L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

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Les concours à BAC+3 : fausses angoisses et vraies inquiétudes.

On commence à voir poindre ici et là de nombreuses critiques sur la mise en place des concours de recrutement à Bac+3, qui sera effective dès la session 2026, et qui impactera dès la rentrée 2025 les équipes en charge de la préparation des candidats. Le principal reproche adressé à cette réforme concerne la baisse du niveau d’exigence, en termes de maîtrise des contenus disciplinaires. Ces critiques vont sans doute s’amplifier ces prochains jours, les programmes de chaque concours devant être publiés d’ici la fin du mois de mai.

Ayant milité dès le début du processus de mastérisation pour un concours précoce (Delignières, 2012), et après avoir dénoncé les décisions de Jean-Michel Blanquer repoussant le concours à BAC+5 (Delignières, 2019), j’ai évidemment quelques difficultés à voir des collègues regretter l’abandon de ce concours tardif. Je me suis déjà exprimé sur les enjeux de cette modification de l’échéance du concours (Delignières, 2023, 2024, 2025), mais je pense utile de refaire un point, sur la base des dernières informations disponibles.

On aura du mal à m’accuser d’une quelconque bienveillance à l’égard des ministres macronistes qui se sont succédés depuis 2017. Il convient de demeurer lucide par rapport aux visées du ministère. Au-delà du placement du concours dans le cursus de formation, il y a surtout l’idée d’une reprise en main de la formation des enseignants par le ministère de l’Éducation Nationale. Néanmoins je considère que la réforme actuellement engagée est une opportunité à saisir pour parfaire la formation des futurs enseignants.

Avant de discuter de la place du concours, il me semble nécessaire de garder en mémoire les inepties de la situation actuelle, avec un concours à BAC+5 : des étudiants tiraillés entre des exigences contradictoires (une préparation interminable au concours, les exigences universitaires du mémoire de recherche, les stages en établissement, souvent éloignés des lieux de formation, la nécessité, pour beaucoup, de travailler pour subvenir à leurs besoins, etc.). Et évidemment l’incertitude de la réussite au concours, l’angoisse de se retrouver avec un diplôme de master n’offrant que la perspective aléatoire d’une entrée dans la profession avec un statut précaire.

En regard, la réforme permet d’envisager une trajectoire beaucoup plus sereine au niveau du master. Les étudiants seraient tous lauréats du concours, donc assurés d’être titularisés s’ils décrochent leur diplôme. Ils devraient bénéficier d’un statut d’élève-professeur en première année, et de fonctionnaire stagiaire en seconde année, et seraient rétribués en conséquence. Il me semble que cela permettrait de travailler sérieusement à une formation professionnelle de qualité, basée sur la logique de l’alternance universitaire.

Le concours BAC+3

Quelques informations récentes lèvent quelques ambiguïtés sur la période de transition menant au passage à BAC+3. Les concours à BAC+5 et à BAC+3 vont cohabiter jusqu’à la session 2027. Les étudiants inscrits à la rentrée 2025 en Master MEEF passeront donc le concours BAC+5 à la session 2006 pour ceux qui seront en seconde année, et à la session 2007 pour ceux qui entreront en première année. Les candidats au concours BAC+3 n’auront donc pas à souffrir de la concurrence des candidats au concours BAC+5. En contrepartie, les deux concours devront sans doute se partager la pénurie du nombre de postes (par exemple, sur la base de 670 postes ouverts cette année au CAPEPS externe, on pourrait envisager que les deux concours aient à se contenter de 335 postes chacun, jusqu’en 2027). Et a priori ceux qui auront échoué au concours BAC+5 au terme de la session 2007 n’auront plus que les yeux pour pleurer…

Quelles sont les différences entre les concours BAC+5 et les futurs concours BAC+3 ? Le CAPEPS est l’un des rares pour lesquels on dispose d’ores et déjà de la nature et des programmes des épreuves. On pourra les consulter en suivant ces liens : concours BAC+5 : épreuves et programme ; concours BAC+3 : épreuves et programme.

Concernant les épreuves d’admissibilité, le concours BAC+3 conserve les mêmes écrits, cadrés par les mêmes programmes. La seule différence se situe au niveau de la durée des épreuves : pour le concours BAC+5, 5 heures pour chacun des écrits, et pour le concours BAC+3, 4 heures pour l’écrit 1, et 3 heures pour l’écrit 2.

Pour les épreuves d’admission, l’oral de leçon disparaît dans le concours BAC+3, et une nouvelle épreuve apparaît, dans laquelle le candidat, à partir d’un court enregistrement vidéo, devra proposer et justifier une situation d’apprentissage. L’épreuve pratique de spécialité disparaît, et l’on ne conserve qu’une prestation physique dans une APSA, tirée au sort parmi trois activités appartenant à trois champs d’apprentissages différents, choisies par le candidat au moment de l’inscription. Enfin on retrouve dans les deux concours l’entretien de motivation et de maîtrise des valeurs de la République.

Il me semble, mais c’est un lecture centrée sur le CAPEPS, et qui devra être confirmée par les collègues des autres disciplines lorsque leurs programmes seront publiés, que le concours BAC+3 évalue peu ou prou les mêmes compétences que le concours BAC+5, mais dans un format qui tient compte de la jeunesse des candidats, de la relative brièveté de leur parcours universitaire, de leur préparation nécessairement plus ramassée, et aussi du fait que les lauréats pourront bénéficier d’une formation professionnelle de deux années pour être totalement opérationnels sur le terrain. De fait, le concours BAC+3 apparaît davantage comme un concours d’entrée en master que comme un certificat d’aptitude professionnelle.

