Le blog de Claude Lelievre

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 »Le » bac d’abord, et/ou la licence?

Le récent rapport de la Cour des comptes à propos du système éducatif français pose clairement le problème, alors que la réponse du ministère de l’Education nationale manque – pour le moins – d’ambition. On le sait, l’ambition ‘’européenne’’ qui a été proclamée dans le cadre des accords de Lisbonne est d’atteindre les 50% d’une classe d’âge diplômée à bac + 3 à l’horizon de l’an 2020. Nous en sommes encore loin, puisque les dernières données précises datant de 2006 indiquent qu’en 2006 nous en étions à 25% seulement de la classe d’âge au niveau de la licence ( ou plus ), et à 16% au niveau bac+ 2 ( DUT, BTS, enseignement paramédical et social ). Beaucoup d’autres pays font pourtant d’ores et déjà nettement mieux que nous en ce qui concerne le taux de diplômé sortant de l’enseignement supérieur au niveau de la licence et au-delà. Pour la tranche d’âge des 25 ans-34 ans, nombre de pays européens sont déjà au-delà de 30%  ( on peut citer la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, la Suède, l’Irlande et la Pologne ). En revanche, la France se distingue dans cette enquête pour le taux de diplômés de l’enseignement… Savoir plus >

Un nouveau mystère féminin?

Après avoir longtemps stagné autour de 4,5%, le taux de jeunes filles parmi les élèves d’écoles d’ingénieurs s’est mis à monter de façon continue à partir de 1968-1969 pour atteindre environ les 24,5% en 2003-2004. Mais c’est, désormais, à nouveau la stagnation… Il y a d’abord eu une montée assez rapide puisque l’on est passé du taux de 4,5% à celui de 11% de 1968 à 1978 ( + 7,5% en dix ans ) ; cette montée s’est encore accélérée ensuite de 1978 à 1988 puisque l’on passe alors de 11% de jeunes filles parmi les élèves d’école d’ingénieurs en 1978 à 21% en 1988 ( + 10% en dix ans ) ; puis la progression de ce taux s’est ralenti très sensiblement pour n’atteindre que 24,5% en 2003 ( + 3,5% en quinze ans ). Et, depuis, c’est la stagnation ; voire un léger effritement. Qui est capable de percer ce mystère ‘’féminin’’, qui ne semble d’ailleurs pas émouvoir grand monde ? Une étude sur les ingénieurs de moins de trente ans réalisée par le cabinet de conseil Global Contact pour Orange, avec notamment les statistiques du Conseil national des ingénieurs scientifiques de France ( CNISF ) et des… Savoir plus >

Capes de lettres: les membres du jury se justifient

Protester de la sorte est à leurs yeux la meilleure façon ‘’d’agir en fonctionnaires de l’Etat de manière éthique et responsable’’ souligne la présidente de la Coordination nationale des Associations régionales des enseignants de Langues anciennes. DEUXIÈME MOTION DU JURY DE CAPES DE LETTRES CLASSIQUES Les membres du jury du Capes de Lettres Classiques ont pris connaissance des conditions dans lesquelles le Ministère, par l’intermédiaire de monsieur Santana, a convoqué individuellement Mme S. Luciani, vice-présidente du jury, suite à leur première motion, fruit d’une concertation collective et argumentée, votée à une large majorité, soutenue par la 8ème section du CNU comme par toutes les associations de promotion des humanités classiques, et visant à dénoncer le caractère pernicieux de la réforme mise en oeuvre par l’Arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d’organisation des concours du certificat d’aptitude au professorat du second degré, publié au Journal Officiel du 6 janvier 2010. Après avoir été informé de la convocation et de la teneur de l’entretien, le jury du Capes de Lettres Classiques tient à affirmer les points suivants : 1. Exprimer de façon publique et argumentée son opinion sur les réformes en cours est pour tout enseignant un… Savoir plus >

Les concours ( agrégation, capes, etc ). Et après?

