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Jean-Luc Vayssière

Les étudiants n’iront pas à pied de Saclay à Versailles ou Saint-Quentin

L’attractivité de la future Université Paris Saclay est conditionnée par la perspective d’excellentes conditions d’études et de meilleures liaisons en transport en commun entre ses différents campus, vers Paris et Orly.

La confirmation par le Premier Ministre, lors du 7e Forum de la recherche et de l’innovation fin octobre, des contours géographiques du cluster Paris Saclay, au-delà du Plateau de Saclay, et incluant Versailles et Saint-Quentin est une avancée majeure.

Mais la construction de la ligne de transport en commun Orly-Versailles demeure une condition sine qua non pour que les campus de l’UVSQ soient partie prenante du futur cluster mondial. Les investissements immobiliers consentis par l’Etat sur le plateau du Moulon à Saclay ne doivent pas faire oublier la nécessité de relier les campus de Versailles, de Saint-Quentin-en-Yvelines, et de Vélizy sur lesquels l’UVSQ est implantée.

C’est pourquoi, le 27 novembre dernier, le conseil d’administration de l’UVSQ s’est prononcé à l’unanimité en faveur du soutien à la motion votée quelques jours auparavant par le Conseil général des Yvelines sur la ligne verte du Grand Paris Express et sur le projet Eole.

La nécessité d’améliorer le réseau de transports rassemble tous les acteurs du territoire. Yves Vandwalle, vice-président du Conseil général des Yvelines, a présenté la motion aux administrateurs en indiquant que « le transport entre Saint-Quentin-en-Yvelines, Versailles et Saclay est essentiel ». Il a affirmé : « l’UVSQ est une très belle réussite et le partenariat privilégié avec Paris Saclay est (aussi) le choix du Conseil général. »
Président de l’Etablissement Public Paris Saclay, Pierre Veltz a renchéri « j’ai toujours pensé que c’était important que l’UVSQ fasse partie du projet  Paris Saclay. La liaison de transport rapide est essentiel ». Enfin, le représentant du président de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, Jean-Pascal Dumas, a confirmé en séance que « la Casqy soutient le projet de transport présenté par le Conseil général et confirme son intérêt pour Paris Saclay. »

Une belle unanimité donc, même si le doute plane sur la réalisation effective du Grand Paris, son financement n’étant pas assuré. Car comme l’a rappelé le Premier Ministre, le budget prévisionnel 2013-2015 ne prévoit pas le milliard d’euros nécessaire au lancement de la construction du futur métro automatique.

« La réalisation de la ligne de métro automatique du Grand Paris Express est nécessaire, et elle devrait donc être réalisée pour apporter une réponse efficace, globale à la saturation du réseau actuel et pour le développement de toute la région. Mais je veux vous le dire franchement, l’exercice d’actualisation des coûts et de priorisation des travaux du futur métro automatique, a été engagé par Cécile Duflot à ma demande, mais c’est indispensable. Je veux savoir exactement quel est le coût, pour l’instant nous ne l’avons pas précisément. Des chiffres qui ont été annoncés, ils sont sous-estimés ; par ailleurs, il faudra décider dans quel ordre nous faisons, mais nous ferons. (…) Nous disposerons de tous les éléments en début de l’année prochaine. Et sur ces bases, dès que cela sera nécessaire, et en 2015, et dès 2015 s’il le faut, nous mettrons en place la dotation du milliard au capital de la société du Grand Paris. La liaison jusqu’à Saclay trouvera naturellement sa place dans ce cadre. Car le développement urbain, universitaire et économique de Paris-Saclay ne peut se concevoir sans qu’un moyen de transport adapté ne desserve le plateau et l’accompagne dans sa montée en puissance. »

Discours prononcé par le Premier Ministre au 7e Forum de la recherche et de l’innovation (30/10/12)

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Jean-Luc Vayssière

La non-sélection universitaire, cache-sexe qui donne la prime à une sélection féroce

Si les universités doivent faire de leur mieux pour attirer les étudiants dès la première année, ces efforts doivent s’intégrer dans une remise à plat globale de l’orientation post-bac en France. C’est pourquoi je me félicite de l’attention portée par notre gouvernement et nos recteurs à la séquence -3/+3,  qui forme une unité pertinente.

Mais je voudrais rappeler une évidence trop souvent oubliée dans le débat public : si la première année universitaire (L1) connaît un taux d’échec important, c’est aussi qu’elle est la seule filière gratuite et ouverte à tous les bacheliers et toutes les bachelières, et qu’elle est la moins bien financée de toutes les poursuites d’études possibles !
Il y a une injustice fondamentale dans la dénonciation, courante aujourd’hui dans la société française, des résultats obtenus par l’université en licence. Etant donné l’inégalité foncière du système français, qui met en concurrence les classes préparatoires, les filières comme le BTS, les écoles et les universités, je trouve au contraire qu’on ne peut qu’admirer le travail pédagogique réalisé par les équipes de nos établissements dans des conditions souvent difficiles.

Cette situation pose cependant une question de fond : est-il sain pour la société française que l’orientation des étudiants repose sur une série de déséquilibres dont l’université finit par être la variable d’ajustement ? Est-il normal que des bacs professionnels destinés à alimenter les filières courtes (BTS) conduisent à des filières universitaires générales ? Est-il cohérent de soustraire chaque année, en sciences ou en lettres, les meilleurs étudiants pour les inscrire dans un système prolongeant le lycée, encadrés par des enseignants, alors même qu’il existe à l’université des formations de haut niveau dispensées par des enseignants qui sont aussi des chercheurs ?

Il me semble que c’est l’ensemble du système d’orientation des étudiants à partir du bac qui nécessite une réflexion collective. Du côté de l’université, je l’ai déjà dit, il faudrait à la fois pouvoir développer la prise en charge des étudiants plus faibles et accueillir dans des cursus nouveaux les étudiants à la recherche d’une formation intensive de haut niveau. Mais il serait également souhaitable que les inégalités de la formation à la française, qui sont coûteuses, injustes socialement et souvent contre-productives scientifiquement, soient enfin réduites. L’articulation entre les écoles et les universités mérite réflexion, de même que la situation des classes préparatoires et des BTS, dont on pourrait souhaiter à terme l’intégration dans les universités. Enfin, la question de la sélection doit être posée à l’ensemble du système, pour éviter que la non-sélection universitaire, louable au demeurant, ne soit que le cache-sexe d’un fonctionnement global qui donne la prime à une sélection féroce, condamnant l’université au rôle de supplétif, à l’inverse de ce qui se passe dans le reste du monde.

Il est temps que la société française affronte vraiment la question de la formation des jeunes qui sortent du bac (censé sélectionner), plutôt que de se satisfaire d’une situation bancale qui fait reposer sur un seul acteur, l’université, la part la plus difficile de l’effort, sans lui donner tous les moyens d’assumer pleinement son ambition de formation en premier cycle, alors même qu’elle serait en théorie la mieux placée pour le faire.

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Jean-Luc Vayssière

Egalité Hommes/Femmes : l’UVSQ doit progresser !

L’UVSQ est reconnue depuis plusieurs années pour son engagement et son expertise concernant le développement durable. Poursuivant cette dynamique, l’université doit continuer à évoluer sur la responsabilité sociétale dans son ensemble, intégrant les préoccupations environnementales, mais aussi sociales, culturelles, citoyennes et économiques.

Plusieurs actions ont déjà été réalisées sur le territoire universitaire. Novembre est le mois de l’économie sociale et solidaire à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le 28 novembre, j’aurai d’ailleurs le plaisir d’accueillir Benoit Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire dans le village des acteurs du territoire installé à l’université (bâtiment d’Alembert). En septembre dernier, j’ai décidé d’étendre les missions de la direction du développement durable au champ social, culturel et citoyen.

Sans m’attarder aujourd’hui sur ce large spectre, je voudrais m’engager sur l’une des thématiques qui doit progresser. Il s’agit de la problématique de l’égalité femmes/hommes, qui, à mon sens, demande un traitement particulier.

La Conférence des présidents d’université s’est récemment dotée d’une charte sur la question de l’égalité Homme/Femme. Je souhaite que l’UVSQ se penche sérieusement sur cette thématique dans son contrat quinquennal 2014-2019. Au delà de la politique générale de l’établissement en la matière, et de la sensibilisation sur les questions d’égalité, j’ai personnellement à coeur que l’on veille au respect mutuel et la lutte contre les stéréotypes et les discriminations.

