Le blog de Jean-François FIORINA

Quand la calculatrice entre dans l’école du futur

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Quand la calculatrice, premier objet technologique que nous ayons eu en main entre dans l’école du futur. Entretien avec Hélène Pelloux (HP), responsable pour l’Europe des calculatrices – et de trois autres lignes de produits –, ancienne étudiante de GEM, très impliquée dans l’école.

Une manière pour moi d’aborder plusieurs sujets. D’abord de montrer l’évolution de ce produit, historique et technologique, dont les usages actuels porte l’apprentissage innovant des mathématiques par la visualisation concrète des formules et des données (J’aurais aimé en disposer !). Ensuite, parce qu’il est à la fois individuel, collectif et interactif. Un bon exemple d’adaptation à l’école du futur. D’autant que l’intelligence de la calculatrice peut migrer sur tous les supports, la rendant accessible sur smartphone, tablette, PC… via des applis spécifiques. Plus de problème en cas d’oubli de sa calculatrice, ou de rattrapage des cours, le suivi est maintenant facilité pour le professeur et l’élève !

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Jean-François Fiorina : HP s’implique dans l’éducation, qu’est-ce qui explique cette philosophie, cet engagement ?

  • Hélène Pelloux : C’est historique. Il y a toujours eu une proximité d’HP avec le monde de l’éducation. Lorsque le siège social se trouvait à Palo Alto à côté de Stanford, la collaboration était très étroite avec les universités. C’est toujours un souci majeur. On s’implique dans le monde de l’éducation, dans ses organisations plus institutionnelles comme PISA qui sont justement en train de pousser tout ce qui se fait en matière d’enseignement des mathématiques et de mesures des progrès dans chaque pays. Nous avons besoin de nouvelles générations d’ ingénieurs à recruter.

Donc HP ce n’est pas, dans l’éducation, la fourniture de portables à des générations d’élèves de business schools ?

  • Bien sûr qu’il y a un enjeu économique, c’est vu aussi comme un marché, mais je dirais qu’il y a beaucoup plus, comme une mission : celle de transformer et de s’adapter au monde et de favoriser les conditions d’apprentissage, de réduire les inégalités.

Les apprentissages ou l’évangélisation ?

  • Non, les apprentissages. Je connais un peu mieux l’histoire d’HP à travers la calculatrice qui était probablement son premier produit lancé pour le monde de l’éducation : en 1971, la première calculatrice scientifique de poche, HP 35. C’est une longue histoire, et on pourrait dire que c’est justement la bonne illustration du point de vue économique. On pourrait dire également que ce marché est relativement petit et pas si intéressant au plan financier… Mais on continue à innover. En 2013, HP a lancé la HP Prime qui est un petit joyau technologique, à l’ère du tactile, nous étions les premiers avec une implémentation de cette qualité. Pas sur la couleur ou le graphique mais sur le côté tactile, cela permet de visualiser, de modifier instantanément les calculs.
HP Prime, école du futur

Calculatrice tactile HP Prime

Avec l’arrivée de la tablette, la calculatrice, est-elle encore bien utilisée ?

  • La calculatrice est encore utilisée parce que justement, il y a un décalage entre le monde de l’éducation qui utilise encore des outils traditionnels et l’usage, aujourd’hui répandu, chez les étudiants et les professionnels du smartphone. On voit bien l’antinomie, il y a un besoin de transformer, d’accompagner les apprentissages donc nous continuons à innover en lançant des applications sur mobiles.

On retrouve cet environnement tactile, avec mon doigt, je peux dessiner une fonction, c’est un apprentissage, on retient mieux en manipulant les choses, c’est kinesthésique. Si je vais dans le menu et que je fais « fonction », je trace avec le doigt une parabole, la calculatrice me donne l’équation. Elle me permet ensuite de la modifier.

Je suis fasciné.

  • C’est quand même dingue de manipuler les fonctions, cela permet de comprendre, les coefficients directeurs, par exemple. Suis-je au-dessus ou en-dessous de la courbe, comment ça bouge, si je rétrécis ma courbe comment cela évolue ?