A la suite de la réussite à ces concours de recrutement, les lauréats deviennent pour un an « stagiaires » selon des modalités qui viennent d’être précisées dans une lettre de cadrage de la direction générale des ressources humaines envoyée le 25 février dernier aux recteurs et inspecteurs d’académie. «  Les lauréats des concours 2010 des premier et second degrés publics seront nommés fonctionnaires stagiaires dans l’enseignement public ; les lauréats des concours des établissements d’enseignement privés bénéficieront d’un contrat ou d’un agrément provisoire. Ils auront  en responsabilité une classe ( premier degré ) ou plusieurs classes ( second degré ) dans le cadre de leur année de stage ». « Au cours de leur année de stage, les professeurs des écoles stagiaires bénéficient d’un accompagnement et d’une formation […]. L’accompagnement sera organisé dès la rentrée des classes d’une manière intensive jusqu’aux vacances de la Toussaint [ …]. Après les vacances de la Toussaint, cet accompagnement pourra revêtir une forme plus souple qui répondra aux besoins exprimés par le stagiaire. Ces modalités s’appliquent aux établissements d’enseignement privés sous contrat, dans le respect de leur caractère propre ». L’historien que je suis ne peux manquer de souligner que « le compagnonnage… Savoir plus >

Réforme orthographique et francophonie…

  Il a fallu 20 ans pour qu’il soit révélé publiquement que la France est bonne dernière parmi les pays francophones dans l’application d’une mini-réforme orthographique qu’elle avait pourtant initiée et décidée. En 1990, l’Académie française a en effet approuvé un certain nombre de  » rectifications orthographiques  » proposées, à la demande du Premier ministre Michel Rocard, par le Conseil supérieur de la langue française. Il s’agit de régularisations sur quelques points : le trait d’union, le pluriel des mots composés, l’accent circonflexe, le participe passé et quelques anomalies diverses. Le rapport de septembre 2006 de la Délégation générale à la langue française indiquait déjà que  » si ces rectifications sont officiellement enseignées dans plusieurs pays francophones, elles restent en France même largement ignorées des enseignants, d’autant que le ministère de l’Education nationale n’a jamais publié de directive relative à leur enseignement « . Ce qui explique sans doute qu’une enquête menée en 2003 auprès d’étudiants de diverses universités francophones ( en Belgique, en France, au Québec et en Suisse ) montrait que les Français arrivaient en dernière position, loin après les autres, dans la connaissance de ces rectifications orthographiques . Ce n’est qu’en juin 2008 qu’elles ont été inscrites dans les programmes d’enseignement français. Mais l’on… Savoir plus >

Les évaluations mystérieuses

Certaines évaluations scolaires défrayent actuellement la chronique ; et on peut penser que ce n’est pas près de finir quand on prend connaissance de certains éléments aussi disparates qu’énigmatiques.   Le mieux est de partir d’un document certes accessibles, mais dont la lecture n’est pas le lot quotidien de la quasi totalité des intéressés. Il s’agit du  » Rapport national France 2009  » adressé à la Commission européenne ( Education et formation ) dans le cadre de la réalisation du programme de travail  » Education et formation 2010  » ( qui englobe toutes les actions en matière d’éducation et de formation au niveau européen ), lancé en 2001. Il faut se rappeler par ailleurs que la loi d’orientation ( dite ‘’Fillon’’ ) votée en avril 2005 stipule explicitement que  » le Gouvernement présente tous les trois ans au Parlement un rapport sur la manière dont les programmes prennent en compte le socle commun et sur la maîtrise de celui-ci par les élèves au cours de leur scolarité obligatoire « . Comme le décret d’application de cette loi date du 11 juillet 2006, ce rapport devait être adressé au Parlement en juillet 2009. Quid ? Mystère.   On apprend ( non sans surprise ) si l’on suit le  » Rapport national… Savoir plus >

La loi Debré: un bilan contrasté

L’important colloque national qui a eu lieu à Amiens à la mi-décembre a abouti à un bilan contrasté de la loi Debré cinquante ans après son adoption. On sait que la loi Debré fut votée le 31 décembre 1959 malgré non seulement l’opposition du camp laïque mais aussi les réticences voire l’hostilité d’une partie de la majorité gouvernementale ( qui craignait que les écoles catholiques soient soumises – par le biais des contrats – ‘’simples’’ ou surtout d’’’association’’ – à une intégration rampante au service public, et y perdent plus ou moins leur ‘’âme’’). Le Conseil des ministres du 22 décembre fut très animé, et le général de Gaulle dut le conclure à sa manière, impérieuse sinon impériale :  » si le gouvernement ne peut se mettre d’accord, il faut en changer ; si le Parlement n’accepte pas une situation de bon sens, il faudra le dissoudre « … C’est que, pour le général de Gaulle, il y allait à terme de la consolidation ou pas de l’unité nationale, capitale à ses yeux. C’est d’ailleurs ce qu’il avait alors souligné :  » si nous ne sommes pas capables, en ce moment, d’amorcer l’acheminement vers l’unité scolaire, alors le pays est voué à la dualité et pour longtemps « …. Savoir plus >

Un effort sans précédent pour le Supérieur?

