La seule et unique revendication doit être la création de postes

J’ai vu cette tribune intitulée « Réguler le recours au travail précaire dans l’ESR ». Pour ma part, même si évidemment j’apprécie l’effort pour s’attaquer au problème de la précarité, ce texte n’est pas la réponse et crée plus de problèmes qu’il n’en résout. C’est ce qui arrive quand des personnes décident enfin de s’attaquer à un problème auquel d’autres se consacrent depuis des années, souvent avec trop peu de succès par manque de soutien (des titulaires d’ailleurs) et de mobilisation (parce que par définition, quand on est précaire, se mobiliser est proche de l’impossible et les titulaires ne se mobilisent finalement que quand les problèmes finissent par les toucher).

 

Cela fait des années que les collectifs de précaires / associations académiques prônent la création de postes : c’est le cœur de toutes les batailles. Celle pour laquelle il faudrait que TOUTE la communauté se mobilise, titulaires, vacataires, personnels administratifs fonctionnaires et contractuels et étudiants (ça me dépasse qu’on ne mobilise jamais les étudiants avec nous alors que ce sont eux qui paient les pots cassés d’une politique néo-libérale à l’université). S’attaquer aux vacations, c’est prendre le risque de voir se durcir l’accès à ces vacations, qui sont certes une catastrophe, mais dont nous sommes nombreux à dépendre en l’état actuel du « jeu » académique, tant pour améliorer son cv (au mieux), arrondir les fins de mois, ou même survivre (au pire). Je suis passée par toutes les phases de la précarité (sincèrement, toutes les phases) et j’ai lutté certaines années pour faire des vacations et j’ai dû tricher pour y arriver (allez-y pour faire des vacations au RSA !). C’est un stress supplémentaire inutile (qui dure, parce que souvent on commence les cours avant d’avoir signé les contrats, donc sans savoir si notre « triche » va passer et si on sera payé).

 

Pour ma part, je ne m’associerai pas à un texte qui prend le problème à l’envers et part des vacations et réclame de « réguler le recours à l’emploi vacataire en ne le déviant pas de son sens originel : l’emploi vacataire doit être limité à des besoins ponctuels« . Ce cadrage est dangereux. Oui, il y a un véritable abus des vacations, c’est certain. Mais pour les vacataires, c’est un pis-aller nécessaire en l’état des choses. Pour y mettre fin, la seule et unique revendication doit être la création de postes, nécessaire étant donné les besoins (ce n’est pas un caprice de notre part). C’est la seule et unique façon de changer les règles du « jeu » et de revenir effectivement aux vacations telles que pensées « originellement ». Autrement, il se passera ce qu’il s’est passé en 2011 ou 2012, les règles pour faire des vacations vont se durcir, et laisser encore plus sur le carreau ceux qui n’ont pas les moyens et les soutiens dans les universités pour contourner les règles. Ce sera alors un peu plus la jungle, une sélection par le réseau et la débrouille plutôt que par les compétences (« oh lui / elle, il / elle a tenu le coup et a fait des vacations malgré les conditions impossibles pour en faire pendant des années ! C’est la preuve qu’il / elle en veut ! Il faut lui donner un poste ». Et encore, c’est le scénario « conte de fées » car 1) on le sait, les vacataires arrangent bien les universités ; 2) la sélection commence de plus en plus tôt : le top, c’est d’être ATER et de publier tout en écrivant son manuscrit de thèse désormais. Tant pis si ça veut dire dormir 5 heures par nuit pendant des années, sans jamais prendre de vacances. Mais justement, les vacations sont alors utiles pour avoir cette expérience d’enseignement requise pour la qualification quand on n’a pas obtenu de postes d’ATER ni de contrat doctoral (d’ailleurs, c’est souvent les mêmes qui ont les contrats doctoraux puis les postes d’ATER) ! Postes d’ATER qui se multiplient aussi depuis des années d’ailleurs (dans ma section, l’année dernière et cette année, il y avait (au moins) le double de postes d’ATER mis au concours que de postes MCF !!! Et pourtant, il y avait encore largement de quoi occuper des vacataires !).

 

Demander de limiter les vacations aux besoins ponctuels, commencer votre texte par-là, c’est une méconnaissance de la précarité académique et des rouages de ce qui a été lentement mis en place depuis 2003, et sincèrement, ça me rend furieuse.

 

Ce que je vois aussi – et c’est la raison pour laquelle je ne me mobilise plus – depuis des années que je suis dans ce « jeu », c’est que régulièrement, le monde universitaire se mobilise pour lutter contre la précarité. Evidemment, on n’est pas tous concernés en même temps et on n’est pas tous disponibles pour se mobiliser en même temps. En 2016 et 2017, il y a eu un vrai effort de mobilisation, dans le cadre de la contestation de la loi de travail notamment. On s’était vraiment organisé du côté des précaires, mais on n’a reçu que des soutiens de principe de la part des titulaires… qui ont attendu 2019 pour se mobiliser, quand la LPR a pointé son nez et a menacé leurs conditions d’emploi. Alors là, tout d’un coup, les candidats aux carrières académiques et leur précarité étaient un argument mobilisé à tout-va. Alors qu’on l’avait dit, d’ailleurs dès 2007, que c’était vers cela qu’on se dirigeait et qu’il fallait bloquer ça dès maintenant. Que dis-je, même en 2003, on en parlait déjà !

