L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

STAPS

Admission Post-Bac : le bilan pour les STAPS

Nous venons d’avoir accès aux dernières données issues de la plate-forme Admission PostBac (APB), qui nous permettent de faire un bilan de la tension à l’entrée en première année de Licence. Si l’on centre l’analyse sur les parcours non sélectifs, c’est-à-dire la Licence STAPS « classique » (certains UFR proposent des parcours sélectifs, notamment pour la préparation aux écoles de kinésithérapie), les capacités d’accueil nationales (c’est-à-dire le nombre de places ouvertes sur APB) s’élève à 17476 places.

En regard, le nombre de vœux n°1 exprimés sur APB (c’est à dire les lycéens ayant placé en premier vœu une licence STAPS de leur académie) est de 27979. Ces candidatures se répartissent comme suit : 59.1% de baccalauréats généraux, 17.3% de baccalauréats technologiques, et 7.2% de baccalauréats professionnels. Les différences sexuées sont toujours marquantes : 74 % de garçons et 26% de filles… (suite…)

Des milliers d’étudiants STAPS supplémentaires sans un centime d’euros investis !

Au lendemain de l’annonce des résultats du BAC, les bacheliers devraient dans la globalité avoir une réponse favorable à leur voeu d’orientation dans l’enseignement supérieur, à une exception près : la filière STAPS. En effet, le système des candidatures groupées pour les filières universitaires en tension (droit, PACES, psychologie et STAPS) devait permettre d’accueillir, à l’issue des trois phases d’admission (prenant fin le 19 juillet 2016), les voeux 1 des candidats de l’académie. Les choix d’orientation concernant les STAPS sont une nouvelle fois en hausse et la filière STAPS demeure une formation où l’accueil reste en tension. Seuls 73,3 % des voeux 1 ont pu être satisfaits à ce stade, soit 9000 étudiant.e.s laissés sur le banc de touche.

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Inscriptions à l’université : tout va bien, rien à signaler…

Le discours officiel est clair : la plateforme Admission Post-Bac, suite à une série d’aménagements récents (vœux groupés, obligation de placer un vœu sur une licence « libre ») a permis de réduire la tension à l’entrée à l’université. Mais sur le terrain on ne voit guère poindre cette amélioration. Ainsi à l’UFR STAPS de Montpellier c’est plusieurs centaines de lycéens de l’académie, ayant positionné STAPS en vœu 1, qui vont se retrouver au bord du chemin au terme des tirages au sort. Quant aux candidats venant des autres académies, même pas la peine d’y penser… (suite…)

Signature de la convention STAPS-Pharmacie pour la prise en charge des maladies chroniques

La conférence des Doyens de Pharmacie, représentée par le Professeur Macha Woronoff-Lemsi, Présidente, et la C3D, représentée par le Professeur Paul Delamarche, Président honoraire, signent le 15 juin 2016 un accord de coopération universitaire dans le cadre du Programme National Nutrition Santé.

Cette convention va constituer un des piliers de la prévention de demain dans le cadre du parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques et de la promotion de l’activité physique comme facteur de santé, en lien avec le secteur médical, qui est déjà partenaire d’une convention de même nature entre les conférences de Doyens de Médecine et de Staps.

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STAPS/Kiné : La guerre des territoires

La nouvelle Loi de Modernisation de la Santé, en introduisant le principe de prescription médicale des Activités Physiques, a réactivé, au sujet des personnes atteintes de maladies chroniques, un vif débat autour de l’encadrement de l’activité physique pour les publics à besoins spécifiques et à des fins de santé. Alors que les professionnels de l’Activité Physique Adaptée ont démontré depuis la fin des années 90 leur expertise en la matière et ont co-construit avec les professionnels de santé des dispositifs qui s’intègrent dans le parcours de soins, deux groupes professionnels sont aujourd’hui entrés en concurrence en convoitant le marché ouvert par ces nouvelles perspectives. (suite…)

Liquidation du Département STAPS de l’UVSQ : On achève bien les chevaux…

A l’heure où les STAPS sont reconnues comme filière « sous tension », où tout le monde cherche des solutions pour cette masse de lycéens qui souhaitent rejoindre les métiers du sport, l’UVSQ planifie la fermeture de son Département STAPS. On sent que l’UVSQ a le service public chevillé au corps.