Il est sans doute nécessaire de modifier les représentations vis-à-vis de ces concours. Si jusqu’à présent ils étaient censés fournir des enseignants prêts à exercer dans les établissements, le concours BAC+3 vise plutôt à sélectionner les étudiants les plus prometteurs, mais dont la formation, disciplinaire et professionnelle, devra être complétée durant les deux années de master. De fait, le concours BAC+3 détermine davantage une admissibilité qu’une admission définitive. Rappelons que la titularisation est censée n’intervenir qu’au terme de la 5ème année, fondée d’une part sur l’obtention du master, et d’autre part sur une évaluation des stages réalisés durant les deux années. Il serait prudent d’ailleurs de prévoir un taux d’échec à la titularisation en ouvrant un volant supplémentaire de postes au concours…

Maxime Travers a récemment avancé un autre argument à l’encontre du concours à BAC+3, jugeant qu’un concours précoce pourrait se révéler néfaste à la mixité sociale du corps enseignants : « les épreuves sélectives des concours nécessitent la maitrise d’un ensemble de compétences, écrites et orales, qui, si elles sont familières pour certains, sont souvent plus éloignées pour d’autres et plus particulièrement pour ceux qui sont issus des milieux les moins favorisés » (Travers, 2025). Je peux entendre ces arguments, mais il me semble que la perspective d’un concours allégé et d’un parcours de master sécurisé et rémunéré pourrait aussi se révéler attractif pour ces étudiants.

La réforme va également entraîner une évolution spectaculaire des effectifs en master. En ce qui concerne le master MEEF-EPS, l’effectif national avant la réforme était en gros de 2500 étudiants en première année, et 2000 en seconde année. L’accès au nouveau master des seuls lauréats du concours BAC+3 ramènerait donc ces effectifs, si nos projections en postes sont correctes, à 335 à la rentrée 2026, et 670 à partir de la rentrée 2027… Ce qui suppose sans doute la fermeture de nombreux centres de formation, et des conséquences importantes sur les services de enseignants qui s’étaient engagés sur les masters MEEF depuis quelques années. Les situations seront sans doute différentes d’une discipline à l’autre, et d’une académie à l’autre. Mais on peut comprendre que certains soient enclins à une certaine réticence.

Il est clair également que la préparation du concours à BAC+3 va polluer les enseignements de Licence, tout comme la préparation des concours polluait jusqu’à présent le master. Je peux entendre cet argument, mais il me semble plus judicieux de préserver le master, où devrait se jouer essentiellement la formation des futurs enseignants.

Le devenir du master

S’il peut sembler évident que le master devra compléter la formation, notamment disciplinaire, des étudiants, encore faudrait-il que le nouveau dispositif, appelé à remplacer les masters MEEF, le permette. Car à trop se focaliser sur le placement du concours à BAC+3, on risque d’oublier un projet beaucoup plus dangereux : la volonté du ministère de l’Éducation Nationale, exprimée à plusieurs reprises, de reprendre en main la formation des enseignants.

Un document de travail du Ministère de l’Éducation Nationale (2024) intitulé « Les Écoles Normales du XXIème siècle » ne laissait à ce niveau planer aucune ambiguïté : ce document actait la disparition des INSPE, composantes universitaires, qui seraient remplacés par des « écoles normales supérieures du professorat » (ENSP), qui seraient des structures sui-generis, co-portée par les ministères de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur. De fait, le master MEEF deviendrait un master ENSP, dont le parcours de formation serait « réglé sur un référentiel de compétences décliné en maquettes nationales avec un degré de granularité très fin ». Il est ainsi prévu, en moyenne sur les deux années, 35 % d’enseignements consacrés à la maîtrise des savoirs disciplinaires et leur transmission, 45 % d’interventions en établissement scolaire (en pratique accompagnée puis en responsabilité) et 20% d’enseignements professionnels: « analyse de la pratique, rédaction du mémoire, pratique réflexive, des options individuelles (école inclusive, maternelle, langues, initiation à la recherche…), l’acquisition des valeurs de la République, la connaissance du système éducatif, le contexte d’exercice, la gestion des conflits… ». Le directeur de l’ENSP serait nommé conjointement par les ministres de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur. Quant aux équipes de formateurs, il est précisé qu’elles seraient constituées à 50% d’enseignants du secondaire choisis par le ministère de l’Éducation Nationale, et à 50% d’enseignants-chercheurs choisis par les universités et le ministère de l’Éducation Nationale.

Je ne sais pas si ce dispositif spartiate sera en définitive mis en place, et j’ose espérer que l’évolution des masters et des institutions qui en auront la charge sera soumise à concertation (Ducos & Kambouchner, 2025). Mais il serait surprenant que ces propositions ne laissent pas de traces. On peut rappeler les déclarations du président Macron, qui estimait en 2023 que « certains de nos enseignants rentrent après un cursus universitaire qui est totalement disproportionné et parfois décorrélé de ce qu’ils vont faire » (Ben Hamouda, 2023). L’idée n’est certainement pas de recruter des experts disciplinaires, ni des enseignants qui pourraient avoir un regard critique sur l’organisation du système scolaire. Le discours récurrent sur les « savoirs fondamentaux » révèle la modestie des visées gouvernementales à cet égard. L’objectif reste surtout de caporaliser le corps enseignant : la formation de personnels dociles, tout juste habilités à appliquer les injonctions du ministère, privés de toute liberté pédagogique, limités à l’utilisation des manuels agréés par le ministère et aux méthodes pédagogiques labellisées.

