Le blog de Claude Lelievre

L’Ecole parmi les thèmes prioritaires de la présidentielle?

C’est ce qui apparaissait déjà en juillet, et cela semble se confirmer en cette rentrée scolaire si l’on en juge par un récent sondage et par les interventions actuelles de plusieurs candidats déclarés.

Un sondage du CSA commandité par le SNUipp ( le principal syndicat d’enseignants du primaire ) effectué le 10 août  dernier fait apparaître que « l’école et l’éducation » ( avec 35% de réponses ) figurent en deuxième position ( après « l’emploi », qui recueille 42% des avis ) lorsqu’on demande aux interviewés ( un panel de 1008 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas ) « Quels sont, parmi les sujets suivants, ceux qui vous paraissent les plus importants en France aujourd’hui ? ( deux réponses possibles )? ». Suivent de loin « l’assurance maladie et la santé » ( 21% des réponses ), le « pouvoir d’achat » ( 20% ), les « retraites » (18% ), la « dette publique de la France » ( 17% ), « l’environnement » ( 10% ), « la sécurité des biens et des personnes » ( 10% ), « l’immigration » ( 8% ), « les impôt et les taxes » ( 7% ), « la politique étrangère » ( 3% ), aucun de ces sujets ( non suggéré) : 2%.
Après Jean-Louis Borloo qui avait déclaré début juillet que « l’éducation serait le sujet majeur »  de ses thématiques de campagne, François Bayrou , dans son livre paru le 18 août ( « 2012, Etat d’urgence » ) considère qu’ il faut « se concentrer sur l’essentiel » qui tient en deux ambitions : la production et l’éducation.  Il faut « rendre à la France, dit-il, la meilleure éducation du monde », redonner à l’école « incomprise, rejetée, méprisée » comme jamais depuis un siècle, la fierté du savoir et des valeurs transmises.
Par ailleurs, Arnaud Montebourg ( l’un des cinq candidats – sur six – à la primaire du PS et du PRG à publier un livre en cette rentrée ) a consacré entièrement son ouvrage à un « Projet pour l’école » ( à paraître début septembre : un texte de 140 pages contenant pas moins de 32 propositions en matière de politique éducative ).
Martine Aubry ( qui est la seule à ne pas publier un livre en cette rentrée mais qui a déjà 14 livres à son actif – dont un ouvrage collectif « Pour changer de civilisation » paru au printemps dernier ) a mis résolument « l’éducation » parmi les quatre thèmes prioritaires de sa campagne et de sa « Lettre aux Français » ( qui a été tirée à un million d’exemplaires  ) : « la croissance et l’emploi », « le pouvoir d’achat », « l’éducation », « le droit à la sécurité ».
Chacun de ces thèmes est développé, avec un certain nombre de propositions concrètes. Et il faudra sans doute y revenir plus longuement. Mais on peut déjà noter que Martine Aubry s’engage très fortement sur le thème ‘’éducation’’ : « Je souhaite, dit-elle, refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise. Je proposerai dès 2012, après un débat  national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation ». ( http://www.martineaubry.fr/article/je-veux-vous-parler-de-la-france-la-lettre-de-martine-aubry-aux-francais )

Le sondage du CSA commandité par le SNUipp, centré sur l’école maternelle et l’école élémentaire, fait apparaître une nette défiance envers la politique scolaire actuellement menée.
A la question « Avez vous personnellement le sentiment que les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire vont plutôt dans le bon sens ou plutôt dans le mauvais sens ? », 37% des Français répondaient « plutôt dans le mauvais sens » dans le sondage CSA d’août 2008, ils sont maintenant 50% à le faire au sondage d’août 2011. Le non–remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite est jugé « une mauvaise chose » par 82% des Français en août 2011 ( 80% en juillet 2010 ).
Enfin, à la question « Vous savez qu’une réforme de l’école primaire a été mise en œuvre en septembre 2008. Dans ce contexte et pour chacun des éléments suivants, avez-vous personnellement le sentiment que le gouvernement va plutôt dans le bon sens ou plutôt dans le mauvais sens ? », la « réduction de l’échec scolaire »  est jugée en août 2011 comme allant « plutôt dans le mauvais sens » par 61% des Français, ainsi que « la formation des enseignants » qui est également perçue comme « allant plutôt dans le mauvais sens » par 59% des Français  ( alors même que, traditionnellement, les Français ont du mal à se prononcer dans ce domaine ). Signe des temps…Dix pour cent des Français ne se prononcent pas ( pour l’une et l’autre des deux questions ).

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Commentaire (1)

  1. Jacques

    Il y a quelques jours, sur le site acteurspublics.com, le président de la Fondapol – think tank libéral – et professeur des universités, D.Reynié, proposait une réforme pour l’école :

    > Doubler le temps de présence des profs
    « Cessons d’être être dogmatiques. Il y a 100 000 professeurs de droit privé en France dans les établissements sous contrat. Ils ne suscitent pas le rejet des familles ni ne provoquent l’échec des élèves. Dans le cadre d’une autonomie de gestion et sur la base du volontariat d’établissement scolaire, chaque professeur pourrait effectuer deux fois plus de temps de présence et de cours, ce qui, schématiquement, réduirait le nombre de profs de moitié et permettrait de doubler leur salaire. Cela suppose d’organiser la vie des professeurs dans l’établissement, de mettre un bureau à leur disposition. »

    Bien entendu, monsieur Reynié enseigne à sciences po et non au collège Louise Michel, il n’est pas conseiller général et ça n’est pas lui qui paierait les bureaux. Néanmoins, ce paragraphe, pour sa section « temps de présence/travail », rejoint
    les propositions « off » du PS (parfois même « on », si on trouve les bons documents). Ca s’appelle « un nouveau pacte entre les enseignants et la nation » en novlangue. Ce type de proposition est apparemment la panacée, à droite comme à gauche. Avantage : avec la gauche ça sera travailler plus pour gagner pareil, mais sans être privatisé et mis en concurrence et c’est déjà beaucoup. Bon, pourquoi pas, c’est peut-être souhaitable.

    On pourrait s’attendre à ce que, puisque de telles propositions sont élaborées depuis quelques mois (en réalité, quelques années), on commence à trouver des réponses à « qui s’occupera des enfants entre 14h30 et 16h30 , quels pouvoirs publics devront l’organiser, le financer ? Que devront financer les familles ? « , « qui paiera les bureaux et où les mettra t-on ? Devra t-on, comme le propose J.Grosperrin, se débrouiller pour trouver une salle de cours vide, il y en a bien…. ? « , « comment gère t-on l’illusion par laquelle les enseignants préparent leurs cours ET surveillent les enfants en même temps (c.a.d. quel est l’intérêt de faire travailler les enseignants à l’école ? Ils devront partager un bureau à 8, ça sera bruyant, la cartouche d’imprimante sera toujours morte, ….)

    L’étude de ces questions pratiques avance t-elle ? Merci, par avance.

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