Depuis plusieurs années la fermeture de ce département a été délibérément organisée. L’université a systématiquement récupéré les supports budgétaires des postes libérés par les départs à la retraite et les mutations. Les initiatives du Département STAPS pour faire évoluer son offre de formation ont été muselées. Le directeur du Département a subi un isolement administratif que l’on qualifierait volontiers de harcèlement au travail. Il vient d’annoncer à ses étudiants qu’il ne pouvait poursuivre son investissement, pour raisons médicales. C’est une soixantaine d’étudiants de Licence qui se voient ainsi privés d’encadrement pour finir leur formation. (suite…)

Communiqué conjoint de la CDD-FSEG, de la CDDSP, de la CDUL et de la C3D STAPS sur la sélection en master

Les Conférences nationales de Directeurs d’UFR et Doyens soussignées entendent réaffirmer que la sélection en Master est une nécessité. Garante de la qualité des formations universitaires de deuxième cycle, elle constitue un enjeu majeur, non seulement pour la réputation nationale et internationale des universités françaises, mais aussi pour l’insertion professionnelle des diplômés, entièrement dépendante de la valeur de leurs diplômes.

Inévitablement, la suppression de toute sélection en Master entraînera : soit l’augmentation du taux d’échec au diplôme de Licence, devenu concours d’entrée, alors même que ce diplôme doit certifier les compétences acquises par les étudiants et non servir de moyen de sélection ; soit le report des difficultés et des échecs, désastreux pour les personnes, au niveau master. (suite…)

Tanguy va à l’université

Le Conseil d’Etat vient de déclarer illégale, dans l’état actuel des textes officiels, toute sélection en Master. Il enjoint le ministère d’éclaircir par décret le texte de 2002, qui reste muet à ce sujet. Vu les déclarations antérieures des autorités ministérielles, défavorables à toute sélection, il est à craindre que ce futur décret entérine le droit pour tout titulaire d’une Licence d’accèder à tout Master de son choix, et à tout titulaire d’un Master 1 de poursuivre en seconde année. Je rappelle à ce sujet que la conférence des Doyens de STAPS s’est clairement positionnée pour un palier de sélection à l’entrée du Master 1 (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2015/01/14/selection-en-master-la-position-de-la-conference-des-doyens-de-staps-c3d/). (suite…)

Des prépas privées pour entrer en STAPS…

La pression actuelle à l’entrée dans les UFR STAPS, les capacités d’accueil limitées, la possibilité de tirage au sort, génèrent des inquiétudes légitimes de la part des lycéens et de leurs parents. On pouvait s’attendre à ce que des officines privées ne tardent pas à exploiter ce filon.

L’Ecole des Métiers du Service, du Commerce et de l’Accueil, sise dans la région parisienne, vient d’ouvrir « un cursus de préparation aux études de la filière STAPS ». Il s’agit d’une formation de 9 mois destinée aux « étudiants qui souhaitent optimiser leurs chances de réussite dans leur future carrière de sportifs, encadrants ou professeurs de sport ». (suite…)

Nous qui pensions que l’Etudiant était un journal sérieux…

Dans son numéro de Juillet-Aout, le magazine l’Etudiant fait une annonce surprenante : « A de rares exceptions près, les inscriptions sont closes pour la filière STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), qui prépare avant tout au professorat d’éducation physique ».

Nous tenons à faire remarquer à ce journal que les inscriptions à l’université n’ayant pas commencé, elles ne peuvent être closes. Les STAPS ne sont pas une filière sélective, l’admission en leur sein se fait comme toutes les autres filières par PostBac, et si certaines UFR ont dû demander une limitation de leurs capacités d’accueil, beaucoup sont celles qui ouvrent encore largement leurs portes aux lycéens. (suite…)

7 janvier 2015

Dévastés. C’est ce que beaucoup ont éprouvé ce jour-là. Parce que les victimes nous avaient accompagnés pendant des années, parce qu’ils faisaient partie de nos vies, parce qu’ils nous avaient enseigné l’impertinence, le rire et la liberté. Parce qu’ils étaient les piliers d’une culture qui nous est chère. Comme si l’on avait assassiné ensemble Brassens, Brel et Ferré. Parce que nous avons ressenti cet acte barbare comme une injustice profonde, fusils contre crayons, brutalité contre innocence.

Au-delà des personnes, ce sont des principes qu’on a voulu détruire. Des principes auxquels la communauté universitaire est essentiellement attachée : la liberté de penser autrement, de critiquer, la confrontation des idées, le respect des différences. En tant qu’universitaires, en tant que chercheurs, nous avons à cœur d’avancer dans la voie de la connaissance, des idées neuves, dans le refus des dogmes et de la pensée fermée.

