Le blog de Jean-François FIORINA

L’intégration des compétences dans un programme de formation : 5 points clé qui vont tout changer

nouvelles compétences, compétences du 21e siècle

Il y a un mois, la CEFDGCommission d’évaluation des formations et diplômes de gestion, lors de son webinaire annuel annonçait aux écoles qu’elles devraient désormais faire figurer dans leur dossier d’évaluation les actions entreprises qui témoignent de leur engagement dans la démarche « Orientation Compétences ». Elle n’est pas nouvelle puisqu’elle est à la base des titres RNCP de France Compétences et, comme le rappelle la CEFDG dans une note, cette orientation compétence découle de la loi Pénicaud du 5 sept 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».

Même si cette approche présente de nombreux avantages, elle n’est pas sans conséquences, pour nous, écoles de management. J’ai identifié 5 changements qui vont nous impacter dans différents domaines :

  1. La nécessité d’une logique métier 

Les formations doivent conduire à un métier. C’est de toute façon la motivation principale des étudiants à rejoindre une école de management. Une évidence pour des formations spécialisées qui l’est moins pour des programmes généralistes conduisant à une large palette de métiers.

Le challenge sera de faire de la prospective en identifiant les nouveaux métiers qui ne vont pas manquer d’arriver dans les années à venir.
Nous devrons également tenir compte de l’évolution des métiers actuels due à la transformation digitale, par exemple.

  1. La question du référentiel

Point sensible. Devrons-nous nous inspirer de référentiels déjà existants — et qui sait d’autres définis par des établissements concurrents !  — ou pourrons nous créer nos propres référentiels nous permettant de bien valoriser le profil type d’un étudiant de notre école ?

La réponse selon moi se situera à deux niveaux :

  • des référentiels standards pour les grandes fonctions de l’entreprise,
  • et des référentiels spécifiques pour des métiers spécialisés liés à l’expertise de l’établissement qui les délivre.

Cela supposera en amont une activité de veille et de relations avec les entreprises pour bien définir ces référentiels.
D’ailleurs, la CEFDG suggère la création d’observatoires métiers en lien avec le territoire. Ce lien avec le territoire devient un critère discriminant, nous « obligeant » à formaliser notre politique de site et de partenariat à l’échelon local.

  1. Le rôle accru de l’innovation pédagogique 

Il va falloir mettre en musique ce référentiel et là les écoles vont devoir faire preuve de créativité pédagogique. Ce sera je le pense, également, un élément de différenciation. Quand je l’explique, je prends l’exemple de l’émission Top chef : tous les cuisiniers partent de la même matière à travailler et c’est ensuite, en fonction de leur créativité — et génie pour certains —, que l’on déguste on non, à la fin, un très bon plat… ou pas.

Cette innovation pédagogique doit s’appréhender dans la globalité puisqu’il faudra y intégrer les évaluations, plutôt les modalités de certification. La technologie (IA, VR) devrait permettre aux équipes de se faire plaisir !

  1. Un développement vers le Life Long Learning

Comme nous aurons une base de compétences, nous pourrons nous en servir pour les proposer – sur un modèle économique à définir – aux alumnis ou à des cibles extérieures dans une logique de « up skill and reskill » (j’aime bien cette expression). Ce Life Long Learning est en ce moment le thème à la mode dans toutes les conférences de business-schools.

  1. Un double pilotage, dans une logique programme de formation (conduisant à un diplôme) et de certification (conduisant à une attestation). Bien que complémentaires, les 2 obéissent à des logiques différentes, notamment dans la traçabilité des parcours des étudiants et l’établissement des différents documents.

    Pour moi qui suis dans ce métier depuis pas mal d’années, j’ai pu observer l’évolution des programmes de formation. Je constate qu’ils sont devenus à l’heure actuelle de véritables éco-systèmes (pour rappel, relire mon récent post sur les b-schools et leurs éco-systèmes) que j’ai synthétisé dans l’infographie ci-dessous avec le rôle stratégique du directeur de programme. On entre dans la mécanique de haute précision !

schéma de la programmation de formation

L’ÉCOSYSTÈME « PROGRAMME DE FORMATION »

À suivre !

Les 7 révolutions de l’école du futur : (1) les écosystèmes

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.