 

Moi sincèrement, je fatigue et j’en ai marre de me sentir abandonnée puis utilisée par les titulaires : je n’ai pas de poste, j’ai trop de travail pour mettre mon CV à niveau de ce qui est désormais attendu. Je me suis mobilisée des années, mis à part me mettre en retard dans mes recherches, ça n’a servi à rien. Alors je suis passablement énervée quand je vois des titulaires débarquer quand ça les arrange, pour lutter contre la précarité des années après la bataille, sans tenir compte de ce qui a été fait avant eux, en partant de zéro et en lançant un appel sur des listes académiques, plutôt que de prendre contact avec ceux qui ont dépensé leur temps et leur énergie à s’organiser, qui ont patiemment collecter les informations, les données, qui se sont renseignés, ont mené des enquêtes, ont pris des contacts, et dont les appels à l’époque sont restés trop souvent sans écho. Vous étiez où en 2011 ? En 2016 ? En 2019 ?

 

Donc merci pour l’initiative, mais non merci. Je signerai un texte qui appelle à la création de postes pérennes (pas d’ATER, pas contractuels : l’ATERat devrait sauter (c’est un niveau de compétition (inégale) supplémentaire inutile à vrai dire, étant donné que les besoins d’enseignants existent) et tous les doctorants devraient enseigner, ça devrait être dans leur contrat. Il faut plus de contrats doctoraux d’ailleurs aussi, pour justement avoir le personnel enseignant à ce niveau tout en permettant aux doctorants de mener leurs recherches dans des conditions dignes (c’est le point de départ de la précarité dans l’ESR en fait)) et dénonce le recours aux vacations pour pallier le manque de personnel, uniquement dans ce sens-là. Je ne signerai pas un texte qui rappelle que les vacations sont pour des besoins ponctuels et risque de me compliquer la vie pour faire des vacations, dont j’ai (eu) besoin pour (vivre et) rester impliquée dans l’enseignement, ce qui est attendu de moi pour être qualifiée et recrutée.

 

 » Une discussion au sein des collectifs de travail (laboratoires, UFR, départements) doit en tout cas être menée de toute urgence pour agir« … Mais ça fait 18 ans qu’elle doit être menée de toute urgence ! Et la discussion a été menée en fait, encore et encore. Ça a même conduit à des mobilisations importantes, mentionnées précédemment. Mais chaque mobilisation rencontre un peu moins de succès que la précédente. Il est temps de revoir les formes de mobilisation, parce que se mobiliser pour rien, c’est s’enfoncer un peu plus dans la dépression, et ce n’est pas une solution, surtout quand on est précaire et/ou non-titulaire et que toute notre énergie passe à faire ce qu’il faut – au regard des critères actuels – pour obtenir ce qui reste le poste de nos rêves !

 

Une-candidate-MCF-qui-voudrait-juste-un-poste-et-pouvoir-enfin-dormir

 

PS : ce qui est dingue, c’est le niveau de compétition pour les quelques postes (d’ATER, de MCF) qui existent alors qu’en termes de travail, il y a de quoi occuper beaucoup de monde ! Je me suis toujours demandé ce qui coûterait le plus cher à l’Etat : des doctorants et docteurs à Pôle emploi qui ne paient pas d’impôts ou des MCF qui paient des impôts ? Question sincère, s’il y a des économistes qui m’ont lue jusqu’ici, j’aimerais vraiment le savoir !

 

Source de l’image : http://blog.educpros.fr/guillaume-miquelard-et-paul-francois/2015/11/10/evolution-des-effectifs-a-luniversite-personnels-et-etudiants/

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Réguler le recours au travail précaire dans l’ESR

– Le cas des fonctions d’enseignement et de recherche-

Les vacations et le travail gratuit dans l’enseignement supérieur et la recherche conduisent à masquer le manque structurel d’emplois titulaires d’enseignants-chercheurs. Il est nécessaire de revenir à des pratiques plus vertueuses en matière d’emploi.

La vacation : uniquement pour des besoins ponctuels.