Concernant les membres du personnel, je souhaite que l’UVSQ favorise la représentation proportionnelle des femmes et des hommes dans toutes les instances, à tous les niveaux, pour toutes les catégories et, autant que faire se peut, tende vers la parité. Je mesure au quotidien dans l’équipe présidentielle (essentiellement masculine) qui travaille à mes côtés, combien l’objectif est encore loin. Mais sans aller jusqu’à se fixer une parité stricte, l’important est de progresser. Pour cela de nombreuses actions peuvent être envisagées. Il nous faudra probablement intensifier l’information auprès des personnels, et des directions de composantes et services, sur les droits et devoirs de chacun en matière de congés de maternité ou de paternité, de congé parental, des droits du travail à temps partiel. Mais également veiller à ne pas pénaliser la carrière des personnels en raison de maternité (et autres situations : famille monoparentale, enfants handicapés,…) et notamment prendre en compte les « conséquences » de la maternité pour le déroulement des carrières. 

Pour les étudiants, ce volet pourrait en particulier concerner la promotion de mesures d’encouragement pour que l’ensemble des filières aient une composition étudiante équilibrée entre les deux sexes ; la diffusion aux étudiants d’informations sur les droits des victimes de violences et harcèlement et l’aide que ces dernières peuvent recevoir. Ce point concerne d’ailleurs également le personnel.

Des actions ayant trait à la politique d’attractivité de l’université peuvent également être envisagés. Je pense par exemple à la valorisation des filières scientifiques et technologiques auprès des lycéennes et de leur famille.

Plus qu’à une révolution des idées reçues, je crois aux actions quotidiennes. C’est pourquoi, j’ai décidé de nommer une chargée de mission Egalité hommes/femmes dès aujourd’hui. Sa mission sera d’explorer ces pistes et de proposer des modalités pratiques de mise en œuvre d’engagements (axes, actions, calendrier, budget) dans le cadre du contrat quinquennal 2014-2019 de l’établissement.

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Jean-Luc Vayssière

Paris-Saclay : benchmark, bonnes pratiques, idées concrètes

Enorme succès, pourtant peu médiatisé, pour le 7e Forum de l’innovation et de la recherche qui s’est tenu le 30 octobre à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Le thème choisi y était évidemment pour beaucoup. Il s’agissait de présenter les clés du succès des plus grands clusters mondiaux et d’étudier les meilleures propositions pour permettre à Paris-Saclay d’attirer talents, investisseurs et capitaux.

Le tout Paris de l’enseignement supérieur et de la recherche -et bien au-delà- était présent pour écouter un quinzaine d’intervenants convaincus parmi lesquels Alain Bénichou, président d’IBM France, Pascal Colombani, président de Valeo, Alain Crozier, président France de Microsoft et Michel Mariton, PDG d’Horiba.
En présence de Genieviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de Cécile Duflot, Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, et de François Lamy, Ministre délégué auprès de la ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, chargé de la Ville, le Premier Ministre a affirmé dans son discours de clôture  l’engagement financier de l’Etat dans le projet Paris-Saclay (un milliard d’euros destinée aux opérations immobilières prévues pour rapprocher les établissements, une dotation en capital  de 850 millions d’euros du Plan Campus et la dotation supplémentaire de près d’un milliard d’euros au titre des investissements d’avenir).
Jean-Marc Ayrault a également insisté sur le respect des spécificités des établissements dans le projet du futur cluster.  « Cette dynamique doit permettre le développement de relations nouvelles entre universités et grandes écoles. Dans le même esprit, des relations nouvelles se développeront entre les universités de Paris-Sud et de Versailles Saint-Quentin, monsieur le président Huchon, des universités proches comme celle d’Evry qui tireront profit, j’en suis sûr, de cette dynamique et Paris-Saclay devra développer absolument une coopération de qualité avec les établissements de Paris intra-muros. »

Des exemples internationaux
L’étude menée par Paris-Ile de France Capitale Economique avec le cabinet Deloitte présentait 12 clusters internationaux : la Silicon Valley de San Francisco (Californie), Boston (Massachussets), Los Angeles (Caltech, Californie), Cambridge (Royaume Uni), Haïfa-Tel Aviv (Israël), Stockholm (Suède), Munich (Allemagne), Zurich (Suisse), Bangalore (Inde), Beijing-Tsinghua (Chine), Tokyo (Tsukuba (Japon). Si la première particularité de ces clusters est de loger en leur sein des universités prestigieuses dotées d’un excellent classement mondial, les contours des clusters sont souvent méconnus. Lorsque l’on évoque la Silicon Valley à San Francisco, on parle en réalité de 30 universités, dont Stanford et Berkeley, implantées sur 5000 km2.  Pour Boston, il s’agit d’Harvard et du MIT, mais aussi du Boston College et de Boston University, toutes situées en plein centre ville sur moins de 300 km2. Des situations bien différentes.

On ne peut qu’être d’accord avec les 10 bonnes pratiques issues de ce benchmarking. Tout d’abord, comme à San Francisco, la nécessité de conforter l’esprit entrepreneurial, la capacité à risquer et la tolérance à l’échec. Comme à San Francisco et Tsinghua, inciter les professeurs à devenir des professeurs entrepreneurs. Il faudrait ensuite favoriser les échanges entre enseignants et entrepreneurs, et même aménager des parcs technologiques comme en Israël. Développer des instituts de valorisation comme à Caltech et Munich. Inciter l’insertion des doctorants dans les entreprises, comme à Stockholm. Veiller au partenariat « public-privé » comme à Singapour, Munich et Stockholm. Mais aussi mettre en place des dispositifs favorables aux investissements internationaux comme à San Francisco, Boston, Cambridge, Bangalore et en Israël. Enfin, développer les réseaux sociaux comme à Caltech, San Francisco et Stockholm.

Des propositions concrètes pour Paris-Saclay
Le groupe de travail Paris Saclay de Paris-Ile de France Capitale Economique, sous la présidence d’Augustin de Romanet, a proposé des mesures concrètes, articulées autour des 3 principales clés du succès retenues dans l’étude :
– d’excellentes liaisons, en particulier en transports en commun, entre les campus de la métropole, et vers les aéroports et gares,
– l’attractivité des clusters et campus, renforcée par un nom et une marque prestigieuse, d’excellentes conditions de vie et d’emploi et une forte ouverture sur le monde,
– des grands campus où il fait bon vivre associés à la proximité de parcs immobiliers où les entreprises de hautes technologies puissent elles-mêmes se regrouper et où elles puissent trouver un ensemble de services dédiés.

Des contours incluant l’UVSQ
Outre les déclarations sur la nécessité de rapprocher les 2 universités (Paris Sud et Versailles-Saint-Quentin) des écoles et des entreprises, les territoires ont fait l’objet d’une attention particulière. Augustin de Romanet et Jean-Paul Huchon ont rappelé l’importance du bassin d’entreprises de Saint-Quentin, confirmant ainsi explicitement les contours géographiques du cluster Paris Saclay, au delà du Plateau du Moulon. L’ancien directeur général de la Caisse des Dépôts rappelant qu’il fallait « lancer rapidement et définitivement la construction de la ligne de transports en commun (métro léger par exemple) Orly-Versailles, condition sine qua non pour l’existence d’un cluster de dimension mondiale à Paris-Saclay.

Les facteurs clés de succès des clusters scientifiques et technologiques 

1. Clusters
L’innovation se concentre dans des clusters technologiques qui regroupent universités prestigieuses, laboratoires de pointe, grands groupes, start-ups, où les savoirs et les projets peuvent se croiser, s’enrichir et leurs auteurs trouver émulation, compétition, soutien et financement.
Ces clusters sont des sources d’innovation qui se renouvellent en permanence. Ils anticipent les évolutions technologiques et sont capables d’investir lourdement pour se positionner parmi les leaders mondiaux dans la nouvelle génération d’innovation.
Ils sont en compétition entre eux pour attirer chercheurs, entrepreneurs, laboratoires et finance- ments. Ils se reconnaissent entre eux comme source d’inspiration et comme concurrents (cf. «Silicon Wadi » et « Silicon Fen », inspirés de la « Silicon Valley »).
Des classements tendent à formaliser la hiérarchie mondiale et à accroître la visibilité des meilleurs, ce qui renforce les phénomènes d’imitation (classement ARWU, THE).
Les meilleurs clusters servent d’exemple aux autres. Mais les meilleurs s’appuient sur un écosystème longuement muri et une grande autonomie, alors que les nouveaux entrants sont souvent très dépendants du volontarisme des pouvoirs publics.
Ils sont donc peu nombreux à l’échelle mondiale. Disposer d’un tel cluster est un atout majeur pour l’attractivité, le développement économique et l’emploi d’une métropole et d’un pays.

