Le blog de Claude Lelievre

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Le baccalauréat doit être aussi l’affaire du supérieur!

Il est pour le moins étonnant que, lorsqu’il s’agit de réformer ou de refonder ‘’le’’ baccalauréat, le ministère de l’enseignement supérieur ( et les organisations principales de son aire ) ne soit pas partie prenante, laissant de fait toute la place au ministère de l’Education nationale  ( avec notamment les organisations syndicales ou de spécialités disciplinaires de son aire, celles de l’enseignement secondaire ). En effet, ‘’le ‘’ baccalauréat  que nous connaissons en France ( et qui a été institué en 1808 par Napoléon I ) a la singularité de posséder la double face de sanction des études secondaires et de passeport pour l’entrée à l’Université.  Et cette double nature a encore été réaffirmée récemment puisque, comme le précise le dernier décret datant de 1997, le baccalauréat reste le premier grade universitaire alors même qu’il conclut la formation secondaire. L’article 22 du décret du 17 mars 1808 stipule que « pour être admis à subir l’examen du baccalauréat, il faudra être âgé au moins de seize ans et répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes des lycées », tandis que l’article 19 établit que l’examen du baccalauréat est sous la responsabilité pleine et entière de l’Université :… Savoir plus >

Des stagiaires écrivent à leur recteur

A la fin d’une assemblée générale, 80 stagiaires ont écrit une lettre à la rectrice d’Orléans-Tours où ils font part de leurs doléances et de leurs propositions. Un  »document » très circonstancié et détaillé qui mérite d’être publié dans son intégralité, et médité… Lettre ouverte à Madame le Recteur d’Orléans-Tours Par Stagiaire impossible le jeudi 19 mai 2011, 19:19 – Lien permanent Madame le Recteur, Professeurs stagiaires dans l’académie d’Orléans-Tours, nous avons formé en novembre, lors d’une Assemblée Générale où nous étions quatre-vingts stagiaires présents, un collectif à même de réagir à nos conditions d’entrée dans le métier. En cette fin d’année qui fut extrêmement éprouvante pour tous les professeurs stagiaires, nous nous sommes à nouveau réunis en Assemblée Générale afin de tirer les bilans de cette première année de stage mise en œuvre par la réforme de la formation des enseignants. Abandonnés devant les classes à temps plein et sans formation préalable, notre entrée dans le métier fut extrêmement difficile, la plupart d’entre nous n’ayant jamais enseigné auparavant. Et aux préparations de cours, aux 18 heures de présence devant les élèves et aux corrections de copies s’ajoute également le temps de formation. La surcharge de travail engendrée par cette addition a… Savoir plus >

« La professionnalisation des masters conduisant aux métiers de l’enseignement au coeur de l’action des ministres »?

C’est en tout cas ( face au mécontentement suscité par la première année de la ‘’mise en place’’ de la réforme entreprise ) ce que dit leur communiqué de presse du 23 mai, qui précise que « Luc Chatel a salué le travail mené conjointement par l’université de Cergy-Pontoise-en –Yvelines, l’université de Versailles Saint-Quentin et le rectorat de l’Académie de Versailles pour élaborer un dispositif de masters en alternance qui réponde à la demande qu’il avait formulée de plus grande professionnalisation du contenu de la formation, en augmentant notamment les périodes de stages dans les écoles et les établissements scolaires ». Mais c’est une toute autre partition qui est prévue pour la rentrée 2011 si on en juge notamment par le texte rendu public ce même 23 mai sur le site du ministère ( intitulé : « Les nouvelles conditions de recrutement des personnels enseignants et d’éducation » ). On comprend mieux alors les réactions des principaux syndicats enseignants, aussi bien ceux qui sont proches l’un de l’autre sur les points fondamentaux d’une réforme radicale de la formation des enseignants à entreprendre ( le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU ) que ceux qui en sont foncièrement éloignés ( le SNES… Savoir plus >

Mastérisation: convergences syndicales dans le primaire?