Abolir la précarité dans l’Enseignement supérieur et la recherche ? On peut peut-être le souhaiter. Mais on nous objectera que cela est impossible car le recours à des personnels précaires « permet aux établissements d’ajuster de manière optimale leur besoin en personnel, qui ne peut être satisfait par le seul recours aux enseignants-chercheurs titulaires et aux enseignants non-permanents ». (Questions Assemblée nationale – Réponse publiée au JO le : 01/12/2020 –
https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-32536QE.htm )Le problème ne vient pas d’un recours aux vacataires mais d’un recours systématique à ces dernier.e.s, sur des tâches d’enseignement – le cas de l’intervention de professionnels extérieurs dont l’enseignement n’est pas le métier est différent. On constate alors que la vacation dans l’enseignement supérieur tend à remplacer l’emploi pérenne. Or, cet usage est expressément contraire aux textes qui régulent le travail dans les universités : les vacations dans l’enseignement supérieur « correspondent à un besoin ponctuel de l’établissement pour faire face à la charge d’enseignement » (Questions Assemblée nationale – Réponse publiée au JO le : 01/12/2020 –
https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-32536QE.htm )A la place d’un emploi ponctuel, nous assistons au développement de l’emploi vacataire et au gel des recrutements des enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses statutaires, de manière concomitante. Y a-t-il un lien délibéré entre les deux ?
Les textes précisent que « les conditions d’emploi et de rémunération des chargés d’enseignement vacataires (CEV) et des agents temporaires vacataires (ATV) feront l’objet d’un examen avec les organisations syndicales, les représentants des employeurs et les associations représentant les jeunes chercheurs et les candidats aux métiers de l’enseignement supérieur ». (Questions Assemblée nationale – Réponse publiée au JO le : 01/12/2020 – https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-32536QE.htm )
Ces discussions doivent impérativement réguler le recours à l’emploi vacataire en ne le déviant pas de son sens originel: l’emploi vacataire doit être limité à des besoins ponctuels.Une nécessaire régulation du travail gratuit

En l’absence de volonté gouvernementale, les personnels ne sont pas entièrement démunis. Ils peuvent aider à stopper le recours au travail gratuit. Ils le peuvent notamment, en suivant ce Vade mecum de bonnes pratiques contre le travail gratuit non rémunéré des chercheurs sans postes :
– ne pas inviter une personne sans poste à un colloque ou un séminaire sans s’assurer de lui garantir l’argent pour l’inscription, le transport et l’hébergement ( et donc ne pas lui annoncer après l’avoir invitée qu’en fait c’est elle qui doit tout payer de sa poche)
– ou quand on organise un colloque, faire en sorte que les précaires et/ou étudiant·e·s, ou les personnes sans postes de chercheurs/ses, qui participent à l’organisation du colloque soient rémunéré·e·s (car dans les lignes des budgets pour les colloques, la main d’œuvre n’est, de manière générale, pas incluse)
– ou encore, lorsqu’on sollicite un précaire ou une personne sans poste de chercheur/se pour l’édition d’un dossier de revue ou d’un livre collectif ou toute autre tâche de ce genre (animation d’un site internet par exemple), veiller à ce que cela soit payé
– et de manière générale, lorsqu’on sollicite un-e précaire ou personne sans poste de chercheur/se pour des tâches de recherche, qu’une rémunération soit sollicitée auprès des laboratoires bénéficiant de ce travail. »

Mais le plus important reste de remettre la réglementation au coeur des pratiques : qu’elle vienne mettre un terme aux pratiques actuelles.

La campagne « Pas de recrutement = pas de rentrée »


Pour terminer, voici le lien vers une campagne qui entend visibiliser le manque de postes statutaires dans l’ESR. Elle met en lumière la manière dont le recours à des vacataires et aux heures complémentaires est utilisé pour pallier le manque d’emplois titulaires : https://framaforms.org/pas-de-recrutements-pas-de-rentree-1613164983. Cette campagne n’épuise pas le répertoire d’actions envisageables, mais propose des pistes concrètes pour exiger des postes titulaires et des financements doctoraux à la hauteur des besoins en enseignement et en recherche. Une discussion au sein des collectifs de travail (laboratoires, UFR, départements) doit en tout cas être menée de toute urgence pour agir.Signature collective par ordre alphabétique:Collectif Les Jaseuses
Eva Debray, enseignante en philosophie dans le supérieur, chercheuse non rémunérée, Créteil
Fabrice Flipo, professeur de philosophie, Institut Mines-Télécom BS, Université de Paris
Marys Renné Hertiman, chercheuse-doctorante non contractuelle, InfoCom, Saint-Denis
Irène Pereira, enseignante en philosophie dans le supérieur, chercheuse non-rémunérée, Créteil
Jean-Luc Richard, mcf Rennes 1
Mathias Kusnierz, docteur sans poste en cinéma et chercheur non rémunéré, Paris
Carole Reynaud-Paligot, enseignante contractuelle,  Université de Bourgogne
Ivan Sainsaulieu, Professeur en sociologie, Lille
Ajout complémentaire du 13 avril 2021 :

Il y a eu entre autres une jurisprudence en 2019 du Conseil d’Etat que rappelle que les vacations dans la Fonction publique doivent correspondre à des besoins ponctuels. Extrait d’un commentaire :

« En résumé : Peu importe que l’agent concerné ait occupé l’emploi à temps complet ou à temps partiel, pour une durée limitée à quelques jours ou à quelques heures : dès lors que le besoin de l’administration est permanent, c’est-à-dire manifesté de manière constante et régulière pendant plusieurs années, cet agent ne peut être qualifié de vacataire. »
https://www.village-justice.com/articles/recrutement-abusif-vacataires-dans-fonction-publique-regulierement-censure-par,33280.html#:~:text=Le%20statut%20de%20vacataire%20n,d’un%20r%C3%A9gime%20plus%20protecteur.

