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Pierre Dubois

Strasbourg. Qui gagne perd ?

La préparation du budget 2013 a commencé dans les universités. La première étape est celle de la lettre d’orientation budgétaire, signée par le président. La lettre de cadrage, c’est maintenant. La dernière étape – en décembre – sera le vote du budget par le conseil d’administration. Elle pourrait être suivie d’une “post-dernière” étape : celle de la mise en place par le recteur d’académie d’un budget 2013 dans les universités incapables de voter en décembre un budget en équilibre et sincère. Je fais l’hypothèse qu’une dizaine d’universités seront concernées.

Ce ne devrait pas être le cas de l’université de Strasbourg. Et pourtant, celle-ci se trouve dans une situation paradoxale, comme si ses succès aux investissements d’avenir y créaient une situation financière compliquée. Qui gagne perd ? La lettre d’orientation budgétaire, débattue ce 26 juin en Congrès finances, “révèle en effet une situation financière considérablement dégradée“. Ce n’est pas le président Alain Béretz qui le dit, ce sont les élus et représentants Agir ensemble pour une université démocratique, dans un communiqué “Austérité et gestion imprévoyante”.

Les militants syndicaux jouent la transparence, diffusent les informations, pratiquent la démocratie de terrain, font débattre. Ils interpellent les dirigeants universitaires. Dans ce contexte, ceux-ci devraient oser mettre en ligne sur le site de l’université la lettre d’orientation budgétaire. Ce serait une fort belle innovation organisationnelle ! L’université de Strasbourg communique-t-elle en toute transparence en matière budgétaire et financière ?

Informations financières disponibles sur le site de l’université. Rubrique Informations légales et financières : un budget est présenté, mais il s’agit du budget… 2009. Rubrique Université en chiffres : en page 4, le budget 2011 : 432 millions d’euros. Rubrique Actualités : signature de la convention de l’Initiative d’excellence (21 mars 2012). La “dotation générera plus de 25,5 M€ par an, pendant une période probatoire de 4 ans, qui permettront de financer le projet IdEx ainsi que les 11 LabEx lauréats des Investissements d’avenir”. Les comptes-rendus des conseils d’administration sont-ils en ligne ?

L’intersyndicale dégage plus sieurs éléments pour expliquer la situation financière dégradée de l’université de Strasbourg. 1. Absence d’anticipation d’un certain nombre de difficultés (”surcoûts de la fusion, prise en compte tardive du GVT sur la progression de la masse salariale, réduction à grande vitesse du fonds de roulement et de la trésorerie”). 2. Choix problématiques : surinvestissements, recours à des sociétés de consultance, priorité donnée aux services centraux, priorité de financement au périmètre d’excellence, suppression d’heures d’enseignement. 3. Investissements d’avenir : ils “auront accéléré quatre phénomènes, dont la paupérisation générale de l’université tant les surcoûts qu’induisent et induiront les projets concernés ont été sous-estimés par le gouvernement mais aussi par la direction de notre établissement”.

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