Je pense donc qu’il ne faut pas se tromper de combat. L’avancée du concours à Bac+3, même s’il bouleverse de vieilles habitudes, me semble ouvrir des perspectives favorables pour une formation plus efficace des futurs enseignants. Mais le véritable enjeu se situe au niveau du master, qu’il convient de préserver de l’idéologie réactionnaire du macronisme.

Références

Ben Hamouda, L. (2023). Macron à Orange : Et encore des annonces. Le Café Pédagogique, 4 septembre 2023.

Delignières, D. (2012). Mastérisation et formation des enseignants: Plaidoyer pour un pré-recrutement en Licence. Blog Educpros, 17 novembre 2012.

Delignières, D. (2019). Le concours en M2 : c’était la pire des solutions !, Blog EducPros, 22 février 2019.

Delignières, D. (2023). Les concours de recrutement avancés en fin de Licence ?. Blog, 13 novembre 2023.

Delignières, D. (2024). Une « révolution » dans la formation des enseignants… Site personnel, le 16 avril 2024.

Delignières, D. (2025). La réforme de la formation des enseignants. Site personnel, 31 mars 2025.

Ducos, J. & Kambouchner, D. (2025). La crise des métiers de l’enseignement exige une réflexion globale et partagée. Le Monde, 13 mai 2025

Ministère de l’Éducation Nationale (2024). Les écoles normales du XXIe siècle. Document de travail du 24 mars 2024.

Travers, M. (2025). A propos de la réforme de la formation des enseignants. Café Pédagogique, 12 mai 2025.

Une « révolution » dans la formation des enseignants…

La ministre de l’Éducation nationale Nicole Belloubet, dans une interview du 14 avril à La Dépêche l’affirme tout de go : « sur la formation des professeurs, c’est une vraie révolution que le Président de la République m’a demandé de préparer » (Galle-Tessonneau, 2024). C’est en effet une sacrée révolution qui se profile, mais peut-être pas là où la ministre la pressent.

Un document de travail du ministère de l’Éducation Nationale, daté du 24 mars 2024, a étonnamment fuité, et s’il est encore soumis à certains arbitrages, il trace les grandes lignes des orientations retenues. On pourra en trouver un résumé dans les articles de Lilia Ben Hamouda (2024), sur le site du Café Pédagogique et de Eléa Pommiers (2024) sur le site du Monde. (suite…)

Les concours de recrutement avancés en fin de Licence ?

La réforme de Jean-Michel Blanquer, repoussant les concours de recrutement en seconde année de Master, n’aura pas fait long feu… Pap Ndiaye avait déjà évoqué un concours plus précoce en juin 2023, quelques semaines avant son éviction du ministère, et Gabriel Attal a confirmé cette semaine que le ministère travaillait sur l’hypothèse du placement des concours en troisième année de Licence (Ben Hamouda, 2023a). Les lauréats du concours intégreraient ensuite une formation de master, comprenant 25% de stages d’observation en première année et 50% de stages en responsabilité en seconde année. Les étudiants auraient le statut d’élève-professeur en première année, et de fonctionnaire stagiaire en seconde année, et seraient rétribués en conséquence. Ces propositions devraient être mises en œuvre à la session 2025. (suite…)

Attractivité des concours : Les vocations se construisent dès l’entrée à l’université

Nous avons tous été interpelés par la forte baisse du nombre de candidats au CAPEPS 2022. De 2021 à 2022, alors que le nombre de postes ouverts au concours passe de 670 à 680, le nombre d’inscrits chute de 5545 à 3391 (-38.8%), et le nombre de présents aux deux écrits de 4579 à 2704 (-40.9%). Nous avons été nombreux à y voir les conséquences de la réforme Blanquer, repoussant les concours en seconde année de master, et aussi du profbashing insistant qui a caractérisé cette période.

Sans pour autant renier mes critiques sur la récente réforme des concours (Delignières, 2022), il m’a semblé nécessaire d’aller un peu plus loin dans l’analyse, en tentant d’étudier sur le long terme les évolutions conjointes du nombre de postes et de l’attractivité du concours. (suite…)

La suppression des concours : quand le libéralisme s’attaque à l’Éducation

Après le rapport de la Cour des Comptes publié en janvier, le Conseil Supérieur des Programmes vient de sortir un avis sur la formation et le recrutement des enseignants. Même si l’avis du CSP égrène une série de scénarios alternatifs, on sent que le dernier proposé, suggérant une suppression pure et simple des concours nationaux, a la faveur des rédacteurs.

