De la créativité à l'innovation

Archives par auteur: Jean-Charles Cailliez

L’IAGogie, vers une nouvelle pédagogie collaborative !

Et si l’intelligence artificielle générative (IAG) devenait un partenaire pédagogique à part entière ? Il y a presque deux ans, j’avais utilisé dans ce blog le terme de « pairagogie » pour qualifier ma classe renversée, un modèle d’apprentissage fondé sur l’entraide entre étudiants, c’est-à-dire entre pairs ayant par définition des niveaux de compétences et de connaissances comparables. En décrivant cette pédagogie collaborative, mise en place en 2013 à la FGES, je me suis rendu compte que j’appliquais ce principe sans le nommer. A l’opposé des méthodes académiques où l’enseignant reste la source principale du savoir, ce sont mes étudiants qui construisent eux-mêmes le contenu du cours jusqu’à rédiger les questions d’examen s’y rapportant. Un apprentissage par les pairs, en somme, pratiqué sans être pour autant qualifié de pairagogique. Mais un événement est venu changer la donne ces dernières années avec l’arrivée de l’intelligence artificielle générative (IAG) puisqu’elle aide aujourd’hui considérablement mes étudiants dans ce travail collaboratif. Une réflexion m’est donc venue : pourquoi limiterais-je cette dynamique collaborative aux apprenants ? Pourquoi ne pas considérer que l’IAG soit plus seulement un outil technologique, mais aussi un « collaborateur » qui contribue au travail d’équipe ? A condition bien sûr que mes étudiants… Savoir plus >

L’intelligence, vous la pensez artificielle ?

L’intelligence, vous la pensez artificielle ? Ci-joint un article de Francis DEPLANCKE dans le magazine OPENLAB (n°14) de l’Université Catholique de Lille. Lien sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/recherche-uclille/posts/?feedView=all Depuis le lancement de ChatGPT par OpenAI en novembre 2022, les Intelligences Artificielles Génératives (IAG) se sont fait une large place parmi les outils utilisés dans l’enseignement et les apprentissages. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, 79 % des étudiants utilisent l’intelligence artificielle au moins deux fois par mois dans le cadre de leurs études (34 % tous les jours). Les enseignants sont, pour leur part, 64 % à l’utiliser au moins deux fois par mois à des fins professionnelles (21 % tous les jours) – Étude de 2025. Quel est l’impact de cet usage massif des IA sur les formations, les apprentissages et l’acte même d’éducation ? Comment accompagner cette révolution ? Jean-Charles CAILLIEZ et Antoine BLONDELLE, Vice-Présidents « IA et Éducation » de l’Université catholique de Lille, partagent leurs expériences, leurs questionnements et leurs convictions sur ces sujets. Jean-Charles CAILLIEZ : « Hacker pédagogique », manager de l’innovation, enseignant-chercheur à l’interface entre le monde de l’éducation et celui des entreprises, Jean-Charles Cailliez, professeur de biologie cellulaire et moléculaire, est titulaire d’une HDR, d’un Doctorat en Sciences… Savoir plus >

L’IA en formation : alliée de l’inclusion ou fausse bonne amie ?

L’usage de l’IA en formation : comment l’IA peut répondre aux besoins des apprenants en situation de handicap ? On en parle partout, on l’utilise parfois sans le savoir, mais comment l’intelligence artificielle générative (IAG) peut-elle vraiment transformer nos pratiques de formation, notamment pour les apprenants en situation de handicap ? C’est la question à laquelle j’ai essayer de répondre lors de cet entretien avec Ressource Handicap Formation Hauts-de-France.  Un outil qui personnalise l’apprentissage. Les IAG bouleversent la manière dont nous apprenons. Elles proposent à l’apprenant de nouveaux chemins. Concrètement, un élève ou un étudiant porteur de troubles DYS peut demander aux IAG de transformer un cours dense en schéma visuel. Un enseignant, un formateur peut, de son côté, retravailler un support pour le rendre plus accessible : extraire les idées clés, décomposer une information complexe en étapes simples. Les IAG permettent ainsi d’individualiser la transmission des connaissances pour un meilleur apprentissage. Autre avantage non négligeable : elles ne portent pas de jugement. Aussi l’apprenant peut gagner en confiance en osant leur demander ce qu’il veut, comme il veut et quand il veut. Mais attention aux illusions. On peut quand même tempérer avec une image que j’aime bien, celle d’imaginer… Savoir plus >

Ma classe renversée, je l’aime… moi non plus !

