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Claude Lelièvre

Le ministre “pas hostile” à une part de contrôle continu au bac

Le ministre de l’Education nationale , Vincent Peillon, vient d’indiquer  lors d’un entretien sur RMC et BFMTV qu’il n’était « pas hostile » à l’introduction d’une part de contrôle continu au baccalauréat et que cette question ferait partie des « discussions de cet été ».

Dans d’autres pays, cette question est réglée depuis longtemps. Pour citer ( en exemple ? ) un pays  dans l’actualité ( à savoir la Grèce ), l’enseignement secondaire se termine vers 17 ans, et les jeunes Grecs passent un examen final propre à chaque lycée, qui tient compte de leurs résultats durant toute l’année. Pour accéder à l’enseignement supérieur, ils doivent ensuite passer un examen national dans la discipline de leur choix.
En Irlande ( pour citer un autre pays européen qui a défrayé en son temps la chronique dans le domaine financier et budgétaire ) les élèves, pour obtenir leur « Leaving Certificate », choisissent six matières ( dont l’anglais et les mathématiques qui sont obligatoires ) et deux ou trois niveaux pour chacune d’elles. Leurs notes dans chaque matière leur donnent un certain nombre de points qui leur permettent ( ou non ) d’entrer à l’université.
En Allemagne ( pour prendre le pays de ‘’l’orthodoxie’’ financière et budgétaire ) les jeunes Allemands passent vers 19 ans un examen appelé « Abitur » fondé sur l’évaluation de la culture générale des élèves, qui tient compte en outre  des résultats obtenus tout au long de l’année ( pour environ les deux tiers ). L’accès à l’université se fait à partir d’un autre examen.

En France même , un certain contrôle continu existe, en particulier dans le cadre du « contrôle en cours de formation » ( CCF ) pour les baccalauréats professionnels. Et Vincent Peillon n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que la question ( o combien récurrente…) porte en réalité sur les baccalauréats généraux.
Mais il a du souci à se faire, car c’est une question qui porte en elle quelque chose de ‘’dynamisant’’ ( ou plutôt la ‘’dynamite’’ ) comme ont pu le mesurer certains de ses prédécesseurs, et en particulier un certain François Fillon ( alors ministre de l’Education nationale ) qui a du céder aux mobilisations contre son projet d’une part de contrôle continu dans les baccalauréats généraux  au printemps 2005.
Et pourtant un sondage de février 2005 avait indiqué que les deux tiers de l’ensemble des Français étaient favorables à cette réforme. Un sondage IFOP publié dimanche dernier dans le journal « Sud Ouest » indique que 85% de Français sont actuellement pour cette réforme ( 80 % des plus concernés, ceux de 15 à 24 ans ; et jusqu’à 89% des Français de 50 à 64 ans ).
Cette ‘’progression’’ est-elle suffisante ? On notera que selon une enquête récente menée par le syndicat Snuep-FSU auprès des enseignants qui encadrent les postulants aux baccalauréats professionnels ( les PLP ), 78% d’entre eux considère que le « contrôle en cours de formation » ( CCF ) est une régression. Un présage de mauvais augure ?