N’est-ce n’est pas dénaturer l’enseignement, le besoin de comprendre ?

  • Non, c’est une aide supplémentaire. Pour certaines formes d’intelligence qui ne peuvent rester dans l’abstrait, c’est une aide à la compréhension. Pour les matheux, c’est peut-être moins évident mais pour ceux qui ont des difficultés à comprendre les mathématiques je pense que cela peut aider.

C’est le produit sur lequel tu travailles ?

  • J’ai lancé ce produit en Europe, en 2013. Nous continuons à l’améliorer à l’époque nous étions vraiment révolutionnaires, on cherche à le faire connaître, à avoir des adoptions dans des écoles. Il y a toujours une résistance au changement…

De la part des profs ?

  • C’est dommage.

Et cela rentre dans votre programme STEM, c’est ça ?

  • Typiquement c’est pour les cinq technologies engineering, et j’ai même vu qu’on aura de nouvelles fonctionnalités qui permettront à des architectes, grâce à cet outil, de dessiner l’image qu’ils veulent obtenir en leur donnant les formules mathématiques associées. Donc vraiment, l’usage est large.

Je n’avais pas compris, par exemple, que tous les dessins animés sont des formules de maths : on construit une inégalité mathématique, on la trace et c’est un damier. Je n’avais pas compris que sinus de x inférieur à cosinus de y, c’était une façon d’obtenir un dessin. Tous ceux qui travaillent sur des films d’animation voient bien l’usage des mathématiques.

Au lancement du produit en Europe, est-ce que les objections sont identiques dans tous les pays d’Europe ? Est-ce qu’il n’y a que les Français qui résistent ?

  • Le ministère de l’Éducation en France était intéressé parce qu’on a un mode examen, et leur problématique en France, c’est d’empêcher la triche : je peux décider de me mettre en mode examen, dans ce cas je n’ai plus accès à la mémoire le temps de l’examen.

Oui mais le candidat peut le modifier en cours de route ?

  • Non, il y a un mode de base, si je le démarre, vous allez voir, une diode se met a clignoter. Donc la France a voulu une petite diode verte mais nous l’avions lancé avec trois diodes. On a presque dû brider la puissance de notre mode examen parce qu’ils voulaient quelque chose de simple, facile à suivre et donc on l’a mis en place. En France nous sommes approuvés par le ministère de l’Éducation pour le Bac 2017-2018. On ne peut pas sortir de ce mode examen sauf si je le connecte à un PC ou une autre imprimante via un câble USB.

Et je ne peux pas avec mon smartphone, avec du Bluetooth… ?

  • Non avec le Bluetooth, on ne passerait aucune norme d’examen. En France, l’accueil est bon au niveau du ministère. Certains professeurs, par contre, ayant travaillé sur une autre marque pendant des années ne veulent pas faire l’investissement d’un autre système de programmation, un peu plus moderne, proche du langage C.

Les écoles qui ont tout de suite foncé sont les IB, International Baccalaureate School, nous y sommes homologués. En Hollande, tout va très bien aussi. Nous sommes sur un appel d’offres pour des écoles européennes à Bruxelles, des institutions pour les enfants de diplomates. Les technophiles reconnaissent que c’est un bel outil, un bel objet, qui se vend à 139 euros. Ce sont des produits qu’on garde à vie, c’est incassable.

Et les profs des autres pays européens ?

  • Plus on va dans les pays du nord, plus c’est facile. La France, je dirais que c’est un pôle de résistance. En Espagne, on avait un autre modèle le 50G, tous les ingénieurs espagnols ont été formés avec des calculatrices HP, la 50G, donc c’est plus une transition qui doit se faire entre le 50G et HP Prime, ça se fera.

En Chine, c’est plus facile parce qu’ils adorent l’environnement sans fil, nous vendons une solution qui intègre les bureaux ! Ils mettent les enfants autour de la table, les font travailler avec des nouvelles technologies, il y a des caméras au-dessus qui regardent en direction des enfants et le prof sur sa console voit (ou revoit) ce que font les enfants.