C’est en tout cas ce qu’a prétendu Nicolas Sarkozy en présentant le ‘’Grand Emprunt’’ ( 11 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur ). Si l’on peut souscrire sans trop de peine à cette affirmation pour ce qui concerne les modalités et les finalités concentrées de cet effort, il n’en va pas du tout de même s’il s’agit d’apprécier l’intensité de l’effort  financier lui-même. Car iI y a au moins un précédent qui le dépasse, et de loin ; à savoir celui qui a été fait lors de la période gaullienne. De 1958 à 1968, le nombre d’étudiants a été multiplié par deux et demi. Le budget a fait plus que suivre, puisqu’il a été multiplié par quatre, en dix ans. En francs constants, si on prend pour repère l’indice 100 en 1957, la dépense par étudiant croît jusqu’à l’indice 234 en 1967, pour retomber ensuite à 189 en 1972 – sous Gorges Pompidou  – puis à 158 en 1977 -sous Valéry Giscard d’Estaing. Pour en savoir plus, lire ( ou relire ) « la note sur l’évolution de l’effort financier public en faveur de l’Education sous la présidence du Général De Gaulle », écrite par l’économiste Jean-Claude Eicher pour le colloque de… Savoir plus >

 » A bas Euclide! »

C’est le mot d’ordre lancé en 1969, il y a tout juste 40 ans, par le grand mathématicien Jean Dieudonné. Il s’agissait d’en finir avec l’enseignement traditionnel des mathématiques où la géométrie tenait une place éminente. Il n’est sans doute pas sans signification que le mot d’ordre « A bas Euclide ! » ait été lancé par Jean Dieudonné dans un séminaire organisé à Royaumont par l’ Organisation européenne de coopération économique ( OECE, future OCDE ). D’autant que la même OECE avait réuni huit ans auparavant, en Yougoslavie, un séminaire international à l’issue duquel avait été publié – sous le titre « Mathématiques nouvelles » – un programme type pour l’enseignement secondaire. La réforme qui met les mathématiques dites ‘’modernes’’ au programme des enseignements scolaires à partir de 1969 n’est nullement une improvisation post-soixante-huitarde, comme beaucoup le croient. Au tout début de cette aventure, il y a, dès avant 1940, un groupe de jeunes mathématiciens qui entendent restructurer l’enseignement des mathématiques à l’université pour y intégrer les apports de la recherche depuis le début du XX° siècle. Connu sous le nom collectif de « Bourbaki », ce groupe met en œuvre un formalisme unificateur qui trouve un grand écho… Savoir plus >

La naissance difficile du CNRS

Le CNRS a désormais soixante-dix ans. Mais cette vénérable institution n’est pas née d’un seul coup, ni sans à coups.   Le CNRS a été créé par un décret du président de la République Albert Lebrun le 19 octobre 1939. Le contexte doit retenir l’attention : la France est déjà en guerre, et la facilité avec laquelle la Wehrmacht – forte d’une supériorité technique redoutable – vient de disposer de la Pologne a frappé les esprits. La mobilisation du pays doit se faire, et la recherche – dans ces conditions – ne doit surtout pas faire exception : le CNRS doit organiser l’effort scientifique de guerre, et ses laboratoires doivent participer au premier chef à la lutte contre le Reich.   A vrai dire, le CNRS n’est pourtant pas une création ex nihilo, faite tout à coup et d’un seul coup. Depuis le début du XX° siècle, en effet, des caisses de financement et des offices de recherche ont été créés. Et, dans les années 1930, grâce aux initiatives de certains grands scientifiques ( au premier rang desquels le prix Nobel de physique Jean Perrin ), elles se sont multipliées. A la veille du conflit, la France s’est ainsi déjà dotée d’une… Savoir plus >