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Michel Abherve

Le silence des géographes

Le débat sur le projet gouvernemental de suppresion de l’enseignement de l’histoire géographie en Terminale S bat son plein. Comme tout débat, il interfère avec d’autres, en particulier la différence de réactions, très vive lorsque est il question de l’enseignement de la future élite du pays, absente quand la question s’est posée dans l’enseignement professionnel.

Le point sur lequel j’avais mis l’accent, la différence de réaction entre historiens et géographes continue à poser question. Les hstoriens s’expriment avec force. Le débat à l’Assemblée Nationale a été ouvert lors des séances de questions orales du Mardi 8 et  du Mercredi 9 Décembre;

L ‘histoire a été largement mise en valeur, comme en témoigne ces deux interventions, venant de bords très différents. Lionel Luca a mentionné  “l’enseignement de l’histoire est recommandé par les uns et les autres“. Pour sa part, Noël Mamère a parlé de “la suppression de l’histoire en terminale S

Seule, l’intervention de Catherine Coutelle a mis en valeur l’intérêt actuel de la géographie en déclarant “Considérer que l’enseignement de la géographie n’est pas une priorité …est plus qu’une erreur, monsieur le ministre : c’est une faute grave à l’égard des nouvelles générations de lycéens. Alors que s’ouvre le sommet de Copenhague consacré à l’avenir de la planète – le climat, n’est-ce pas de la géographie ? “

Cette intervention met, par défaut, en évidence le relatif silence des géographes dans ce débat. Comme si la diversification des débouchés pour la discipline ne rendait pas la réaction aussi nécessaire qu’elle ne l’est pour des historiens, pour qui le débouché dans l’enseignement de leurs étudiants demeure vital pour l’avenir de la discipline.

Mais ce silence est une erreur, ne pas saisir une occasion de débat public pour mettre l’accent sur l’intérêt d’une discipline indispensable pour former des citoyens capables de comprendre les enjeux de la planète aujourd’hui.

Alors, géographes, prenez la parole comme les historiens ont su le faire

 

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Michel Abherve

Retour sur la Présidence de l’EPAD et la limite d’âge

La question de la Présidence de l’EPAD est sortie du “buzz” médiatique. Une bonne raison pour y revenir.

Cette question avait été soulevée parce que le Président en place atteignait la limite d’äge fixée pour la Présidence de ce type d’Etablissement Public. Le Figaro nous avait informé que le décret autorisant le report de la limité d’age pour permettre au Président en place d’effectuer son mandat jusqu’au terme de sa présidence du Conseil général des Hauts de Seine, soit 2011, avait été refusé par l’Elysée.

Nous savons aujourd’hui que ce n’est pas pour une question de principe que ce refus est intervenu. Il eut pu été normal de faire de cette limite d’âge une limite intangible.

Mais viennent de se succéder,  une série de décisions entérinant la proposition gouvernementale de déroger à cette limite. il s’agit, excusez du peu, de la présidence de la Société du Grand Paris et celle de l’EPIC de Saclay, soit, tout simplement,  les deux principaux outils de la mise en oeuvre de la politique de l’Etat en Ile de France.

Serait ce que par les Présidents putatifs, André Santini et Christian Blanc ont, tous deux, plus de 65 ans ? On n’ose y croire.

Et en tous cas, si quelqu’un pouvait avoir un doute, il est aujourd’hui indéniable que ce n’est pas le simple calendrier qui a libéré la présidence de l’EPAD. Mais; alors, pour quoi ?

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Michel Abherve

Défendre l’histoire sans oublier la géographie

Un appel contre la dispartion de l’histoire géographie des matières obligatoires au bac scientifique vient de paraitre.

Il est totalement fondé car rien n’est plus absurde, dans un système où le baccalauréat sert de motivation suprème (ce point pourrait évoluer, mais c’est un autre débat), que de considérer que les scientifiques n’ont besoin ni d’histoire, ni de géographie. Cette évolution va d’ailleurs à l’encontre de la volonté d’élargir la culture nécessaire pour tous les lycéens, afin de leur permettre de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et de faire, ainsi éclairés, leurs choix d’orientation dans l’enseignement supérieur.

Mais cet appel a un grave défaut : il est hémiplégique. Initié par des historiens, signé par 21 sommitées de l’Histoire ( et un démographe), il met, avec justesse, l’accent sur le rôle formateur de l’histoire, y compris pour des scientifiques. Mais il n’est signé par aucun géographe !

Le “Journal du Dimanche” en tire, logiquement, la conséquence, en titrant la page qu’il consacre au sujet “Il faut sauver l’Histoire”. Il est particulièrement regrettable que ce relais médiatique précieux soit ainsi amené à réduire la portée d’un combat.

Il eut été beaucoup plus judicieux d’organiser, face à cette menace,  une appel commun d’historiens et de géographes. Il n’est peut être pas trop tard !

