Le blog de Claude Lelievre

agrégation

Concours et masters: propositions de l’UNSA-Education

Dans une conférence de presse donnée ce jeudi 3 février, l’UNSA-Education ( la deuxième fédération la plus représentative de l’Education nationale après la FSU ) a livré des propositions circonstanciées pour ce qui concerne les masters et les concours de recrutement des enseignants  dans le cadre de « la reconstruction d’une authentique formation professionnelle », visant notamment «  à la formation des enseignants tout au long de leur vie professionnelle ». Décidément, après les déclarations de Nicolas Sarkozy du 19 janvier affirmant qu’il fallait remettre « sur le chantier les éléments de formation des enseignants » et les évocations ministérielles de la mise en place de ‘’masters polyvalents’’ et de ‘’masters en alternance’’ ( cf mes billets précédents ), des propositions syndicales arrivent à point nommé. Le 2 février, Sébastien Sihr, au nom du SNUipp ( le syndicat le plus représentatif du primaire ) a écrit au ministre Luc Chatel en lui faisant cinq propositions à propos de la formation des enseignants du primaire (  et notamment que « le contenu des masters dispensés sur tout le territoire bénéficie d’un réel cadrage national intégrant les besoins professionnels du métier de professeur des écoles : ils doivent articuler les dimensions disciplinaires,… Savoir plus >

Des tuteurs très exposés et incertains

La réforme ‘’mastérisée’’ de la formation professionnelle va avoir pour effet à la rentrée prochaine de devoir compter essentiellement sur le suivi de ‘’tuteurs’’ lors de la première année de l’entrée en fonction des nouveaux enseignants ( du moins dans le secondaire, car dans le primaire il est possible de s’appuyer sur des dispositifs issus des IUFM, et notamment sur les maîtres formateurs confirmés dans leur rôle et leur service ), Or, le moins que l’on puisse dire est que cela va se passer ‘’à géométrie variable’’. Actuellement, les enseignants du secondaire à qui l’on propose de devenir tuteur ne savent toujours pas quel sera précisément leur temps de service, leur rémunération, et a fortiori leur formation. Dans certaines académies, nombre d’enseignants refusent d’être tuteur, soit par incertitude sur les conditions d’exercice, soit par refus de ‘’cautionner’’ la réforme. L’Apmep ( association de professeurs de mathématiques ) paraît se prononcer dans ce sens en déclarant que « le nombre d’heures en responsabilité du jeune enseignant est trop élevé et ne lui permet pas de se consacrer à une formation professionnelle digne de ce nom ». D’autres acceptent, parfois en ‘’désespoir de cause’’, notamment pour ne pas laisser leurs futurs collègues… Savoir plus >

Une nouvelle préparation aux concours?

Il serait finalement possible, pour les étudiants détenteurs d’un master et ayant échoué à un concours de recrutement d’enseignants, de s’inscrire une nouvelle fois en préparation au concours. Selon la présidente de la séance du 21 juin de la CNESER concernant la formation des enseignants, ces préparations aux concours, maintenues dans les universités, feraient l’objet d’une prise en compte dans le système d’attribution des moyens SYMPA. Selon le SNESUP, «  cette annonce […] traduit un changement de discours politique d’un ministère qui a dû finir par reconnaître le problème des étudiants reçus au master et collés au concours et qui n’ont aucune possibilité de préparer à nouveau  ce concours à l’université. Et le ministère a dû reconnaître implicitement l’impossibilité de mener de front une formation de master et une préparation au concours ». Devant l’importance potentielle de cette annonce, il a été demandé confirmation à Patrick Hetzel, directeur général de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle. Mais il a réservé sa réponse compte tenu de sa portée politique. Dans ces conditions la quasi totalité des organisations syndicales a voté une motion en vue de la suspension des travaux de la CNESER, en attente d’une réponse claire :… Savoir plus >

Concours et mastérisation: qui comprend quelque chose à quoi?

