Le blog de Claude Lelievre

Hausse nette du taux de femmes dans les métiers de cadre. Très peu pour les enseignants

 

La comparaison des taux de femmes parmi les différentes catégories professionnelles entre 1983 et 2011 montre que ces taux ont augmenté de façon très sensibles dans les emplois très qualifiés ( ceux de cadres en particulier ), mais qu’il n’y a pas eu une  »vague de féminisation du corps enseignant » durant ces trente dernières années ( 65,7% en 2011 contre 62,5% en 1983 ) contrairement à des idées reçues ( cf le numéro de décembre 2013 de « Dares. Analyse » : « La répartition des hommes et des femmes par métier »).

 De 1983 à 2011, le taux de femmes est passé de 24,2% à 49% pour les « cadres des services administratifs, comptables et financiers », de 26,7% à 45,1% pour les « cadres de la fonction publique (A et assimilés) », de 18% à 42,4% pour les « cadres de la banque et des assurances » . Le taux de femmes parmi ces cadres a donc doublé en trente ans, passant de moins d’un quart à presque la moitié.

Par ailleurs, dans le même temps, le taux de femmes parmi les « médecins et assimilés » est passé de 35,8% à 48,4%, et celui des « professionnels de droit (sauf juristes) » de 27,6% à 52%.

 Parmi les enseignants ( qui sont aussi des « cadres »), il y a au contraire depuis longtemps un taux de femmes relativement élevé, notamment dans l’enseignement primaire. C’est le fruit d’une longue évolution, avec ses moments d’accélération puis de stabilisation. Dès 1880, au moment de Jules Ferry, le taux de femmes parmi les enseignants du primaire atteint 54%. Il s’élève à hauteur de 59% en 1914 puis de 66% en 1932, avant de stagner pendant plus de trente ans. Du milieu des années 1960 jusqu’au milieu des années 1970, le taux de féminisation croît de 10% (en raison de l’extension de la pré-scolarisation) et atteint ce que l’on croit être un taux record : 76%. On reste à ce niveau pendant une quinzaine d’années (de 1975 à 1990), puis le taux de féminisation reprend son ascension (depuis la mise en place des concours  »mixtes ») pour arriver à 82% actuellement dans le primaire public (87,2% à la session 2012 des concours externes).

 Mais il y a lieu de noter aussi que le taux des femmes dans le supérieur reste nettement inférieur à celui des hommes ( 34%.. ) ; et que, s’il l’emporte certes dans le secondaire ( 57% de femmes ), il est loin être largement dominant ( d’autant qu’il est d’ailleurs  assez diversifié et partagé selon les disciplines, avec parfois même une tendance à la baisse ). Si l’on compare à une ‘’génération’’ près ( en rapprochant les statistiques de 2011 de celles de 1988 ), on peut constater que le taux global de féminisation dans le secondaire public n’a presque pas bougé en 22 ans ( 57% de femmes en 2001 contre 55% en 1989 ). Pour les disciplines générales, le taux de femmes est resté le plus faible ( et constant depuis 1989 ) en philosophie : 39%. En langues, il a légèrement augmenté de 1989 à 2011 ( passant de 76% à 83% ). En revanche, le taux de femmes a baissé légèrement en mathématiques ( passant de 52% en 1989 à 46% en 2011 ) et en physique-chimie ( de 47% à 42% ).

 

 

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Commentaire (1)

  1. eric

    salut, super site

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