Accessoirement, cet appel semble introuvable sur Internet : il semble aujourd’hui inconcevable de mener une mobilisation sans ce support

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Michel Abherve

Forestier plus fort que Devedjian

On se souvient que l’affaire de l’EPAD avait été déclenchée par le refus du Président de la République d’approuver le décret préparé par Matignon, permettent au Président de l’EPAD en poste, Patrick  Devedjian, de poursuivre son mandat au delà de la limite d’âge, fixée à 65 ans.

Vient de paraitre un décret, daté du 19 Novembre, relatif au Conservatoire National des Arts et Métiers, le CNAM.

L’article 25 de ce décret mentionne “L’administrateur général du CNAM en fonction à la date de publication du présent décret y demeure jusqu’au 31 août suivant la date à laquelle il atteint l’âge de soixante-huit ans.”

Christian Forestier, administrateur général du CNAM en fonction, pourra ainsi poursuivre son mandat pendant plusieurs années.

Inconstestablement il a obtenu ce que Patrick Devedjian, Ministre de la Relance, Président du Conseil Général des Hauts de Seine, et ancien Secrétaire général de l’UMP, n’avait pas obtenu. Doit-on en conclure qu’il est plus fort ?

Ou faut-il en conclure qu’aucun membre de la famille du Président de la République ne postulait à la fonction d’adminstrateur général du CNAM ?

 

Le décret http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=27E5AE655682DA602C910B26B56C31F2.tpdjo05v_1?cidTexte=JORFTEXT000021292171&categorieLien=id

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Michel Abherve

Acadomia, ou l’art de ne pas répondre à une question

Ayant abordé dans ce blog la question de la publicité fallacieuse d’Acadomia, il était intéressant de voir une question posée au Sénat sur ce sujet, lors de la séance du 17 Novembre. Il est malheureusement possible de constater que cette question entraine une réponse ministérielle qui parle d’autre chose

M. Yannick Bodin.  – “Ma question s’adresse au ministre de l’éducation nationale. Le 16 septembre dernier, Acadomia, l’une des principales sociétés de soutien scolaire privé, a lancé son opération « Devenez bachelier ou soyez remboursé ». Pour 2 000 à 3 000 euros, l’élève de terminale reçoit des cours dans une ou deux matières, avec la garantie d’obtenir le baccalauréat en juin. En cas d’échec, Acadomia s’engage à rembourser les parents ! Bigre !

Le PDG d’Acadomia dit se défendre contre la concurrence de l’éducation nationale qui développe désormais des formes de soutien scolaire gratuit : « L’État a une obligation de moyens ; nous, notre valeur ajoutée, c’est la garantie des résultats. » Vous apprécierez, monsieur le président, vous qui avez été professeur ! Acadomia bénéficie pourtant de 320 millions d’aides de l’État, en crédits d’impôt, abattements de charges ou TVA à taux réduit ! Le plan de cohésion sociale, qui n’a créé que la moitié des 500 000 emplois promis, a en effet inclus ces entreprises de soutien dans les services à la personne, alors qu’elles n’emploient par nature que des étudiants ou des enseignants déjà en poste, d’ailleurs recrutés sans grande rigueur…

Seules les familles aisées pourront investir une telle somme pour l’éducation de leurs enfants qui, pour la plupart, n’ont pas besoin de soutien pour faire partie des 85 % de lycéens qui obtiennent le bac. La réduction d’impôt accordée augmente encore ce déséquilibre social.

M. Chatel s’est déclaré choqué que l’on puisse ainsi marchandiser le bac, dont il juge qu’il n’est pas à vendre. Je suis de son avis. Quelles mesures compte-t-il prendre pour empêcher l’intervention d’officines mercantiles qui traitent le savoir comme une marchandise, et passer des déclarations aux actes ?”

Mme Nora Berra, secrétaire d’État chargée des aînés.  – “Pour tous les Républicains, l’école ne saurait être une marchandise. Le savoir n’est pas à vendre, il se transmet et se conquiert par le travail et la persévérance. Luc Chatel condamne cette approche de la réussite, qui conduit parfois des familles modestes à des sacrifices importants et bafoue le principe de l’égalité des chances, l’alpha et l’oméga de l’école de la République.

L’école doit être son propre recours ; chaque élève doit pouvoir y trouver l’aide et le soutien dont il a besoin pour réussir. C’est le sens des réformes mises en oeuvre depuis l’élection du Président de la République : deux heures d’aide personnalisée hebdomadaires dans le primaire ; stages de remise à niveau pendant les vacances, qui ont concerné cet été près de 138 000 élèves de CM1 et CM2, encadrés par 26 000 enseignants ; accompagnement éducatif entre 16 et 18 heures dans les écoles d’éducation prioritaire et les collèges. Aujourd’hui, l’accompagnement éducatif concerne plus d’un collégien sur trois, un sur deux dans certaines zones rurales ou quartiers défavorisés. Plus d’un million d’élèves en ont bénéficié l’an dernier. Des dispositifs de réussite scolaire ont été mis en place pendant les vacances pour les 200 lycées qui concentrent les difficultés. Enfin, la réforme du lycée crée un accompagnement personnalisé pour tous.