Nous sommes aussi des enseignants, et nous avons de ce fait une responsabilité forte dans la formation des acteurs de la société de demain. Surtout lorsque nous formons des enseignants et des éducateurs, qui seront eux-mêmes en charge de la jeunesse. Au-delà des savoirs scientifiques et des compétences professionnelles, derrière lesquels il est souvent confortable de se réfugier, l’université doit être porteuse de valeurs. On se pose beaucoup ces jours-ci la question de l’éducation à la citoyenneté dans les établissements scolaires. L’université n’est pas exonérée de cette responsabilité. D’aucuns pourraient considérer cette perspective comme une perte de temps, ou estimer qu’ils ne sont pas formés pour cela. La pédagogie universitaire est sans doute à réformer, et la formation citoyenne ne doit pas être occultée dans ce processus.

Maurice Portes nous a quitté

Je viens d’apprendre avec tristesse le décès de Maurice Portes. Il vient de rejoindre sa femme Mado qui nous avait quitté il y a peu de temps.

Maurice Portes a été mon collègue et mon ami pendant de longues années. Professeur d’Education Physique et Sportive, spécialiste de Hand-Ball, joueur et entraîneur de haut niveau, il a surtout été l’un des artisans de la construction des STAPS à l’université. Nous avons notamment mis en place tous deux la Maîtrise Education et Motricité à l’Université de Montpellier, au début des années 2000. Nous avons aussi organisé ensemble, et avec les collègues de l’académie de Montpellier, les Journées de l’AEEPS qui ont été un lieu de rendez-vous majeur pendant quelques années. (suite…)

A l ‘UVSQ, les formations STAPS servent de variable d’ajustement

Nous avons évoqué sur ce site voici quelques mois les incertitudes quant à l’avenir du Département STAPS de l’Université de Versailles – Saint Quentin en Yvelines. Rappelons notamment que le président de l’université a décidé de fermer le recrutement en première année de Licence STAPS pour la rentrée 2014 (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2014/06/20/la-disparition-programmee-du-departement-staps-de-versailles/, http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2013/11/30/le-departement-staps-de-versailles-en-danger/).

le Conseil de l’UFR des Sciences de la Santé, dont dépend le Département STAPS, a pourtant adopté le 26 juin 2014 le projet d’une Licence STAPS Activité Physique Adaptée – Santé, parfaitement justifiée dans cette UFR au vu des vœux APB, et de la politique de prévention santé actuellement développée. Or le Président de l’UVSQ a annoncé dans Educpros le 22 septembre 2014 que « d’ici à deux ans, il n’y a aura plus de STAPS à l’UVSQ… car il ne reste que deux enseignants titulaires…. ». (suite…)

La disparition programmée du Département STAPS de Versailles

Le département STAPS de l’université de Versailles n’accueillera aucun étudiant en Licence 1 à la rentrée prochaine. Cette fermeture de la Licence 1 est une étape dramatique dans un processus que nous avions déjà évoqué sur ce site (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2013/11/30/le-departement-staps-de-versailles-en-danger/). On sait depuis longtemps que l’UVSQ est en faillite. Malgré une aide conséquente apportée par l’Etat au cours du printemps, l’université a du mal à retrouver l’équilibre budgétaire et c’est le Département STAPS qui en fait les frais. Dans un premier temps le Président de l’université avait décidé une réduction de la capacité d’accueil de la première année de Licence. Cette fois la mesure est plus drastique, la première année de Licence STAPS est rayée de l’offre de formation. (suite…)

Sport-Santé et Certificats de Spécialisation : Le CREPS de Reims franchit la ligne rouge

Ce post est un peu long, mais instructif. Commençons par détailler le contexte.

Le Plan « Sport Santé Bien-Etre » est un dispositif visant à promouvoir la pratique d’activités physiques et sportives au sein de la population française. Au-delà de l’incitation à la pratique pour le plus grand nombre, le Plan comporte un volet visant à développer la pratique d’activités physiques et sportives pour les personnes atteintes de pathologies chroniques non transmissibles telles que les maladies métaboliques (le diabète, l’obésité), cardio-vasculaires, broncho-pulmonaires obstructives, etc.

