Quelle différences entre une classe inversée et une classe renversée ? Cliquez sur ce lien pour le découvrir à travers ce dossier de la Délégation d’Accompagnement à la Créativité, l’Ingénierie et la Pédagogie (DACIP) de l’Université de Lorraine : Classes-inversees-et-renversees
Dans le domaine des pédagogies dites actives (pléonasme puisqu’une pédagogie qui est littéralement le fait d’accompagner un apprenant est donc normalement active), différents concepts se distinguent par leur capacité à transformer les pratiques habituelles d’enseignement. Parmi eux se trouvent les méthodes collaboratives de la classe « inversée » et la classe « renversée ». Ces deux approches ne sont pas totalement distinctes, mais plutôt deux variantes d’une même philosophie pédagogique visant à rendre les élèves un peu plus « acteurs » et non simplement consommateurs de leur apprentissage. La classe renversée est d’ailleurs considérée comme un type particulier de classe inversée (dixit Marcel LEBRUN), où la collaboration entre pairs atteint juste son paroxysme. A leurs façons, classes inversées et renversées incarnent une version innovante de l’enseignement, que l’on pourrait qualifier de pédagogie collaborative, en recentrant les rôles des enseignants et des apprenants autour de la co-construction des savoirs.
Dans sa forme classique, la classe inversée, aussi appelée « flipped classroom », redistribue les rôles entre le cours magistral et les devoirs. Les savoirs sont externalisés et transmis par le biais de ressources numériques (capsules vidéo, articles, podcasts), que les élèves explorent en autonomie, souvent à distance. Ils peuvent le faire à la maison ou à l’école dans des temps hors-cours. En classe inversée, le temps est consacré à des activités interactives et pratiques comme les débats ou la résolution de problèmes, permettant d’approfondir les notions abordées en amont. L’enseignant agit alors comme un facilitateur, guidant les discussions et ciblant les points essentiels à maîtriser, tandis que les élèves développent non seulement des compétences disciplinaires mais aussi des compétences transversales telles que l’autonomie, l’esprit critique et la collaboration. Cette approche est appréciée pour sa capacité à différencier les apprentissages et à favoriser une participation active en classe, mais elle demande une communication claire et un accompagnement structuré pour surmonter les réticences initiales des apprenants. Elle nécessite aussi que les élèves soient capables de travailler seuls ou en groupe, mais sans le professeur, ce qui est loin d’être évident pour tous.
De son coté, la classe renversée pousse encore plus loin cette dynamique participative. Appartenant à la typologie des classes inversées (le type 2 de Marcel LEBRUN) elle se distingue néanmoins par le fait que les élèves ne reçoivent aucun contenu du cours par l’enseignant. Ce dernier leur propose juste un cadre où les apprenants deviennent les créateurs et les diffuseurs du contenu pédagogique. La méthode est basée sur l’adage qui prétend que « la meilleure façon d’apprendre est d’enseigner ! ». Les élèves doivent alors rechercher, élaborer et diffuser les concepts du cours, tout en développant une compréhension approfondie de leurs notions grâce à cette implication active. L’enseignant, quant à lui, joue le rôle de facilitateur ou d’ »élève candide », posant des questions pour susciter des débats et structurer les apprentissages. Cette approche repose sur un haut degré d’autonomie des apprenants, tout en renforçant leur capacité à collaborer, à communiquer et à organiser leur travail. Elle s’inscrit donc parfaitement dans la philosophie collaborative des classes inversées, où l’objectif est de transformer les apprenants en co-auteurs de leur savoir.
En définitive, ces deux adjectifs (« inversée » et « renversée ») ne désignent pas des méthodologies très différentes, mais des déclinaisons de pédagogies collaboratives. Si la classe inversée classique met l’accent sur l’exploration individuelle en amont et la mise en pratique en classe, la classe renversée repose entièrement sur la dynamique collective et l’autonomisation des étudiants pour produire et partager les savoirs. Ces approches exigent des enseignants une préparation rigoureuse et une communication transparente pour garantir leur réussite. Cependant, elles ouvrent la voie à un apprentissage interactif et participatif, en plaçant les élèves au centre du processus et en redéfinissant les rôles traditionnels dans l’enseignement. Ensemble, elles illustrent une pédagogie du partage et de l’engagement, où enseigner devient un acte collectif enrichi par la diversité des contributions.

