De la créativité à l'innovation

Archives de mots clés: Enseignement

La programmite… un syndrome qui freine l’innovation pédagogique !

Les dessins sont de mon complice et ami Charles Hénin (30 novembre1942 – 29 décembre 2023) Il parait qu’il existe un syndrome, pour ne pas dire une maladie, qui empêche les enseignants d’innover, tout au moins qui peut leur poser des problèmes quand ils envisagent de transformer en profondeur leur manière d’enseigner. On parle ici de la « programmite » ! Un néologisme inspiré du monde médical et dont j’assume, de par mon profil de biologiste, être plutôt inspiré. Définir cette pathologie imaginaire consisterait à décrire un état dans lequel se trouverait un enseignant ayant comme principale obsession de respecter à 100% le programme de son enseignement et par conséquent à transmettre 100% des connaissances qu’on lui demande de dispenser dans un temps imparti, celui des heures de cours en classe. Ainsi, pour cet enseignant discipliné, aussi respectueux de la règle que de leurs consignes, imaginer ne transmettre que 90 à 95% du programme pourrait être considéré comme un faute professionnelle. Il faut absolument que toutes les notions du cours soient abordées en classe et tant pis si tous les élèves ne sont pas capables de les assimiler quitte à oublier cette maxime attribuée à Montaigne qui prétend qu’il vaut mieux une… Savoir plus >

Innover en pédagogie, une question de posture !

A l’occasion d’un webinaire organisé par La Fabrique de CANOPE le 28 mars 2022 et qui était intitulé : « Innover en pédagogie, une question de posture !« , une centaine d’enseignants et de formateurs a pu suivre ma conférence à ce sujet et me poser leurs questions. Dans ce blog, je réponds à certaines d’entre elles, celles auxquelles je n’ai pas eu le temps de répondre en direct, non pas pour apporter une « bonne » réponse, mais plutôt pour susciter le débat à partir de ma perception personnelle, elle-même sujette à controverse, ce que je vous invite à faire ici. Le teaser de ma conférence était : Innover en pédagogie, cela ne veut pas dire « faire du neuf ». Ce n’est pas non plus un but en soi. Innover en pédagogie est un état d’esprit. On innove pour ses apprenants avec un objectif précis, mais surtout on innove avec eux, en les impliquant jusque dans la transformation de la méthodologie. Il s’agit donc bien d’une question de posture. Des illustrations seront données à partir d’expériences menées dans le cadre de pédagogies collaboratives, dont ma classe renversée, qui permettent aux participants du webinaire de s’inspirer pour innover dans leurs propres pratiques pédagogiques…. Savoir plus >

Comment développer sa créativité et celles de ses étudiants ? … en s’inspirant du design thinking !

Les enseignants sont-ils créatifs ? Ont-ils besoin de l’être d’ailleurs ? Sont-ils capables de développer la créativité de leurs étudiants ? Peut-être, mais à quoi cela sert-il ? Voilà des questions qui ne se posent guère en temps habituel dans le monde de l’éducation, notamment celui de l’université, qui a toujours eu plus de facilité à solliciter l’hémisphère gauche au profit du droit. En effet, très peu de professeurs ne se demandent vraiment pourquoi la créativité devrait-elle être stimulée dans les activités de leurs cours qui consiste essentiellement à transmettre des connaissances pour que d’autres puissent les acquérir ? Anyway, il suffit de se prolonger dans ce très superbe document (être un enseignant créatif, développer la créativité des étudiant-e-s), un nouveau Cahier du Louvain Learning Lab. (N°5-2019)publié récemment sous la direction de Nathalie KRUYTS et illustré par Benoît RAUCENT (PUL Presses Universitaires de Louvain), pour se rendre compte que le développement de cette compétence est essentiel aux processus d’apprentissage et à l’engagement des étudiants et qu’il est possible de la stimuler grâce à de nombreux outils et méthodes. Un guide pratique en l’occurrence ! Cet ouvrage de 52 pages, très agréable à lire et « augmenté » de manière interactive vers du… Savoir plus >

Comment innover dans l’enseignement supérieur ? Un ouvrage de référence de Denis BERTHIAUME et Nicole REGE COLET pour accompagner vos pratiques pédagogiques et expérimenter !