Tous ces services sont bien entendu gratuits pour les familles. Voilà l’ambition du ministère de l’éducation nationale, voilà notre conception de l’égalité des chances, pour la réussite de chacun.

M. Yannick Bodin.  – Il n’y a pas d’erreur ? C’est bien à ma question que vous répondez ? Vous n’avez pas dit un mot d’Acadomia ! Merci d’avoir résumé la politique du Gouvernement, mais j’étais au courant : M. Chatel nous l’a exposée en commission. Si nous étions à l’école, je dirais que vous êtes hors sujet ! Je vous demande de transmettre ma question au ministre, et je la lui poserai à nouveau. Vous vous êtes déplacée pour rien, madame !

Le compte rendu sur http://www.senat.fr/cra/s20091117/s20091117_0.html#par_10

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Michel Abherve

Qui veut d’une cité des Mémoires Etudiantes ?

La vie étudiante est une période riche pour les individus et pour la collectivité. D’où l’importance d’en garder les traces pour l’avenir, et de futures recherches.

C’est l’objectif que s’est donné le GERME (Groupe d’Etudes et de Recherche sur les Mouvements Etudiants), équipe de recherche soucieuse de la réappropriation sociale de ses travaux.

 

L’Université de Reims était prête à accueillir ce projet. Il semblerait que son Président y a renoncé, sans doute en raison du trop grand nombre de projets assurant à cette Université un rayonnement national !

Alors ils cherchent une Université, une collectivité territoriale intéressée

Si vous avez des opportunités, n’hésitez pas

 

Le site du GERME http://www.germe.info 

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Michel Abherve

Un appel pour l’enseignement des Sciences Economiques et Sociales au lycée

Ayant signé l’appel initié par l’APSES pour l’inscription d’un enseignement généralisé de Sciences Economiques et Sociales dans les programmes des lycées, je ne peux que vous inciter à consulter cet appel, et à rejoindre les signataires si son contenu vous convient.

Il serait en effet paradoxal de voir cet enseignement disparaitre au moment même où le besoin de compréhension des phénomènes économiques et sociaux n’ a jamais été aussi fort. En effet, si la proposition de réforme des programmes des lycées proposée par Luc Chatel  devait rester en l’état, la majorité des lycéens quitterait l’enseignement de second degré sans avoir jamais reçu la moindre formation en Sciences Économiques et Sociales au cours de ces sept années de scolarité

Pour signer l’appel en ligne

http://www.apses.org/initiatives-actions/actions-de-l-annee-2009-2010/article/signez-l-appel-pour-une

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Michel Abherve

Consensus sur le service civique et l’éducation populaire

Le débat que le Sénat a conduit sur la création du Service civique a abouti à un vote unanime, fait suffisament rare pour pouvoir être salué.

Il a aussi permis que s’exprime un consensus sur l’Education populaire, comme en témoigne le compte rendu des débats, à propos de la transformation de l’INJEP en “Agence du service civique et de l’éducation populaire”

M. Martin Hirsch, Haut-commisaire :  “Cet amendement me donne l’occasion de rappeler mon attachement aux termes « éducation populaire », qui sont importants et qui apparaissent aujourd’hui dans le titre de l’INJEP. Je tenais à le souligner parce que l’éducation populaire prépare à l’engagement civique et je ne voudrais pas que nos interrogations sur la transformation de l’établissement public laissent penser que nous voulons passer à la trappe celle-ci.”

M. Yannick Bodin. Sénateur PS de Seine et Marne : ” Je rejoins les propos de M. le haut-commissaire dans la mesure où l’expression « éducation populaire » a, aujourd’hui, une définition quasiment historique, qui est consubstantielle à toutes les politiques qui ont été conduites depuis au moins 1936, si vous me permettez cette référence. On n’a jamais changé de formule parce que, depuis cette date, on sait ce que cela veut dire.

Et comme toujours, dans un consensus, il y a un intervenant qui montre qu’il se situe hors du sens commun. C’est à Serge Dassault qu’est, une nouvelle fois, revenu ce rôle.

Le Sénateur UMP de l’Essonne, déclaré inéligible aux élections municipales de Corbeil-Essonnes par le Conseil d’Etat a en effet affimé

“La délinquance et l’insécurité s’expliquent par l’inactivité des jeunes, laquelle est due à un manque total de formation professionnelle, conséquence de l’inaptitude de l’éducation nationale à proposer à nos enfants un enseignement professionnel dès l’âge de quatorze ans. …L’instauration d’un enseignement professionnel à partir de l’âge de quatorze ans dans un collège spécialisé pour tous les enfants qui ne sont pas doués pour les études – et il y en a, mais ils pourraient faire autre chose – permettrait de résoudre ces problèmes. Il faudra bien y arriver.”

Toujours aussi simpliste, et en réel décalage avec un débat de bonne tenue.

 

Le compte rendu intégral du débat sur le Service civique au Sénat http://www.senat.fr/seances/s200910/s20091027/s20091027012.html

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Michel Abherve

Une niche fiscale et sociale injustifiée : l’aide aux devoirs à domicile

L’aide aux devoirs à domicile bénéficie d’aides fiscales et sociales considérables, en exonération de charges et en réduction d’impôts.

