Le blog de Claude Lelievre

Les « qualités » des enseignants. Passionnés et passionnants ?

« Parlons passion ». Cela a été l’un des mots d’ordre des participants au Salon de l’éducation qui vient de se terminer.

Quid en réalité ? La CASDEN (« banque coopérative de l’éducation, de la recherche et de la culture » qui est à l’origine de ce  »mot d’ordre ») a commandité à ce sujet un sondage effectué fin octobre 2013 par Opinionway sur un échantillon représentatif d’un millier de Français.

A la question : « l’un de vos enseignants vous a-t-il transmis une envie, une vocation ou une passion ? », 28% des Français (et des Françaises) interrogés répondent oui. Pour le sociologue Ronan Chastellier (invité à commenter ce sondage), on parle peu de ce rôle de « déclencheur » de passion ou de vocation, de « ce mérite d’éclaireur , mais il est réel ».

On doit cependant noter que cela est inégalement affirmé selon les catégories sociales ou selon le niveau de diplôme. Ainsi seulement 21% des personnes regroupées dans la catégorie CSP- (catégories socioprofessionnelles jugées  »moins ») répondent « oui », contre 36% dans la catégorie CSP+ (catégories socioprofessionnelles jugées  »plus »).

L’écart est encore plus grand selon le niveau de diplôme : 40 % des « bacs+2 » (et au-dessus)  répondent « oui » contre seulement 15% de ceux qui ont un diplôme inférieur au « bac ».

Les sondés ont eu aussi à choisir au maximum trois « qualités jugées nécessaires aux enseignants » (parmi sept proposées).

Deux « qualités » proposées sont très majoritairement choisies par les sondés : « être passionné » (74%) et « savoir se montrer juste » (73%) ; suivies d’assez loin par « avoir du charisme » (44%). En queue de peloton : « être sympathique » (24%), « avoir de l’humour » (18%), « être éloquent » (17%), « être sévère » (12%).

Là encore, les taux de réponses peuvent varier sensiblement selon les catégories sociales ou surtout le niveau de diplôme (alors que les taux de réponses ne varient guère selon les tranches d’âge ou le genre).

Les différences sont sensibles par rapport aux catégories sociales pour la qualité « avoir du charisme » jugée nécessaire par 51% des CSP+ ( contre 35% des CSP-) alors que c’est l’inverse pour la qualité « être sympathique » jugée nécessaire par 31% des CSP- ( contre 18% des CSP+).

Les différences sont encore plus sensibles selon le niveau de diplôme pour la qualité « avoir du charisme » jugée nécessaire par 57% des  »bacs+2 et plus » (contre 27% de ceux  »en-dessous du bac ») alors que c’est l’inverse pour la qualité « être sympathique » jugée nécessaire par 35% de ceux qui sont  »en dessous du bac  » ( contre 17% des  »bacs +2), les  »en-dessous du bac » jugeant par ailleurs nettement plus que les  »bacs+2 » nécessaire la qualité « être sévère » (18% contre 9%).

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