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Les conseillers du nouveau pouvoir à la loupe

On en sait désormais un peu plus sur les conseillers “universités” du nouveau pouvoir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Conférence des présidents d’université (CPU) est à l’honneur.

A l’Élysée, où le président organise aujourd’hui un “déjeuner avec des acteurs du monde scientifique” le “monsieur enseignement supérieur” est depuis le 22 mai Jean-Yves Merindol. L’ancien directeur de l’Ecole normale supérieure de Cachan, agrégé de maths de 56 ans, avait conseillé le maire de Paris, Bertrand Delanoë de 2005 à 2008. Il a également présidé Strasbourg 1 de 1997 à 2002 et occupé d’importantes fonctions à la CPU, au moment où celle-ci commençait à militer pour l’autonomie des universités au début des années 2000.

Son homologue sur l’éducation nationale est une brillante énarque de 36 ans, Anne Courrèges, qui était jusqu’à présent directrice des affaires juridiques au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Un monsieur “recherche médicale”, le professeur Olivier Lyon-Caen, avait également été nommé deux jours plus tôt.

Le cabinet du premier ministre est plus chiche sur l’enseignement supérieur. Seul un conseiller éducation y apparaît. Polytechnicien de 65 ans, Jean-Paul de Gaudemar était jusqu’ici recteur de l’académie d’Aix-Marseille, un poste qu’il a également occupé à Strasbourg et Toulouse. Professeur de sciences économiques, il a entre autre présidé Aix-Marseille 2 et, au début des années 1990, le comité scientifique de la Délégation à l’aménagement du territoire, un sujet qui promet d’être extrêmement sensible concernant le supérieur.

On notera également que le poste de conseiller pour les institutions, les libertés publiques, la réforme de l’État et la décentralisation, est occupé par Jean-Philippe Thiellay, un conseiller d’État qui est aussi vice-président de Terra Nova. Cette fondation avait été l’une des rares à animer le débat sur l’université lors de la présidentielle, avec des propositions à rebrousse-poils des positions socialistes traditionnelles : relèvement des frais de scolarité, allocation d’autonomie de 500 euros par mois pour tous les étudiants, suppression des cours en amphi, réduction de moitié des places dans les grandes écoles…

Enfin, les lecteurs du Grand Chambardement connaissent déjà un bon nombre des membres du cabinet de la ministre, Geneviève Fioraso. Le directeur du cabinet, Lionel Collet, a présidé la CPU à un moment crucial de son histoire qui lui a permis de couper le cordon ombilical avec le ministère, tout en soutenant la loi sur l’autonomie. A la CPU, il a été la cheville ouvrière d’un des colloques les plus imaginatifs (et les plus mouvementés), à Brest, en 2009 où la remise à plat de la taxe d’apprentissage avait notamment été envisagée pour accroître les financements de l’université. Praticien hospitalier de 58 ans, il a présidé Lyon 1 de 2006 à 2011.

Le directeur adjoint du cabinet, Jean-Richard Cytermann, est un haut-fonctionnaire habitué des cabinets : celui d’Edith Cresson en 1991-1992 et celui de Claude Allègre, au même poste qu’aujourd’hui, de 1997 et 2000. Personnalité non-conventionnelle, il dirigeait jusqu’ici le groupe “enseignement supérieur” à l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche. A 60 ans, il dirige également un séminaire de sociologie de l’éducation (dans lequel l’auteur de ces lignes est intervenu).

Le cabinet compte également deux autres anciens de la CPU, le sociologue Daniel Filâtre, ancien président de Toulouse 2  (conseiller premier cycle, formation des enseignants, orientation, insertion) et Jacques Fontanille, ancien président de l’université de Limoges (conseiller sciences humaines et sociales) ainsi qu’un membre du cabinet du maire de Paris, Guillaume Houzel (conseiller social et vie étudiante) qui a dirigé pendant sept ans l’Observatoire de la vie étudiante.

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