Et aux Etats-Unis ?

  • Aux Etats-Unis, il y a l’advanced placement, un cursus où les maths sont un peu plus poussées. Ils ont approuvé la HP Prime, c’est pas mal !

Qu’est-ce qui pousse HP à investir dans ce domaine ? C’est parce que plus il y aura de scientifiques plus ils penseront HP ?

  • On a les cerveaux qui ont été capables de développer cette technologie. Il n’y en a pas beaucoup qui ont ces compétences au niveau mondial. Tout le calcul formet justement est made in Grenoble par Bernard Parisse de l’institut Joseph Fourier.

C’est combien de personnes pour bâtir cela dans le monde ?

  • Au Lab, ils ne sont pas très nombreux. Un des premiers qui a travaillé sur la calculatrice, c’était Steve Wozniak. On a donc eu un précurseur très connu parce que même si Steve Jobs a toujours été la vedette, derrière lui, dans l’ombre, il y avait l’autre Steve , ex employé de notre division calculatrice.

Quelle est la réaction des ministères de l’Éducation des différents pays par rapport à cela ? Est-ce que la relation est facile ? Est-ce très conflictuel ? Il y a des différences selon les cultures ?

  • J’avais commandé aux Finlandais une étude « Quel avenir pour la calculatrice en Europe ? » parce que, dans les tests, ils sont bons en maths. Ils avaient travaillé avec une école de Shanghai et j’avais sponsorisé le projet de recherche d’un PhD en Finlande. Ses conclusions expliquaient qu’en Finlande, les examens bientôt ne seront plus sur papier mais sur tablette, en ligne ; qu’il y aura beaucoup d’examens sous forme de QCM. Sur mon téléphone, j’ai le même environnement Prime, c’est-à-dire qu’un enfant qui oublie sa calculatrice avec ses exos de maths, n’oubliera pas – en général – son téléphone portable, ni ses jeux. Il pourra donc retrouver exactement le même environnement.

C’est une appli payante ?

  • Celle-là oui, vingt euros. C’est une vague technologique : soit on résiste et on protège notre petit marché, soit on dit « non, il faut aller dans le sens de la vague », les gens utilisent leur smartphone, leur PC, donc on a l’application Prime sur ordinateur qui est gratuitement installée dans un pack logiciels éducation. Du coup, peu importe l’outil utilisé, on retrouve toujours la même interface. C’est vrai qu’une calculatrice, c’est quand même un outil qui marque parce que tout le monde en a eu dans les mains au cours de sa vie, une plus ou moins sophistiquée.

Et il y a des spécialistes de l’éducation chez vous ?

  • On a des relais et des réseaux donc on travaille avec des distributeurs, des partenaires, j’ai une consultante informatique par exemple. Aujourd’hui, elle est à Paris, et rend visite aux classes prépas de Fénelon, le lycée dispose de Prime. Ensuite, elle rencontre un magazine qui s’appelle Tangente, magazine de profs de maths qui se vend en kiosque. C’est vraiment bien fait, il y a les concours des « kangourous des maths », des petites énigmes, la vie des mathématiciens, c’est intéressant. Je ne connaissais pas la revue avant d’être dans ce monde-là. Les gens qui travaillent dans le ce domaine sont des passionnés, c’est super parce qu’en Europe, je fais tout !

Les profs convaincus, ceux qui l’utilisent, ont-ils l’impression qu’ils peuvent aller plus vite, plus fort dans leurs cours ?

  • Tout le monde dit que de manipuler les choses, c’est concret et aide aux apprentissages. Il y a même eu un article dans Tangente disant que cela aidait les enfants dyslexiques, dysgraphiques.

Faites-vous de la formation pour les profs pour qu’ils puissent optimiser leurs usages ?

  • Par Webinar, c’est une question de budget. Des profs, à partir de 18h-18h30, font des formations en ligne sur des plateformes où ils s’inscrivent. C’est moins efficace que le relationnel et que d’aller dans les écoles, mais on ne peut pas tout faire.

L’étape suivante dans le développement de cet outil ? Si ce n’est pas confidentiel ?