2. Universités.
Les principaux clusters mondiaux se composent pour la plupart de deux ou trois grandes universités au rayonnement international, dotées d’une taille critique pour figurer dans les premières places des classements et capables de donner à leur métropole une identité forte sur les technologies de pointe.
Ces universités sont en général tournées vers les sciences appliquées, mais adossent leurs spécialisa- tions sur de solides formations fondamentales. Les étudiants ont généralement la possibilité de suivre des cursus diversifiés ou des double formations, ce qui facilite les croisements de savoirs et l’innovation. L’initiation à la recherche peut être favorisée dès les premières années d’études (cf. Le Summer Undergraduate Research Fellowship, Caltech).
Les universités sont le plus souvent dotées d’une gouvernance autonome. Leurs enseignants mais aussi leurs anciens élèves composent l’essentiel des conseils d’administration. Ils sont directement intéressés à la réussite du cluster dont ils deviennent les représentants et les « stars »…
Les universités disposent de capacités d’investissement importantes, tant pour le recrutement de leur personnel que pour la gestion de leurs bâtiments. Elles peuvent investir dans des entreprises innovantes via des structures dédiées. Elles sont puissamment soutenues par des fonds publics.

3. Proximité des Global Cities
Ces clusters tirent leur vitalité de leur proximité avec un grand centre de décision international. C’est pourquoi ils se situent dans les principales métropoles mondiales.
La première échelle du cluster est le campus, un lieu où se concentrent, outre les structures universitaires, les lieux conviviaux de rencontre et d’échanges.
Les campus sont en général très bien reliés aux centre-villes et aux quartiers d’affaire. Cette proximité physique permet, en particulier via les réseaux d’anciens élèves, d’associer pouvoirs publics, entre- prises, investisseurs et créateurs d’entreprises à la définition des stratégies des 34 universités, de leurs laboratoires, des entreprises qu’ils accueillent. (Contre-exemple : Tsukuba, dans une moindre mesure Cambridge).
Il existe ainsi une véritable communauté qui vit autour des grandes universités, y échange, s’y distingue et au sein de laquelle la concurrence et la coopération peuvent s’intensifier.
Les campus mais aussi la métropole se prêtent à des expérimentations et deviennent un laboratoire vivant et une « smart city ». Par exemple le Campus de Stanford expérimente internet, diverses solutions de haut débit. San Francisco autorise des véhicules automatiques expérimentaux, etc.
Chercheurs et entrepreneurs sont des acteurs économiques valorisés qui trouvent facilement à intégrer d’autres sociétés. Celui qui est d’abord professeur peut aussi être un entrepreneur, un mentor, un consultant, un administrateur. Le cumul de ses fonctions n’est pas mal perçu.
La présence de PhD à la tête de grands groupes n’est pas rare. L’Etat peut, dans ce sens, montrer l’exemple en plaçant d’anciens chercheurs à la tête de ses entités (cf. le CEA en France).

4. Parcs technologiques
A proximité des campus, des parcs technologiques sont développés. Ce sont des zones où les laboratoires des entreprises, leurs département de développement et de design, les incubateurs et les pépinières peuvent trouver facilement à se loger pour un coût maîtrisé et transparent (Stanford Industrial Park, Matam High Tech Park, Zurich Technopark…).
Ces parcs technologiques sont, pour les meilleurs d’entre eux, relativement spécialisés. Leurs employés se fréquentent et changent fréquemment d’employeurs, ce qui encourage une fois encore l’esprit de compétition et les transferts d’idées et de technologies (une tendance volontairement amplifiée par les lois californiennes, qui éliminent la plupart des clauses anticoncurrentielles des contrats de travail).
Ces parcs offrent des services qui facilitent la communication et les échanges : télécentres, très haut débit, mais aussi centres de conférences, hôtel d’entreprises, lieux de convivialité, cafés, bars, clubs, terrains de sport… (cf. le projet de Kista Science City soutenu par la Fondation Electrum).
Dans les meilleurs des cas, se sont les universités elles-mêmes qui ont développé ces parcs technologiques (Stanford, Cambridge, Technion…). Leurs administrateurs, qui sont en majorités des enseignants et des anciens élèves, sont capables d’orienter les formations délivrées par les universités et les recherches menées dans leurs laboratoires vers le développement de technologies de pointe nécessaires aux applications commerciales. Ils peuvent ainsi participer aux tours de table lors de lancement d’entreprises. En retour, les laboratoires bénéficient des retombées commerciales des sociétés qui mobilisent leurs découvertes. Ceci implique souvent que l’Etat reconnaisse et protège la propriété intellectuelle des laboratoires publics (cf. le Bayh Dole Act aux Etats-Unis et les lois inspirées par celui-ci, notamment en France).

5. Structures spécialisées
Les universités disposent d’une agence spécialisée dans le transfert de technologies bien identifiée et de règles acceptées par les laboratoires comme par les entreprises. Cette agence est souvent détenue via une joint-venture par plusieurs universités et opère à l’échelle du cluster, mais ce n’est pas une condition nécessaire à son succès. Dans les meilleurs cas, elle participe à la sélection des projets éligibles aux aides publiques qui sont souvent importantes pour les jeunes entreprises technologiques (cf. en particulier BioM à Munich, Technion Technology Transfer ou StarTAU).
Les dispositifs de financement les plus performants sont ceux qui s’ajoutent aux investissements privés et non ceux qui s’y substituent : une double sélection des meilleurs projets est ainsi possible. Ces aides peuvent être attribuées par l’Etat (Programme Yozma, Israël) sur sélection d’une agence spécialisée au niveau du cluster (Allemagne) ou par l’université (Tsinghua Holding).
Les universités construisent aussi des hôtels d’entreprises, des pépinières et incubateurs destinés, à proximité immédiate des laboratoires, à faciliter au maximum le lancement des entreprises nouvelles.
Des réseaux d’entreprises ou pôles de compétitivité peuvent être associés à la gouvernance du cluster (Munich, Zurich).
Le cluster peut se doter d’une marque, partagée ou plus généralement restreinte à certains acteurs- clés : universités, parcs technologiques, agences de valorisation. Cependant, les clusters les mieux reconnus n’ont pas développé de marque propre (Silicon Valley, Silicon Wadi, Boston, Munich) et certaines marques de cluster se signalent plutôt par leur manque de visibilité (Zurich, Cambridge).

6. L’ouverture sur le monde
Les grandes universités acceptent le risque de fuite des cerveaux (brain drain) et le combattent en pratiquant une politique d’attractivité salariale volontariste (Harvard).
Ces clusters comprennent un nombre important d’étudiants, d’enseignants et d’actifs d’origine étrangère. Cette diversité est un de leurs objectifs. Elle est mesurée et valorisée.
Les démarches administratives liées à l’entrée des étudiants et actifs étrangers doivent être simples et peu onéreuses, de même que les démarches administratives liées à la création d’une entreprise.
Lorsque l’Etat ne dispose pas de règles générales simples dans ces domaines, des zones spéciales et des réglementations ad hoc peuvent être prévues, mais il s’agit de solutions bien moins performantes puisqu’elles limitent la taille de l’écosystème en compétition (bon exemple : Kista, contre-exemple : Skolkovo).
Des événements : congrès ou salons, permettent régulièrement aux visiteurs de découvrir l’excellence académique, technologique et entrepreneuriale (exemple : Munich, l’Oktoberfest scientifique).

(sources :  Etude Deloitte, Les clés du succès des grands clusters mondiaux et Paris IDF Capitale économique, 10 propositions pour rejoindre le top 10 des clusters mondiaux)

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Jean-Luc Vayssière

Rendre l’université attractive, dès la première année !

Le paradoxe est connu, il n’en reste pas moins étonnant. Alors que les universités ont un potentiel pédagogique exceptionnel, qui repose sur des enseignants qui sont aussi des chercheurs (à la différence de filières comme les BTS, les classes préparatoires ou de la plupart des écoles accessibles après le bac), elles conservent au fil des années une image négative au moment du choix des étudiants après le bac. L’une des difficultés réside dans le fait que le plus souvent ceux qui parlent de l’université la connaissent peu ou en ont une vision surannée. L’université a beaucoup évolué ces vingt dernières années, les universités nouvelles comme l’UVSQ sont les fers de lance de cette mutation qui a gagné l’ensemble du secteur. Cette transformation est encore méconnue. Changer cet état de fait est l’un des plus grands défis pour l’université française dans son ensemble.

Comment rendre l’université attractive ? On sait bien que tous les acteurs de l’enseignement supérieur ne sont pas à égalité sur la ligne de départ. Tandis que certains pratiquent la sélection et affichent d’importantes dépenses par étudiant, d’autres accueillent tous les bacheliers et souffrent en plus d’un sous-financement chronique.  Je reviendrai bientôt sur cette question. Mais avant d’envisager l’ensemble du système de formation, je préfère évoquer les initiatives positives que les universités peuvent prendre -et parfois ont déjà prises- pour aller de l’avant et prouver leur valeur aux bacheliers.