Le mieux est de se rapprocher d’une organisation syndicale en mentionnant également la réponse pré-citée qui a été publiée au JO en décembre 2020 qui affirme que les vacataires de l’enseignement dans l’ESR relèvent également d’un besoin ponctuel.

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« Qui ne dit mot consent » par Lucie Laplace

lucie laplace

Bonjour à tout.e.s,

Je tiens ici à (enfin) prendre le temps de réagir aux nombreux messages échangés et reçus. Je suis extrêmement touchée par les très nombreux messages reçus en privé, de personnes que je connais et de personnes que je n’ai pas encore le plaisir de connaitre directement. Au-delà de ce « coup de gueule » personnel, basé cependant sur une longue expérience (de militance, l’exercice de mandats de représentations dans de nombreuses instances, et le tissage de relations d’amitiés fructueuses), je sais à quel point ce que je dis est d’une banalité sans nom pour nombre d’entre nous. Pour autant, il s’agit d’une parole souvent tue (d’où ces nombreux messages de soutien enjoués), qui existe (trop) peu dans d’autres sphères. La prise de parole est coûteuse, sinon nous n’en serions pas là collectivement. Pour autant, cela sera pour moi une expérience sociale intéressante, en espérant qu’elle soit la plus collective possible et qu’elle puisse donner lieu à des résultats « innovants », une belle manière que de tester le déterminisme du milieu n’est-ce pas ?
Par ailleurs, je tiens à remercier le soutien exprimé par des titulaires, dont certain.e.s milites à nos côtés et sont des allié.e.s, et en subissent (parfois) les conséquences : vous êtes précieux.ses : nous avons besoin plus que jamais de votre appui !

Je prévois de réaliser ici une série de mails dans les prochains jours, afin de répondre à certaines pistes d’actions évoquées/proposées dans les échanges qui ont fait suite à mon mail. Je pense que les thématiques soulevées sont insuffisantes, je prendrai donc la liberté d’aborder d’autres thématiques, muries sur la base d’échanges nombreux et variés principalement avec des précaires puisque les autres espaces d’échanges ont des modalités d’échange plus feutrées, et nous sont généralement inaccessibles. Mon but n’est pas ici de monopoliser l’espace de parole. Évidemment, mon point de vue n’engage que moi, pour autant la réception du précédent message et bien des éléments de mon expérience me poussent à croire que mon point de vue est partagé par nombre de précaires, et certain.e.s titulaires. J’en profite au passage pour remercier chaleureusement Charles Bosvieux- Onyekwelu pour son témoignage, il a réchauffé le cœur de nombre d’entre nous malgré ses constats glaçants largement partagés.

Dans quelques rares mails, il est possible que j’évoque des positions de personnes que je connais, avec qui j’espère encore entretenir des relations cordiales. Pour autant, je suis très critique des décisions adoptées. Mon but n’est pas d’en faire une affaire personnelle. Je suis suffisamment lucide sur notre milieu et ses logiques mortifères pour qu’il ne s’agisse en aucun cas d’attaque à caractère personnel. Il s’agit de démontrer à quel point accepter des responsabilités et une certaine place dans le milieu actuel pousse à faire des choix entre la peste et le choléra, pour cogérer un navire en train de sombrer. Il s’agit aussi de questionner en creux, notre démission collective à refuser les choix cornéliens auxquels nous faisons face quotidiennement, qui nous poussent à piétiner allègrement les valeurs qui font le merveilleux de ce métier. Le but n’est pas de dresser un tribunal, mais de proposer des réflexions pour tenter de creuser d’importants abcès qui minent nos relations, qui alimentent, et qui perpétuent des inégalités inacceptables dans un système concurrentiel digne des Hunger Games. (Après le 3e confinement, quelle sera la nouvelle plaie des précaires de l’ESR ?). À titre personnel, je n’ai jamais eu d’illusion, j’ai toujours considéré la course effrénée de l’ESR comme une course de sprinteur de fond, jalonnée de nombreux sauts d’obstacles. Pour autant, je me suis toujours refusée à alimenter les logiques de compétition individuelle (au contraire, le progrès collectif est dans la coopération), ce n’est pas aux précaires à alimenter les logiques de sélection auxquel.le.s le MESRI, l’administration et les titulaires les assignent (vous participer tout.e.s à notre emploi de manière variable).

Le constat central est que les échanges qui ont suivi mon mail de mercredi font face à un silence assourdissant, qui en dit long sur la culpabilité larvée et parfois aussi assumée du milieu. Tout pousse à déduire qu’elle est dominante, puisque comme le dit si bien l’adage « qui ne dit mot consent ». Cela serait d’ailleurs un beau sujet pour le Grand Oral de Sciences Po Paris de cette année « Entre le silence et la protection : quelle place pour les personnes accusées de crimes ou de délits et pour leurs allié.e.s dans l’administration ? », comme pour les concours d’entrée dans bien d’autres administrations publiques d’ailleurs.

