Le blog de Jean-François FIORINA

PISA : une France… moyenne.

De la toute récente enquête PISA* au classement de Shanghai,  nous ne manquons pas d’indicateurs de la santé de notre système éducatif. Ils permettent de prendre conscience de certaines évolutions de fond. Et agissent comme des aiguillons sur un ensemble qui a besoin d’être réformé en profondeur.

Moyens en tout.
N’est-ce pas la pire des situations ? Sans être un spécialiste de la classe d’âge étudiée (15 ans), je m’intéresse très sérieusement à l’enquête PISA comme directeur d’une grande école. Ces jeunes seront mes futurs étudiants ! A la lecture du document, je m’aperçois que nous sommes moyens en tout. Ce qui, dans une lecture positive, illustre peut-être un léger mieux… ou, dans une lecture négative, explique une chute terrible puisque sans pôle d’excellence, ni point faible, l’enquête contentera la grande majorité des parties prenantes. Sans conséquence notoire…

D’accord ou pas.
Nous en sommes là. L’Etat français qui a déboursé 5% de plus, entre 2000 et 2007, dans le primaire et le secondaire, n’a pas eu de résultats probants. La dépense ne vaut pas efficacité en matière éducative. Il faudra bien, un jour, prendre conscience de cette équation ! Et développer une culture du résultat dans le domaine.

Du positif.
Je remarque que les jeunes assidus en lecture atteignent des niveaux de performances bien plus élevés que les autres, quel que soit leur mode de lecture, y compris en ligne. Les élèves français en général ont plutôt une bonne capacité de synthèse. Leur rapport à l’enseignant s’améliore. Bien que partant d’assez bas, ils les « notent » plus favorablement. L’enseignant étant aux avants postes de la réforme, c’est une bonne chose. Par lui passeront ou non les messages du changement.

Des fractures ouvertes.
L’ascenseur social est en panne. Les différences entre les meilleurs et les moins bons se confirment et se creusent. L’impact du milieu socio-économique sur la performance des jeunes est très marqué en France. Tout se joue très tôt dans un contexte où l’égalité des chances n’est plus réalité.

L’écrit et la culture générale qui construisent un individu ne sont plus partagés par tous. Dès le collège, la sélection par l’orientation tranche dans le vif et « recale » un grand nombre de jeunes. Non seulement, nous nous coupons de talents potentiels mais que ferons-nous de ces jeunes adultes sans capacité à comprendre les enjeux du monde contemporain et sans réel esprit critique ?

C’est en France que la discipline est la moins respectée. Là encore, le rôle des adultes au sens large est essentiel. La solution ne passera pas par un retour aux méthodes anciennes ou par la mise en internat généralisée.

L’éclairage de cette étude me conforte dans l’idée qu’une réforme profonde du système éducatif français s’impose avec de vrais objectifs et de vraies évaluations. Il y a urgence à réformer avant les élections présidentielles, à arrêter l’empilement des mesures administratives et les surinvestissements non productifs. Une priorité ? Le collège.

* PISA 2009 – Programme international pour le suivi des acquis des élèves vient de paraître. Il s’agit d’une enquête réalisée au sein des pays de l’OCDE et de 30 économies « partenaires ». Elle évalue les acquis des élèves de 15 ans en matière de lecture, de mathématiques et de sciences. Cette année, l’étude croise pour la première fois ces résultats avec les trois vagues d’enquête précédentes : 2000, 2003 et 2006.

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