Paul Saint-André succède à Daniel Martina, et Olivier Laboux à Yves Lecointe ; les deux présidents sortants n’étaient pas rééligibles.

Les deux présidents n’ont pas eu une élection facile : vainqueurs dans le collège A des professeurs, les listes soutenant leur candidature ont été battues dans le collège B : effet inversé de la prime majoritaire (la prime tueuse). Après l’élection du CA, ils n’étaient pas sûrs de gagner (45,4% des suffrages enseignants exprimés pour Olivier Laboux (3 listes en présence), 49,4% pour Jean-Paul Saint-André (2 listes en présence). Leur élection a été faite par les BIATSS et les étudiants dans un contexte de participation électorale plus forte à Angers qu’à Nantes (seulement 49,4% de participation chez les BIATOSS), sauf dans le collège des usagers (21,7% de participation à Nantes).

Dans les deux universités, l’élection à la présidence a opposé, fort logiquement, deux candidats. A Nantes, Thierry Patrice, disposant d’un capital de 6 voix au CA, n’a obtenu aucune voix supplémentaire lors de l’élection du président par le CA. Olivier Laboux a doublé son capital de départ (7 voix), obtenant 14 des 22 voix des élus au CA (2 abstentions).

A Angers, Eric Delabaere, disposant d’un capital de 7 voix au CA, en a obtenu une de plus lors de l’élection du président. Jean-Paul Saint-André a fait progresser de 4 voix son capital de départ (8 voix dont 1 chez les BIATSS). Résultat : 12 voix à 8, majorité absolue (22 élus au CA ; il y a eu 2 abstentions). Pour ces deux élections, on aimerait évidemment connaître l’histoire des négociations de l’entre deux tours, comme à Bordeaux 3 Michel de Montaigne

Dans quelle direction vont oeuvrer les présidents associés dans le PRES UNAM ? Le contexte est tout sauf simple, les perspectives non évidentes. La fusion Nantes, Angers, Le Mans n’est pas à l’ordre du jour ; une fusion Nantes – Angers serait plus pertinente mais… ; en temps de transport, Le Mans est plus proche de Paris que de Nantes et le sera davantage de Rennes avec la prolongation de la LGV vers la Bretagne. Quel sens aurait la création d’un PRES Bretagne – Pays de Loire ? L’avenir universitaire dans l’Ouest n’est pas facile à imaginer !   

Pour en savoir plus. Jean-Paul Saint-André : blog et profession de foi, Université d’Angers 2020. Olivier Laboux : profession de foi de la liste Université 2020.