  • C’est opérationnel mais je ne le vois pas utilisé en France : le kit sans fil. On place une antenne sur le port USB et ça communique, on voit ce que fait l’enfant et on peut même envoyer des questionnaires en ligne, ils répondent à des petites questions de maths. Le prof collecte les infos, il y a des petits quizzs, c’est interactif. Cela correspond à ce que j’ai vu dans ton blog, ce sont des plateformes où les profs documentent leur cours, font leurs évaluations, etc.

Le gamin est chez lui ?

  • Non, il faut être dans la même salle parce que c’est du sans fil local mais pas en norme Wi-Fi (trente mètres de rayon d’action pour la calculatrice). Mais il y a le fameux School Pack c’est bien si l’élève est malade. Le prof garde une trace écrite du cours qu’il a délivré grâce au logiciel, les quizzs qu’il a envoyés, les questions à la fin de sa session, il a son cours rédigé. C’est utile pour les élèves manquants, il peut leur envoyer les informations comme un petit journal du cours. Tu as dû le voir au salon Bett de Londres.

Pour notre logiciel, nous privilégions les interactions pour capter l’attention des enfants en utilisant la technologie. Avec Classroom Manager, l’élève qui a réussi un exo peut le partager avec les autres pour leur montrer.

C’est une autre solution HP ?

  • Oui, c’est une solution qui s’intègre bien avec la solution software. Les premiers contrats ont été signés à Oman et au Qatar pour le logiciel Classroom Manager dans des lycées publics. Chaque enfant avait sa tablette. C’est vrai qu’en France, je ne peux pas dire « Venez, je vais vous montrer une solution qui fonctionne ». En Chine on peut…

D’un point de vue général, ce type d’opportunité, il n’y a qu’HP qui peut le proposer ? En terme de carrière, d’emploi, de gestion de ce type de projet ? Comment en es-tu arrivée là ?

  • C’est amusant, je devais m’occuper du touchpad, tous les accessoire de la tablette WebOS. Le projet a été tué par un de nos CEO de l’époque, le 18 août je me souviens bien c’était la Sainte-Hélène ! Il a dit « Non, on arrête » alors que nous étions prêts à le lancer. Je me suis retrouvée sans job et mon chef m’a dit « Ce n’est pas grave, j’ai quelque chose pour toi… une calculatrice. ».

Je me suis dit, passer d’un outil super moderne super branché à la calculatrice… J’étais un peu interloquée et puis, ce fut une expérience très intéressante parce que j’ai découvert un autre monde. On fait tout, de A à Z. Il y a le côté business, tout gérer comme une petite PME, gérer les prix des appels d’offres, monter les réseaux de distribution, trouver les bons consultants dans chaque pays, gérer la relation avec la division qui innove, faire le retour sur le marché européen, le ministère de l’Éducation.

Nous étions trois à avoir le cahier des charges pour le mode examen, donc j’assistais à toutes les réunion rue de Grenelle. J’étai aussi bien à l’usine pour faire les prévisions de vente, en agence pour le packaging, au ministère… Le monde de l’éducation est un monde passionnant.

C’est aussi intéressant d’être en contact avec des profs de maths. J’ai rafraîchi pas mal de notions ! Je disais à mes enfants « Vous voyez, on en a jamais fini avec les maths ». J’ai été invitée à des conférences prestigieuses comme la SEFI conference ou le world Education Forum à Londres

Où est fabriquée la calculatrice ?

  • Elles sont fabriquées dans différents pays d’ Asie. La calculatrice HP 12C est le produit au plus long cycle de vie et qui se vend toujours et qui est très inspirant. Des anecdotes, j’en ai plein, j’ai parfois des doyens de fac qui sortent leur calculatrice pendant des galas et qui me disent « Ça fait trente ans que je l’ai, je l’adore, je l’ai toujours sur moi ». Donc voilà c’est un produit impliquant. Alors que les PC, on le change tous les trois ou quatre ans.
Les calculatrices chez HP, tout une histoire.

Les calculatrices chez HP, toute une histoire.

