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Professions sociales

La DREES a publié en juillet 2009 le numéro 696 d’Etudes et Résultats : “les étudiants se préparant aux diplômes de travail social en 2006” (cliquer ici). Occasion pour ce blog de rappeler que des diplômes d’enseignement supérieur sont préparés en dehors des universités ; dans ce cas, ils le sont dans des centres de formation aux professions sociales. Un exemple : l’Institut Régional de Travail Social de Champagne-Ardenne (IRTS Reims).

En 2006, ces centres préparaient 14 diplômes d’Etat. 3.137 étudiants (dont 1.550 en 1ère année) étaient inscrits dans un diplôme de niveau I et II (CAFDES, CAFERIUS, Ingénierie sociale, médiateur familial). 28.540 étudiants (dont 10.055 en 1ère année) étaient inscrits dans un diplôme de niveau III : assistant de service social, conseiller en économie sociale et familale, éducateur de jeunes enfants, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé. C’est le diplôme d’éducateur spécialisé qui accueillait le plus d’étudiants : 13.394.

Les étudiants inscrits dans les formations de travail social ont des caractéristiques tout à fait spécificiques. Ils sont plus âgés que les étudiants entrant à l’uiversité : 25 ans en moyenne à l’entrée des diplômes de niveau III, 42 ans en moyenne à l’entrée des diplômes de niveau I et II (on y accède dans le cadre de la formation continue ; des diplômes de ce niveau sont délivrés dans le cadre d’une VAE partielle ou totale).

Les étudiants sont plus souvent des femmes, mais le taux de féminisation varie fortement d’une formation à l’autre : il est de plus de 95% pour les assistants de service social et pour les éducateurs de jeunes enfants ; il est de 73% pour les éducateurs spécialisés et seulement de 24,5% pour les éducateurs techniques spécialisés ; il est plus équilibré dans les formations préparant aux fonctions de direction (niveaix I et II).

Le taux de réussite au diplôme est globalement élevé dans les formations en travail social : cela n’est pas étonnant car les étudiants font l’objet d’une sélection à l’entrée et car ils sont fort motivés (obtenir un diplôme de niveau II pour accéder aux fonctions de direction). Le taux de réussite varie toutefois d’un diplôme à l’autre : il est supérieur à 90% pour les éducateurs de jeunes enfants et pour les éducateurs spécialisés ; il n’est que de 56% pour le diplôme de médiateur familial.

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Deux ans de LRU

Dossier de rentrée d’EducPros. “Autonomie des universités : retour sur deux ans de loi LRU“.

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Embauches : alerte !

L’Association Pour l’Emploi des Cadres (APEC) a publié en juillet 2009 sa Note de conjoncture sur l’emploi des cadres : “les embauches de cadres toujours sur le déclin“. “35% des entreprises prévoient de recruter au moins un cadre au cours du 3e trimestre 2009, soit 9 points de moins qu’un an auparavant”.

En septembre 2008, l’APEC publiait les résultats de son enquête sur le devenir des diplômés du supérieur en 2007 : “les diplômés 2007 ont le sourire“. Dans un mois, l’APEC devrait publier les résultats de l’enquête sur les diplômés 2008. Osera-t-elle titrer “les diplômés 2008 pleurent” ? Tout le laisse prévoir. Quand les embauches de cadres se restreignent, ce sont toujours les jeunes qui paient, les premiers, les pots cassés ; on leur reproche leur manque d’expérience. Lire les chroniques précédentes de ce blog : “moins 27%“, “62% de chômeurs“.

Mauvaise insertion des diplômés 2008 et voilà les diplômés 2009 qui arrivent sur le marché du travail. La file d’attente des demandeurs d’emploi, diplômés du supérieur, va s’allonger.

Aucune anticipation des pouvoirs publics. Livre vert de Martin Hirsch (juillet 2009). Quelles sont parmi les 57 propositions de ce rapport celles qui peuvent directement et immédiatement concerner les nouveaux diplômés du supérieur qui ne parviennent pas à trouver un premier emploi. 4 propositions pourraient les concerner mais aucune n’est opérationnelle à ce jour.