Outre les qualités traditionnellement propres au système universitaire – encadrement par des chercheurs, développement de l’autonomie intellectuelle des étudiants, souplesse des cursus – il importe de mettre en avant les nouvelles pratiques pédagogiques de l’université. Le suivi individuel en première année, le travail en petits groupes durant tout le cursus, mais aussi l’ouverture précoce à des enseignements professionnalisants pouvant déboucher sur des formations de master extrêmement valorisées, sont une réalité qu’il faut mieux faire connaître dans la société.

Une dose d’innovation et d’imagination est indispensable pour adapter davantage les cursus de licence aux étudiants de niveaux très variés. D’un côté, il faudrait un suivi plus attentif pour les étudiants décrocheurs, en particulier dans les premiers mois de la première année, et probablement réfléchir à l’instauration d’une « année zéro » pour l’adaptation des étudiants les moins armés pour l’enseignement supérieur. Mais d’un autre côté, il faut aussi permettre aux étudiants de très bon niveau faisant le choix de l’université de s’épanouir. Pourquoi ne pas étudier la possibilité de faire des licences en deux ans, ou de suivre un double diplôme,  non seulement à l’intérieur d’un même domaine, mais aussi avec une vraie interdisciplinarité, comme c’est le cas à l’UVSQ avec le droit et l’anglais, ou, de manière différente, la musique et les sciences humaines ? Imaginer des co-diplomations avec des universités étrangères qui systématisent la mobilité des étudiants, des dispositifs en alternance qui favorisent la professionnalisation ou des « licences recherche » qui intègrent la formation par la recherche, l’un de nos points forts en master, dès le niveau licence. Autant d’innovations qui sont à la portée d’une université comme la nôtre, et qui symboliseraient la valeur des filières universitaires, dès la première année !

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Jean-Luc Vayssière

Saclay : « Il faut que tous les acteurs soient représentés dans le futur gouvernement de l’ensemble, comme à Toulouse »

« Ce que je réclame, c’est de pouvoir contrôler mon destin, de préserver les caractéristiques de mon université et de leur permettre de féconder le projet. Je dois protéger les intérêts de ma communauté et ses projets novateurs : l’UVSQ a un profil spécifique, elle est un acteur du territoire et elle a une vraie mission sociétale. Il n’y a pas de raison pour que nous nous sacrifiions sur l’autel d’un grand projet unificateur… », déclare Jean-Luc Vayssière, président de l’UVSQ, dans un entretien à AEF accordé à la suite d’une tribune qu’il a postée sur son blog début septembre 2012, et dans laquelle il dénonçait un projet où « la place de l’UVSQ n’est visiblement pas souhaitée » (AEF n°171497). « J’ai une appétence forte pour Saclay, mais il faut faire évoluer le projet et son calendrier, pour qu’il prenne mieux en compte tous les acteurs et qu’ils soient tous représentés dans le futur gouvernement de l’ensemble, peut-être comme les toulousains viennent de le faire dans leur propre idex » (AEF n°172551), propose-t-il ainsi. Il revient également sur les caractéristiques de l’UVSQ et sur les priorités de son mandat.
AEF : Vous avez pris la présidence de l’UVSQ en avril dernier, après avoir été vice-président du conseil d’administration sous les mandats de Sylvie Faucheux. Quel cap souhaitez-vous donner à cette université ?

Jean-Luc Vayssière : Il faut d’abord savoir d’où l’on part. L’UVSQ est une « université nouvelle », ce qui veut dire qu’elle n’a que 21 ans. Quand elle a été créée, elle a été conçue comme une antenne universitaire de premier cycle, destinée à désengorger les universités parisiennes. L’évolution s’est faite ensuite vers une université de plein exercice, et l’UVSQ est devenue un établissement très tourné vers la recherche et très ancré sur son territoire au travers de ses relations avec les collectivités et avec le milieu économique. Nous avons un profil proche de celui de l’université de Cergy. Nous sommes la plus grosse université nouvelle, avec 18 800 étudiants, et nous avons 34 laboratoires de recherche. Nous apparaissons dans le classement de Taiwan et parfois dans celui de Shanghai. Nous avons des secteurs dans lesquels nous avons atteint un niveau international : les sciences de l’environnement, les matériaux et la chimie, l’informatique (notamment la cryptologie), le patrimoine, l’épidémiologie, et nous avons deux laboratoires de sociologie très visibles sur le plan national. Et nous sommes pluridisciplinaires…

AEF : Quelles sont donc les priorités de votre mandat ?

Jean-Luc Vayssière : Durant mon mandat, il va d’abord falloir mener à bien tous les projets déjà engagés : nous avons ainsi une douzaine de labex, deux cohortes (notamment une qui doit suivre 200 000 personnes, et l’autre qui est focalisée sur les étudiants), ainsi qu’un IEED dans le domaine automobile. Mais je souhaite aussi développer davantage l’interdisciplinarité, pour ancrer l’UVSQ dans le paysage et la différencier. Par exemple, nous avons un projet de création d’un institut autour de la criminologie, qui regrouperait des sociologues, des juristes et des médecins. C’est quelque chose que nous sommes capables de faire car nous avons une très solide faculté des sciences de santé. Je souhaite également identifier des niches, comme nous l’avons fait avec la cryptologie. Enfin, je veux dynamiser notre présence à l’international, en couplant recherche et formation.

AEF : Vous avez défrayé la chronique à la rentrée en publiant sur votre blog une prise de position assez tranchée sur le projet de campus Paris-Saclay, auquel vous participez en tant que membre de la FCS. Vous y estimiez que le projet était en train de s’essouffler et vous réclamiez une place plus importante pour l’UVSQ dans les instances de décision. Pourquoi cette sortie ?

Jean-Luc Vayssière : Ce qu’il faut retenir, c’est que le projet de Saclay intéresse l’UVSQ, mais qu’elle ne veut pas avancer sans savoir où elle va. Revenons un peu en arrière. Le précédent gouvernement – voire même ceux d’encore avant, avec la politique des PRES – a donné une forte impulsion en faveur des rapprochements entre universités. Nous nous sommes donc engagés dans le PRES UniverSud Paris, dans lequel, il est vrai, il ne s’est pas passé grand-chose. Puis est apparu le projet Saclay, dans lequel, très vite, une logique de structuration a accompagné la logique de partenariat, qui plus est avec d’autres acteurs (la FCS compte 19 membres, dont dix écoles, sept organismes et deux universités). Je note que partout ailleurs, les regroupements mettent au coeur de leur logique des universités, mais qu’à Saclay, comme à PSL, nous fabriquons un objet complexe.

Sont ensuite venus les appels à projets idex : l’idex 1 ne faisait aucune place au droit, à la médecine ou aux sciences de l’environnement, disciplines très importantes à l’UVSQ. Dès le départ, il y a donc eu un problème d’intégration partielle de l’UVSQ dans le projet Saclay. Dans l’idex 2, ces champs ont été pris en considération, et nous avons donc vu la possibilité de travailler sur des partenariats de plus grande ampleur. Sauf que dans le même temps, il y a eu de la part du jury une incitation très forte à ce que le projet se structure sur le plan institutionnel. À l’oral, les porteurs du projet Saclay se sont même engagés à aller plus loin sur ce plan de la structuration que ce que nous avions décidé par écrit…

AEF : Mais le projet de Paris-Saclay a toujours été, même sur le papier, de créer à terme une université. Pourquoi faire mine de le découvrir aujourd’hui ?

Jean-Luc Vayssière : Ce que je réclame, c’est de pouvoir contrôler mon destin, de préserver les caractéristiques de mon université et de leur permettre de féconder le projet. Je dois protéger les intérêts de ma communauté et ses projets novateurs : l’UVSQ a un profil spécifique, elle est un acteur du territoire et elle a une vraie mission sociétale. Il n’y a pas de raison pour que nous nous sacrifiions sur l’autel d’un grand projet unificateur…

AEF : Envisagez-vous donc de sortir du projet d’université Paris-Saclay ?

Jean-Luc Vayssière : Bien sûr que non, ce n’est pas mon propos. J’ai une appétence forte pour Saclay, mais il faut faire évoluer le projet et son calendrier, pour qu’il prenne mieux en compte tous les acteurs et qu’ils soient tous représentés dans le futur gouvernement de l’ensemble, peut-être comme les toulousains viennent de le faire dans leur propre idex. Il faut adopter une approche pragmatique et réaliste afin d’avancer sur un projet vraiment innovant.