Peut-être qu’avec les générations actuelles, il y aura moins d’attachement. Pour ma génération, la calculatrice était le premier outil, ils ont maintenant envie de tablettes…

  • Mais du coup peut être qu’eux passeront 90% de leur temps sur cet environnement, cette interface, alors que moi j’avais ma 12C même avant d’être responsable des calculatrices. C’est un produit impliquant quand même. Mais c’est vrai que l’avenir c’est plutôt à toi, Jean-François, de te le demander, qu’est-ce que tu verrais, toi qui suit toutes ces technologies, quelle sera la prochaine ?

La prochaine étape, ce sera ce que tu disais tout à l’heure sur la multiplication des usages et des devices. Si je l’ai oublié, ce n’est pas grave parce que j’ai une deuxième chance, une troisième chance…

La deuxième révolution ce sera l’utilisation par les profs pour rendre le cours totalement interactif et surtout bien comprendre que ce petit outil est absolument fabuleux mais s’il n’y a pas de culture générale des maths au départ, de réflexion, cela ne servira à rien.

Dans tout ce que j’ai publié sur l’école du futur, il y a un grand retour aux fondamentaux, à la culture générale, parce que s’il n’y en a pas, on ne peut pas s’amuser. Pour les profs, ici à Grenoble ou dans d’autres business schools, dans la prise de conscience de tous ces outils, il y a deux facteurs importants : le premier, c’est l’individu parce que s’il est innovant, il l’intègrera dans son cours. Le deuxième élément qui marque beaucoup, c’est quand ils arrivent au constat suivant « nos étudiants ont changé » ou s’ils sont interpellés le soir par leurs gamins « le cours de maths était absolument nul, si on avait eu ça, ce serait mieux ».

Ils y viennent et, ensuite, il faut les former, les rassurer. Leur inquiétude c’est d’être dépossédé du cours. Celui qui a passé des années à enseigner des formules avec son truc au tableau, il est perdu. Le souci des jeunes profs, c’est que la pédagogie et les nouvelles technologies ne sont pas enseignées dans les programmes doctoraux.

L’autre inconvénient de la formation de prof en France, c’est qu’on ne teste pas les qualités pédagogiques de l’individu, ils sont très bons en contenu, en technique mais ils n’ont pas été mis en situation, ils sont uniquement sur le savoir. Donc pour tout nouvel outil, c’est un peu compliqué.

Et encore plus quand ce sont des marques comme HP, Apple et autres parce qu’il y a une dimension idéologique : « C’est du business, ils veulent faire des sous sur notre dos, l’éducation n’est pas une marchandise ». Pour moi, toutes ces applications sont fabuleuses, on dit que les maths seront un élément clé de l’analyse critique, du travail de demain puisqu’ils veulent entrer dans les jeux vidéo, ils vont forcément coder.

  • On a eu cent vingt volontaires d’HP qui sont allés dans les collèges de l’Isère pour leur montrer comment coder. On s’implique, c’est complètement bénévole.

Ce sont des choses particulièrement importantes et c’est vrai qu’en Chine, ils l’ont compris. Ici, il y a une schizophrénie entre ce qu’est une bonne école et le dégoût des maths puisque dans trois quarts des familles françaises, ce soir, on va parler des notes en maths… « Je ne comprends rien » alors que ces outils bien utilisés sont absolument fabuleux. L’école du futur n’a plus aucune limite mais il faut l’intégrer, d’où l’importance de la culture générale.

  • Justement, je lisais un article où l’on expliquait qu’à vouloir être égalitaire, les inégalités se creusent. Ce sont les familles qui apportent la culture générale. L’école ne l’apporte plus, et donc ce sont les familles favorisées qui arrivent encore à transmettre plein de choses à leurs enfants.

Je le dis souvent que la prochaine fracture sera numérique entre ceux qui sont connectés et les autres. Ceux qui ont accès à cette information avec un entourage capable de prendre du recul, de dire « ce site-là provient des autorités de la Corée du Nord donc il faut faire attention… ».