La justification possible de ces aides se situe sur deux plans : la justice sociale et/ou la création d’emplois. Il n’est pas utile d’insister sur le fait que ces dispositifs ne contribuent à la justice sociale, mais, bien au contraire, accentuent les écarts au profit des enfants des milieux les plus favorisés.

Quant à la création d’emplois, nous sommes loin, très loin, des résultats mirifiques annoncés, à force trompettes, dans le cadre du Plan Boorlo de développement des services à la personne. Cela n’étonne d’ailleurs que ceux qui n’ont pas regardé de près les conditions de développement de ce secteur et se sont contentés de croire les chiffres mirifiques annoncés par les promoteurs du Plan.

En effet, pour l’aide scolaire, le bilan en termes de création d’emplois ne peut qu’être insignifiant. Et pour cause : ce travail est assuré, pour l’essentiel, par des enseignants, en plus de leur service, ou par des étudiants pour contribuer à financer leurs études, et a donc un impact dérisoire sur la création d’emplois.

Alors, pourquoi continuer à financer ce soutien privé sur les fonds publics, à un niveau significatif, (estimé à 320 Millions d’Euros par an par Agnès Calvet, chercheuse à l’INRP) ?

Mais, malgré sa générosité, une telle manne n’est pas assez pour certains. On se souvient de la campagne de pub lancée à la rentrée par Acadomia, une des officines qui prospère sur ce cadeau fiscal démésuré fait par un Gouvernement qui, par ailleurs accroît sans mesure le déficit du pays.

Bachelier ou remboursé, tel était l’idée, attrayante, de la campagne de pub. A y regarder de plus près, il s’agit probablement d’une entourloupe en bonne et due forme. Le remboursement promis en porte pas sur la totalité de la somme versée, en échange du soutien miraculeux, mais seulement de la partie de cette somme qui n’est pas déductibles des impôts, “hors réduction ou crédit d’impôt” , selon la formule écrite en petit, en vraiment tout petit, sur la présentation de cette proposition.

Si cette propostion était adoptée, cela voudrait dire que l’utilisateur aurait bénéficié d’une réduction ou d’un crédit d’impôt sur une prestation qu’il n’aurait pas payée, puisqu’elle lui serait remboursée. Chacun se doute que nos services fiscaux ne se laisseront pas gruger de la sorte, et que la part du coût non remboursé par ses  petits malins d’Acadomia restera à la charge du client, parent d’un élève ayant échoué à son baccalauréat ?

Nous nous approchons de la publicité mensongère et pensons que les services de la consommation et de la répression des fraudes devraient s’intéresser de près à cette publicité, trop bien présentée pour être complètement honnête.

Les conditions de l’offre sur http://www.acadomia.fr/offre/programme-bachelier.html

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Michel Abherve

Identité nationale : un calendrier du débat trop beau pour être vrai

Toutes affaires cessantes, un grand débat national est en train de s’ouvrir sur le concept d’identité nationale.

Certains peuvent se demande si c’est bien la priorité du moment, alors que sont déjà en débat, entre autres, le déficit abyssal de l’Etat et de la Sécurité Sociale, la modification des règles du jeu électoral par le rédécoupage des circonscriptions législatives, la réforme des collectivités territoriales (et surtout de leur mode d’élection), le réchauffement climatique et l’intauration de la taxe carbone, la suppression de la taxe professionnelle et son remplacement par une contribution aux contours encore flous, l’opportunité de maintenir un bouclier fiscal qui met les plus riches à l’abri de l’effort demandé à ceux qui le sont moins, le lancement d’un grand emprunt, la mise en place du “Grand Paris”,  l’efficacité du service public de l’emploi réorganisé dans le contexte de forte augmentation du nombre de demandeurs d’emploi, la mise en oeuvre du Traité de Lisbonne et d’une présidence de l’Europe, et tant d’autres sujets. Le moins qu’on puisse dire c’est que les sujets de débat ne manquent pas

Mais, c’est engagé. Le gouvernement lance ce grand débat et charge ses préfets et sous préfets de l’animer sur l’ensemble du territoire. 100 préfets, 350 sous-préfets sont mobilisés, et devront faire débattre l’ensemble des forces vives de la Nation. On a connu des débats précédés de réflexions, de groupes de travail, d’appel à l’éclairage d’éminants universitaires. On a l’expérience de “livres blancs (ou verts, ou de toutes les couleurs de l’arc en ciel). On a connu des dabats recherchant pour les conduitre la compétence d’experts.  Et il est difficile d’échapper à la mode des “Grenelle“, mis à toutes les sauces, avec une imagination débordante, mobilisant les différentes catégories d’acteurs concernés dans une démarche d’élaboration collective et de construction des compromis nécessaires. On a connu des stratégies associant progressivement les réflexions issus de travaux souvent convergents, parfois divergents. et, après expérience, chacun sait que cette phase nécessite le temps de la maturation.

