L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

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A l ‘UVSQ, les formations STAPS servent de variable d’ajustement

Nous avons évoqué sur ce site voici quelques mois les incertitudes quant à l’avenir du Département STAPS de l’Université de Versailles – Saint Quentin en Yvelines. Rappelons notamment que le président de l’université a décidé de fermer le recrutement en première année de Licence STAPS pour la rentrée 2014 (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2014/06/20/la-disparition-programmee-du-departement-staps-de-versailles/, http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2013/11/30/le-departement-staps-de-versailles-en-danger/).

le Conseil de l’UFR des Sciences de la Santé, dont dépend le Département STAPS, a pourtant adopté le 26 juin 2014 le projet d’une Licence STAPS Activité Physique Adaptée – Santé, parfaitement justifiée dans cette UFR au vu des vœux APB, et de la politique de prévention santé actuellement développée. Or le Président de l’UVSQ a annoncé dans Educpros le 22 septembre 2014 que « d’ici à deux ans, il n’y a aura plus de STAPS à l’UVSQ… car il ne reste que deux enseignants titulaires…. ». (suite…)

Les conférences de doyens et directeurs d’UFR s’expriment sur les nouvelles architectures universitaires

Après l’adoption de la loi de juillet 2013, tous les établissements d’enseignement supérieur se trouvent précipités dans une recomposition territoriale initiée par le « pacte recherche » (2005) et la loi LRU (2007).

Des décisions importantes visant à des fusions ou à l’ajout d’une strate supplémentaire de « communauté » entre plusieurs établissements sont censées être prises avant le 23 juillet 2014.

Dans les nouvelles architectures qui émergent, trois évolutions majeures se dégagent :

1. Une remise en cause du lien Formation/Recherche par l’affaiblissement du rôle des UFR.

2. Un découplage entre les licences et les masters, les premiers restants au niveau de l’université, les seconds fortement impliqués voire mutualisés dans les nouveaux regroupements de type COMUE.

3. Une structuration de la recherche présentée en agrégats de mots-clefs (énergie, humanités, environnement, nouvelles technologies,…). Ces termes supposés plus concrets pour les décideurs politiques et économiques (qui pourraient donc davantage contribuer aux budgets universitaires) tendent à effacer la cohérence des corpus disciplinaires et des règles spécifiques qui en établissent la légitimité scientifique. (suite…)

La disparition programmée du Département STAPS de Versailles

Le département STAPS de l’université de Versailles n’accueillera aucun étudiant en Licence 1 à la rentrée prochaine. Cette fermeture de la Licence 1 est une étape dramatique dans un processus que nous avions déjà évoqué sur ce site (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2013/11/30/le-departement-staps-de-versailles-en-danger/). On sait depuis longtemps que l’UVSQ est en faillite. Malgré une aide conséquente apportée par l’Etat au cours du printemps, l’université a du mal à retrouver l’équilibre budgétaire et c’est le Département STAPS qui en fait les frais. Dans un premier temps le Président de l’université avait décidé une réduction de la capacité d’accueil de la première année de Licence. Cette fois la mesure est plus drastique, la première année de Licence STAPS est rayée de l’offre de formation. (suite…)

Masters Enseignement : Les reçus-collés, suite…

Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2013/02/16/masters-enseignement-quid-des-recus-colles/), mais la mise en place concrète des nouvelles maquettes des ESPE rend cette actualité brûlante pour les étudiants.

Le master enseignement a été construit pour préparer les étudiants au concours en M1, et pour les former au métier en M2. Et on peut ajouter: pour que l’ensemble les mène à un niveau Master, en termes de formation à et par la recherche. Cet aspect a été le plus souvent repoussé en M2, la préparation au concours occupant logiquement de manière exhaustive l’année de M1. (suite…)

Sport-Santé et Certificats de Spécialisation : Le CREPS de Reims franchit la ligne rouge

Ce post est un peu long, mais instructif. Commençons par détailler le contexte.

Le Plan « Sport Santé Bien-Etre » est un dispositif visant à promouvoir la pratique d’activités physiques et sportives au sein de la population française. Au-delà de l’incitation à la pratique pour le plus grand nombre, le Plan comporte un volet visant à développer la pratique d’activités physiques et sportives pour les personnes atteintes de pathologies chroniques non transmissibles telles que les maladies métaboliques (le diabète, l’obésité), cardio-vasculaires, broncho-pulmonaires obstructives, etc.