Le secteur de l’éducation étant stratégique, il convient d’examiner cette question avec d’autant moins d’intransigeance. Il en va de l’avenir de notre jeunesse, de la promotion de normes et de rapports sociaux d’égalité et de dignité dans notre société, pour mettre fin à des systèmes de domination qui détruisent bien trop de vies. Une fois qu’une justice indépendante aura fait son travail, si les faits sont avérés, il convient que ces personnes soient condamnées de manière exemplaire, et qu’elles ne puissent plus enseigner ou travailler dans des établissements d’enseignement, ni occuper de charges politiques. Il y a suffisamment de personnes intègres pour se passer de celles qui ne le sont pas. À titre personnel, je pense que l’individu peut changer, pour autant c’est à lui d’en faire la démonstration : nous n’avons à signer de chèque en blanc à des personnes dangereuses pour les autres. Duhamel n’est qu’un cas parmi d’autres de ces dominant.e.s qui gangrènent les sphères du pouvoir. À nous de nous assurer collectivement qu’il n’y ait pas d’autres cas comparables à l’avenir pour non pas préserver un système qui permet la réalisation de ces faits, mais bien un système qui les dissuade (ce n’est pas le cas actuellement, au vu du nombre de cas qui restent élevés). Les personnes qui se cachent derrière l’argument de la différenciation « de l’homme et de l’artiste » (ou parallèle équivalent) sont ignobles. Il suffit pour cela de se rappeler le parallèle de l’humoriste Blanche Gardin « on ne dit pas d’un boulanger : non c’est vrai, il viole un peu des gosses dans le fournil, mais bon, il fait une baguette extraordinaire » (Cérémonie des Molières de 2017). Ainsi, il convient de faire le ménage également pour redorer l’image de notre discipline (rêvons même : de certain.e.s institutions ! Oui je suis favorable à la fermeture des grandes écoles, même si mon frère et ma sœur en ont bénéficié.), largement entamée par ce type d’affaires, en ouvrant de nouveau le débat autour des figures du Savant et du Politique, tant en matière de production de savoirs, d’économie de la connaissance, que s’agissant de leurs usages démocratiques (pour le mieux-être de chacun.e, ainsi que le respect et la garantie de ses droits humains) et de leur coût social.

Il ne s’agit pas de faire collectivement des vœux pieux, mais bien de se donner d’institutions indépendantes et démocratiques, qui disposent des moyens d’agir pour sanctionner dans nos établissements tout traitement discriminatoire et dégradant, entre collègues comme auprès des étudiant.e.s (et en leur sein évidemment). Il est absolument lamentable de constater à quel point la lutte contre les discriminations (de race, de genre, d’orientation sexuelle, d’âge, vis-à-vis des personnes handicapées ou/et malades, de nationalité, de militant.e,  etc.) et les traitements dégradants (le harcèlement -et notamment harcèlement sexuel-, l’enjeu de reconnaissance et d’adaptation face aux demandes des personnes qui changent ou ont changé de genre (mégenrer quelqu’un régulièrement gagnerait à être associé directement au harcèlement), etc.) sont très faiblement pris en charge et à quel point nombre de ces comportements récurrents ne sont pas sanctionnés dans nos institutions. Les cas de racisme sont encore trop nombreux dans nos institutions, quand des mesures seront-elles prises pour faire cesser ces comportements contraires au droit en vigueur ? J’invite évidemment tous les syndicats à accompagner les victimes de discrimination et des autres comportements problématiques, non pas à servir d’instance de médiation pour tasser les affaires, mais à aller au pénal, quand les faits le permettent, en médiatisant fortement ces cas (puisqu’il s’agit des seuls outils de lutte qui semblent encore à peu près fonctionner, bien que le coût de l’option juridique semble parfois très élevé, notamment pour les précaires).

Les victimes de ces comportements (je pense notamment aux cas de harcèlement) en paient systématiquement le prix fort, lequel est même parfois alimenté par les logiques de concurrence interne de notre milieu qui leur font porter de nombreux autres chapeaux, doublant leur peine. Les témoignages comme celui de Camille (Université de Lorraine, filière de lettres) sont essentiels pour provoquer une large prise de conscience. Mes pensées les plus solidaires vont aux personnes qui m’ont confié leurs histoires sordides qu’elles ont pu vivre, même à demi-mot, au vu de ce qu’elles ont vécu dans le milieu de l’ESR. Je les remercie chaleureusement pour leur confiance. C’est toujours un déchirement de croiser les personnes qui ont perpétré ces faits dans les couloirs d’une institution : c’est la parade de l’impunité et l’assurance qu’elles pourront répéter leurs méfaits.

