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Pierre Dubois

Le SNESUP et les élections à Rouen

Les élections aux Conseils centraux de l’université de Rouen ont eu lieu le 15 mai. Le Comité électoral consultatif en a validé les résultats le 21 mai. Confronté à un excès de 4 bulletins par rapport au nombre d’émargements dans le collège B, il a enlevé 4 voix à chacune des listes en présence, les deux listes arrivées en tête n’étant départagées que par 3 voix (263 à 260). Décision équitable ou litigieuse ?

La principale singularité de ces élections est la présence de syndiqués et de sympathisants SNESUP dans les deux listes arrivées en tête. A quoi joue ce syndicat ? Le président sortant et candidat à la réélection, Cafer Ozkul, pourrait être battu au vu des résultats du scrutin. Il ne le sera pas car, victorieux dans le collège B, le SNESUP n’a pas été en mesure de présenter une liste dans le collège A et ne présentera pas de candidat à la présidence. Cas observé déjà à Marne-la-Vallée mais cas inverse à Reims, à Lille 3. 

Le SNESUP a-t-il une stratégie pour la conquête des présidences d’université ? Dans des situations analogues (faible écart de voix et en dépit de la validation de la commission électorale interne), un recours en contentieux a été déposé. Il semble que le SNESUP rouennais se satisfasse de son bon score dans le collège B (profession de foi et communiqué). A quoi joue donc ce syndicat ? 

Merci au collègue rouennais pour ses commentaires sur ces élections. “La situation rouennaise illustre à merveille votre billet du 29 mars 2012, sur la position difficile du SNESUP face à ces élections. L’université de Rouen est traditionnellement une “fac Snesup”, avec un président syndiqué, et soutenu de manière plus ou moins explicite par le syndicat. Il y a 4 ans, Cafer Ozkul n’était pas officiellement soutenu par le Snesup, mais il avait fait une liste rang A pour le CA avec des syndiqués Snesup, et avait aidé le Snesup à constituer la liste en rang B, en l’aidant en particulier à trouver des candidats en médecine et en droit.

Cette année, le Snesup a décidé (démocratiquement, en réunions de sections, puis en assemblée générale) de faire des listes indépendantes de la direction sortante, non seulement pour ne pas cautionner son bilan, mais aussi (et surtout) pour ne pas se décrédibiliser ni se lier les mains pour le travail des 4 années à venir. Aucun compromis n’a été trouvé sur cette base avec Cafer Ozkul et son équipe, qui ont donc constitué des listes “présidentielles” au CA, mais aussi au CS et au CEVU en sciences et lettres-sciences humaines.

Au final, il y avait donc trois listes en présence pour le CA en rang B :
– “Université de Rouen, autrement”, emmenée par Olivier Beaumais, économiste, en opposition (non syndicale) au bilan de Cafer Ozkul ;
– “Ensemble, pour construire l’avenir de l’Université de Rouen”, la liste présidentielle de Cafer Ozkul et son équipe, avec des syndiqués Snesup et Sncs ayant refusé le choix du Snesup ;
– “Pour une université démocratique, plurielle et solidaire”, liste soutenue par le Snesup (mais avec des syndiqués et des non-syndiqués).

Et seulement les deux premières en rang A, le Snesup n’ayant pas la possibilité d’en construire une (et ça posait aussi la question de vouloir prendre la présidence, ce qui soulevait encore d’autres problèmes…).

Les résultats. La liste “Université de Rouen, autrement” fait un score trop faible pour avoir des élus, en rang A comme en rang B. La liste du président sortant remporte donc les 7 sièges en rang A. En rang B, la liste Snesup a 3 voix d’avance, et donc, toujours grâce à la “prime tueuse”, 6 élus contre 1 seul pour la liste “présidentielle”. Ces résultats ne devraient pas remettre en cause la réélection de Cafer Ozkul comme président le 5 juin prochain, mais une présence syndicale forte l’obligera sans doute à plus de concertation pour gouverner l’université”.

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