Si l’on en juge par leurs prises de position publiques, le SE-Unsa, le Sgen-Cfdt et le SNUipp-FSU ont fait un accueil foncièrement positif au rapport ‘’Jolion’’ sur la mastérisation, alors même que les syndicats du secondaire appartenant à la FSU ( notamment le SNES ) ont fait bande à part. Quelques extrait significatifs. Le SE-Unsa ( article du 20 avril ) : « Jean-Michel Jolion pointe la place du concours qui rend difficile une vraie alternance, un cahier des charges de plus en plus intenable pour les étudiants dans le cadre d’un master, un concours de plus en plus inadapté car les contenus ne tiennent absolument pas compte de l’articulation nécessaire avec le master. Il s’insurge contre la non prise en compte de l’activité professionnelle en cours de formation et s’étonne que la discipline reste le point d’entrée principal pour l’ensemble des épreuves […] . Voilà donc un nouveau rapport qui apporte de l’eau au moulin du SE-Unsa qui revendique la réécriture des décrets sur la mastérisation afin d’aboutir […] à une formation professionnelle digne de ce nom ». Le Sgen-Cfdt ( communiqué du 15 avril ) : « Le Sgen-Cfdt se félicite de voir ses analyses et revendications confortées… Savoir plus >

L’allocation d’études en débat

A peine cette proposition a-t-elle été formulée ( en bonne place il est vrai ) dans le projet du parti socialiste, qu’elle est l’objet de critiques acerbes de la part du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI, de droite ) et du questionnement intéressé de l’UNEF ( de gauche ). A la page 34 du projet du PS adopté lundi dernier par son Bureau national figure l’indication suivante : « Nous transformerons le système d’aide sociale en le fondant sur la situation propre du jeune et en créant, au cours de la législature, une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes ( aides au logement, bourses sur critères sociaux… ) elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources ». Un communiqué du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI ) s’en prend en termes très vifs à cette proposition en estimant qu’ « assistanat forcené et dirigisme d’autrefois ont encore de trop beaux jours devant eux rue de Solférino » et en stigmatisant « la posture prise par le Parti socialiste à l’égard des jeunes traités sous le seul regard de la compassion et de l’apitoiement ». Par contre… Savoir plus >

Concours: vers un moratoire pour le CLES et le C2i?

Concours d’enseignants : le CLES et le C2i sont sources d’inégalités ! Nous demandons un moratoire Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Aujourd’hui, le niveau de qualification exigé pour être recruté comme enseignant est le master. Le contenu de celui-ci doit intégrer, outre des connaissances scientifiques et professionnalisantes concernant l’exercice d’un métier d’enseignant, des exigences concernant la maîtrise des Langues Vivantes et celle des TICE. Le Master doit donc reconnaître une qualification des titulaires de ce diplôme en ces domaines. Contre de nombreux avis, le gouvernement a fait le choix d’imposer les certifications supplémentaires du CLES et du C2i pour valider les concours de recrutement (CRPE, CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP, et CPE). Cette mesure est source de grandes inégalités entre les candidats : ces certifications, qui ne sont organisées que dans certaines universités, demandent des formations spécifiques qui ne sont pas actuellement dispensées par toutes les universités en licence ou en Master. Elles sont soumises à des droits d’inscription laissés à la libre décision (ou à la discrétion) de chaque université, et exigent donc des étudiants des dépenses qui ne sont pas accessibles à tous et aggravent ainsi les inégalités sociales. Cette mesure alourdit encore la charge… Savoir plus >

Quelques remèdes du docteur Allègre.

Claude Allègre (un scientifique controversé pour ses prises de position sur le réchauffement climatique, et un ancien ministre – non moins controversé – de l’Education nationale) n’a pas hésité à nous faire savoir dans « Le Point » quels pouvaient être les « remèdes pour sortir l’école de la spirale de l’échec ». Bigre, que n’y avait-il songé avant ! Il est vrai qu’il plaide que s’il ne l’a pas fait, c’est de la faute des autres (à part des ‘’erreurs de communication’’) au premier rang desquels il place : « un parti et des députés socialistes liés aux syndicats d’enseignants qui freinent des quatre fers à chaque initiative ». Et il a une espérance qu’il livre en fin d’article : « une vraie révolution », rendue selon lui possible « parce que Jean-Pierre Raffarin, en retenant le salaire des jours de travail perdus du fait de grèves a mis fin aux joyeux happenings syndicaux à répétition » [première contrevérité historique] ; « ensuite parce qu’il semble que les plus hautes autorités de l’Etat soient désormais prêtes à soutenir le ministre de l’Education contre les protestations chroniques » [deuxième contrevérité historique ; cf, par exemple, le retrait de la première… Savoir plus >