Proposition 23. “Accompagner la recherche d’emploi des jeunes diplômés qui ont le plus faible réseau relationnel”. Proposition 38. “Soutenir les revenus des jeunes en emploi sans discrimination par rapport aux plus de 25 ans” (mais la Commission n’a pas tranché en faveur de l’accès des jeunes au RSA). Proposition 39. “Créer une banque non lucrative pour soutenir les projets des jeunes”. Proposition 55. “Faire du service civique une étape naturelle dans la vie des jeunes”.

Alerte ! Il n’est pas possible que 2 générations de diplômés du supérieur soient significativement “massacrées”. Que faire en urgence ? Relire la chronique de ce blog parue le 9 janvier 2009 : “diplômés au chômage“.

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Fusion des UT ?

Le Monde du 28 août 2009 : “Les trois universités technologiques françaises (Compiègne, Troyes, Belfort-Montbéliard) rêvent de fusionner pour exister au niveau mondial“. 10.000 étudiants inscrits, 1.600 ingénieurs diplômés par an, 700 enseignants chercheurs. Les 3 universités vont déposer au ministère, d’ici décembre 2009, un projet de rapprochement qui devrait s’intituler “Université Technologique de France” : développement des coopérations, ou création d’une holding (concentration des services fonctionnels), confédération ou fusion ?

Lire les 3 chroniques précédentes de ce blog. 9 juin 2009 : “Du PRES au PREST“. 23 mars 2009 : “Pas de PRES à Reims“. 8 mars 2009 : “L’Université de Technologie de Troyes en photos“.

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Président Stéphan

Ronan Stéphan, né en 1960, ingénieur et professeur associé des universités, président de l’Université de Technologie de Compiègne depuis 2005, a été nommé en conseil des ministres du 29 juillet 2009 et à compter du 1er septembre, Directeur Général pour la Recherche et l’Innovation (DGRI) au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (organigramme du ministère, organigramme de la DGRI). Après avoir travaillé de longues années dans l’industrie, Ronan Stephan a été, de 2003 à 2005, directeur des relations industrielles et du transfert de technologie au CNRS. CV sur EducPros.

Autres chroniques sur Ronan Stephan : “L’Institut Européen de Technologie (IET) apposera un label sur les diplômes nationaux” (EducPros, juillet 2008). “Universités – Entreprises : le loup est-il dans la bergerie?” (France Inter, décembre 2007). Chevalier de l’Ordre National du Mérite (photos de la cérémonie, juillet 2009).

Chroniques de ce blog sur la réorganisation de l’administration centrale du ministère. 2 avril 2009 : ”Mammouth dégraissé“. 6 avril 2009 : ”Mammouth dégraissé (suite)“.

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Président Peccoud

Les Universités de technologie (Compiègne, Troyes et Belfort-Montbéliard) ont un statut différent de celui des autres universités. François Peccoud est le 3ème directeur de l’Université de Technologie de Compiègne. Il succède à Guy Deniélou (1923 – 2008), fondateur de l’UTC et directeur de 1972 à 1987 (biographie sur Wikipédia) et à Michel Laveau

François Peccoud, interviewé par le blogueur en avril 2004 (cliquer ici pour lire l’interview), décrit précisément les différences de statut : Conseil d’administration composé à égalité de personnalités extérieures et d’élus par les enseignants, les étudiants, les personnels administratifs, et présidé par une personnalité extérieure à l’université, Directeur nommé par le Ministre au sein d’une liste établie par le CA (un enseignant de l’université ne peut être candidat), autonomie plus forte des universités de technologie (en particulier en matière financière).

François Peccoud, après 9 ans de mandat en 2004, développe sa stratégie pour l’UTC : formation à distance appuyée sur les nouvelles technologies, innovations techniques qui n’ignorent pas les avancées des sciences humaines et sociales, incitations à la création d’entreprises par les ingénieurs, développement à l’international en Chine en particulier. Il n’évoque pas de coopération avec les 2 autres universités de technologie (lire les chroniques : “Fusion des UT?“, “Président Stéphan“).

2ème quinquennat pour François Peccoud (2000) : cliquer ici. Cérémonie de départ en images (22 septembre 2005) : cliquer ici. Création de l’Association “Rendez-vous Création” par François Peccoud (2005) : cliquer ici.