Mais ici rien de tel. Il faut aller vite, car la situation présente un caractère d’une urgence absolue. Dès le 2 Novembre 2009, le travail commence. Les échanges s’achèveront le 28 février  2010, avec la présentation d’une synthèse générale faite par le ministre.

C’est surement un pur hasard si les élections régionales ont lieu juste quelques jours après cette synthèse.

Ne prendrait-on pas les électeurs pour des c… ?

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Michel Abherve

Un Master 2 exigé pour être recruté en Contrat d’Accès à l’Emploi

Le Contrat d’Accès à l’Emploi, CAE, s’adresse “aux personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi“. C’est ainsi que le présente le site officiel du Ministère de l’Emploi.

Que penser d’une offre d’emploi qui exige qualités et compétences

Qualités requises :

  • Capacité à animer les réunions et à travailler en réseau
  • Aptitudes relationelles
  • Capacités d’analyse, de synthèse et de rédaction,
  • Esprit d’initiative et dynamisme,
  • Disponibilité
  • Autonomie, rigueur.

Compétences :

  • De formation supérieure (master 2) en développement territorial, en aménagement du territoire,
  • Expérience et compétences en animation de réunions, développement de réseaux d’acteurs et dans la conduite de projet.
  • Maîtrise des outils informatiques (logiciels de traitement de texte) et de l’internet (une expérience de création et d’animation de blog serait appréciée
  • Connaissance des problématiques du développement durable et du développement local participatif.

et qui précise qu’il faut être dans les conditions d’un C.A.E., donc une “personne sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi” ?

Si l’on ajoute que l’intitulé du poste est Chargé de mission métiers du développement territorial”, et que l’employeur qui recrute est une union nationale intervenant dans le développement local, on peut être dubitatif sur la conception de la professionalisation qui soutend une telle proposition.

A moins que ce ne soit, simplement, tristement,  la formule qui remplace dans les temps à venir les stages hors cursus qui viennent d’être interdits par la loi ?

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Michel Abherve

Cumuler un mandat politique et un mandat universitaire ?

A propos de la suspension du Président de l’Université de Toulon, il est intéressant d’ouvrir une réflexion sur le cumul d’une fonction de responsabilité universitaire et d’une responsabilité politique importante (le conseiller municipal d’un village est bien sur hors du champ !). Nous ne parlerons que du cumul simultané, et non de responsabilités se succédant dans le temps, comme c’était le cas pour Laroussi OUESLATI qui était, jusqu’à sa suspension récente, à la fois Président de l’Université de Toulon, et

  • Conseiller régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans la majorité de Michel Vauzelle
  • Président de la Commission Développement Économique, Europe, Relations Internationales
  • Délégué aux affaires relevant des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
  • 2ème Vice-Président de la Commission Formation Initiale, Recherche
  • 2ème Vice-Président de la Commission Développement Économique, Europe, Relations Internationales Conseiller municipal de Toulon

Il est aussi Conseiller municipal de Toulon, cette fois dans l’opposition au Maire, Hubert Falco.

Est ce que cette situation est légale ? Bien sur, aucun texte n’empéchant d’exercer simultanément un mandat et une fonction.

Est-elle pour autant souhaitable.  ? C’est plus discutable. Les Assemblés locales peuvent en effet être amenées à soutenir des projets présentés par les Universités (du moins tant que la suppression envisagée de la “Clause générale de compétences” ne leur interdira pas, mais c’est un autre débat) et le Président-élu peut alors se trouver en conflit d’intérêts.

Pour n’en prendre qu’un exemple, quand le Conseil Régional  adopte un très intéressant “Schéma Régional de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur en Provence Alpes Côte d’Azur”, comment penser que la présence dans ses rangs d’un des six Présidents d’Université de la Région est neutre ?

Par ailleurs, les Universités sont, en tant que telles, représentées à l’Assemblée consultative qu’est le Conseil Economique et Social Régional. C’est le Président de l’université de Nice-Sophia Antipolis, Albert MAROUANI, qui a été  “désigné par accord entre les représentants des établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche”

Comme la fonction de membre du Conseil Régional est, légalement, incompatible avec la fonction de membre du Conseil Economique et Social Régional, ne serait-il pas sage de considérer que la fonction de Président d’université est incompatible avec une fonction d’élu dans une Assemblée susceptible de soutenir financièrement et politiquement l’université que l’on représente ?

Le débat est ouvert

 

Le Schéma Régional de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur en Provence Alpes Côte d’Azur http://www.regionpaca.fr/index.php?id=64&type=0&jumpurl=uploads%2Fmedia%2FSCH_MA_R_GIONAL_BAT_DEF.pdf&juSecure=1&mimeType=application%2Fpdf&locationData=64%3Att_news%3A3722&juHash=41dddf6cee

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Michel Abherve

Recherche à deux vitesses, grippe A(H1N1) et paludisme

Le vaccin contre la grippe A(H1N1) est opérationnel. Les chercheurs ont travaillé, vite. Les laboratoires ont produit, beaucoup et vite.