AEF : Dominique Vernay (AEF n°171658) et Jacques Bittoun (AEF n°172910) ont récemment déclaré que l’engagement de l’UVSQ dans deux ensembles différents, Saclay et UPGO, leur posait question, et qu’il faudrait bien que vous choisissiez l’un ou l’autre à un moment. Que leur répondez-vous ? Estimez-vous possible de rester membre actif des deux projets ?

Jean-Luc Vayssière : Cette question est réglée. L’UVSQ et l’université de Cergy-Pontoise collaborent dans une logique partenariale de déploiement de projets qui apportent une plus-value en termes de moyens et de visibilité, au sein d’UPGO. Cette collaboration ne remet pas en cause notre participation à la structuration de l’Université Paris Saclay.

Dépêche du 17/10/2012, reproduite avec l’aimable autorisation d’AEF, Sarah Piovezan.

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Jean-Luc Vayssière

Spécificités, compétences, valeurs, partenariats

Discours prononcé lors du séminaire UPGO – Saint-Germain-en-Laye, 12/10/2012

L’UVSQ, jeune université de 21 ans, se distingue par des spécificités : pluridisciplinarité, ancrage territorial fort avec soutien des collectivités territoriales et locales, visibilité internationale, relations avec le milieu socio-économique, innovation, développement de filières professionnalisées en apprentissage, préoccupation de l’insertion des diplômés bien avant que cette mission ne soit inscrite dans le Code de l’Education.
Il ne faut pas oublier qu’au moment de la création des universités nouvelles (7 en France dont 4 en Ile-de-France), l’Etat n’envisageait pas que se déploient ainsi des établissements de plein exercice, offrant désormais une alternative complète, en matière de formation et de recherche, aux établissements parisiens.

L’UVSQ a su développer ses compétences en recherche, et a acquis une reconnaissance certaine sur des niches telles que la cryptologie, la chimie des matériaux, les sciences de l’environnement et le développement durable, la culture, etc. Et la formation se nourrit de la recherche qui est menée dans nos laboratoires ; c’est une spécificité universitaire dont nous sommes fiers.

La communauté universitaire de Versailles Saint-Quentin incarne aussi des valeurs. Celle de service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, tout d’abord, dont découlent en quelque sorte, nos valeurs de responsabilité, de qualité, mais aussi d’engagement et de cohésion sociale. Dans le triangle de la connaissance (Recherche, Formation, Innovation), le lien entre recherche et formation n’est pas la survivance d’une tradition académique.
En faisant émerger de nouvelles thématiques de recherche, nous ne produisons pas seulement de nouvelles connaissances. En proposant de nouvelles filières de formations, il ne s’agit pas seulement d’assurer le succès de quelques-uns, mais de viser la réussite et l’excellence pour le plus grand nombre. Et aussi, d’accompagner des jeunes pour qu’ils deviennent des citoyens éclairés, les honnêtes hommes (et femmes) du XXIe siècle.
En ce sens, notre rôle et notre impact sur la société ne sont pas ceux d’une institution comme les autres, mais bien ceux d’une communauté réunie autour d’un objectif stimulant, celui de participer à la construction de la société de demain.

Comme je l’ai évoqué, les partenariats sont caractéristiques de notre identité et notamment ceux que l’on nomme les partenariats académiques (IPSL, CNRS, APHP…). Une partie de la communauté de l’UVSQ, en particulier en sciences ou encore en sociologie, est investie dans des collaborations scientifiques et des projets avec plusieurs acteurs du territoire de Saclay tels que l’université Paris Sud, Polytechnique, le CEA et le CNRS bien sûr, depuis plusieurs années, et dans le cadre de l’IDEX Paris Saclay. 
Un projet d’Université Paris-Saclay est en cours d’élaboration sur la base de l’IDEX auquel nous avons participé depuis il y maintenant plus d’un an. Nous pouvons y adhérer sur la base de deux conditions : que l’ensemble des disciplines de l’université aient la possibilité de s’y épanouir et que les spécificités de l’UVSQ que j’ai évoquées soient respectées. Je veux parler en particulier du respect de son ancrage territorial et des partenariats engagés, dont ceux qui font l’objet de ce séminaire.

L’université de Cergy-Pontoise, notre sœur jumelle, ressemble à l’UVSQ en bien des points. C’est pourquoi il est tout à fait naturel de nous retrouver côte à côte dans une logique partenariale de déploiement de projets qui apportent une plus-value en terme de moyens, de visibilité et d’intérêts scientifiques.
Notre collaboration se réalise au sein du PRES UPGO, que nous avons créé dans cette intention. C’est dans cette perspective que la communauté de l’UVSQ s’y est investie et, je l’espère, mais ne présumons pas du résultat de ce séminaire, qu’elle continuera à le faire.

 

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Jean-Luc Vayssière

La recherche sur projet a-t-elle un avenir ?

La publication d’une enquête du journal Libération sur les emplois précaires dans les laboratoires universitaires me donne l’occasion de prolonger mes remarques sur les crédits universitaires. En effet, la principale transformation touchant la recherche française depuis 10 ans est sans doute le basculement massif du financement vers la recherche sur projet. Aux dispositifs préexistants du côté du CNRS ou au niveau européen (ERC) est venu se greffer, au cœur du système, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), puis est arrivée la vague des Investissements d’Avenir. A l’occasion des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, il vaut la peine d’en esquisser le bilan du point de vue de l’université.

Les défauts de ce système commencent à apparaître clairement, pas forcément là où ils avaient été le plus bruyamment dénoncés lors de sa mise en place : rien ne prouve que les inégalités entre universités ou entre disciplines aient été fortement accrues, qu’on ait assisté à une logique de marchandisation ou de mise en concurrence générale des équipes contraire à l’esprit du service public, ni que la recherche sur projet ait été un écran de fumée pour dissimuler une baisse globale des moyens de la recherche.

En revanche, rien n’a prouvé non plus que l’innovation y a toujours trouvé son compte. La recherche sur projet conduit souvent à emprunter les sentiers balisés, au détriment de l’originalité et de la prise de risque scientifique. Elle mobilise grandement les chercheurs et ponctionne leur temps de travail. La standardisation des dossiers pousse à la spécialisation de quelques-uns dans la recherche de financement, aboutissant à créer de nouvelles routines et à une langue de bois technocratico-scientifique. La souplesse de mise en place des projets est presque inexistante, en particulier du point de vue du format temporel. Enfin, et ce n’est pas le moins important, ces projets ont un coût de gestion important pour les universités, et favorisent la précarisation du personnel non-titulaire qu’ils emploient massivement. Au total, il ne serait pas sans intérêt de procéder à un audit indépendant du coût réel de la recherche sur projet pour les universités : on découvrirait sans doute qu’il s’agit de véritables co-financements systématiques, où la part des universités est majoritaire !

Faut-il pour autant y renoncer ? Sans doute pas, car les appels à projets ont aussi poussé les chercheurs ces dernières années à développer le travail collectif, en particulier dans des disciplines traditionnellement individualistes, à formaliser plus clairement la programmation de leurs laboratoires, et à produire de nouvelles interactions. Cependant, les assises pourraient être l’occasion non seulement d’une réflexion sur le nécessaire rééquilibrage entre crédits sur projet et crédits récurrents, mais aussi sur un nouveau pilotage de l’ANR, à la fois plus démocratique, plus transparent et associant plus étroitement les laboratoires et les universités dont ils dépendent.

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Jean-Luc Vayssière

Crédits de recherche : revenons à l’équilibre !

Notre ministre, Geneviève Fioraso, a annoncé que le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche augmenterait de 2%, je m’en réjouis. Les semaines précédentes, j’ai insisté sur la nécessité de procéder à un rééquilibrage entre les différentes universités, en prenant en considération principalement les difficultés des formations. Cette question est toujours d’actualité pour les formations, mais le rééquilibrage des crédits de la recherche est un enjeu tout aussi fondamental.

Le programme du nouveau président, François Hollande, mentionnait le transfert de crédits contractuels, gérés par l’ANR, vers des crédits récurrents à la disposition des laboratoires. Cette évolution est sans aucun doute souhaitable. Car, si l’obtention de crédits sur projet a pu avoir des effets dynamisants, cette dimension a fini par prendre trop de place dans la vie des laboratoires.
Du côté financier, ces projets n’intégrant que très rarement des coûts complets, des charges nouvelles sont occasionnées par ces appels à projet ; des charges portées non pas par les laboratoires mais par l’université elle-même, mettant en péril d’autres activités universitaires. Du côté scientifique, le travers de la logique des appels à projets conduit les collègues à creuser des sillons déjà bien balisés, alors que les financements récurrents permettent à l’inverse l’émergence de nouvelles thématiques de recherche.