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Le PS et l’université

Université d’été du Parti Socialiste. Atelier 30 : “Relever le défi de la recherche et de l’enseignement supérieur“. Lire le compte-rendu de la table ronde, signalée par Michel Abhervé. Rien de neuf à l’horizon : nombreuses critiques de la politique gouvernementale en matière d’enseignement supérieur et de recherche, propositions classiques de réformes, bref : absence d’une réelle stratégie alternative. Lire également la chronique du blog en date du 19 mars 2009 et déjà intitulée “Le PS et l’Université“. Celui-ci est invité à lire la rubrique “Débattre” de ce blog !

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118,98 euros l’heure !

Arrêté du 27 juillet 2009 fixant les taux de rémunération des heures complémentaires assurées par les enseignants chercheurs : 60,86 euros pour une heure de cours magistral, 40,58 euros pour une heure de travaux dirigés.

Ne pas oublier qu’un taux supérieur est possible : “la rémunération des personnes qui assurent une activité en vertu d’un contrat conclu conformément aux dispositions des articles 3 et 4 du décret du 23 décembre 1983 susvisé ne peut être supérieur à 7 615,05 euros par année universitaire et à 118,98 euros par séance, la durée des séances étant d’une heure au moins et d’une heure trente au plus” : cliquer ici. Combien d’universités paient à ce niveau les professionnels qui interviennent dans leurs formations ? Des témoignages sont attendus ! Il se pourrait que des universités fassent l’objet de recours parce qu’elles paient ces professionnels au tarif prévu pour les enseignants chercheurs ! Pas de petites économies !

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Réformer l’université

Chronique du 2 juin 2009. Onze modestes propositions pour une réforme démocratique de l’Université française. Texte d’Alain Caillé et de François Vatin, publié à La Découverte (cliquer ici) (reproduit avec l’aimable autorisation des auteurs), dans l’ouvrage : “L’université en crise. Mort ou résurrection ?”. Débattre de la réforme des cursus, de la réorganisation des disciplines, de la réorganisation du statut des universités : cliquer ici pour accéder au texte.

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Le temps des enseignants

Les enseignants-chercheurs du supérieur ont repris leur travail d’enseignement : examens de la session de rattrapage ; rentrée dans les IUT. Depuis le 1er septembre, le temps de travail de ces enseignants est devenu plus encadré : un référentiel national des équivalences horaires s’applique désormais (arrêté du 31 juillet 2009), pris conformément à l’article 7 du décret de 1984, modifié par le décret du 23 avril 2009, réformant le statut des enseignants-chercheurs (circulaire du 30 avril : 2009).

Après les très fortes polémiques sur la modulation du temps de service, l’arrêté est le fruit d’une négociation réussie, commencée le 4 juin, entre le ministère, les syndicats et la CPU. La plupart des syndicats sont contents d’avoir co-produit de nouvelles règles pour empêcher les inégalités de traitement entre enseignants d’un établissement à l’autre. “Il faudra certes affiner ce référentiel d’année en année” (SGEN-CFDT). Le SNESUP aurait aimé que davantage d’activités des enseignants soient listées dans le référentiel et en profite pour demander une réduction du nombre d’heures d’enseignement (150 au lieu 192 heures TD !).

Référentiel national ? Décompte des heures pour chaque activité de l’enseignant-chercheur ? Fourchettes d’équivalences horaires ? De quoi s’agit-il concrètement ? Lire la suite

Chronique éditée sur le Monde.fr le 2 septembre 2009

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Des antédédents paradoxaux à la réforme du lycée?

 Les Ecoles centrales révolutionnaire
Vers la fin de la période révolutionnaire, et avant le lycée institué par Napoléon I en 1802, des ‘’Ecoles centrales’’ ont été créées par la loi du 25 février 1795 au ‘’centre’’ de chaque département français selon un modèle qui peut nous paraître inédit en France puisque leurs élèves pouvaient très librement choisir leurs parcours ( selon un mode de fonctionnement que l’on qualifierait d’ ’’optionnel’’ voire ‘’modulaire’’ en termes contemporains ) .
Création vraiment originale, les écoles centrales opérèrent certes fugitivement – elles ne durèrent que sept ans ! – mais réellement un bouleversement à la fois dans les matières enseignées et leur organisation générale. Alors que les collèges d’Ancien Régime avaient peu à peu créé les classes sinon d’âge, du moins de niveau, on y renonce en faveur de cours autonomes et facultatifs donnés d’année en année par le même professeur. Les élèves du même âge pouvaient donc suivre des sections différentes dans chacun des cours, à leur choix. C’était d’ailleurs une idée de Condorcet ( et même de Talleyrand ) qui avait pour elle “ l’autorité des hommes les plus considérables du XVIII°siècle ”, celle des hommes des Lumières.