La société s’est organisée pour faire face à un risque et mobilisé un extraordinaire potentiel. Les questions financières ont été considérées comme secondes par rapport à l’enjeu potentiel de la protection de la santé

Pendant ce temps, en Afrique, on meurt toujours du paludisme. il n’y toujours pas de vaccin contre cette pendémie.

Et pourtant, le nombre de morts est dans le monde de l’ordre de quelques milliers pour la grippe A (H1N1), d’un demi million pour le paludisme.

Faudra-t-il que le réchauffement climatique menace l’Occident d’une invasion paludéeene pour que les recherches sur un vaccin bénéficient de la mobilsiation de moyens similaires à celle qui a permis, en quelques mois, de trouver et de produire le vaccin contre la grippe A(H1N1) ?

Pour avoir des nouvelles du Burkina-Faso, le site du SEDELAN, Service d’édition en langues nationales du Burkina Faso

http://www.abcburkina.net/

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Michel Abherve

Vérité à Saclay, Erreur à la Défense

L’argumentation défendant la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD se fonde sur une argumentation simple : il s’agit d’une élection, et donc il n’y aucune possibilité de népotisme. Ceux qui formulent une telle accusation ne sont inspirées que par la volonté de nuire au Président de la République.

L’argumentation serait valable si l’Etat n’intervenait pas dans la procédure d’élection. Les représentants de l’Etat composent la moitié du Conseil d’Administration de l’EPAD, et il semble que, dans cette structure, les fonctionnaires ne respectent pas une tradition républicaine, appliquée de tous temps dans les EPA des Villes Nouvelles, qui veut que les fonctionnaires ne participent pas au vote quand il s’agit de choisir entre plusieurs élus.

Auront-ils liberté de vote ?  On peut s’interroger.

Mais il est encore plus intéressant de constater que le texte qui amène le poste à se libérer, la limite d’âge atteinte par Patrick Devedjian, ne semble avoir qu’une valeur tout relative. En effet le projet de loi sur le Grand Paris, adopté par le Conseil des Ministres du Octobre, mentionne à propos du futur EPA de Saclay, dans l’exposé des motifs

Le décret d’application précisera qu’il sera dérogé à la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d’âge dans la fonction publique et le secteur public fixe à soixante-cinq ans l’âge limite pour les présidents de conseil d’administration, directeurs généraux et directeurs des établissements publics de l’État. “

La dérogation est prévue pour Saclay, et s’est avérée impossible à La Défense, amenant ainsi une élection. Cette analyse conduit à relativiser fortement la justification du caractère totalement démocratique de l’éelction espérée de Jean Sarkozy, et à penser que cette carrière fulgurante ne tient pas à ses seuls mérites.

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Une censure de carte qui se trompe d’époque

Le carnet de bord de Camille Guibal, correspondante de «Libération»  au Caire, nous informe de la censure de l’édition 2009 du «Guide du Routard Egypte 2009», que l’on ne peut pas trouver dans le pays.

Ce Guide comporte en effet une carte qui mentionne la région d’ Halayeb comme une “région contestée” , entre l’Egypte et son voisin, le Soudan. Le pouvoir égyptien, hyper sensible sur ce point, ne veut pas en effet que puisse être diffusé un document qui mentionne l’existence même d’une contestation concernant ce territoire.

Il suffit pourtant de consulter Wikipedia pour que chacun sache que “Le triangle d’Hala’ib ou d’Halayeb  est une région frontalière revendiquée par l’Égypte et le Soudan.”

Quelle dérisoire défense que d’interdire la vente d’un livre, quand Internet permet d’accéder à l’information. Quel espoir vain que de vouloir, aujourd’hui, interdire l’accès à une carte.

Avec un peu de recul, il est possible de s’interroger sur le soutien de la France à la candidature comme Secrétaire général de l’UNESCO d’un Ministre du gouvernement égyptien qui pratique la censure des livres, et croit encore à l’efficacité de cette pratique.

L’article sur http://egypte.blogs.liberation.fr/guibal/

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Michel Abherve

Roselyne se retire. Qu’attend Valérie ?

Roselyne Bachelot vient de faire savoir officiellement qu’elle ne pourrait pas conduire, contrairement à ce qui avait été envisagé, la campagne électorale des élections régionales en Pays de la Loire, sa charge ministrielle devant mobiliser toute son énergie.

C’est une attitude raisonnable, et c’est d’ailleurs l’inverse qui ne l’était pas vraiment : une responsabilité ministérielle suppose, comme chacun le sait, une disponibilité complète et une mobilisation d’énergie constante. Elle induit des emplois du temps démentiels, que des conseillers s’ingénient à bourrer, oubliant que la conduite de l’action publique nécessite aussi  de garder un peu de temps pour réfléchir.

Il est donc possible de s’interroger sur les ministres qui envisagent toujours de garder la responsabilité de leur ministère tout en menant une campage électorale, qui est aussi exigeante, chronophage, pour aller à la rencontre des électeurs et des nombreux, très nombreux, corps constitués qui veulent saisir ce moment privilégié du débat pour dialoguer avec ceux qui sollicitent leurs suffrages.