Le ministère des Sports a récemment mis en place un Pôle Ressource National Sport-Santé, qui travaille sur la mise en œuvre de ce Plan. Les renseignements dont nous disposons indiquent que ce groupe de travail envisage de confier principalement la mise en œuvre de ces actions dirigées vers ces publics à besoins spécifiques à des titulaires du BPJEPS, dont la formation initiale serait complétée par des Certificats de Spécialisations (on a ainsi évoqué un CS « Encadrement des APS pour les porteurs de maladies chroniques non transmissibles », attribué au terme d’une formation d’environ 80h).

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Quelques réflexions sur la limitation des capacités d’accueil à l’université

L’Université, notamment dans le cadre de la gestion des premières années d’études supérieures, est confrontée à un ensemble d’exigences particulièrement contradictoires.

La première est souvent rappelée, comme balise incontournable : tous les bacheliers doivent pouvoir être accueillis dans la formation supérieure de leur choix. Principe généreux, inscrit dans la Loi, et dont le système universitaire français peut être fier.

La seconde nous ramène à un quotidien plus pragmatique : les composantes universitaires doivent fonctionner à budget constant. C’est-à-dire que le budget d’une UFR ou sa dotation en postes, ne sont pas liés au nombre d’étudiants qu’il accueille. Il faut faire avec les moyens que l’on a. Principe de réalité. (suite…)

Le Département STAPS de Versailles en danger

Le département STAPS de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines traverse une période difficile. Créé en 1999 au sein de l’UFR Sciences de la Santé, ce Département de taille modeste accueille 306 étudiants, dont 168 en première année. L’équipe statutaire se compose de 5 enseignants-chercheurs, d’un PAST et d’un enseignant de statut second degré, représentant un taux d’encadrement de 32%.

L’université de Versailles a décidé de geler trois de ces postes (suite à un départ à la retraite et de deux demandes de mutation). Dans cette perspective, le taux d’encadrement redescendrait à 15%, interdisant tout perspective d’habilitation ministérielle. L’université a également décidé de réduire la capacité d’accueil en première année à 60 étudiants, et 31 demandes de réorientation ont été rejetées sur demande de la présidence. (suite…)

Cadre National des Formations: le nouveau texte n’évoque pas l’inscription des parcours sur les diplômes

Une nouvelle version du Cadre National des Formations nous a été communiquée le 6 novembre. Ce texte ne fait pas mention de l’inscription sur le diplôme, sous forme de visa, du parcours suivi par l’étudiant, alors que cette disposition apparaissait dans la version précédente du texte. Cette absence a vivement inquiété la communauté des STAPS car elle risquait d’affecter gravement les perspectives d’employabilité des étudiants. Le Code du Sport de 2004 accorde aux licenciés STAPS des prérogatives d’intervention spécifiques, à condition que les intitulés des « filières » suivies apparaissent sur les diplômes (« Activité Physique Adaptée-Santé », « Education et Motricité », « Entraînement Sportif »). L’inscription de ces parcours sur les diplômes est une solution qui a priori doit permettre de pallier la suppression des 5 spécialités nationales.

Jean-Michel Jollion a eu la courtoisie de nous contacter  pour nous rassurer sur le principe d’inscription des parcours sur les diplômes. Ce principe est acté et son absence dans le texte soumis à concertation n’est liée qu’à un problème de hiérarchie des textes règlementaires. Dont acte. Notre réaction a été à la mesure de l’enjeu pour notre système de formation.

Capacités d’accueil : un tirage au sort à l’entrée à l’Université ?

Les médias se sont fait l’écho en cette rentrée de l’émoi déclenché par l’instauration d’un tirage au sort à l’entrée en première année de Licence dans certains UFR STAPS (voir notamment http://m.poitou-charentes.france3.fr/2013/07/10/polemique-les-lyceens-candidats-aux-staps-de-poitiers-dependants-d-un-tirage-au-sort-285795.html . On a même été jusqu’à affirmer que le recours au tirage au sort venait du refus des universités d’analyser les dossiers des candidats.

Revenons aux faits. Tout d’abord ce ne sont pas les universités qui opèrent ce tirage au sort, mais l’application PostBac. Deuxièmement, ce tirage au sort relève simplement de l’application de la Loi, le Code de l’Education prévoyant que si le nombre de candidatures excède le nombre de places disponibles, seul un tirage au sort peut permettre de sélectionner les étudiants parmi les candidats éligibles. C’est en effet la moins mauvaise solution, si l’on veut respecter le principe d’égalité face  à l’accès à l’université des bacheliers. (suite…)