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Jean-Luc Vayssière

Crédits universitaires : diminution ou rééquilibrage ?

La rumeur est trop insistante pour être dénuée de fondement : les universités ne seraient pas épargnées par la rigueur budgétaire et ce malgré l’annonce surprenante de la création de quelques mille emplois dans l’Université. Dans un contexte économique difficile, cette évolution n’est pas surprenante, mais elle appelle néanmoins quelques commentaires. Laissons de côté les questions d’arbitrage interministériel pour considérer la seule question de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Si une telle baisse avait lieu, quelles en seraient les conditions concrètes de mise en œuvre ? Les universités sont déjà le parent pauvre de l’enseignement supérieur, en particulier au niveau du premier cycle. Si un effort doit être consenti, il serait incompréhensible qu’il porte d’une manière aveugle sur l’ensemble du dispositif de formation supérieure de notre pays : ne pas prendre en compte la fragilité du financement des filières universitaires pourrait conduire à aggraver l’échec et la perception négative de l’université, au moment où l’université française est en pleine mutation et où l’apport dynamisant des études supérieures est crucial pour l’avenir de nos sociétés.

Mais au sein même du monde universitaire, l’équité n’est pas moins nécessaire ! Est-il raisonnable d’envisager une baisse mécanique des crédits, fixé plus ou moins au même pourcentage, sans prendre en compte des critères qualitatifs ?

La LRU, malgré une volonté politique initiale vite refroidie, n’a pas permis de modifier les positions établies, en particulier en termes de masse salariale, et d’apporter quelque correction liée à l’évolution du nombre d’étudiants, à la pertinence des formations et à la qualité de la recherche. Par rapport aux universités de la région parisienne de la génération précédente, cette mécanique affecte particulièrement le potentiel de développement des universités dites « nouvelles » comme l’UVSQ.

S’il peut paraître juste au gouvernement de faire porter une partie de l’effort collectif sur l’enseignement supérieur et la recherche, on ne peut que souhaiter que cette exigence de justice soit maintenue jusqu’au bout du processus.

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