Encore faut-il savoir comment opérer ce rééquilibrage. La solution d’un transfert de l’ANR vers les organismes de recherche semble avoir les faveurs du nouveau gouvernement. Opérateurs de recherche à part entière, les universités ne sauraient rester les bras croisés devant une telle perspective ! Dans de nombreux champs de recherche, en particulier en sciences humaines et sociales, les équipes d’accueil universitaires constituent une grande partie du potentiel de recherche au niveau national. Il paraît donc inquiétant d’imaginer un glissement de crédits qui ferait l’impasse sur les universités.

L’une des priorités de la politique scientifique nationale est de redéfinir les rapports entre des organismes de recherche qui sont sous tutelle directe du ministère, et des universités désormais autonomes. C’est l’un des grands enjeux des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Cette redéfinition ne peut se faire que dans le respect mutuel des uns et des autres. Faire pencher la balance de manière inconsidérée du côté des organismes nationaux manifesterait une défiance de l’Etat à l’égard des universités, un retour en arrière dans la déconcentration du pilotage de la recherche et l’accroissement des inégalités de condition de travail scientifique entre chercheurs et enseignants-chercheurs. En fin de compte, cela ne rendrait service ni aux universités, ni aux organismes de recherche.

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Jean-Luc Vayssière

Réunion d’échanges & Live tweet pour la rentrée universitaire

Merci à tous les personnels qui ont répondu présents aujourd’hui pour la réunion d’information et d’échanges sur le site Vauban à Guyancourt.
Un live tweet a permis aux absents de suivre ce moment sur Twitter, grâce aux collègues qui utilisent avec le même plaisir que moi ce nouveau média. A la fin de l’échange, les tweets ont été collectés et publiés ici. Pour ceux qui découvrent ce type de conversation (basée sur des messages de 140 caractères maximum), la conversation se lit de bas en haut.

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Jean-Luc Vayssière

Des partenariats : inscrits dans les gènes de l’UVSQ

Pour enrichir mon billet d’humeur du 10 septembre, je souhaite rappeler aujourd’hui quelle est ma stratégie en termes de partenariat académique.

Dès février 2012, les élus des conseils centraux qui ont soutenu ma candidature à la présidence de l’université expliquaient dans leur profession de foi la stratégie que nous partageons. La route était clairement tracée : « renforcer nos partenariats académiques à la fois au sein de l’IDEX Paris-Saclay et dans le cadre du PRES UPGO, deux projets complémentaires à plus d’un titre, qui, en créant de nouvelles synergies, consolideront notre attractivité internationale et conforteront notre identité pluridisciplinaire. » 

L’UVSQ est par ailleurs, et à titre d’exemples, investie dans 3 laboratoires d’excellence avec des partenaires tels que l’Observatoire de Paris (Planétologie), l’UPMC (à travers l’IPSL), l’université Paris Sud, le Louvre et ses laboratoires, le Château de Versailles et bien d’autres partenaires prestigieux (Labex Patrima). Voilà pour aujourd’hui. Et demain ? De nouveaux partenariats peuvent également être envisagés avec les universités de Paris Ouest Nanterre et d’Evry.
Et je n’évoque ici que les partenariats académiques à caractère national. Je développerai dans un autre billet comment je souhaite positionner l’UVSQ à l’international, mais aussi dans son territoire au travers de ses liens avec les collectivités territoriales et avec le monde socio-économique.

Qu’il soit souhaitable de voir émerger un nombre forcément limité de complexes universitaires mondiaux de recherche n’est pas contradictoire avec le maintien, voire l’encouragement, par l’Etat et les collectivités territoriales, de stratégies complémentaires pour le plus grand nombre, au bénéfice de tous, et, en premier lieu, des étudiants mais aussi de l’innovation.

N’y aurait-il plus place en France pour une offre de formation et de recherche qui joue un rôle territorial fort de désenclavement et de rayonnement de certains territoires ? Tisser des relations étroites avec une université d’envergure internationale peut apporter dans cette perspective un atout majeur, sans qu’il soit nécessaire d’y sacrifier son identité.


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Jean-Luc Vayssière

Crédits universitaires : diminution ou rééquilibrage ?

La rumeur est trop insistante pour être dénuée de fondement : les universités ne seraient pas épargnées par la rigueur budgétaire et ce malgré l’annonce surprenante de la création de quelques mille emplois dans l’Université. Dans un contexte économique difficile, cette évolution n’est pas surprenante, mais elle appelle néanmoins quelques commentaires. Laissons de côté les questions d’arbitrage interministériel pour considérer la seule question de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Si une telle baisse avait lieu, quelles en seraient les conditions concrètes de mise en œuvre ? Les universités sont déjà le parent pauvre de l’enseignement supérieur, en particulier au niveau du premier cycle. Si un effort doit être consenti, il serait incompréhensible qu’il porte d’une manière aveugle sur l’ensemble du dispositif de formation supérieure de notre pays : ne pas prendre en compte la fragilité du financement des filières universitaires pourrait conduire à aggraver l’échec et la perception négative de l’université, au moment où l’université française est en pleine mutation et où l’apport dynamisant des études supérieures est crucial pour l’avenir de nos sociétés.

Mais au sein même du monde universitaire, l’équité n’est pas moins nécessaire ! Est-il raisonnable d’envisager une baisse mécanique des crédits, fixé plus ou moins au même pourcentage, sans prendre en compte des critères qualitatifs ?

La LRU, malgré une volonté politique initiale vite refroidie, n’a pas permis de modifier les positions établies, en particulier en termes de masse salariale, et d’apporter quelque correction liée à l’évolution du nombre d’étudiants, à la pertinence des formations et à la qualité de la recherche. Par rapport aux universités de la région parisienne de la génération précédente, cette mécanique affecte particulièrement le potentiel de développement des universités dites « nouvelles » comme l’UVSQ.

S’il peut paraître juste au gouvernement de faire porter une partie de l’effort collectif sur l’enseignement supérieur et la recherche, on ne peut que souhaiter que cette exigence de justice soit maintenue jusqu’au bout du processus.

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Jean-Luc Vayssière

De meilleures assises pour l’enseignement supérieur et la recherche ?

Qu’est-il raisonnable d’attendre des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaitées par le président de la République et organisées par la ministre ? La question trottait dans la tête de nombre de présidents lors de l’université d’été organisée mercredi et jeudi derniers par la Conférence des présidents d’université.

Les assises aborderont les trois objectifs du quinquennat de François Hollande : la réussite des étudiants, en particulier en licence ; la redéfinition des rôles respectifs des universités, des organismes nationaux de recherche, des écoles et des agences ; la révision de la gouvernance des établissements et des politiques de sites et de réseaux.

Côté calendrier, les choses sont maintenant claires. Fin août, le comité de pilotage a auditionné les 58 premières organisations ou institutions représentatives de l’enseignement supérieur et de la recherche avant une deuxième série d’auditions du 17 au 19 septembre. Les assises territoriales, régionales en fait, se tiendront la première quinzaine d’octobre et dureront entre un et trois jours. Le rapporteur territorial devra adresser au comité de pilotage un rapport de 25 pages maximum pour la fin octobre. Enfin, les assises nationales se dérouleront les 26 et 27 novembre 2012. Le rapport final sera remis à la ministre avant Noël, laquelle devra alors faire les arbitrages en vue d’une loi d’orientation pour 2013.

Pour l’Ile-de-FranceJean-Pierre Bourguignon, mathématicien, directeur de recherche au CNRS, directeur de l’Institut des hautes études scientifiques situé à Bures-sur-Yvette, a été désigné rapporteur territorial. Les assises territoriales doivent favoriser les échanges et structurer la réflexion afin de préparer les assises nationales. Toutefois, le nombre de participants mentionné dans les documents relatifs à leur organisation est compris entre 50 et 100 ! En l’Ile-de-France, il est difficile de croire que ce sera suffisant à garantir la richesse des débats. Initiative est laissée aux 3 recteurs d’Ile-de-France, en lien avec le Préfet de Région et le Président du Conseil régional, d’organiser des réunions préparatoires aux assises territoriales.