Cela amène donc nécessairement à réfléchir sur les logiques hiérarchiques qui façonnent notre milieu et les grandes dérives auxquelles elles mènent. Face à ce panorama, les termes de « méritocratie » et d’« excellence » sont une vaste blague sordide, qui contribuent à perpétrer des systèmes de domination face à l’impossibilité du système actuel de promouvoir la justice, les compétences, et une éthique morale et professionnelle basée notamment sur les valeurs du service public. Savoir, se taire et laisser faire, c’est se rendre coupable.

À ceux.elles qui crieront à la « cancel culture » en lisant mes emails, je soulignerais que réagir de la sorte, c’est promouvoir des inégalités (on les entend bien peu en matière de lutte pour l’égalité des autres, quand il ne s’agit pas de conserver leurs privilèges). En effet, l’objectif est de remettre en cause des systèmes de privilège, probablement les leurs. Pour autant, appeler au respect d’autrui et à la réduction des inégalités ne conduit pas à la réduction des libertés académiques, au contraire, cela permet une diversification des savoirs, et à l’avènement de nouvelles révolutions scientifiques favorables à la promotion de sociétés où il fait bon vivre pour tout.e.s. Spoiler : ce n’est pas gagné, y’a du pain sur la planche, et il est urgent de changer le rapport de forces. Évidemment, il n’existe pas de sens de l’histoire, et les réactionnaires dominent actuellement les champs politiques et médiatiques, pour notre plus grand malheur.

Dans mon prochain mail, j’aborderai la gestion « en démerdentiel » que nous vivons depuis bientôt un an, toujours présentée comme « exceptionnelle », qui contribue à banaliser la détresse étudiante et les suicides, mais aussi avec elle la dégradation évidente de nos conditions de travail. Cette gestion nous astreint à des positions de cogestionnaires de ce système autoritaire complètement pété, également à notre propre détriment. J’évoquerai également des pistes d’actions collectives. En effet, il existe bien trop peu d’espace de débats (les précaires en sont absent.e.s dans l’écrasante majorité des cas), et l’on assiste à une capture par quelques un.e.s des instances de pouvoir. Il serait opportun de ne pas appliquer ces analyses au demeurant passionnantes au simple mandat de Macron qui présidentialise radicalement la Ve République, c’est le cas de bien d’autres instances (dans le public comme dans le privé).

Mes mails ont vocation à susciter le débat. Pour autant, leur but n’est pas de remettre en cause la véracité de faits établis déjà dénoncés par les victimes, mais bien de débattre de ce qu’on fait collectivement face à cela. Bien malheureusement, les sujets problématiques ne manquent pas. J’espère sincèrement que nos échanges, quels qu’ils soient, amélioreront la situation actuelle pour le mieux-être de tout.e.s, et en particulier des personnes souffrant au quotidien des inégalités de ce système en bout de course qui nous broie quotidiennement (c’est-à-dire, numériquement, la majorité).

En vous souhaitant un excellent dimanche,

Bien cordialement,

Lucie Laplace

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« Une pelletée de plus pour enterrer la nouvelle génération de l’ESR » par Lucie Laplace  

Lucie Laplace

27 janv. 2021 à 18h41

Bonjour à tout.e.s,

Message pour saluer l’ENSAE et lui distribuer un « bon point » de l’indécence, pour la publication du premier poste de tenure-track de ce listing ! Nous pouvons être certain.e.s qu’il ouvre la voie à d’autres nombreuses pelletées pour enterrer la nouvelle génération de l’ESR, qui fait face déjà au quotidien à sa propre précarité, à la détresse de ses étudiant.e.s et à leurs (tentatives de) suicides, dans ce contexte de crise sanitaire dont on ne voit pas le bout et où aucune réflexion ni pratique de fond n’est mise en œuvre pour gérer collectivement, démocratiquement, et intelligemment ce merdier pour pourrait pourtant perdurer quelques années.

J’espère que les personnes titulaires qui participent activement à la précarisation de cette jeune génération sont conscientes qu’elles creusent son tombeau et le leur… Ma génération plus que la vôtre oscille au quotidien entre le burn-out, le dégoût profond de ce milieu, la passion pour les sciences sociales, et la certitude qu’au vu des conditions de travail actuelles il deviendra de plus en plus dur de faire de vieux os dans l’ESR. La passion et l’excellente méritocratique n’ont jamais permis de s’offrir un cercueil décent, sinon ça se saurait !

Ne vallons-nous tous pas mieux que ça ? qu’une paie en dessous du SMIC horaire pour des vacations, de promesses déçues de projets de travail à court terme sans moyens, de jours et de nuits passés à des dossiers sérieux dont il semble difficile d’avoir un retour constructif et bienveillant, d’absence de droits sociaux proportionnels à notre travail, d’une négation de l’égale prise en charge de nos frais de transport par rapport aux contractuel.le.s, de l’inexistence de congés maladie, de « vacances » qui n’en sont plus depuis trop longtemps ?