Les textes qui se sont succédé dans la période récente concernant les conditions d’inscription aux concours de recrutement de professeurs ne semblent pas à l’abri d’interprétations divergentes. Sur le site du ministère une « lettre » du ministre annonçant de « nouvelles dates d’inscription » indique que «  sont concernés les étudiants titulaires d’un master ou inscrits dans un cursus universitaire permettant de l’obtenir au plus tard au terme de l’année universitaire 2010-20111 ». http://www.education.gouv.fr/cid51874/concours-enseignants-pour-la-rentree-2011-de-nouvelles-dates-d-inscription.html Mais, apparemment, ce n’est pas ce qui était prévu par les décrets sur les concours : on avait compris, selon ces décrets, que les candidats inscrits en M2 avaient jusqu’à l’année suivant le passage et la réussite au concours pour valider leur M2 ( en, l’occurrence 2011-2012 ) pour être nommés fonctionnaires stagiaires. Le guide du concours pour la session 2011 contient une page sur les conditions spécifiques d’inscription http://www.guide-concours-enseignant-college-lycee.education.gouv.fr/cid51268/concours-externe-du-capes.html#Conditions « Vous devez – est-il écrit – justifier à la date de publication des résultats d’admissibilité d’un master [ ou d’un titre ou diplôme équivalent dont la liste est dûment mentionnée ], ou d’une inscription, à la rentrée universitaire 2010, en dernière année d’étude en vue de l’obtention d’un mater ou d’un titre ou diplôme… Savoir plus >

Agrégation: le  »blues » des jeunes agrégés

On n’a sans doute pas suffisamment souligné à quel point les résultats de  l’enquête qui vient d’être menée et publiée par la « Société des agrégés » conduisent à s’interroger plus que jamais sur leur place dans les collèges. Parue ce mois ci sous le titre « Y a-t-il un ‘’malaise enseignant’’ ?, » l’étude met en évidence que « plus les professeurs ( agrégés ) sont jeunes, plus leur vocation est déçue ». Ainsi, plus de 40% des jeunes professeurs agrégés ( moins de 5 ans d’ancienneté ) s’estiment déçus. Aucun  d’entre eux  ne s’est déclaré content de sa progression de carrière ( p.30 ). Les rédacteurs de cette étude soulignent leur « grande déception d’avoir été trop souvent affectés en collège, situation à laquelle, au vu des textes réglementaires, ils ne devraient pas être confrontés », tout en prenant soin de faire valoir qu’ « en refusant le collège, les agrégés ne défendent pas un privilège acquis : ils disent simplement l’impossibilité de tisser avec leur auditoire les liens de complicité intellectuelle auxquels leurs études les avaient préparés et sans lesquels ils ne voient pas de bonheur d’enseigner possible » ( p.28 ). Dans ces conditions, on ne… Savoir plus >

 »Le » bac d’abord, et/ou la licence?

Le récent rapport de la Cour des comptes à propos du système éducatif français pose clairement le problème, alors que la réponse du ministère de l’Education nationale manque – pour le moins – d’ambition. On le sait, l’ambition ‘’européenne’’ qui a été proclamée dans le cadre des accords de Lisbonne est d’atteindre les 50% d’une classe d’âge diplômée à bac + 3 à l’horizon de l’an 2020. Nous en sommes encore loin, puisque les dernières données précises datant de 2006 indiquent qu’en 2006 nous en étions à 25% seulement de la classe d’âge au niveau de la licence ( ou plus ), et à 16% au niveau bac+ 2 ( DUT, BTS, enseignement paramédical et social ). Beaucoup d’autres pays font pourtant d’ores et déjà nettement mieux que nous en ce qui concerne le taux de diplômé sortant de l’enseignement supérieur au niveau de la licence et au-delà. Pour la tranche d’âge des 25 ans-34 ans, nombre de pays européens sont déjà au-delà de 30%  ( on peut citer la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, la Suède, l’Irlande et la Pologne ). En revanche, la France se distingue dans cette enquête pour le taux de diplômés de l’enseignement… Savoir plus >

Formation des enseignants: un arrêté sidérant

Alors que l’on croyait que le projet d’arrêté sur la formation des enseignants reprendrait à son compte l’Annexe de l’arrêté du 19 décembre 2006 portant sur le Cahier des charges national de formation des enseignants ( fort détaillé, et qui avait permis des améliorations dans la formation délivrée par les IUFM ces toutes dernières années ), il n’en est finalement rien. Il apparaît en effet que le Conseil supérieur de l’Education qui doit se tenir ce 6 mai va devoir se prononcer sur un arrêté concernant la réforme de la formation des enseignants ( proposé par le ministre de l’Education nationale et la ministre de l’Enseignement supérieur ) dans lequel le Cahier des charges serait ‘’remplacé’’ par la simple mention des dix ‘’compétences’’ requises pour exercer le métier d’enseignant. La principale fédération de parents d’élèves de l’Ecole publique ( la FCPE ) a d’ores et déjà décidé de boycotter  la séance du CSE du 6 mai, et appelle les autres organisations représentées au CSE à faire de même. Par ailleurs, et cela est tout  à fait intéressant, car c’est une démarche historiquement inédite «  la FCPE demande à ce que le débat se tienne là où il aurait dû être… Savoir plus >

Mastérisation des formations: quid des stages?