Dans ce contexte, quelle mobilisation engager à l’UVSQ ?
J’ai déjà donné mon accord de principe au Recteur de l’Académie de Versailles pour l’organisation d’une réunion des assises territoriales sur l’un des campus de l’UVSQ, probablement celui des Sciences. J’incite par ailleurs l’ensemble des collègues qui le souhaitent à contribuer individuellement sur le site Internet des assises.
Mais, la rentrée universitaire à l’UVSQ est pour le moins chargée. Partenaire actif du projet Paris Saclay et du PRES UPGO, l’UVSQ doit élaborer son projet stratégique de développement pour les années à venir (contrat quinquenal) sans oublier la rentrée et la préparation du budget 2013 dans un contexte incertain… Je souhaite que les collègues s’engagent dès à présent dans une réflexion approfondie. Les élus des trois conseils centraux seront prochainement saisis, et simultanément les composantes, les laboratoires et les directions seront sollicités. Car je crois que la maturation collective de notre projet stratégique d’établissement 2013-2017 est le premier garant de sa réalisation future.

Pour en savoir plus : http://www.assises-esr.fr et sur Twitter : @Assises_ESR

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Jean-Luc Vayssière

Paris Saclay : être partie prenante ou pas !

Depuis 2010, l’UVSQ a fait le choix de s’investir dans le projet très (trop) ambitieux de construction d’un modèle hybride d’université qui intégre des universités, des grandes écoles, des organismes de recherches tels que le CEA, le CNRS, etc. sur le plateau de Saclay.

Depuis que la pression présidentielle s’est estompée avec le changement de gouvernement, ce projet, qui était au départ celui d’une « université unique de classe mondiale », évolue vers un projet plus banal et dans lequel la place de l’UVSQ n’est visiblement pas souhaitée.  Pour simplifier, les grandes écoles garderaient leur diplôme et leur pré-carré sur les relations entreprises, les organismes de recherche resteraient dans un partenariat fort sans transfert de moyens, seules les 2 universités seraient finalement concernées par la fusion-acquisition, Paris Sud et l’UVSQ.

Pour une université comme la nôtre, faire le choix de participer au projet initial était raisonnable et je crois qu’il l’est encore ! Du moins si l’on regarde la réalité du terrain, les résultats des appels à projets déposés ensemble, les nombreux enseignants-chercheurs qui collaborent avec les collègues de Paris Sud, le CEA et le CNRS, et enfin la proximité territoriale.

Curieusement, cet avis n’est visiblement pas partagé par nos partenaires puisque l’UVSQ n’a pas sa place au Conseil d’administration, alors que 3 écoles y siègent ! L’université n’a pas non plus sa place au Comité Idex, ni même dans le groupe de travail sur les études doctorales !

Lorsque je réclame légitimement une place pour l’UVSQ dans l’une de ces instances, et en particulier dans la gouvernance afin de participer à la construction de ce futur ensemble d’excellence, un silence convenu alterne avec un refus… justifié par le maintien des équilibres (sous-entendu entre écoles, organismes et universités) !

Ce n’est pas admissible ! Il y a une certaine hypocrisie à reprocher à l’UVSQ de ne pas choisir entre ses partenaires de recherche et de formation (pour faire simple Paris Saclay ou UPGO) et à ne pas lui octroyer le droit de siéger dans les instances qui décideraient de son avenir !

Car c’est bien de notre avenir dont il s’agit, comme le précise la 3e note de l’UPSa « L’élaboration d’une stratégie commune à une échelle inter-établissements nécessite de mettre en place de nouveaux processus de décision et de priorisation efficaces, qui devront considérer depuis la distribution de moyens nouveaux (ceux de l’IDEX) jusqu’à la réallocation de moyens existants (arrêt de certaines actions en recherche et formation, réaffectation des postes libérés, etc.), qui dépendent des établissements. »

On constate que les jeux sont déjà faits à la lecture de cette note datée d’août 2012, qui totalise uniquement 31 050 étudiants et 3 363 enseignants-chercheurs pour les 2 universités. Or, Paris Sud affiche dans ses chiffres clés, 27 289  étudiants et 2 461 enseignants-chercheurs. L’UVSQ pour sa part accueille 19 000 étudiants et dénombre 1 389 enseignants-chercheurs. Mais que deviendraient donc les autres ?

 

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Jean-Luc Vayssière

Etre ou ne plus être… dans le classement de Shanghai 2012

Dans la soirée du 14 août 2012 tombaient les résultats du très attendu classement de Shanghai. Après deux années de présence au sein de classement international en 2010 et 2011, l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines n’y figure plus cette année. C’est bien dommage, mais l’UVSQ n’en a pas changé pour autant ! Notre sortie du classement n’a évidemment aucune influence sur la qualité de nos activités de recherche, d’enseignement, sur nos partenariats ou sur l’investissement des collègues enseignants, chercheurs et enseignants-chercheurs sur nos missions. Mais puisque le cru 2012 signifie une sortie pour notre établissement, à quels commentaires peut-on se risquer ?

Je ne reviendrai pas en détail sur la légitimité des critères retenus par les auteurs du classement, mais sur le fait que les chercheurs de l’université Jiao Tong de Shanghai ne disposent pas de données fiables, vérifiées, sur les effectifs des universités françaises. L’existence en France des organismes de recherche brouille le décompte. Jiao Tong adopte donc une surpondération systématique des effectifs scientifiques, ce qui a comme principale conséquence d’abaisser notre ratio effectifs-publications scientifiques. En clair, nous publions peu en considération de nos effectifs selon les critères de Shanghai. Ce qui n’est pourtant pas le cas. Des données vérifiées par les deux parties  feraient probablement bondir d’une centaine de places… Dont acte !

Ce classement largement critiqué, ne prend pas en compte le nombre d’étudiants, les dispositifs mis en œuvre pour favoriser leur insertion professionnelle, la valorisation… Reposant pour l’essentiel sur un recensement des prix et publications des chercheurs et anciens élèves de chaque université, il classe la France au 8e rang des nations. Tout cela a déjà été dit… et beaucoup d’autres choses.

Dans une interview au journal Le Monde, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, explique que « … ce classement (qui) ne peut être un outil de pilotage de la politique en matière d’enseignement supérieur et de recherche ». Elle ajoute qu’ « il ne faut pas faire dire n’importe quoi à ce classement ».

Si ce classement -et notamment sa première livraison en 2003- a eu comme intérêt une prise de conscience générale sur l’état de paupérisation avancée de l’université en France, la mise en place de l’autonomie et enfin le maintien des budgets notamment grâce aux appels à projets, on ne voit pas aujourd’hui d’intérêt autre que médiatique sur sa révélation estivale.
S’il continue à faire couler beaucoup d’encre, ce n’est pas uniquement parce les médias sont friands de ce nouvel aiguillon devenu « marronnier » de chaque rentrée universitaire. Premier du genre dans le secteur universitaire, il a progressivement gagné les faveurs du grand public -les étudiants et leurs parents en particulier- qui ne perçoit curieusement pas l’absence de critères liés à la qualité de l’enseignement et à l’insertion professionnelle.

Certains d’entre nous espèrent, pour favoriser un certain rééquilibrage, que le classement européen U-Multirank voit le jour rapidement. Ce nouvel outil devrait élaborer une cartographie de l’enseignement supérieur et de la recherche en Europe qui mentionnera tous les critères absents du classement de Shanghai : nombre d’étudiants, qualité de l’enseignement, valorisation de la recherche, insertion professionnelle. Il permettra notamment de mettre en lumière les liens avec les territoires. Elément totalement ignoré par le classement de Shanghai et fondamental pour une université comme la nôtre.

Mais plus que la fabrication d’un nouvel outil qui offrirait une lecture plus objective du paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche en France et en Europe, je suis persuadé que c’est la promotion des atouts des universités dans leur diversité qui fera la différence.

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Jean-Luc Vayssière

L’ultime étape

Les résultats des élections de nos représentants dans les 3 conseils centraux (Conseil d’administration, Conseil scientifique et Conseil des études et de la vie universitaire) sont désormais officiels et publiés.

Je tiens tout d’abord à féliciter l’ensemble des personnels pour le sens civique dont ils ont fait preuve ; en effet, le taux de participation a été particulièrement élevé pour ce moment privilégié de la vie démocratique de notre université où il s’agit de faire des choix stratégiques pour les quatre prochaines années. Un bon résultat qui n’était pas garanti d’avance puisque la liste « Une université de service public pour une ambition internationale » – qui soutient ma candidature à la présidence de l’université – était la seule en lice au Conseil d’administration (CA). L’absence de concurrence n’a pourtant pas démobilisé les électeurs et pour ce conseil, la participation a été de 73% dans le collège A (professeurs et assimilés), 64% au collège B (maitres de conférence et assimilés). La participation a été de 69% au collège BIATSS/ITA pour lequel trois listes étaient présentes.

Pour les élections au Conseil scientifique (CS) et au Conseil des études et de la vie universitaire (CEVU), le taux de participation a été encore plus élevé en ce qui concerne les enseignants-chercheurs et assimilés. Il a atteint 80% dans plusieurs secteurs pour dépasser 90% dans le secteur « Lettres, Sciences humaines et sociales » au collège A du Conseil scientifique.