Comme tous les ans, je conclus ma classe renversée par une enquête de satisfaction auprès de mes étudiants. Ce dernier semestre, 42 d’entre eux ont expérimenté ce format pédagogique dans mon cours de génétique moléculaire fondé sur le travail collaboratif, l’autonomie, la recherche d’information et la co-construction du cours. À travers leurs retours de fin de semestre, détaillés dans ce post, une tendance forte se dégage : cette pédagogie ne laisse personne indifférent. Beaucoup d’entre eux ont apprécié sortir du cadre du cours magistral classique. Plusieurs évoquent un cours « vivant », « dynamique » ou encore « stimulant », capable de maintenir leur attention même à 8 heures du matin ! Bien sûr, il y a aussi de nombreux ponts d’insatisfaction, mais c’est le principe d’une évaluation objective, la seule permettant de faire mieux la prochaine fois. Le fait de devenir acteurs de leurs apprentissages semble avoir profondément changé leur rapport à la matière. Certains expliquent même avoir redécouvert la génétique moléculaire grâce à cette approche plus interactive. Le travail en groupe apparaît comme l’un des piliers les plus appréciés du dispositif. De nombreux étudiants soulignent avoir appris à collaborer avec des camarades qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Cette… Savoir plus >

Comment transformer sa créativité en innovation ?

Comment transformer sa créativité en innovation ? Les enseignants ont-ils ce pouvoir ? La créativité est devenue un leitmotiv dans le monde de l’enseignement, mais elle ne se transforme pas toujours en innovation pédagogique. Passer de l’idée à sa réalisation n’est pas chose facile ! Beaucoup d’enseignants ont des idées originales, mais hésitent à les mettre en œuvre de manière structurée, que ce soit par peur ou par manque de temps, de moyens. L’innovation, quant à elle, naît lorsque cette créativité. Elle répond réellement à un besoin d’apprentissage identifié. C’est ce passage du simple « j’aimerais essayer cette idée » au « je résous un problème concret en mettant en place une expérience » qui fait toute la différence. Pour franchir ce cap, il faut donc accepter d’expérimenter, se lancer, même à petite échelle. Les premiers essais servent de prototypes, comme dans une démarche de design thinking. Ce processus permet de tester, ajuster et améliorer continuellement l’idée initiale… tout simplement à la transformer en innovation ! Ma classe renversée illustre parfaitement ce cheminement. Face à la passivité de certains de mes étudiants, les ayant transformer en consommateurs passif de mon cours magistral, j’ai imaginé de renverser totalement mon scénario pédagogique…. Savoir plus >

Innover en pédagogie par le codesign !

Comment innover en pédagogie par les méthodes de codesign ? Très certainement en utilisant des approches qui ne sont pas seulement utiles pour la résolution de problèmes en milieu professionnel, mais qui peuvent le devenir aussi dans l’éducation. Les méthodes de travail co-élaboratif (codesign) sont de véritables sources d’inspiration pour les enseignants à la recherche de nouvelles idées pour faire évoluer leurs pratiques pédagogiques. Elles leur permettent, au travers d’ateliers collaboratifs, d’échanger sur leurs pratiques, puis d’imaginer ensemble de nouveau scénarios pédagogiques afin de résoudre les problèmes qu’ils rencontrent en classe. Les exercices pratiqués lors de ces ateliers de codesign sont transposables en classe, ce qui les rend doublement performants, pour peu que l’on sache les adapter au contexte, c’est à dire au niveau d’étude des élèves et à la nature de la matière enseignée. Merci à Natalie SARRASIN, Maître d’enseignement, Conseillère pédagogique à la Haute Ecole de Gestion (HEG) de Sierre (Suisse) et Présidente de la Section suisse de l’AIPU (Association Internationale de Pédagogie Universitaire) pour m’avoir invité à animer ce webinaire dans lequel j’aborde cela avec des exemples tirés d’ateliers pédagogiques que j’anime pour des enseignants, mais aussi de ma classe renversée dans laquelle je les utilise. Ci-dessous,… Savoir plus >

L’IA rend plus intelligent… si on ne s’en sert pas bêtement !

L’intelligence artificielle générative (IAG) rend plus intelligent si on ne s’en sert pas bêtement. En effet, il s’agit de faire fonctionner ses neurones et non de consommer passivement ce qu’elle produit sans en contrôler la véracité. Cela évite de prendre pour argent comptant les informations ou affirmations erronées qui risquent de nous rendre plus bête aux yeux de tous lorsqu’on les relaie. Alors comment faire pour ne pas tomber dans le piège de la facilité et comment faire surtout si l’on est enseignant et que nos élèves l’utilisent aussi souvent maintenant ? Peut-être dans un premier temps se dire que dialoguer avec une IAG, c’est comme discuter avec quelqu’un particulièrement instruit, dont on pense que les connaissances sont infinies, mais qui ne sait pas forcément bien les utiliser. C’est comme discuter avec un « sachant » fréquemment faillible, approximatif, biaisé, et surtout limité par la manière dont on l’interroge. Cela dit, il en est de même lorsque l’on échange avec un être humain, pouvant lui aussi commettre des erreurs ou avoir des difficultés à bien mobiliser ses connaissances. Quelles sont donc alors les bonnes façons d’interagir avec une IAG, le faire intelligemment et non bêtement ? Faire en sorte que… Savoir plus >

Qu’IA écrit ça… elle ou toi ?