Le ministère des Sports a récemment mis en place un Pôle Ressource National Sport-Santé, qui travaille sur la mise en œuvre de ce Plan. Les renseignements dont nous disposons indiquent que ce groupe de travail envisage de confier principalement la mise en œuvre de ces actions dirigées vers ces publics à besoins spécifiques à des titulaires du BPJEPS, dont la formation initiale serait complétée par des Certificats de Spécialisations (on a ainsi évoqué un CS « Encadrement des APS pour les porteurs de maladies chroniques non transmissibles », attribué au terme d’une formation d’environ 80h).

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Pour un enseignement des valeurs à l’université

L’université a longtemps été conçue comme ce lieu exceptionnel, à la fois producteur et diffuseur de savoir. On peut ajouter que sa mission ne se destinait qu’à un public restreint, sélectionné par l’enseignement secondaire.

Deux évolutions récentes ont sensiblement changé la donne. C’est déjà la massification de l’université : avec plus de 80% de bacheliers, c’est maintenant à la masse de la population que l’université doit s’adresser. Ensuite, c’est une exigence marquée vers la professionnalisation et l’insertion professionnelle. Finie la diffusion désintéressée du savoir, les connaissances doivent servir la professionnalité et viser l’insertion future des diplômés sur le marché du travail. (suite…)

Quelques réflexions sur la limitation des capacités d’accueil à l’université

L’Université, notamment dans le cadre de la gestion des premières années d’études supérieures, est confrontée à un ensemble d’exigences particulièrement contradictoires.

La première est souvent rappelée, comme balise incontournable : tous les bacheliers doivent pouvoir être accueillis dans la formation supérieure de leur choix. Principe généreux, inscrit dans la Loi, et dont le système universitaire français peut être fier.

La seconde nous ramène à un quotidien plus pragmatique : les composantes universitaires doivent fonctionner à budget constant. C’est-à-dire que le budget d’une UFR ou sa dotation en postes, ne sont pas liés au nombre d’étudiants qu’il accueille. Il faut faire avec les moyens que l’on a. Principe de réalité. (suite…)

Le Département STAPS de Versailles en danger

Le département STAPS de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines traverse une période difficile. Créé en 1999 au sein de l’UFR Sciences de la Santé, ce Département de taille modeste accueille 306 étudiants, dont 168 en première année. L’équipe statutaire se compose de 5 enseignants-chercheurs, d’un PAST et d’un enseignant de statut second degré, représentant un taux d’encadrement de 32%.

L’université de Versailles a décidé de geler trois de ces postes (suite à un départ à la retraite et de deux demandes de mutation). Dans cette perspective, le taux d’encadrement redescendrait à 15%, interdisant tout perspective d’habilitation ministérielle. L’université a également décidé de réduire la capacité d’accueil en première année à 60 étudiants, et 31 demandes de réorientation ont été rejetées sur demande de la présidence. (suite…)

Cadre National des Formations: le nouveau texte n’évoque pas l’inscription des parcours sur les diplômes

Une nouvelle version du Cadre National des Formations nous a été communiquée le 6 novembre. Ce texte ne fait pas mention de l’inscription sur le diplôme, sous forme de visa, du parcours suivi par l’étudiant, alors que cette disposition apparaissait dans la version précédente du texte. Cette absence a vivement inquiété la communauté des STAPS car elle risquait d’affecter gravement les perspectives d’employabilité des étudiants. Le Code du Sport de 2004 accorde aux licenciés STAPS des prérogatives d’intervention spécifiques, à condition que les intitulés des « filières » suivies apparaissent sur les diplômes (« Activité Physique Adaptée-Santé », « Education et Motricité », « Entraînement Sportif »). L’inscription de ces parcours sur les diplômes est une solution qui a priori doit permettre de pallier la suppression des 5 spécialités nationales.

Jean-Michel Jollion a eu la courtoisie de nous contacter  pour nous rassurer sur le principe d’inscription des parcours sur les diplômes. Ce principe est acté et son absence dans le texte soumis à concertation n’est liée qu’à un problème de hiérarchie des textes règlementaires. Dont acte. Notre réaction a été à la mesure de l’enjeu pour notre système de formation.

Capacités d’accueil : un tirage au sort à l’entrée à l’Université ?

Les médias se sont fait l’écho en cette rentrée de l’émoi déclenché par l’instauration d’un tirage au sort à l’entrée en première année de Licence dans certains UFR STAPS (voir notamment http://m.poitou-charentes.france3.fr/2013/07/10/polemique-les-lyceens-candidats-aux-staps-de-poitiers-dependants-d-un-tirage-au-sort-285795.html . On a même été jusqu’à affirmer que le recours au tirage au sort venait du refus des universités d’analyser les dossiers des candidats.