Dans ces deux documents, on fait le constat de la baisse d’attractivité des concours de recrutement, qui ne permettent plus aujourd’hui de pourvoir tous les postes. On pointe aussi la baisse du niveau disciplinaire des candidats. Mais plutôt que de réfléchir aux raisons qui peuvent affecter cette attractivité (la question salariale, les conditions d’exercice du métier, le prof-bashing systématique relayé au plus haut niveau), on s’oriente vers une solution semble-t-il miracle : supprimer ces concours nationaux. Comme s’il suffisait de casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre… (suite…)

Un premier bilan des masters MEEF, suite à la réforme Blanquer

Ce bilan est évidemment teinté des spécificités des parcours « Éducation Physique et Sportive », préparatoires au CAPEPS, dans lesquels je suis particulièrement investi. Spécificités dont on peut lister certains indicateurs. Il n’y a pas de crise des vocations en EPS : même si l’on a « perdu » 2000 candidats au CAPEPS par rapport à l’année dernière, le report du concours en seconde année du master explique en partie cette baisse. Mais cette année, contrairement à de nombreux autres concours, il y avait encore deux fois plus d’admissibles que de postes à pourvoir, et tous les postes ont été pourvus. On peut ajouter aussi que dans leur grande majorité les candidats étaient issus des masters MEEF, ce qui n’est pas le cas dans d’autres disciplines.

On peut aussi évoquer l’attractivité du métier d’enseignant EPS. Beaucoup d’étudiants rentrent en STAPS avec le souhait de devenir enseignant, ce qui n’est pas le cas dans d’autres disciplines universitaires, où l’orientation vers l’enseignement vient souvent lorsque les autres voies de professionnalisation se sont bouchées. L’existence d’une mention spécifique de Licence STAPS « Éducation et Motricité », pré-professionnalisant aux métiers de l’enseignement, entretient précocement cette vocation. Le problème est à l’heure actuelle plutôt une pénurie de places en Master MEEF EPS, entraînant une sélection drastique en première année. Nos masters MEEF ne courent pas après les candidats… (suite…)

Le directeur du département STAPS de Chambéry jette l’éponge

Les directeurs STAPS ont appris avec tristesse l’annonce de la démission de Pierre Bavazzano, directeur du département STAPS de l’Université Savoie Mont blanc de Chambéry. Pierre était membre du Conseil d’Administration de la Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS (C3D), respecté et écouté par tous ses collègues. Son investissement pour les STAPS, tant au niveau local qu’au niveau national, était d’une telle consistance que chacun se dit que la coupe devait singulièrement déborder pour qu’il se résigne à laisser tomber.

Le tableau décrit par Pierre Bavazzano révèle tout le mépris de l’université de Savoie vis-à-vis du département STAPS.

  1. Ce département dépend de l’UFR Science et Montagne. Il accueille 1000 étudiants, soit 1/3 des effectifs de l’UFR. Il ne dispose cependant que de 23 enseignants titulaires, sur les 180 affichés par l’UFR. Quelles formations acceptent des taux d’encadrement de 43.5 étudiants par enseignant titulaire?
  2. Depuis la mise en place de ParcourSup, le département STAPS n’a obtenu aucun budget pour le traitement des dossiers, alors que l’université de Chambéry reçoit des crédits fléchés pour la rétribution de ces tâches (60 000 € en 2018).
  3. L’accroissement des capacités d’accueil dans le cadre du Plan Étudiants (60 places de L1, 30 places de DEUST en 2018) n’a été soutenu que de manière partielle en termes de postes. Les accroissements subséquents des capacités d’accueil (15 places en 2020) n’ont été accompagnés que de compensations financières dérisoires.
  4. Bien que participant comme l’ensemble des structures STAPS à la réforme des études de santé, le département STAPS n’a obtenu aucun moyen supplémentaire, alors que le département Sciences de la Vie a obtenu un demi-contractuel.
  5. Alors que le département STAPS participe activement au projet @spire (Accompagnement, Spécialisation Progressive et Individualisation pour la Réussite de tous les Étudiants), et que son engagement est loué par l’université (« les STAPS sont en avance sur le projet @spire, c’est la tête de pont de l’Université sur ce projet»), la filière n‘a obtenu cette année que 60 heures dédiées à ce projet.
  6. Enfin le directeur du département ne perçoit qu’une indemnisation de 66hTD/an, rétribution que chacun appréciera, quand on sait qu’un directeur de département est le plus souvent un factotum multi-cartes, au four et au moulin sur l’ensemble de la gestion de sa structure (budget, emplois du temps, installations, etc.).

(suite…)

Détachements, disponibilités : chers collègues, un peu de dignité…

A l’heure où l’université croule sous les demandes d’inscription, auxquelles elle doit faire face avec des moyens toujours plus limités, je voudrais parler d’un problème rarement évoqué, à part dans le cénacle fermé des conseils universitaires : les positions de détachement de certains collègues, qui bloquent partiellement le fonctionnement des UFR. Je conçois de toucher ici à un droit fondamental des enseignants-chercheurs, mais l’université a aussi des devoirs, notamment celui d’accueillir de manière digne les étudiants qui lui font confiance.

A l’UFR STAPS de Montpellier, c’est à l’heure actuelle 4 enseignants-chercheurs, soit un peu plus de 10% de nos effectifs, qui sont actuellement en détachement dans des universités étrangères. Trois d’entre eux sont notamment accueillis à l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne. Il ne s’agit pas de détachements temporaires : l’un de ces enseignants est en position de détachement depuis 2004, parti comme maître de conférence, il a maintenant le statut de professeur dans sa nouvelle université.