Q’IA écrit ça ? L’intelligence artificielle ou toi ? Quel est l’auteur, l’autrice de cet article, de ce commentaire, voire pour un élève ou un étudiant de cette copie ? Aujourd’hui, avec l’utilisation presque quotidienne de l’intelligence artificielle générative (IAG), il est normal de se poser la question. Lorsque quelqu’un utilise l’IAG pour écrire un texte, voire l’améliorer, peut-on considérer qu’il en soit le véritable auteur ? Pour l’enseignant, une autre question se pose : comment vais-je différencier lors de mes évaluations ce qui relève exclusivement de la production de l’élève de ce qu’il a écrit avec l’aide de l’IAG ? Voyons différents points de vue : Sur le plan juridique, une œuvre protégée par le droit d’auteur suppose une création humaine originale. Ainsi, une production générée exclusivement par une IAG n’est pas considérée comme ayant un « auteur » au sens légal. Dès lors qu’une personne utilise l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la rédaction, que ce soit pour s’inspirer, rédiger, reformuler, corriger, suggérer, structurer son texte (entre nous et qui ne va pas vous surprendre, ce que je fais régulièrement), c’est bien elle qui en reste l’auteur, car elle est à l’origine des choix, de l’orientation, et du… Savoir plus >

Interdire l’IA dans les mémoires… une fausse bonne idée !

Interdire l’usage de l’intelligence artificielle dans un mémoire, c’est comme interdire Internet en 2025. C’est ignorer la réalité du monde dans lequel vivent et apprennent nos étudiants, dans lequel travaillent déjà les enseignants et les administratifs de nos écoles et autres établissements éducatifs. Depuis peu et cela ne s’arrêtera pas, l’intelligence artificielle générative (IAG) transforme notre manière d’enseigner. Elle bouleverse aussi profondément nos méthodes d’évaluation. C’est d’ailleurs dans ce domaine que les enseignants la craignent le plus ! Imaginer qu’un étudiant travaille, voire rédige, seul maintenant sans se faire aider par ChatGPT, Perplexity, Copilot, Mistral ou tout autre outil d’IAG, relève de la pédagogie fiction. Tous les enseignants, en fonction de leur maîtrise actuelle de ces outils, n’en ont pas encore pris conscience, bien qu’on leur dise que ce n’est pas en fermant les yeux que l’on protégera l’intégrité de nos formations et des diplômes vers lesquels elles mènent. La vraie question n’est pas : faut-il interdire l’IA ? Mais plutôt : comment l’apprivoiser jusqu’à adapter nos évaluations à son existence ? Plutôt que de l’ignorer, il s’agit de permettre aux étudiants d’utiliser l’IAG pour leurs productions, mais pas n’importe comment. En l’occurrence, qu’ils choisissent des outils adaptés, qu’ils apprennent… Savoir plus >

Aide-toi et l’IA t’aidera !

Peut-on se faire aider par l’IA quand on ne comprend pas tout ? Que l’on soit dans son cadre de travail ou encore à l’école, la question peur se poser chaque jour. Bien sûr, il est démontré que c’est dans son domaine de compétences et dans son champ de connaissance que l’on obtient la meilleur aide de l’intelligence artificielle générative car il nous est plus facile de déceler les erreurs qu’elle produit, mais doit-on se limiter à cet usage ? Par exemple, si on a des difficultés à comprendre des notions que l’on découvre, comment se faire aider par l’IA de manière efficace ? C’est la situation dans laquelle se retrouvent très fréquemment mes étudiants, ceux qui suivent mes cours de génétique ou de biologie cellulaire, et qui peuvent avoir des problèmes de compréhension, malgré toute l’énergie que je déploie au service de leurs apprentissages. Depuis deux ans déjà, ils se font aider par les IA, ChatGPT en tête de liste, qu’ils sollicitent pour m’assister dans ma tâche de transmetteur de savoir.  Cela leur permet de mieux comprendre les notions abordées en cours ou lors des exercices de classe renversée, plus collaboratifs. Pour cela, la meilleure façon d’utiliser l’IA afin… Savoir plus >