Mes félicitations vont également aux étudiants dont la participation est en constante progression depuis 2008 (14,4% en 2008, 14,7% en 2010 et 16,1% en 2012). Nous avons certes encore à œuvrer pour mobiliser les étudiants, leur démontrer que leurs élus ont un rôle effectif à jouer dans la vie politique de notre établissement.

Enfin, je tiens à remercier plus particulièrement les membres des listes « Une université de service public pour une ambition internationale » pour leur engagement généreux dans la campagne électorale et leur fidèle soutien. Tous les candidats au CA ont été élus du fait de l’absence d’une liste concurrente, mais il faut noter que 80% des membres des listes présentées au CS et au CEVU ont été élus. Encore bravo !

Je déposerai officiellement ma candidature à la présidence de l’université ; la date limite étant fixée au 5 avril. Mais l’ultime étape aura lieu le 12 avril prochain, avec la tenue du premier Conseil d’administration, en formation restreinte aux seuls élus, qui aura pour mission d’élire le prochain Président de l’UVSQ.

Je vous donne rendez-vous à très bientôt.

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Jean-Luc Vayssière

Les élus au Conseil d’administration

Collège A : 7 sièges

  • CLAVEL Sandrine (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • DELAPLACE Stéphane (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • GAILLARD Jean-Louis (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • HERMEL Philippe (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • LAURIOUX Bruno (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • MOULIN Cyril (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • STEUNOU Nathalie (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Collège B : 7 sièges

  • CARRASCO Nathalie (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • CHOMIENNE Hervé (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • MANSON Stéphane (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • PAULY Véronique (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • QUELIN Xavier (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • SCHEMBRI Patrick (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • YOUNES Nadia (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Collège BIATSS/ITA : 3 sièges

  • BIAUSSAT Christophe (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)
  • GUESDON Sylvie (« Des personnels et des étudiants au cœur du développement de notre université »)
  • LE ROY Joseph (« Oui à l’évolution de notre université par la défense de nos valeurs du service public – UNSA – SNPTES »)

Collège Étudiants : 5 sièges

  • HIRON Hugues (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • NAVETEUR Laura (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • POULAIN Arnaud (« MET L’alternative étudiante que l’UVSQ attendait ! »)
  • ROMY Gaston (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac ») 
  • VAQUIER Grégoire (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
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Jean-Luc Vayssière

Les élus au Conseil des études et de la vie universitaire

Collège A : 8 sièges

Secteur Droit, science politique, économie, gestion : 2 sièges

  • LOURADOUR Frédéric (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • POIRMEUR Yves (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Secteur Lettres, sciences humaines et sociales : 2 sièges

  • BRESSON Maryse (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • LEVY Paule (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

 Secteur Santé : 2 sièges

  • CHAGNON Sophie (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • ORLIKOWSKI David (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Secteur Sciences et technologies : 2 sièges

  • CADOT Emmanuel (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • CHASSAGNE Luc (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Collège B : 8 sièges

Secteur Droit, science politique, économie, gestion (DSPEG) : 2 sièges

  • MORINEAU Fanny (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • VILTER Sylvie (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Secteur Lettres, Sciences Humaines et Sociales (LSHS) : 2 sièges

  • AUBRUN Juliette (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • BADDELEY Susan (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Secteur Santé : 2 sièges

  • GAULT Elyanne (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • LABBÉ Antoine (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Secteur Sciences et Technologies : 2 sièges

  • DAVID Olivier (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)
  • VICHARD Dominique (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Collège BIATSS/ITA : 4 sièges

  • BARTHELEMY Christine (« Des personnels et des étudiants au cœur du développement de notre université »)
  • HARLAY Michel (« Oui à l’évolution de notre université par la défense de nos valeurs du service public – UNSA – SNPTES »)
  • MANEGLI Pascal (« Des personnels et des étudiants au cœur du développement de notre université »)
  • MOREAU Elodie (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Collège Étudiants : 16 sièges

Secteur LSHS-DSPEG : 8 sièges

  • FERCHICHI Stéphane (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • FOREST Pauline (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • JAQUEMET Thomas (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • KALOMBO Kevin (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • MATHIEU Thibaut (« MET L’alternative étudiante que l’UVSQ attendait ! »)
  • MEROUZE Chloé (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • SAISON Paul (« MET L’alternative étudiante que l’UVSQ attendait ! »)
  • SOULIER Benoît (« UNEF et Associations étudiantes »)

Secteur STS : 8 sièges

  • BENALI Tarik (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • CARVES Jean-Baptiste (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • DE CHENERILLES Grégoire (« MET L’alternative étudiante que l’UVSQ attendait ! »)
  • DE MANHEULLE Pauline (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • DOAN Cécile (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • HUSSON Bérengère (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • LAURENT Elsa (« INTERASSOS UVSQ Bouge ta Fac »)
  • MORENO Alexis (« UNEF et Associations étudiantes »)
Catégories
Jean-Luc Vayssière

Les élus au Conseil scientifique

Collège A : 16 sièges

Secteur Droit, science politique, économie, gestion : 4 sièges

  • BARTOLI Annie (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • CHAGNY Murielle (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • HASSENTEUFEL Patrick (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • NICOLAÏ Isabelle (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Secteur Lettres, Sciences Humaines et Sociales : 2 sièges

  • DELPORTE Christian (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • WILLEMEZ Laurent (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Secteur Santé : 4 sièges

  • BREBAN Maxime (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • GUILLEMOT Didier (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • LOFASO Frédéric (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • SAIAG Philippe (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

 Secteur Sciences et Technologies : 6 sièges

  • BUI Alain (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • DUSSEAUX Richard (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)
  • FOURNEAU Jean-Michel (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)
  • HAUCHECORNE Alain (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • HERMIER Jean-Pierre (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • MARTEL Yvan (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

 

Collège B : 2 sièges

  • GAUCHER Anne (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • GERONIMI Vincent (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

 

Collège C : 8 sièges

Secteur Droit, science politique, économie, gestion : 2 sièges

  • AKNIN Audrey (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)
  • BILLARD Catherine (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

Secteur Lettres, Sciences Humaines et Sociales : 2 sièges

  • ANHEIM Etienne (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • SAMUEL Olivia (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Secteur Santé : 1 siège

  • RABÈS Jean-Pierre (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

 Secteur Sciences et Technologies : 3 sièges

  • CORSI Jean-Marc (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • QUISQUATER Mickaël (« Une université de service public pour une ambition internationale »)
  • VIAL Sandrine (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

 

Collège D : 1 siège

  • MERIC Henri (« Une université de service public pour une ambition internationale »)

 

Collège E : 2 sièges

  • ARNAUD Patrick (« Oui à l’évolution de notre université par la défense de nos valeurs du service public – UNSA-SNPTES »)
  • CARLIN-SINCLAIR Abel (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

Collège F : 1 siège

  • BEN AISSA Celsa (« Université pour tous – SNESUP – CGT »)

 

Collège Étudiants : 5 sièges

Secteur LSHS-DSPEG : 3 sièges

  • DIA Hassimiou (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • DONGMO JIOGUE Romaric (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • PORTUGAL Emmanuelle (« UNEF et Associations étudiantes »)

Secteur STS : 2 sièges

  • JOVENE Cyril (« UNEF et Associations étudiantes »)
  • NOIRJEAN Cécile (« UNEF et Associations étudiantes »)
Catégories
Jean-Luc Vayssière

La liste soutenant ma candidature pour le Conseil d’Administration

Liste « Une université de service public pour une ambition internationale »

Collège A

MOULIN, Cyril (OVSQ / LSCE)
GAILLARD, Jean-Louis(PIFO / Ambroise Paré)
CLAVEL, Sandrine(DSP / DANTE)
STEUNOU, Nathalie(Sciences / ILV)
DELAPLACE, Stéphane(IUT Vélizy / LISV)
HERMEL, Philippe(ISM / LAREQUOI)
LAURIOUX, Bruno(IEC / ESR)

Collège B

PAULY, Véronique (IEC / CHCSC)
QUÉLIN, Xavier(Sciences / GÉMAC)
CARRASCO, Nathalie(OVSQ / LATMOS)
MANSON, Stéphane(DSP / VIP)
SCHEMBRI, Patrick(OVSQ / REEDS)
YOUNÈS, Nadia(PIFO / Mignot)
CHOMIENNE, Hervé(ISM / LAREQUOI)

>> Télécharger les listes CA, CEVU et CS qui soutiennent ma candidature en version PDF