On peut commencer à en avoir une idée concrète à partir du plan d’organisation de l’année de formation de fonctionnaire stagiaire que vient de déposer en CPTA Alain Boissinot , le recteur de l’académie de Versailles: « l’année 2010-2011, qui verra l’arrivée d’enseignants qui n’auront pas suivi l’année de formation en IUFM ( PE2, PLC2 ) sera particulièrement stratégique », souligne-t-il en exergue. Elaboré « dans l’esprit de la note de cadrage du 25 février », ce dispositif offre aux stagiaires une formation équivalente à un tiers du temps de service obligatoire ( 27 H hebdomadaires pour les PE ; 18 H pour les certifiés et 15 H pour les agrégés ), soit « environ l’équivalent d’une journée de formation par semaine » selon le recteur. Cette formation comprend, comme il a été prévu dans le cadrage ministériel, un accueil début septembre, un accompagnement renforcé jusqu’à la Toussaint, puis des périodes de formation « filée » ou « groupée » tout au long de l’année. « L’objectif est d’offrir aux stagiaires le temps de formation le plus efficace, tout en assurant le bon fonctionnement des établissements » précise le recteur, qui reconnaît pudiquement des « complexités d’ordre technique » dans… Savoir plus >

« Agir en fonctionnaire » au capes et à l’agrégation.

L’évaluation de cette compétence fait l’objet depuis quelques jours d’une pétition qui demande au ministre de l’Education nationale de la « retirer au plus vite de l’ensemble des concours de recrutement de l’Education nationale, pour lesquels elle est actuellement programmée ». Cette pétition, lancée notamment par des enseignants de philosophie du supérieur ( http://www.petitiononline.com/azby1111/petition.html ) a recueilli déjà plus d’un millier de signatures, surtout chez les philosophes et les lettres classiques, et assez souvent dans le supérieur ; mais pas seulement, loin s’en faut. Les Arrêtés du 28 décembre 2009 prévoient pour les concours de l’enseignement secondaire d’une part une « leçon », d’autre part une « épreuve sur dossier » comportant deux parties. Cette épreuve sur dossier fait l’objet d’une préparation totale de deux heures trente minutes. La première partie dure une heure devant le jury ( présentation trente minutes, entretien trente minutes ) ; et la seconde partie ( qui porte sur la compétence « Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable » ) dure vingt minutes devant le jury ( présentation dix minutes, entretien dix minutes ). La pétition fait valoir que si «  cette évaluation occupe en apparence une place mineure dans… Savoir plus >

Les concours ( agrégation, capes, etc ). Et après?

A la suite de la réussite à ces concours de recrutement, les lauréats deviennent pour un an « stagiaires » selon des modalités qui viennent d’être précisées dans une lettre de cadrage de la direction générale des ressources humaines envoyée le 25 février dernier aux recteurs et inspecteurs d’académie. «  Les lauréats des concours 2010 des premier et second degrés publics seront nommés fonctionnaires stagiaires dans l’enseignement public ; les lauréats des concours des établissements d’enseignement privés bénéficieront d’un contrat ou d’un agrément provisoire. Ils auront  en responsabilité une classe ( premier degré ) ou plusieurs classes ( second degré ) dans le cadre de leur année de stage ». « Au cours de leur année de stage, les professeurs des écoles stagiaires bénéficient d’un accompagnement et d’une formation […]. L’accompagnement sera organisé dès la rentrée des classes d’une manière intensive jusqu’aux vacances de la Toussaint [ …]. Après les vacances de la Toussaint, cet accompagnement pourra revêtir une forme plus souple qui répondra aux besoins exprimés par le stagiaire. Ces modalités s’appliquent aux établissements d’enseignement privés sous contrat, dans le respect de leur caractère propre ». L’historien que je suis ne peux manquer de souligner que « le compagnonnage… Savoir plus >