Le blog de Claude Lelievre

Quelques remèdes du docteur Allègre.

Claude Allègre (un scientifique controversé pour ses prises de position sur le réchauffement climatique, et un ancien ministre – non moins controversé – de l’Education nationale) n’a pas hésité à nous faire savoir dans « Le Point » quels pouvaient être les « remèdes pour sortir l’école de la spirale de l’échec ». Bigre, que n’y avait-il songé avant !

Il est vrai qu’il plaide que s’il ne l’a pas fait, c’est de la faute des autres (à part des ‘’erreurs de communication’’) au premier rang desquels il place : « un parti et des députés socialistes liés aux syndicats d’enseignants qui freinent des quatre fers à chaque initiative ». Et il a une espérance qu’il livre en fin d’article : « une vraie révolution », rendue selon lui possible « parce que Jean-Pierre Raffarin, en retenant le salaire des jours de travail perdus du fait de grèves a mis fin aux joyeux happenings syndicaux à répétition » [première contrevérité historique] ; « ensuite parce qu’il semble que les plus hautes autorités de l’Etat soient désormais prêtes à soutenir le ministre de l’Education contre les protestations chroniques » [deuxième contrevérité historique ; cf, par exemple, le retrait de la première mouture de la réforme des lycées].

Il faut reconnaître qu’il existe certaines constantes (certes avec des nuances qui ne sont parfois pas négligeables) chez Claude Allègre. Par exemple sur la ‘’décentralisation’’ : « L’Education nationale reste gérée par le mammouth de la rue de Grenelle. Il faut la décentraliser : recrutement des enseignants au niveau de capes académiques, gestion des carrières, modulation du nombre d’élèves par classe en fonction des difficultés, gestion des absences de professeurs, etc, tout doit être renvoyé au niveau des recteurs […]. C’est pour moi la mesure prioritaire ».

On remarquera qu’il ne s’agit pas là (à proprement parler) de ‘’décentralisation’’, mais de ‘’déconcentration’’ ; qu’il est bien au-delà dans ces propositions de ce qu’il a tenté lorsqu’il était ministre, et surtout bien en de ça de ce qu’il a déclaré lorsqu’il a quitté son ministère (à savoir des propositions véritablement de ‘’décentralisation’’) : « Toute réforme de l’Education nationale passe par une décentralisation et une implication plus grande des usagers et des élus : il faut confier les écoles aux communes, les collèges aux départements, les lycées aux régions ; personnels compris » (Claude Allègre dans « Le Nouvel Observateur » du 6 avril 2000).

Souvent ‘’femmes varient’’, dit-on. Claude Allègre (l’expert ou l’iconoclaste patenté, comme on veut) aussi. A propos de femmes, Claude Allègre (après quelques autres) les trouve trop nombreuses dans la fonction enseignante : « S’il faut lutter pour avoir plus de femmes à l’Assemblée nationale ou dans les conseils d’administration des entreprises quitte à recourir à des quotas, il faut symétriquement instaurer des quotas pour que, dans l’Education nationale, 40% des enseignants soient des hommes. C’est indispensable pour l’équilibre de l’éducation donnée à notre jeunesse ». « Le métier d’enseignant est devenu une activité qui permet d’élever ses enfants et d’avoir beaucoup de vacances et du temps pour s’occuper de leurs devoirs », précise-t-il dans cet article du « Point ». La chute est dure : pour elles, et pour lui.

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