Revenons aux faits. Tout d’abord ce ne sont pas les universités qui opèrent ce tirage au sort, mais l’application PostBac. Deuxièmement, ce tirage au sort relève simplement de l’application de la Loi, le Code de l’Education prévoyant que si le nombre de candidatures excède le nombre de places disponibles, seul un tirage au sort peut permettre de sélectionner les étudiants parmi les candidats éligibles. C’est en effet la moins mauvaise solution, si l’on veut respecter le principe d’égalité face  à l’accès à l’université des bacheliers. (suite…)

Courrier de la C3D STAPS, du CNU 74 et de l’ANESTAPS sur la nomenclature des diplômes

Nous avons pris connaissance des dernières propositions des comités de suivi Licence et Master relatives aux différentes mentions de diplômes. Sur la base de ces propositions, nous souhaitons par ce courrier conjoint de la Conférence des Directeurs STAPS (C3D), de la 74ème section du CNU et de l’Association Nationale des Etudiants (ANESTAPS), réaffirmer collectivement notre attachement et notre vigilance à l’égard des points suivants, déterminants pour la lisibilité des diplômes STAPS sur le marché de l’emploi et pour l’insertion professionnelle des étudiants inscrits dans nos formations. (suite…)

Entrée à l’université: le chemin de croix

3273 candidats pour la Licence 1 sur Admission PostBac, dont plus d’un millier en premier choix. 53% en provenance d’autres académies. Auxquels on doit ajouter une bonne centaine de demandes de réorientation, une cinquantaine de demandes de sportifs de haut-niveau, quelques dizaines de dossiers Campus France et des demandes de reprise d’étude. L’UFR STAPS de Montpellier fait montre d’une belle attractivité.

Mais nous ne pouvons offrir plus de 650 places en première année de Licence, suite ou plutôt grâce à l’octroi par le Rectorat d’une limitation de nos capacités d’accueil. Cette limitation a été rendue nécessaire pour garantir la sécurité des étudiants. Et je ne parle pas des 1400 demandes de transfert de dossier universitaire en L2, L3 et M1, que nous ne pourrons satisfaire qu’au compte-goutte. (suite…)

Exit la qualification aux fonctions d’enseignant-chercheur?

Je pensais qu’il était temps que l’année finisse. Des mois à se bagarrer pour le montage improvisé des ESPE et des masters enseignements, puis les nomenclatures des diplômes et la disparition des spécialités, le tout sur un fond de dossiers AERES, formation et recherche. Dure saison.

La dernière couche est donc la disparition de la qualification. En d’autres termes, la fin de toute référence nationale, la ruine des efforts des CNU pour maintenir et élever le niveau des enseignants-chercheurs, la porte ouverte aux mandarinats, aux recrutements de complaisance, aux thèses arrangées. Étonnant à l’heure où l’on veut élever le niveau des universités, leur permettre de concurrencer les meilleurs établissements internationaux, et permettre à 50% de la population d’accéder au niveau Licence.

S’il y a une logique derrière tout cela, je dois dire que j’ai quelque difficulté à la percevoir.

Position de la C3D STAPS sur la Nomenclature des Diplômes

La C3D, en accord avec les positions publiées par l’ANESTAPS et le SNEP,  demande la transformation de ses cinq spécialités actuelles en mentions:

1.  STAPS – Activité Physique Adaptée et Santé
2.  STAPS – Education et Motricité
3.  STAPS – Entraînement Sportif
4.  STAPS – Management du Sport
5.  STAPS – Ergonomie du Sport et Performance Motrice

Cette demande est justifiée par l’effort réalisé par la C3D ces dernières années pour simplifier et homogénéiser son offre de formation au niveau national, et pour permettre la lisibilité de ses diplômes.

La C3D donne mandat à son Président d’engager les discussions en fonction des propositions qui seront faites par la DGESIP, en conservant comme ligne rouge le maintien des prérogatives d’emploi pour les métiers à exercice règlementé.

 

Motion adoptée en séance plénière à Montpellier le 13 juin 2013

Masters Enseignement : le piège de la « maquette unique »

La note du 10 avril relative aux mentions du master MEEF fait naître quelques inquiétudes sur la conception des futures maquettes de formation. On y lit notamment que « s’agissant des sites pluridisciplinaires, la recherche d’une communauté de vue, dont le projet soumis à accréditation sera le vecteur, doit pouvoir se matérialiser au niveau académique par la proposition d’une offre de formation cohérente et largement partagée au sein de chacune des 3 mentions MEEF visant les métiers de l’enseignement de l’éducation nationale » (i.e., « premier degré », « second degré », et « encadrement éducatif »). Il est dit par ailleurs qu’ « une seule maquette doit être mise en œuvre par les équipes pédagogiques, qui intégreront les enseignants des universités, de l’ESPE et des professionnels intervenant dans le champ scolaire ».