Elle est d’autant plus terrible parce qu’avant nous avions des Nord/Sud, Ville/Campagne, identifiables sur des cartes avec éventuellement des politiques pour corriger le problème. Aujourd’hui, sur un même territoire, on aura des populations connectées/déconnectées et ce sera problématique. Je t’encourage à lire le dossier, le rapport, sorti par l’Institut Montaigne le 17 mars sur l’école numérique, il est très bien fait.

Ton prochain challenge ?

  • Je suis beaucoup impliquée dans tout ce qui est accessoires autour des produits : accessoires audio, accessoires pas encore lancés sur le marché, accessoires classiques pour protéger son ordinateur, des sacoches, des sacs, je gère trois autres lignes de produits en plus des calculatrices.

En tant qu’ancienne de GEM et ancienne présidente des Alumnis, un petit conseil à tes successeurs ? Est-ce qu’ils doivent foncer et acheter leurs calculatrices !

  • Tous les gens qui sont d’accord avec moi et qui ont des enfants au lycée, adoptez HP Prime ! Justement je cherche des enfants et des familles courageuses qui seraient capables de dire « c’est pas parce que le professeur n’a pas la même calculatrice que tu ne peux pas utiliser cet outil » parce qu’il y a des parents qui ont peur de mettre leur enfant en situation d’échec.

Quand j’ai vu la résistance des professeurs, je suis allé voir les bons élèves, leur mettre le produit dans les mains. Les professeurs ont bien fini par s’y intéresser parce qu’ils vont voir qu’ils font mieux, qu’ils vont plus vite. Il y a des profs dont la curiosité est piquée « Ah, qu’est-ce que c’est ? ». Donc je cherche parmi le réseau des anciens des parents qui se disent « Je peux confier cet outil à mon enfant, ça va l’ouvrir à la compréhension des mathématiques » et ce n’est pas parce que le professeur n’appuie pas sur telle touche à tel endroit qu’ils seront perdus pour autant.

Et pour les étudiants en sortant un peu du contexte HP, un conseil aux étudiants en GEM ? Amusez-vous ?

  • Je pense qu’il y a toujours la même ambiance, j’imagine qu’ils savent faire, voyagez, avec tous les accords internationaux, ils sont tous aujourd’hui multiculturels et surtout intéressez-vous énormément au web marketing parce que les générations qui vous précèdent sont beaucoup moins à l’aise que vous donc sur le marché du travail. Vous serez attendus pour vos compétences en web marketing. Allez-y, devenez des experts, maitrisez les technologies, je pense que vous êtes attendus !

Belle conclusion, merci beaucoup !

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Commentaire (1)

  1. Kamel

    Bonjour,

    Cet article est très intéressant et je le découvre malheureusement avec 8 mois de retard.
    Juste une seule remarque(de taille)comment HP compte-il gagner le monde de l’enseignement avec des calculatrices élitistes !
    Il n’y a pas de marché de masse pour des calculatrices haut de gamme à près de 150€ ou plus. Ces calculatrices entrent en concurrence avec des applications sur PC beaucoup plus puissantes et confortables d’usage.
    En effet il y a des notebook à 200€ (HP en fabrique peut-être)sur lesquels on peut charger des applis de math en open source.
    Pour être constructif, je suggère fortement à HP de créer une calculatrice graphique dans la tranche 50 à 60€ maxi, et de créer une dynamique via des communautés d’acteurs (blogs, associations, évènements, etc) soutenus par HP.
    Ce produit devrait disposer de passerelles (compatibilité logiciel, programmation, interfaces, etc) vers le produit haut de gamme qu’est la HP PRIME, afin de faciliter un éventuel passage vers cette calculatrice pour les utilisateurs ou utilisatrices qui le souhaitent.
    Je suis un ancien passionné des calculatrices HP, à l’époque où HP régnait en maître dans ce domaine par les innovations et performances de ses calculatrices pour chercheurs et ingénieurs.
    Un nouveau produit à vocation « populaire » chez HP serait le bienvenu.

    Dans l’attente d’une éventuelle réponse.
    Merci à vous et à Mme PELLOUX.
    Kamel BELAMINE

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