Existe-t-il un autre lieu pour nous qu’une salle d’attente où il serait possible de prétendre à autre chose que gagner sa vie à la perdre, suspendue à un paiement aux calendes grecques de nos vacations ou d’un CDI de projet pour les happy few ? Quand pensez-vous refuser d’employer des collègues vivant sous le seuil de (parfois grande) pauvreté en vacation pour remplir des besoins permanents ? Quand refuserez-vous d’embaucher des post doctorant.e.s pour des missions de quelques mois ? Quand cesserez-vous de demander naïvement aux jeunes si l’on préfèrerait devenir MCF ou chargé.e.s de recherche CNRS, sans être beaucoup plus transparent.e.s sur les critères de classification de nos candidatures pour promouvoir l’égalité de traitement de tout.e.s les candidat.e.s ?

Quand refusera-t-on ensemble cet avenir de la recherche et de l’enseignement qu’on nous vend en pièces détachées, à bas coût et aux (grands) frais de notre propre santé physique comme mentale ?

Il est possible de voir les effets patents de la désillusion de cette jeune génération en constatant la baisse d’inscription en doctorat, mais également par les effets d’épuisement des jeunes docteur.e.s. L’ESR n’est pas l’unique débouché du diplôme de doctorat, pour autant pourquoi s’évertuer à maltraiter les jeunes collègues qui dédient leur temps, leur énergie et qui participent activement à l’enseignement et à la recherche en sciences sociales de notre pays ?

Ne valons-nous pas mieux qu’un simple don dans une caisse de solidarité et qu’un email répondu avec plusieurs semaines de retard, qu’une candidature parcourue des yeux en quelques minutes, qu’un dédain pour un.e candidat.e maltraité.e par une procédure de recrutement, qu’une offre de vacation ou de CDD où il manque la moitié des informations qui laisse à entendre que ce milieu ne peut nous offrir que des conditions indignes de travail ?

Quand les syndicats comme les autres organisations professionnelles pensent-ils réagir fortement en la matière ? Faut-il attendre des suicides de jeunes chercheur.e.s ou cela ne sera-t-il pas « suffisant » pour autant, puisque nous ne sommes pas titulaires ? Comment passer des discours compatissants à des engagements (qui aboutissent) vers un moins pire certain pour éviter l’hécatombe, le gâchis monumental de cette génération (comme d’autres personnes aussi auparavant), mais dont le broyage par cette infernale machine semble bien plus destructeur ?

De manière plus constructive, comment est-il possible de faire passer très clairement le message que la situation n’est plus tenable pour notre jeune génération et que des mesures soient prises rapidement pour que la situation change, en mettant en place une pression contraignante au Ministère, aux universités, et autres institutions ?

Nous ne tiendrons pas éternellement, les beaux yeux et les encouragements des étudiant.e.s en souffrance mais compatissants ne sont pas suffisant, le silence complice et les sourires attendris des titulaires, non plus :  ils ne permettent pas de payer nos loyers et notre nourriture, de construire des carrières dignes, d’avoir une vie avec un semblant de normalité dans le chaos du monde actuel.

Je n’ai jamais cru à un « grand soir », pour autant le délitement progressif et douloureux de notre milieu a déjà commencé, la jeune génération en paie déjà le prix très fort, pourtant les coûts semblent encore supportables pour une majorité de titulaires. Cependant, tout le monde semble s’accorder sur le fait que le navire prend l’eau depuis longtemps. Actuellement, la jeune génération, tels des rats, commence à quitter le navire, ce qui n’est jamais bon signe à l’échelle collective…

En espérant que cette contribution, comme d’autres auparavant (de précaires comme de titulaires), contribue à faire monter le chant de désespoir et l’appel à l’aide des galériens que nous sommes depuis les abysses de l’ESR, et qu’il puisse parvenir aux oreilles du ministère malgré ses portes feutrées et dorées qui isolent bien, pour le faire sortir de sa torpeur enivrée d’innovation et d’internationalisation à moindre coûts.

En vous souhaitant malgré ces considérations peu réjouissantes, oscillant entre rage et désespoir, une bonne fin de journée à tout.e.s,

Lucie Laplace

Doctorante de science politique, Université Lyon 2 Lumière, Laboratoire Triangle,

ATER en science politique, Université d’Artois, CDEP

 

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De : XXXXXX
Date: mar. 26 janv. 2021 à 18:34
Subject: Offre d’emploi pour une enseignante-chercheuse au CREST/ENSAE
To: XXXXXX



Bonjour,

Le département de sociologie de l’ENSAE ouvre ce printemps un concours de recrutement pour un poste d’enseignante-chercheuse* à temps plein.

Profil de la candidate :
• Doctorat en sociologie ou dans une discipline adjacente (au moment du recrutement)
• Connaissances solides en sociologie générale
• Bonne maîtrise des méthodes quantitatives
• Publications de premier plan (réalisées ou en cours)
• Bonne maîtrise du français
• Bonne maîtrise de l’anglais (ou au moins capacité de travailler régulièrement dans cette langue)
• Investissement actif dans des réseaux de recherche

Des informations détaillées sont disponibles dans la fiche de poste ci-jointe.

