Le blog de Claude Lelievre

L’allocation d’études en débat

A peine cette proposition a-t-elle été formulée ( en bonne place il est vrai ) dans le projet du parti socialiste, qu’elle est l’objet de critiques acerbes de la part du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI, de droite ) et du questionnement intéressé de l’UNEF ( de gauche ).

A la page 34 du projet du PS adopté lundi dernier par son Bureau national figure l’indication suivante : « Nous transformerons le système d’aide sociale en le fondant sur la situation propre du jeune et en créant, au cours de la législature, une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes ( aides au logement, bourses sur critères sociaux… ) elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources ».

Un communiqué du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI ) s’en prend en termes très vifs à cette proposition en estimant qu’ « assistanat forcené et dirigisme d’autrefois ont encore de trop beaux jours devant eux rue de Solférino » et en stigmatisant « la posture prise par le Parti socialiste à l’égard des jeunes traités sous le seul regard de la compassion et de l’apitoiement ».

Par contre l’UNEF ( le principal syndicat étudiant ) a considéré par la voix de son président Jean-Baptiste Prévost que c’était « une réponse ambitieuse à la revendication d’allocation d’autonomie universelle et individualisée » que défend depuis pas mal de temps son organisation ( « une allocation universelle, à laquelle chaque jeune peut prétendre à 18 ans, et versée en contrepartie de la réalisation d’un projet de formation » ).
Après avoir ajouté que la proposition du PS était « une réponse indispensable pour le droit à la formation des jeunes et élever le niveau de qualification », le président de l’UNEF s’est interrogé sur le sens exact de la dernière phrase de la proposition du PS en  précisant, quant à lui, que les « conditions de ressources » évoquées par le projet du PS doivent « être celles du jeune, et non de ses parents, au risque de nier leur aspiration à l’autonomie ». Un dossier à suivre…

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Commentaires (3)

  1. Dubois

    Un dossier à suivre: effectivement !

    Le texte est en effet ambigü
    http://www.parti-socialiste.fr/static/10913/le-changement-le-projet-socialiste-107489.pdf?issuusl=ignore

    « Nous transformerons le système d’aide sociale en le fondant sur la situation propre du jeune et en créant, au cours de la législature, une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes (aides au logement, bourses sur critères sociaux…), elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources ».

    « Allocation fondée sur la situation propre du jeune » ET/OU « sous conditions de ressources »

    bien cordialement. Pierre Dubois

  2. benet

    Bravo! excellente initiative!

    Enfin!, grace à ces bourses, l’éducation supérieure ne sera plus « gratuite » et l’impôt correspondant retrouvera son statut républicain de lisseur d’inégalités.

    Permettant de financer des bourses conséquentes pour les plus démunis, Il ne servira plus i(u)niquement à fournir des études injustement gratuites pour les enfants de profs et autres hauts fonctionnaires.

    Il était temps de mettre le holà sur cette répartition inégalitaire faite au seul profit des laquais de la république. Leur salaire est déjà un suffisamment lourd fardeau à porter par le reste de la population.

  3. PR27

    Ce point est ambigu dans le projet PS parce qu’il n’y a pas accord entre les « principaux candidats potentiels », sur les conditions de l’attribution de cette allocation. Ressources de l’individu, ressources de la famille, contraintes sur la réussite aux examens, contraintes sur l’orientation avec bonne probabilité de réussite et d’intégration professionnelle aisée….

    Cela fait partie des quelques patates chaudes bien connues en interne mais pas trop dans les grands médias : la « nouvelle définition du service des enseignants », l’ « autonomie pédagogique mais pas managériable » et autres points qui fâchent dans les salles des profs.

    un militant PS

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