Bien sûr, les services de ces enseignants sont compensés en heures complémentaires, ou en postes temporaires (ATER). On comprendra néanmoins que ces moyens supplétifs ne sauraient compenser l’investissement d’enseignants-chercheurs titulaires, en termes de responsabilités pédagogiques (directions de diplômes), de responsabilités d’équipes et de programmes de recherche. Et tant que leur détachement perdure, il est impossible de recruter sur les supports d’emploi dont ils sont titulaires, l’université devant les réintégrer à tout moment dès lors qu’ils en expriment le souhait. (suite…)

Master MEEF : Tourmente sur les parcours EPS et la Licence STAPS Éducation et Motricité

Dans le contexte sanitaire actuel, les universités sont en souffrance. Je pense surtout aux étudiants, qui traversent « les plus belles années de leur vie » dans l’isolement et souvent la précarité. Le passage à l’université, qui devrait être un lieu de rencontre, d’échange, d’ouverture, est depuis un an confiné dans un distanciel qui lui fait perdre toute sa substance. On ne mesure sans doute pas encore les dégâts que cet épisode va engendrer dans cette génération. Deux années blanches dans un parcours de formation supérieure. Lors de mon dernier cours, pourtant explicitement dédié à la préparation des examens, seuls 96 étudiants se sont connectés, sur 700 inscrits… (suite…)

Master MEEF : L’année de transition va être difficile

J’ai déjà évoqué dans ce blog les dégâts qu’allait entraîner le report des concours de recrutement en seconde année de master : disparition de la formation professionnelle des futurs enseignants, précarisation des parcours des étudiants, incurie programmée de la formation à et par la recherche. Nous avons suffisamment alerté, depuis quelques années, sur les conséquences de cette réforme[1]. J’hésite encore, au vu des orientations décidées par le Ministère de l’Éducation Nationale, entre l’application délibérée d’une conception néolibérale de l’enseignement (qui devrait alors se traduire par une réduction drastique du nombre de postes ouverts aux concours), et une simple incapacité à penser la complexité et à anticiper les conséquences à court et long terme des décisions prises.

Je voudrais ici attirer l’attention sur le court terme, auquel sont d’ores et déjà confrontées les équipes pédagogiques des INSPE : l’année 2021-2022, qui marquera la transition entre les deux systèmes. (suite…)

Message à mes étudiants, qui veulent devenir enseignants

Lundi matin, trois jours après l’attentat qui a frappé Samuel Paty, je vais retrouver mes étudiants, qui se préparent assidûment au concours qui leur permettra de devenir enseignants d’EPS. J’imagine leur désarroi, les questions qu’ils doivent se poser, qui doivent aussi inquiéter leurs proches et leurs familles.

Je leur dirai sans doute que Samuel Paty n’est pas mort parce qu’il a exagéré, parce qu’il a joué avec le feu. Il a fait son travail d’enseignant, il est resté debout face aux exigences de son métier, il n’a pas évité les questions qui fâchent. Il a fait son travail, sans concession, mais avec retenue et bienveillance.

Nous parlerons des récupérations nauséabondes, populistes et islamophobes, qui surgissent chez certains éditorialistes et responsables politiques d’extrême droite, et qui ne font qu’exploiter l’émoi collectif pour promouvoir leurs propres délires identitaires.

Nous parlerons évidemment de la laïcité, qui ne saurait se résoudre dans le cadre scolaire à l’interdiction des signes extérieurs de croyance, ou à la neutralité des discours. Il s’agit plutôt de construire activement une indifférence aux différences, et notamment aux croyances religieuses. Ceci ne peut se résumer à des dispositions réglementaires ou à des discours raisonnables de morale républicaine, mais suppose un enseignement construit, un accompagnement bienveillant, mais aussi une posture intransigeante.

Je leur parlerai des missions de l’École, qui ne peuvent se limiter à l’enseignement des savoirs disciplinaires, neutres et rationnels, mais qui doivent envisager de préparer les élèves à comprendre la complexité des situations humaines et de la société dans laquelle ils vivent, et à s’y investir de manière positive. Pas uniquement parce que c’est suggéré par le Socle Commun de 2015, mais parce que les enseignants doivent être persuadés, au cœur de leur vocation, que c’est à ce niveau que doit se situer leur engagement.

Nous parlerons des « éducations à… »  (à la citoyenneté, à la santé, etc…), souvent fustigées car elles ressortent davantage du débat d’opinions que de la certitude des savoirs disciplinaires constitués, et qu’elles sont étrangères à la professionnalité des enseignants. Il s’agit d’un débat essentiel, qui doit interroger fortement l’École, sa structuration traditionnelle, et la manière dont elle forme et recrute ses personnels. La formation citoyenne ne saurait se limiter à « l’Enseignement Moral et Civique », et ne peser que sur les enseignants qui acceptent de l’assurer. C’est le problème de tous les enseignants, de toutes les disciplines, et plus largement de l’ensemble de la communauté éducative.

Nous parlerons évidemment plus spécifiquement de l’Éducation Physique et Sportive, particulièrement touchée par ces problématiques (refus de pratiquer certaines activités, problèmes liés à la tenue sportive, …). Je leur rappellerai sans doute l’importance de leur discipline, pour l’exercice du travail collectif, de la solidarité, du respect de l’autre. J’évoquerai les arguments qui considéraient que mettre l’EPS au service de la formation citoyenne constituait une régression sans précédent pour cette discipline. Je leur dirai sans doute que la formation de la personne et du citoyen ne saurait se limiter à l’exercice docile de « rôles sociaux », déconnectés de tout enjeu significatif. Je leur dirai sans doute aussi que limiter leurs missions au « développement des ressources » ou à l’enrichissement des « conduites motrices » me parait une posture singulièrement hors sol face aux enjeux sociétaux actuels.