Les candidats doivent faire parvenir les documents suivants à l’adresse recruitment@ensae.fr avant le 31 mars 2021.

Contact et informations supplémentaires:

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Les bonnes résolutions doctorales

Il est difficile de se remettre de la tribune de Charles Bosvieux-Onyekwelu intitulée « Témoignage d’un rescapé ». Mais avons-nous le choix ? Alors partons à la recherche des bonnes résolutions !

A cette heure où Donald Trump quitte la Maison Blanche après avoir particulièrement maltraité l’idéal de vérité scientifique, il est encore possible de se souhaiter « la bonne année », et pourquoi pas de prendre de « bonnes résolutions », et même des « bonnes résolutions doctorales » !

En voilà quelques-unes – transformées en recommandations – liées au contexte de numérisation accélérée et forcée des universités et la faible valorisation des jeunes chercheurs.ses dans nos sociétés (sauf quand il s’agit d’attendre des vaccins !).

Les recommandations concernent l’enseignement, la recherche et l’économie de ceux-ci en ce qui concerne les jeunes chercheurs.ses.

 

Recommandations sur l’enseignement :

  • Abandon de la loi LPP
  • Maintien du CNU
  • Carte professionnelle d’enseignant annuelle (pas une simple attestation en papier)
  • Les Mooc doivent être des compléments mais pas des outils de substitutions.
  • Limitation du nombre d’étudiant.e.s par classe.
  • Accès à l’ENT de l’université pour tout.e enseignant.e (et formation).
  • Adresse mail de l’université pour tout.e enseignant.e.
  • Normalisation des offres d’emploi d’enseignant.e.s vacataires.
  • Généralisation des prises électriques dans les salles de cours.
  • Priorité aux doctorant.e.s et docteur.e.s pour enseigner à l’université. Il y a parfois beaucoup de profils d’enseignant.e.s non chercheurs.ses. Or, l’université doit avant tout diffuser les savoirs issus de la recherche.
  • Transparence dans tous les processus de recrutement : qui est membre du jury ? Quels sont les candidats ? Qui a eu le poste ? Justification minimale du non recrutement.

 

Recommandations pour la recherche :

  • Maintien et renforcement de la liberté de la recherche sur tous les sujets.
  • Maintien et renforcement de la liberté d’expression sur tous les sujets.
  • Création de lieux de socialisation pour les doctorant.e.s et docteur.e.s de type maison du doctorat : vie associative, bureau, entreprenariat…
  • Maintien du CNU.
  • Adresse mail de l’université pour tout.e chercheur.se.
  • Accès à l’ENT de l’université pour tout.e chercheur.se (et formation).
  • Abandon et remplacement de la loi LPP.
  • « Projet d’avis sur le droit et l’accès à l’enseignement supérieur à l’heure du numérique » : ajouter le mot « recherche » dans le titre de votre avis. L’enseignement supérieur est supérieur en grande partie car il s’y déroule de la recherche qui doit irriguer les cours.

 

Recommandations économiques :

  • Rémunérations mensuelles
  • Remboursement du transport
  • Fourniture de la bureautique (ordinateur, micro, caméra, câble HDMI)
  • Paiement d’un abonnement à internet
  • Rémunération des heures de préparation, de correction, de surveillance
  • Augmentation de l’heure brute après l’obtention doctorat
  • Droits sociaux associés aux cotisations sociales
  • Davantage de création de postes compte-tenu de l’augmentation des étudiant.e.s.
  • Moyens similaires dans toutes les universités sur tous les territoires.
  • Exonération totale des frais d’inscription des doctorant.e.s.
  • Limitation des financements de doctorats et post-doctorats fléchés par le gouvernement.
  • Sanctuarisation du budget de la recherche doctorale
  • l’emploi de niveau doctoral couvert par une convention de branche ou un accord interprofessionnel en vertu de l’article 2221-2 du code de travail

 

Ces recommandations ne sont pas exhaustives. Ces recommandations sont critiquables. Alors n’hésitez pas à faire des critiques et des ajouts dans commentaires ou en écrivant à Doctrix2012@gmail.com.

Ces idées sont issues d’une réflexion liée à une audition le lundi 16 novembre 2020 de 15h00 à 17h00 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans le cadre du « Projet d’avis sur le droit et l’accès à l’enseignement supérieur à l’heure du numérique (titre provisoire) » pour février 2021.

Les co-rapporteurs.rices sont Soraya Amrani-Mekki et Arnaud Gaillard qui veulent formuler des recommandations auprès du gouvernement.

Voici le document qui a été présenté à l’occasion de l’audition :

https://fr2.slideshare.net/SebastienPoulain/audition-cncdh-lenseignement-suprieur-lheure-du-numrique-239437096

Mais mauvaise nouvelle pour les bonnes résolutions/recommandations qu’elles soient doctorales ou non :

Bonnes résolutions doctorales 3 | Doctrix (educpros.fr)

Espérons que les statistiques nous seront favorables.

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