Comment innover en pédagogie par les méthodes de codesign ? Très certainement en utilisant des approches qui ne sont pas seulement utiles pour la résolution de problèmes en milieu professionnel, mais qui peuvent le devenir aussi dans l’éducation. Les méthodes de travail co-élaboratif (codesign) sont de véritables sources d’inspiration pour les enseignants à la recherche de nouvelles idées pour faire évoluer leurs pratiques pédagogiques. Elles leur permettent, au travers d’ateliers collaboratifs, d’échanger sur leurs pratiques, puis d’imaginer ensemble de nouveau scénarios pédagogiques afin de résoudre les problèmes qu’ils rencontrent en classe. Les exercices pratiqués lors de ces ateliers de codesign sont transposables en classe, ce qui les rend doublement performants, pour peu que l’on sache les adapter au contexte, c’est à dire au niveau d’étude des élèves et à la nature de la matière enseignée.
Merci à Natalie SARRASIN, Maître d’enseignement, Conseillère pédagogique à la Haute Ecole de Gestion (HEG) de Sierre (Suisse) et Présidente de la Section suisse de l’AIPU (Association Internationale de Pédagogie Universitaire) pour m’avoir invité à animer ce webinaire dans lequel j’aborde cela avec des exemples tirés d’ateliers pédagogiques que j’anime pour des enseignants, mais aussi de ma classe renversée dans laquelle je les utilise.
Ci-dessous, la vidéo de mon intervention :
Le codesign repose sur l’idée que les utilisateurs (ici, les enseignants et les élèves) travaillent ensemble à la création de solutions. En pédagogie, cela peut se traduire par le fait de centrer sur l’expérience de l’apprenant : on évalue les besoins réels des élèves, c’est à dire leurs difficultés, leurs envies, leurs styles d’apprentissage, avant de concevoir une activité appropriée, celle de prototyper des dispositifs. Plutôt que préparer une séquence “parfaite” (le cours que l’on a l’habitude de dispenser), on peut tester de nouvelles activités comme un exercice collaboratif, l’usage d’un outil numérique, une méthode de travail inspirée d’une autre matière et l’améliorer avec les retours des élèves. Le codesign permet surtout de favoriser l’itération : accepter que l’enseignement se construit par ajustements successifs, comme dans un projet de design. Ces méthodes permettent de rendre l’enseignement plus collaboratif car le codesign se montre efficace en classe pour impliquer les élèves dans la conception même des activités. Par exemple, on peut leur demander ce qui rend un exercice motivant, ou comment ils aimeraient aborder un thème. On peut aussi construire avec eux des ateliers collaboratifs (post-it, cartes d’idées, Lego® Serious Play®, canvas simplifiés…) pour réfléchir ensemble aux solutions d’un problème. Par exemple : “Comment rendre les révisions plus efficaces ?”. On peut aussi travailler en co-évaluation pour inviter les élèves à définir collectivement les critères de réussite d’un projet ou d’une production. Enfin, ces méthodes sont de véritables sources d’inspiration pour les enseignants. Ce qui fonctionne entre eux peut souvent se transposer avec les élèves, à condition d’adapter, c’est à dire de simplifier les outils. Les élèves n’ont pas toujours l’habitude de pratiquer cela, mais les formats ludiques (dessins, métaphores, jeux de rôle) fonctionnent très bien. On peut aussi valoriser la co-création de contenu, comme cela est fait dans les classes renversées où les élèves deviennent acteurs de leurs apprentissages, ce qui renforce leur engagement et leur sentiment d’appartenance à la classe. Enfin, les enseignants peuvent les inviter à travailler sur des problématiques authentiques en utilisant le codesign pour résoudre des défis pédagogiques, ce qui les motive particulièrement car reliant pour eux la théorie au terrain. En conclusion, ces méthodes s’avèrent inspirantes pour l’enseignement car elles permettent de passer d’un modèle transmissif à un modèle plus participatif, où les élèves co-construisent leurs apprentissages avec l’enseignant, la clé de leur réussite étant d’adapter leurs formats pour qu’ils restent accessibles, concrets et motivants.