Comment innover dans l’enseignement supérieur ? Comment motiver ses étudiants et les accompagner efficacement dans leurs apprentissages ? Comment rendre ses cours plus intéressants ? Comment utiliser efficacement les nouvelles technologies ? Comment favoriser le travail en équipe des étudiants ? Comment mieux les évaluer ? Comment mieux les noter ? Comment finalement faire preuve de créativité pour innover dans son enseignement et améliorer ses pratiques pédagogiques ? Voici très certainement la solution grâce à cet ouvrage remarquable codirigé par Denis BERTHIAUME (consultant en développement de l’enseignement supérieur) et Nicole REGE COLET (directrice de l’Institut d’Innovation et de Développement Pédagogiques de l’Université de Strasbourg) aux Editions Peter LANG et intitulé : La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques (tome 1 : Enseigner dans le supérieur).   Ce premier tome, car suivi d’un second volume portant sur leur développement professionnel, s’adresse en priorité aux enseignants et conseillers pédagogiques de l’université ou des grandes écoles. C’est un livre qui peut se lire d’une traite, mais pas forcément en fait car il est organisé en 20 chapitres, les auteurs parlant d’une vingtaine d’îles à visiter, un archipel au pays de l’innovation pédagogique, que l’on peut découvrir comme on le souhaite ! Donc pas forcément dans l’ordre. Ces chapitres qui sont très agréables à lire… Savoir plus >

Et si l’on enseignait le smurtz à l’université ? Quand l’innovation pédagogique se décloisonne !

Texte complet en format PDF et avec illustrations téléchargeable en cliquant sur :  Et si on enseignait le smurtz à l’université Remarque : A voir en cliquant sur ce lien le film de l’atelier de Smurtz organisé à Lille le 25 novembre 2015 L’innovation pédagogique se focalise sur deux objectifs majeurs, celui d’enseigner différemment de manière à améliorer les capacités d’apprentissage et celui d’intéresser davantage les élèves dont les profils changent de manière continuelle. On la limite donc souvent aux nouvelles méthodes d’enseignement, celles qui permettent de transmettre des connaissances ou de développer des compétences dans les mêmes matières, mais de manière différente. Cette vision nous amène à privilégier l’utilisation des outils numériques et des méthodes d’apprentissage qui rendent les apprenants plus actifs. Cela est nécessaire, mais peut-on aller plus loin ? Peut-on imaginer que l’innovation pédagogique puisse aussi nous amener à inventer de nouveaux enseignements, de nouvelles matières, de nouveaux modules, de nouveaux cursus ? Peut-on imaginer qu’elle nous entraine vers la création de matières pluri- voire trans-disciplinaires et dans lesquelles interviendraient ensemble des enseignants de domaines scientifiques très différents ? Difficile au collège ou au lycée en raison de la « rigidité » des programmes et de celle des examens nationaux, mais certainement… Savoir plus >

PédagoCh’ti ! Un nouveau regard sur une pédagogie universitaire innovante.

Merci à Antoine TALY (Centre de Recherche Interdisciplinaire, Université de Paris Descartes) pour sa visite à Lille, jeudi 20 mars 2014, dans mon cours de Génétique moléculaire en « Do it Yourself » et à son regard avisé que vous pouvez lire ci-dessous : Texte consultable sur le blog d’Antoine TALY : http://antoinetaly.wordpress.com/2014/03/25/pedagochti/ Aujourd’hui je voudrais rendre compte de la visite que j’ai faite la semaine dernière dans le cours de Jean-Charles Cailliez. Cette visite fait suite à la visite de Jean-Charles dans un de mes cours de biologie en L1 le mois dernier. Elle est destinée à observer ce cours en DIY et tenter d’en déterminer les ressorts pour pouvoir l’importer/adapter. Je dois dire que j’étais déjà enthousiaste avant même mon observation, comme en témoigne le cours de (bio)informatique débuté récemment en L2. Comme je l’avais fait lors de la visite de la classe de Marc Berthou j’avais décidé de baser une partie de mon analyse sur la taxonomie de Bloom (voir par exemple cette image de Claire Marotine). Pour ce faire j’ai utilisé un tableau comme celui ci.