Et pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait être porté à croire, “ ce n’est pas leur insuccès qui a entraîné la disparition des écoles centrales, car il est remarquable qu’en si peu de temps et avec tant de difficultés de tous ordres, la plupart des écoles se soient ouvertes et que beaucoup aient connu une pleine activité ”, comme le souligne Françoise Mayeur, une historienne très au fait de cette période.

Le lycée napoléonien

 Avec Napoléon I, c’est le retour à l’ordre ( à un certain ordre ) après l’effervescence révolutionnaire, là comme ailleurs. D’où la création, en 1802, du lycée dit ‘’napoléonien’’.

Le temps des ”études”

L’espace temps privilégié est celui de l’étude, des ‘’études’’ ( pour les internes, et même les externes ). La journée type du lycéen, durant tout le XIX° siècle se déroule selon l’horaire journalier suivant : 7 heures 30 en études ( de 6 H à 7 H 30, de 10 H à 12 H, de 13 H 30 à 14 H 30, de 17 H à 20 H ) pour 4 heures de classe ( de 8 H à 10 H et de 14 H 30 à 16 H 30 ). Et encore convient-il de savoir que les heures de ‘’classe’’ sont rarement des heures de ‘’cours’’ ( sauf en histoire et philosophie ) : on y corrige surtout des exercices et des devoirs qui ont été faits en études. C’était une époque – pourrait-on dire – où les élèves ‘’étudiaient’’ au lieu de ‘’suivre’’ des ‘’cours’’.

Les lycées et leurs études, au seuil du XXI° siècle

 D’où d’ailleurs, en un certain sens, le célèbre rapport de l’historien Antoine Prost sous le ministère Savary, en 1983,  intitulé de façon suggestive ” Les lycées et leurs études, au seuil du XXI°siècle ”, où figuraient des recommandations qui n’ont pas manqué de susciter alors de fortes réactions. “ On en arrive à la conclusion que 4 heures de cours proprement dits par jour est un maximum à ne pas dépasser. Il n’est pas exagéré de dire que le dépassement de cette limite constitue une escroquerie pratiquée par les adultes aux dépens de la majorité des élèves. Et nous insistons bien sur le fait que cette exigence doit s’appliquer à la lettre :  4 heures de cours par jour, et non pas 24 heures par semaine, réparties en journées inégales ” ( p. 101 ). “ Dès maintenant, il faut assouplir les horaires des enseignements pour en réduire le total, et permettre le travail personnel des élèves, au domicile et/ou au lycée ” ( p. 105 ). “ L’aide au travail personnel est un des moyens les plus efficaces de lutte contre l’échec scolaire. Sa réalisation demande la création de petites salles, où l’on puisse commodément parler à huit ou dix au plus […]. L’influence du cadre spatial sur l’activité pédagogique est telle qu’il n’est pas possible de laisser les choses en l’état. Des locaux standardisés invitent à penser un enseignement standard ( pp.95 et 97 ).  On a vu la suite…

 

 

 

 

 

 

 

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Pourquoi un nouveau blog ?

Si j’ai répondu favorablement à l’invitation de la rédaction d’EducPros de tenir un blog, c’est pour ouvrir un espace de débat sur des thèmes qui me sont chers, ceux de la relation entre enseignement supérieur scientifique et technologique (écoles d’ingénieurs et universités) qui constitue le cœur de mon activité, particulièrement dans le domaine des TIC.

En tant que Délégué Carrières de l’association des diplômés Telecom ParisTech Alumni, j’ai également l’occasion de mesurer au quotidien l’empreinte de l’enseignement supérieur sur le profil et la carrière de professionnels de haut niveau, de tous âges  et dans toutes les situations.

J’espère avoir l’occasion, sur la Toile, de rencontrer des interlocuteurs aussi passionnés, à l’heure où, simultanément, un nombre insuffisant de jeunes s’investissent dans ces domaines essentiels pour l’avenir, non seulement de notre économie, mais de nos modes de vie et notre société, et où la crise vient ternir leur entrée dans la vie active.

Mais je persiste à penser que l’optimisme doit rester de rigueur.

Jean-Louis Bernaudin