Je ne sais pas si nous aborderons tout cela, car ces thématiques nous occupent déjà régulièrement durant nos séquences de travail. J’essaierai surtout de les rassurer, de leur dire qu’ils doivent être fiers du métier auxquels ils se destinent, et de continuer à s’y préparer avec ardeur, même s’ils ignorent encore combien de postes seront ouverts au recrutement cette année.

Quelles maquettes d’enseignement pour les futurs masters MEEF ?

A partir de la session 2022, les concours de recrutement seront repoussés en seconde année de master. Les équipes pédagogiques de ces diplômes doivent commencer à réfléchir à l’évolution des maquettes d’enseignement, qui devront être opérationnelles à la rentrée 2021.

Notons d’entrée que les propos qui suivent concernent avant tout le master MEEF EPS, préparant aux concours du CAPEPS et du CAFEP. Concours particulièrement sélectifs : en 2018, on compte par exemple pour le CAPEPS 5014 candidats inscrits, 4000 présents aux épreuves d’admissibilité, 1336 admissibles, et 630 admis. Il s’agit donc de concours qui ne manquent pas d’attractivité. Notons aussi que les candidats ont tous suivi préalablement un parcours préprofessionnel en Licence « STAPS-Éducation et Motricité », au cours duquel ils ont déjà réalisé des stages en établissements scolaires, et que la majorité des candidats (87%) sont issus directement des masters MEEF (53% étaient inscrits M1, 34% en M2). La moyenne générale des admis est de 12.6, et la moyenne du dernier admis de 10.4. Ces précisions sont importantes, car elles orientent sans doute les propos qui vont suivre. Je conçois que dans d’autres disciplines les problématiques puissent être différentes. (suite…)

2S2C : Derrière la belle histoire, la grande arnaque

Si le 2S2C n’est qu’un dispositif transitoire, destiné à accompagner le déconfinement dans les écoles, ce billet n’a pas de raison d’être. On ne peut qu’approuver un effort de la collectivité pour permettre aux enseignants de reprendre leur travail dans des conditions sanitaires décentes. Le message est bien présenté, pour tout dire bienveillant, avec des mots-clés bien choisis : « sport, santé, culture, civisme ». Un appel aux associations et aux bénévoles, aux solidarités locales, une approche « usagers », pragmatique, se détachant des pesanteurs administratives usuelles. Donc on ne peut que se féliciter de ce processus de solidarité, mis en place dans l’urgence, bricolé tant bien que mal sur le terrain, mais utile pour favoriser la reprise scolaire. Les UFR STAPS, contactés par les collectivités territoriales, ont d’ailleurs volontiers prêté main-forte au dispositif. Je tenais à dire cela d’entrée pour couper le pied à des interprétations biaisées de mes propos.

Dans ce contexte critique, il peut en effet apparaître complètement déplacé d’émettre une quelconque réserve. Mais l’enfer étant comme on le sait pavé de bonnes intentions, autant prendre un peu de hauteur. Est-on face à une démarche d’urgence ou à un dispositif pérenne ? La question mérite d’être posée. On se souvient que Jean-Michel Blanquer et Roxanna Maracineanu avaient déjà envisagé en février 2020, un dispositif « cours le matin, sport l’après-midi ». Par ailleurs, le 19 mai 2020, Jean-Michel Blanquer a affirmé devant les sénateurs réfléchir aux pistes pour l’école de demain et a évoqué une « nouvelle organisation du temps » avec « une place plus importante pour le sport et la culture ». Plus récemment, il a annoncé pour le futur une version allégée de l’École, avec une part plus importante de périscolaire. Sauf démenti officiel du ministère de l’Éducation Nationale, je n’aurais pas la naïveté de penser que le 2S2C n’était prévu que pour fonctionner quelques semaines. On ne crée pas un tel dispositif (conventionnement avec les fédérations, les communes, proposition de création d’un conseil local des sports) pour gérer l’urgence sur le court terme. (suite…)

CAPEPS: attractivité et démocratisation

On disserte beaucoup dans la presse, en ce début d’année sur la crise des vocations pour les métiers de l’enseignement (voir notamment l’article de Libération du 8 janvier). Dans le concert actuel des informations relatives à leurs retraites et à leurs rémunérations, on a du mal à être optimiste vis-à-vis du recrutement des générations futures d’enseignants. La réforme en cours du processus de recrutement ne risque pas d’arranger les choses.

La Figure 1 indique l’évolution du nombre des candidats au CAPES de mathématiques et au CAPEPS, de 2008 à 2019. Dans les deux cas, on note l’effet de la mise en œuvre de la réforme dite de mastérisation. Le fait que les carrières de l’enseignement, précédemment post-licence deviennent post-master, a déterminé en 2011-2013 une nette baisse du nombre de candidats. On peut noter cependant que si le CAPES de mathématiques peine à reconstituer ses cohortes de candidats, le CAPEPS a depuis retrouvé une attractivité satisfaisante.