Au premier rang de ceux-ci figure Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement  Supérieur et de la Recherche, et candidate dans la plus importante des régions, l’Ile de France, au moment même où de nombreux projets, comme ceux du Grand Paris, des transports, de la Défense… sont au coeur du débat.

Il est certain que Valérie Pécresse augmenterait sa crédibilté si elle démissionnait, sans plus attendre, de sa fonction de Ministre pour se consacrer, durant quelques mois de campagne eléctorale, à l’Ile de France. Elle prouverait ainsi à l’électorat sa motivation pour la fonction à laquelle elle aspire, et qui, si elle gagne l’obligera, de toutes façons, selon les annonces faites, à quitter sa fonction ministérielle.

Rester ministre, c’est se condamner à mal faire deux fonctions dont chacune nécessite un engagement complet. C’est surtout crédibiliser le sentiment que l’on n’y va pas pour gagner et que l’on préfère garder son poste pour après la défaite.

L’Enseignement Supérieur et la Recherche valent mieux que ce demi investissement, et ont besoin que leur situation difficile soit suivie au plus niveau. L’Ile de France aussi.

Roselyne Bachelot a eu le prétexte de la grippe, dont l’arrivée est annoncée à force battage médiatique, pour  retirer sa candidature. Valérie Pécresse serait bien inspirée de prendre une initiative qui montrerait une détermination sans faille. 

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Michel Abherve

Bien né, travaillé dur, preuve par les études

“Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur”

Cette phrase, prononcée par notre Président de la République lors de son discours annonçant la réforme/réformette des lycées est au coeur des questions posées par la nomination annoncée de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD.

Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’être, à 23 ans, en deuxième année de droit ne montre pas que l’on a ”fait la preuve par ses études de sa valeur”. Surtout quand ce parcours ne résulte pas de l’obligation devant laquelle de nombreux étudiants sont placés de gagner leur vie en pratiquant divers petits boulots pour pouvoir continuer à suivre leur cursus universitaire.

Il existe plusieurs voies pour affirmer sa valeur. Les études en sont une, la réussite professionelle en est une autre. Il est aussi possible de se voir reconnaitre à travers un engagement civique, exigeant et durable.

Se faire élire dans un canton de Neuilly quand on est le seul candidat de droite relève-t-il de cette catégorie ? On peut en douter tant la sociologie de ce territoire rend naturelle l’élection du candidat dont l’appareil a dégagé le  chemin de candidatures alternatives. Est cela “avoir travaillé dur “ ?

Alors ne serait-ce pas plutôt dans l’exact inverse des propos paternalo-présidentiels qu’il faut chercher les raisons de cette promotion hyper rapide ?  Jean Sarkozy n’aurait-il pas surtout la chance “d’être bien né” ?

C’est d’ailleurs le point de vue qu’exprime, avec la touchante naïveté d’un “Génie des carpettes”, Thierry Solère, Vice-président UMP du Conseil Général des Hauts de Seine quand il déclare que Jean “est le fils d’un génie politique, il n’est pas étonnant qu’il soit précoce. Quand vous êtes l’enfant d’un pianiste de grand talent, ce n’est pas étonnant que vous ayez vous même des aptitudes et si vous êtes le fils de Zidane, que vous jouiez bien au foot”. Bel éloge de la royauté !

Deux remarques complémentaire. La première concerne le calendrier. Rien n’imposait d’accélérer cette désignation. Le Figaro rapporte même que Matignon avait préparé un décret reportant la limite d’âge pour exercer la fonction de Président de l’EPAD, afin de permettre à Patrick Devedjian de continuer à exercer ce mandat jusqu’en 2011, et que c’est l’Elysée qui aurait bloqué ce décret. Le Figaro mentirait-il ?

La démocratie ensuite : le Gouvernement s’apprête à fusionner l’EPAD et l’EPASA, pour constituer un seul Etablissement Public, dont l’essentiel d’intervention se situera sur le territoire de la commune de Nanterre. Si la légitimité de l’élection, évoquée pour justifier la candidature de Jean Sarkozy, n’était pas un argument à géométrie variable, ce serait aux élus par le suffrage universel de Nanterre, principale commune concernée par le développement à venir du quartier de la Défense, d’exercer les responsabilités du nouvel Etablissement Public. Mais, vous n’y pensez pas, les électeurs nanterrois ont le tort d’élire des responsables de gauche !

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Michel Abherve

Roselyne se retire. Qu’attends Valérie ?

Roselyne Bachelot vient de faire savoir officiellement qu’elle ne pourrait pas conduire, contrairement à ce qui avait été envisagé, la campagne électorale des élections régionales en Pays de la Loire, sa charge ministrielle devant mobiliser toute son énergie.

C’est une attitude raisonnable, et c’est d’ailleurs l’inverse qui ne l’était pas vraiment : une responsabilité ministérielle suppose, comme chacun le sait, une disponibilité complète et une mobilisation d’énergie constante. Elle induit des emplois du temps démentiels, que des conseillers s’ingénient à bourrer, oubliant que la conduite de l’action publique nécessite aussi  de garder un peu de temps pour réfléchir.