Toujours cette quête infernale d’homogénéisation et de simplification. Un master enseignement qui quelle que soit la discipline proposerait une maquette identique sur tout le territoire, gage d’une formation équivalente pour tous les enseignants du pays. (suite…)

Elsevier: le Diktat

Comme tous les trois ans, notre bibliothèque inter-universitaire renégocie son contrat avec Elsevier, son principal pourvoyeur de revues en ligne. Surprise du Chef : notre abonnement passerait de 500.000 euros à plus de 2 millions d’euros! Nous ne sommes pas les seuls évidemment à subir ce chantage. Comment à l’heure actuelle se passer des revues prestigieuses contrôlées par cet éditeur ?

Mais quand on sait qu’Elsevier publie les résultats de nos travaux, conduits grâce à nos financements, que le processus d’expertise est réalisé par les chercheurs eux-mêmes, de manière bénévole, que les auteurs abandonnent leur droits après publication, que les revues, maintenant électroniques, doivent revenir bien moins cher que les publications papier, on ressent un certain malaise. (suite…)

Intitulés des diplômes nationaux de master

Le projet de nomenclature des intitulés de diplôme national de master fait des propositions assez étonnantes. Evidemment, je me suis principalement intéressé au sort réservé aux STAPS. La proposition est claire : un seul intitulé « STAPS » (c’est la seule discipline à laquelle ce sort est réservé), en d’autres termes un diplôme indifférencié où rien n’apparaîtra des spécificités de la formation suivie par l’étudiant, hormis sur l’annexe descriptive.

Quand on sait que les spécialités actuelles des masters STAPS renvoient à des domaines aussi variés que l’entraînement sportif, la réhabilitation des maladies chroniques, le management des entreprises de tourisme sportif, ou l’ergonomie des matériaux sportifs, on peut légitimement se demander si c’est une bonne idée. (suite…)

La disparition des spécialités : un coup dur pour l’insertion professionnelle

La suppression des spécialités, en Licence et en Master, répond à un souci de simplification de l’offre de formation. Elle entraîne cependant des effets pervers, notamment lorsque les diplômes préparent à des professions à cadre réglementé, ce qui est justement le cas pour la plupart des spécialités de Licence STAPS.

La Conférence des Directeurs d’UFR STAPS a réalisé ces dernières années un lourd travail de structuration de l’offre de formation, ne retenant que cinq spécialités de Licence STAPS : (1) Activité Physique Adaptée et Santé, (2) Education et Motricité, (3) Entraînement Sportif, (4) Management du Sport, et (5) Ergonomie du Sport et Performance Motrice. Chacune de ces spécialités a fait l’objet en 2006 du dépôt d’une fiche RNCP, décrivant les compétences acquises par les titulaires des diplômes correspondants. (suite…)

Masters Enseignement : Quid des reçus-collés ?

Le positionnement du concours de recrutement en M1 va poser un problème inédit : une masse d’étudiants admis à la première année de master, mais ayant échoué au concours. Jusqu’à présent beaucoup de candidats ayant obtenu le M2 et ayant échoué au concours pouvaient tenter leur chance une seconde fois dans le cadre de DU ou de préparations aux concours organisées par les universités. L’accessibilité actuelle des concours a permis à beaucoup d’entre eux de transformer l’essai. Mais avec un concours en M1, ce sont des cohortes d’étudiants qui risquent de frapper à la porte des M2 sans pouvoir bénéficier du dispositif d’alternance, ni guère de chance de décrocher le concours, dans la mesure où cela ne sera pas la finalité de la seconde année du master. (suite…)

Le Master Mention MEEF : encore une fausse bonne idée…

La volonté du Ministère de regrouper les masters enseignements dans une mention commune « Métiers de L’Enseignement, de l’Education et de la Formation » (MEEF) semble a priori intéressante. On imagine sans peine le montage initialement prévu : la mention concerne tous les métiers de l’enseignement, et regroupe des spécialités disciplinaires (Mathématiques, Physique-Chimie, Lettres, l’Education Physique et Sportive, etc.). Un tronc commun portant sur des contenus transversaux, pédagogie, sciences de l’éducation, psychologie de l’enfant, etc., et des enseignements de spécialité centrés sur la maîtrise de la discipline enseignée. Jusque là, tout va bien. (suite…)