Figure 1 : Evolution du nombre des candidats au CAPES de mathématiques et au CAPEPS, de 2008 à 2019. (suite…)

Bilan d’un long mandat à la tête de la C3D STAPS (2013-2019)

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Au moment où s’achève mon mandat de président de la C3D, il me semble utile de tracer un bilan des travaux réalisés. Utile pour ceux qui désirent ou désireront un jour comprendre cette période particulièrement effervescente pour les STAPS. Utile aussi pour ceux qui vont être amenés à assurer la poursuite des activités de la Conférence. Dans le feu roulant de l’actualité, on en vient à oublier les détails du cheminement. Ce texte n’est pas un Livre Blanc, mais un simple bilan de ce qui a été fait. Il est aussi ouvert sur l’avenir, et on pourra y puiser un zeste de perspectives, pour ceux qui souhaiteront les percevoir et s’engager dans la continuité.

Ce fut un long mandat, de juin 2013 à décembre 2019, qui a été marqué par des évolutions profondes au sein de la Conférence et surtout par un grand nombre de problématiques que nous avons dû prendre en considération. Je tiens à remercier tous ceux qui ont œuvré à mes côtés, et en particulier ceux qui se sont succédés au poste de secrétaire général de la Conférence : Laurent Bosquet, David Leroy, et Philippe Mathé. Tous trois ont accompli un travail remarquable, qui a permis l’organisation de rencontres de qualité, de tracer la mémoire de la C3D au travers de comptes rendus exemplaires de nos travaux. Ils ont tous placé la barre très haute, chacun obligeant son successeur à l’excellence. Je remercie aussi ceux qui ont accepté un temps d’être vice-présidents, Christine Le Scanff, Lionel Crognier, Arnaud Jaillet, Yannick Vanpoulle, Jean Saint-Martin et Aurélien Pichon. Un grand merci aux trésoriers : Xavier Devillard, Michèle Schwartz et Marie-Agnès Fargeas-Gluck, et à certains membres du CA particulièrement actifs : Hugues Rolan, Thierry Maquet et Pierre Bavazzano. Durant ces années, si j’ai pris personnellement en charge certains dossiers, j’ai surtout essayé d’animer ce groupe exceptionnel, de donner du sens à son engagement, de prioriser les axes essentiels, de motiver les uns et les autres à s’investir dans les chantiers qui correspondaient à leurs compétences. (suite…)

Vers une réduction des capacités d’accueil en Master MEEF EPS

Dans un billet récent, j’essayais de prévoir les scénarios envisageables suite aux annonces du Ministère de l’Education Nationale relatives au nombre (restreint) de contrats d’alternance proposés pour les étudiants de seconde année de master MEEF. Le premier scénario envisageait la coexistence, en seconde année de master, d’étudiants alternants, rémunérés et bénéficiant d’un stage en responsabilité, et d’étudiants ne pouvant qu’accéder à des stages d’observation. Je m’inquiétais alors des effets délétères de cette inégalité de traitement pour des étudiants préparant un concours national au sein d’un master universitaire. Le second était celui d’une réduction des capacités d’accueil en première année de master, afin de permettre à tous les étudiants accédant en master 2 de bénéficier de ces contrats d’alternance.

L’INSPE de Grenoble vient clairement de trancher en faveur du second scénario. D’une manière générale, les capacités d’accueil en M1 MEEF pour la prochaine rentrée sont revues légèrement à la baisse : « Elles ont été définies en accord avec le rectorat et les DSDEN, afin que l’INSPE et le rectorat soient en capacité de proposer des stages alternants en 1/3 temps en responsabilité pour les entrants en M2 MEEF à la rentrée 2020-2021 ».

Cette baisse des capacités d’accueil devrait être sans impact pour les mentions Professorat des Ecoles et Encadrement Educatif du fait du non remplissage de la capacité publiée les années précédentes. Pour la plupart des parcours de la mention second degré la réduction devrait être marginale, dans la mesure où les effectifs de ces parcours n’atteignent pas pour le moment les capacités de contrats d’alternance proposés par le rectorat.

Le problème se pose différemment pour le parcours MEEF EPS, au niveau duquel le nombre d’étudiants accédant en master 2 risque d’excéder largement le nombre de contrats d’alternants disponibles. Le Conseil de l’INSPE a donc pris la décision de réduire de manière significative les capacités d’accueil en Master 1, dès la rentrée prochaine. Le rectorat ne pourra garantir que 45 à 55 stages en alternance, quand par ailleurs 120 à 150 étudiants se présentent chaque année au CAPEPS, pour 30 à 35 lauréats. Le Conseil justifie cette décision en disant qu’il « a jugé irresponsable de continuer d’entrainer un tel nombre d’étudiants vers une poursuite d’étude ne débouchant pas sur l’insertion professionnelle visée ». (suite…)

Le CAPEPS en danger : une lettre ouverte de la Société Française d’Histoire du Sport

La réforme de la formation des enseignants fait actuellement l’objet de débats nourris. Parmi tous les problèmes évoqués, celui de la nature des épreuves des futurs concours inquiète fortement. Le formatage de tous les concours sur un modèle commun, s’il peut satisfaire des préoccupations technocratiques, fait fi des spécificités des disciplines et de leur culture propre. Je reproduis ci-dessous une lettre ouverte de la Société Française d’Histoire du Sport, qui s’inquiète à juste titre de la potentielle remise en cause de la première épreuve d’admissibilité du CAPEPS, qui visait à évaluer la capacité des candidats à développer une analyse socio-historique, philosophique et épistémologique, de leur discipline et du système éducatif. (suite…)

Master MEEF : les bonnes places risquent d’être chères…

Les ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur ont levé le voile sur l’organisation future des masters MEEF, après la mise en place du concours dans son nouveau format (en fin de M2). Ils prévoient notamment la mise en place d’un dispositif d’alternance en seconde année de master, les étudiants intervenant en responsabilité pour l’équivalent d’un tiers temps. Le document indique que la mise en place de ce stage en alternance « implique d’identifier dans les académies le vivier d’étudiants qui bénéficiera du dispositif et les berceaux d’accueil des futurs alternants ».