Concours et masters: propositions de l’UNSA-Education

Dans une conférence de presse donnée ce jeudi 3 février, l’UNSA-Education ( la deuxième fédération la plus représentative de l’Education nationale après la FSU ) a livré des propositions circonstanciées pour ce qui concerne les masters et les concours de recrutement des enseignants  dans le cadre de « la reconstruction d’une authentique formation professionnelle », visant notamment «  à la formation des enseignants tout au long de leur vie professionnelle ». Décidément, après les déclarations de Nicolas Sarkozy du 19 janvier affirmant qu’il fallait remettre « sur le chantier les éléments de formation des enseignants » et les évocations ministérielles de la mise en place de ‘’masters polyvalents’’ et de ‘’masters en alternance’’ ( cf mes billets précédents ), des propositions syndicales arrivent à point nommé. Le 2 février, Sébastien Sihr, au nom du SNUipp ( le syndicat le plus représentatif du primaire ) a écrit au ministre Luc Chatel en lui faisant cinq propositions à propos de la formation des enseignants du primaire (  et notamment que « le contenu des masters dispensés sur tout le territoire bénéficie d’un réel cadrage national intégrant les besoins professionnels du métier de professeur des écoles : ils doivent articuler les dimensions disciplinaires,… Savoir plus >

Meilleurs voeux et engagements plus soutenus, mister president

Cela fait la deuxième fois que les principales fédérations syndicales de l’Education nationale ( la FSU et l’UNSA  ) ainsi que le SGEN CFDT boycottent les vœux de Nicolas Sarkozy : ceux de ce mercredi 18 janvier 2011 « au monde de la connaissance et de la culture » comme ceux «  aux personnels enseignants » du 9 janvier 2009 à Saint-Lo, dans la Manche. Ces organisations syndicales étaient déjà engagées alors dans une lutte contre 13500 suppressions de postes prévues à la rentrée 2009 et elles appelaient à une grève massive le 17 janvier. Elles sont encore engagées dans une lutte contre la suppression de 16000 postes à la rentrée prochaine et elles appellent à une journée de mobilisation le 22 janvier 2010. Il y a presque cinq ans, le 2 février 2007, le candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy a prononcé un long discours- programme sur l’éducation où il a multiplié les « souhaits » et les « engagements ». Pourrait-il y avoir de «meilleurs vœux » que la mise place effective de nombre de ces « engagements » ? On est fort loin du compte en effet…Et on peut en juger – sans appel – sur pièces…. Savoir plus >

 »PISA France »:très moyen et très inégalitaire

Ce ne sera pas le maelström que certains appréhendaient puisque les résultats des élèves français sont globalement dans la moyenne de l’OCDE, même s’il y a de très préoccupantes inégalités persistantes ( qui sont même en augmentation sensible dans le domaine le plus traité cette fois ci, à savoir la compréhension de l’écrit ). Les résultats des élèves français aux tests PISA 2009 sont globalement tout à fait moyens dans les trois domaines étudiés : 496 points en compréhension de l’écrit ( contre 493 pour la moyenne des pays de l’OCDE ), 498 en culture scientifique ( contre 501 ), 497  en mathématiques ( contre 496 ). Dans ce dernier domaine, celui des mathématiques, on avait enregistré une baisse de 15 points entre PISA 2003 ( 511 points de moyenne en France alors ) et PISA 2006 ( 496 points ) et nous en sommes à 497 en 2009. Nous avons donc bien quitté le groupe des pays les plus performants en mathématiques pour nous fondre dans celui qui regroupe ceux qui se situent autour de la moyenne. Finalement, nous sommes désormais tout juste moyens partout. Il n’y a pas de quoi s’en vanter ; mais ce n’est pas non… Savoir plus >