Quels nouveaux défis pour l’éducation ? Il suffit de savoir compter jusqu’à sept !

Peut-on enseigner sans se poser la question de l’éducation ? Quel sens donner à son métier d’enseignant qui dépasse celui de transmettre ses connaissances ? Peut-on se mettre au service de l’homme et de la société en enseignant ? Comment agir pour que nos modes d’éducation soient davantage liés aux attentes de l’humanité ? Vastes questions auxquelles il n’est pas facile de répondre, mais sur lesquelles on peut néanmoins se pencher. En découvrant l’ouvrage d’Edgar MORIN, « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur » (Editions SEUIL, 2000), dont je m’étonne qu’il ait bientôt quinze ans, je me suis laissé guider par quelques inspirations en lien avec ma pratique de l’enseignement. C’est un exercice similaire à celui que j’avais entrepris avec la « cinquième discipline » de Peter SENGE (Edition FIRST, 1991) qui m’avait fait imaginer de nouveaux modes de management dans le monde de la recherche. Chose curieuse ou pas, on constate avec une certaine évidence qu’il existe un grand nombre de croisements entre les sept savoirs et les cinq disciplines. A vous de juger !

L’interro inversée… quand les étudiants posent les questions et notent le prof !

Imaginez que l’on inverse les rôles et que ce soit aux étudiants d’évaluer les profs ? Je ne parle pas d’évaluation de la qualité de leurs enseignements, mais bien de leurs connaissances ! En d’autres termes, imaginez que des étudiants rédigent eux-mêmes une interrogation écrite ou un devoir surveillé en lien avec leur cours et qu’ils construisent en même temps le barème. Ils pourraient alors interroger leur professeur… et même le noter sur 20. Ce serait le monde à l’envers ! Et bien, l’expérience a été tentée cette semaine à la Faculté des Sciences et Technologies de l’Université Catholique de Lille avec des étudiants en troisième année de licence de biologie dans le cadre du cours de génétique moléculaire en DIY (http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2013/11/25/do-it-yourself-et-serious-game-pour-une-pedagogie-innovante-a-luniversite). On leur a demandé de formuler des questions à 5 points avec un barème de leur choix. Les questions ont été rédigées par 6 groupes construisant chacun 2 chapitres du cours. Charge au professeur, en l’occurrence votre humble serviteur, de répondre à ces questions et de rendre sa copie à l’ensemble de la classe. L’interro inversée… plus fort que la classe inversée ! Angoisse de l’attente de la note pour celui qui avait plutôt l’habitude de corriger ses copies et non de les rédiger. Les… Savoir plus >

Avec l’interro « 100% DIY », les étudiants se débrouillent seuls. Plus besoin du prof !

Peut-on imaginer une interrogation en début de cours, sans que le professeur n’intervienne, ni pour le choix ou la formulation des questions, ni pour la construction du barème, ni pour la surveillance de l’épreuve, ni pour la correction des copies ? Bref, seulement pour récupérer les notes ! L’expérimentation a eu lieu le jeudi 23 janvier 2014 à la Faculté Libre des Sciences et Technologies (FLST) de l’Université Catholique de Lille lors du cours de Génétique moléculaire en « Do It Yourself » en licence 3.

Comment faire son cours de biologie moléculaire en DIY ?

Dans un message précédent, je vous ai décrit un projet de cours de biologie moléculaire par méthode de DIY et serious game : http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2013/11/25/do-it-yourself-et-serious-game-pour-une-pedagogie-innovante-a-luniversite. Découvrez ci-dessous les consignes relatives à ce cours et la méthodologie plus en détail.