Les ministères se veulent rassurants : ils prévoient entre 10000 et 12000 alternants en seconde année de master MEEF. Dans la mesure où les M2 MEEF accueillent actuellement 24000 étudiants, dont seule la moitié provient du M1 MEEF, ils supposent que « l’équivalent de la population issue des masters 1 MEEF pourra être accueilli en stage alternant dans les établissements scolaires ».

C’est peut être plausible si l’on prend en compte l’ensemble des concours du second degré, mais cela a-t-il du sens pour les Master MEEF EPS ? Dans la mesure où les postes ouverts en EPS représentent un peu moins de 10% des postes ouverts aux concours du secondaire, on peut estimer qu’environ 1000 postes d’alternants pourraient être attribués à l’EPS au niveau national. Notons cependant qu’il y a cette année 2985 étudiants en master 1 MEEF EPS, sélectionnés sur un potentiel de 4671 étudiants de licence 3 EM, et qui risquent de passer en grande majorité en seconde année. Si l’on poursuit le raisonnement jusqu’au bout, ce n’est donc qu’un étudiant sur trois qui pourrait bénéficier en M2 d’un contrat d’alternance, les autres devant sans doute se contenter de stages d’observation, non rémunérés. Il reviendra aux universités, sur la base des résultats de M1, de désigner les heureux élus. (suite…)

L’UFR STAPS du Mans dans une situation intenable

L’UFR STAPS du Mans fait face depuis plusieurs années à des problèmes d’encadrement récurrents. C’est près de 1000 étudiants qui sont accueillis dans cet UFR, avec uniquement une vingtaine d’enseignants titulaires pour assurer les formations. L’ensemble des responsables a décidé de démissionner de ses fonctions administratives, et les étudiants ont engagé des actions pour faire connaître leurs difficultés. Les média se sont fait écho de cette situation.

Comme l’ensemble des STAPS de France, l’UFR du Mans a fait des efforts considérables ces dernières années pour accroître ses capacités d’accueil, afin de faire face à la demande croissante des lycéens. Si un certain nombre d’UFR STAPS ont bénéficié l’année dernière de créations de postes leur permettant d’accepter ces étudiants supplémentaires dans des conditions raisonnables, de nombreux centres de formation n’ont pu obtenir de création et ont dû se contenter de compensations en heures d’enseignement. Il est clair cependant que des heures complémentaires, assurées le plus souvent par des vacataires, ou par des enseignants déjà surchargés, ne peuvent remplacer l’apport de nouveaux enseignants titulaires, s’engageant sur le long terme dans les projets pédagogiques et des postes de responsabilités.

Nous savons les difficultés auxquelles sont confrontées les universités, engagées dans des plans de stabilité budgétaire, et tentant tant bien que mal de maîtriser leur masse salariale. Mais d’un autre côté les STAPS ne peuvent jouer le jeu de l’accueil massif des lycéens et d’un travail effectif sur leur réussite sans contreparties tangibles au niveau de leur potentiel d’encadrement. L’année dernière plus d’une centaine de postes d’enseignants ont été créés, à l’occasion de la première vague de ParcourSup, permettant l’ouverture de 3200 places supplémentaires en STAPS. Les rectorats et les universités ont accompagné tant bien que mal cet effort, même s’il a fallu dans quelques UFR STAPS afficher de manière véhémente des revendications légitimes (Nantes, Rennes, Brest, et Rouen notamment). Cette année les créations de poste sont plus rares, bien que de nombreux UFR aient accepté d’accroître encore leurs capacités d’accueil, et que l’amélioration de la réussite en Licence 1 génère des coûts plus importants en seconde année.

L’UFR STAPS du Mans réagit à une situation particulièrement intenable, et la C3D soutient complètement les revendications des enseignants et des étudiants. Mais de nombreux directeurs nous font remonter des problèmes similaires dans leurs universités, avec l’impression d’être lâchés au milieu du gué, après l’enthousiasme de la première année de ParcourSup.

Mise à jour du bilan de réussite de ParcourSup en STAPS

Comme nous l’avions annoncé précédemment, nous mettons à jour les résultats de notre bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. La première version de ce bilan a suscité des réactions diverses, entre les pourfendeurs de la réforme, qui espéraient sans doute que ParcourSup n’ait aucun effet sur la réussite des étudiants, et ses thuriféraires, qui pour des raisons tout autant idéologiques souhaitaient voir émerger des progrès spectaculaires. Désolés de sans doute décevoir les uns et les autres, nous fournissons des données les plus objectives possibles, en toute transparence.

Le bilan ici présenté correspond aux résultats 43 UFR et départements, représentant un total de 20523 étudiants inscrits en 2018-2019 (soit à peu près 81% des effectifs nationaux). Certains ont douté que les résultats de notre première enquête soient statistiquement significatifs, j’espère que l’objection tombera cette fois-ci…). Cette enquête porte sur les résultats définitifs de l’année, après rattrapage. On pourra comparer ces résultats avec ceux d’une autre enquête que nous avons publiée voici quelques mois, à l’issue du premier semestre. (suite…)