Le blog de Jean-François FIORINA

Les enseignements de l’apocalypse

Cette année d’exception poursuit son chemin inexorable au gré des tragédies. J’en tire quatre enseignements en vue d’aider les futurs dirigeants que nous formons.

D’abord et encore, la géopolitique.
Passée du statut de matière académique à celle de compétence à acquérir, elle s’impose pour comprendre le connu, de la catastrophe japonaise à l’affaire Renault  et se préparer à l’inconnu, qui prend la forme d’événements, accélérés par la culture numérique de l’instant. En tant que pédagogue, la géopolitique, c’est donc la capacité à gérer le risque auquel on ne pense même pas. Les critiques qui se sont portées sur les exercices de simulations de crise, inutiles et coûteuses selon certains, deviennent caduques. Qui aurait imaginé ce que nous vivons aujourd’hui ? Ces sujets seront bien sûr abordés lors du festival de géopolitique que nous organisons, du 24 au 27 mars, à GEM (« Un monde d’urgences »). 

Une gouvernance à géométrie variable
Nous avions testé les limites de l’exercice en matière de gestion de la crise financière internationale et de l’Euro, nous venons d’observer l’immobilisme parfait du G8 face à la question libyenne. Heureusement l’ONU a évité le pire en votant une résolution ferme envers Kadhafi à la veille d’un carnage annoncé. Les générations futures jugeront nos atermoiements.

Planète rétrécie.
Le culte de l’instant et de la transparence avec Twitter (200 millions d’utilisateurs) ou Facebook (620 millions) rythment la vie de chacun, aux quatre coins de la planète. La multiplication de ces canaux de communication et d’information a bien sûr de bons côtés. Elle met en lumière les dissonances constatées entre les déclarations politiques et la réalité. Et offre à chacun des espaces de liberté, de participation à la production de l’information, de commentaire à chaud. Un véritable contre pouvoir que les médias traditionnels intègrent peu à peu dans leur stratégie. Mais que les acteurs politiques et économiques observent quelquefois dépassés. Les risques engendrés par cette accélération sont bien réels : une vision purement naïve du monde, la surenchère dans l’information et l’émotion ou la plus pure manipulation !

Dignité nippone.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier le peuple japonais ? ADMIRATION. Comment une ville de plusieurs dizaines de millions d’habitants comme Tokyo a pu résister à un tel séisme ? Frappée de toute part, la population reste digne. Quelle aurait été la réaction des Français face à cette apocalypse ? Les débats qui ont suivi en donnent un aperçu…

Nos étudiants en échange au Japon sont rentrés en France.
Et nous avons une pensée émue pour nos collègues de l’Université de Tsukuba (proche de Tokyo).

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