Le blog de Claude Lelievre

laïcité

Il n’y a que le néant qui soit neutre

  « La plus perfide manœuvre du parti clérical, des ennemis de l’école laïque, c’est de la rappeler à ce qu’ils appellent la  »neutralité », et de la condamner par là à n’avoir ni doctrine, ni pensée, ni efficacité intellectuelle et morale. En fait, il n’y a que le néant qui soit neutre […].   Rien n’est plus facile que cette sorte de neutralité morte. Il suffit de parcourir la surface des choses et des événements sans essayer de rattacher les faits à des idées, d’en pénétrer le sens, d’en marquer la place […]. Le difficile, au contraire, pour le maître, c’est de sortir de cette neutralité inerte sans manquer à la justice. Le difficile – par exemple – c’est de glorifier la tolérance sans être injuste avec les hommes qui longtemps ont considéré la persécution comme un devoir dans l’intérêt même des âmes à sauver […]. Qu’est-ce à dire ? C’est que la conscience humaine ne s’élève que lentement, douloureusement, à certains sommets. Il convient à l’historien, à l’éducateur, d’être indulgent à ceux qui s’attardèrent dans des préjugés funestes, et de glorifier d’autant plus ceux qui eurent la force de gravir des sommets, de glorifier surtout la beauté même de l’idée.  … Savoir plus >

Enseignement de la morale, ou enseignement laïque de la morale, ou enseignement d’une morale laïque ?

C’était il y a tout juste 130 ans. Dans sa célèbre « Lettre aux instituteurs » du 17 novembre 1883, Jules Ferry fait longuement le point sur ce qu’il attend d’un enseignement laïque de la morale à l’école primaire. En bon disciple du positivisme, Jules Ferry prend la morale à enseigner comme « un fait » (sans que l’on ait à se préoccuper de ses fondements métaphysiques et/ou religieux) : « c’est la bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et mères, et que nous nous honorons de tous suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques ». Il s’agit de la « morale commune » (qui « nous » est « commune », « sans épithète »). Comment faire avec des enfants ? Là encore Jules Ferry précise la direction à prendre selon lui : « Dans une telle oeuvre, ce n’est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s’agit pas de les condamner – tout le monde ne les condamne-t-il pas?- mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires, obscurément remportées […]. Il y faut beaucoup de leçons sans… Savoir plus >

La loi Debré: un bilan contrasté

L’important colloque national qui a eu lieu à Amiens à la mi-décembre a abouti à un bilan contrasté de la loi Debré cinquante ans après son adoption. On sait que la loi Debré fut votée le 31 décembre 1959 malgré non seulement l’opposition du camp laïque mais aussi les réticences voire l’hostilité d’une partie de la majorité gouvernementale ( qui craignait que les écoles catholiques soient soumises – par le biais des contrats – ‘’simples’’ ou surtout d’’’association’’ – à une intégration rampante au service public, et y perdent plus ou moins leur ‘’âme’’). Le Conseil des ministres du 22 décembre fut très animé, et le général de Gaulle dut le conclure à sa manière, impérieuse sinon impériale :  » si le gouvernement ne peut se mettre d’accord, il faut en changer ; si le Parlement n’accepte pas une situation de bon sens, il faudra le dissoudre « … C’est que, pour le général de Gaulle, il y allait à terme de la consolidation ou pas de l’unité nationale, capitale à ses yeux. C’est d’ailleurs ce qu’il avait alors souligné :  » si nous ne sommes pas capables, en ce moment, d’amorcer l’acheminement vers l’unité scolaire, alors le pays est voué à la dualité et pour longtemps « …. Savoir plus >