Il est donc possible de s’interroger sur les ministres qui envisagent toujours de garder la responsabilité de leur ministère tout en menant une campage électorale, qui est aussi exigeante, chronophage, pour aller à la rencontre des électeurs et des nombreux, très nombreux, corps constitués qui veulent saisir ce moment privilégié du débat pour dialoguer avec ceux qui sollicitent leurs suffrages.

Au premier rang de ceux-ci figure Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement  Supérieur et de la Recherche, et candidate dans la plus importante des régions, l’Ile de France, au moment même où de nombreux projets, comme ceux du Grand Paris, des transports, de la Défense… sont au coeur du débat.

Il est certain que Valérie Pécresse augmenterait sa crédibilté si elle démissionnait, sans plus attendre, de sa fonction de Ministre pour se consacrer, durant quelques mois de campagne eléctorale, à l’Ile de France. Elle prouverait ainsi à l’électorat sa motivation pour la fonction à laquelle elle aspire, et qui, si elle gagne l’obligera, de toutes façons, selon les annonces faites, à quitter sa fonction ministérielle.

Rester ministre, c’est se condamner à mal faire deux fonctions dont chacune nécessite un engagement complet. C’est surtout crédibiliser le sentiment que l’on n’y va pas pour gagner et que l’on préfère garder son poste pour après la défaite.

L’Enseignement Supérieur et la Recherche valent mieux que ce demi investissement, et ont besoin que leur situation difficile soit suivie au plus niveau. L’Ile de France aussi.

Roselyne Bachelot a eu le prétexte de la grippe, dont l’arrivée est annoncée à force battage médiatique, pour  retirer sa candidature. Valérie Pécresse serait bien inspirée de prendre une initiative qui montrerait une détermination sans faille. 

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Michel Abherve

Non à une société d’assistance, oui à une prime pour fréquenter le lycée. Cherchez la cohérence.

Le rapprochement de deux informations d’actualité conduit à s’interroger sur la cohérence de la politique conduite par le Gouvernement.

D’une part, les modalités, très restrictives, d’extension du RSA aux jeunes se fondent, selon le discours même du Président de la République en Avignon,  sur la volonté de ne pas conduire une politique d’assistance, et de ne pas attribuer un revenu aux jeunes avant même qu’ils aient pu se confronter au marché du travail. Le point de vue se comprend, même si, à l’évidence, les modalités choisies pour mettre en oeuvre ce principe vont réduire à peau de chagrin le nombre de jeunes susceptibles de bénéficier de ce RSA étendu.

La même semaine est annoncée la mise en place, à titre expérimental, dans l’Académie de Créteil, d’une forme de  ”prime d’assiduité” destinée à inciter les lycéens à  fréquenter régulièrement leur établissement scolaire. Etonnante proposition qui considère que mérite récompense ce qui n’est que le fondement le plus élementaire de la relation entre un élève, un étudiant, … et l’établissement où il se forme, fréquenter régulièrement cet établissement et justifier d’éventuelles absences. Donner une prime, même collective, pour le simple respect de cette base, ne peut que justifier le sentiment que cette fréquentation régulière ne va pas de soit.

Il semblerait que cette proposition soit financée dans le cadre de l’expérimentation lancée par Martin Hirsch, le même qui justifie les limitations de l’attribution du RSA ausx jeunes. On aimerait comprendre où est la cohérence !

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Michel Abherve

Le Secours Populaire à l’Université

Le Secours Populaire Français (SFP) a ouvert une antenne sur le campus de Lille 1, à Villeneuve-d’Ascq. Une première en France. Les militants du SPF pourront y prendre contact avec les étudiants en difficulté sociale ou/et économique et tenter de les aider. L’action est a été mise sur pied en liaison avec les élus étudiants du conseil de Lille 1, car le bilan de santé du Centre universitaire pour la Promotion de la Santé (CUPS) a montré qu’un nombre croissant d’étudiants mangeaient mal et ne faisaient parfois qu’un seul repas par jour. D’autres rencontraient des problèmes de logement.

Il faut que nous mobilisions tous les moyens nécessaires pour que ces étudiants puissent se consacrer à leurs études et réussir, affirme Philippe Rollet, président de Lille 1, signataire de la convention entre l’Université et le Secours Populaire Français qui permet l’implantation de cette antenne permanente.

Cette intiative met fin à l’hypocrisie qui consiste à accuillir des étudiants qui ont besoin d’aide à l’exérieur des Universités. Il est probable qu’elle sera amenée à se généraliser.

Au ministère de l’Enseignement supérieur, on explique qu’en marge de sa visite à l’Institut Pasteur de Lille, la ministre Valérie Pécresse, surprise et sans doute un peu choquée par cette initiative, a demandé au recteur et au Crous “d’étudier la situation des étudiants en difficulté, pour voir comment ils peuvent être aidés dans le cadre des mesures d’aide sociale qui ont été prévues avec la réforme des bourses“, et en particulier via “le fonds d’aide d’urgence“.

La misère en milieu étudiant est une réalité. Il serait temps que notre Ministre s’en aperçoive.