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La guerre des tout petits mondes : le CNRS dégaine les « key-labs »

Sous pression budgétaire et politique, dépourvus de projet stratégique enthousiasmant, peinant à s’adapter au XXIe siècle, et privés des arbitrages d’un ministère trop occupé par les changement de gouvernement, les acteurs de l’ESR sont plus que jamais en tension. C’est dans ce contexte qu’Antoine Petit (PDG du CNRS depuis 2018) a décidé d’annoncer la concentration des moyens du CNRS sur un quart des UMR. Cette décision suscite beaucoup d’émoi et d’incompréhension. Peut-être n’est-elle que l’émanation d’une bureaucratie idéologisée, de moins en moins en lien avec la recherche ?

C’est lors de la convention des directrices et directeurs des unités, jeudi 12 décembre 2024, qu’Antoine Petit a fait son annonce, rapportée par AEF et NewsTank. Il existait des bruits de couloir à propos d’« UMR 5 étoiles », des laboratoires sélectionnés pour être mieux traités que les autres. Finalement, ce sera des « key labs », mais l’idée est identique : donner « à certains laboratoires, environ 25 % des UMR dont l’organisme a la tutelle, le qualificatif de key labs », qui auront un « accompagnement renforcé »

L’annonce est unanimement désapprouvée par la communauté.

Dès le lendemain de l’annonce, les réaction s’enchaînent :

On aurait tort de sous-estimer la violence du communiqué de ce conseil scientifique, d’habitude feutré. Il soulève l’hypothèse que le projet comme la sélection des unités ne se sont pas faits sur des bases scientifiques, et laisse entrevoir qu’à la défiance de la base mesurée par l’ADL s’ajoute une crise majeure au plus haut niveau du CNRS, à une augmentation de la tension avec les universités.

Enfin, une motion de défiance envers la présidence du CNRS est ouverte à la signature, qui demande « le retrait du projet », « une réforme en profondeur de la gouvernance du CNRS » et « la démission de M. Antoine Petit ». A ce jour, elle a reçu plus de 5 000 signatures, ce qui est considérable pour une question aussi technique.

Mais qu’est-ce qui a motivé la direction du CNRS à ainsi tendre ses relations avec toute la communauté ?

D’après le PDG du CNRS, les UMR sont trop nombreuses, et ne jouent plus leur rôle de label de qualité.

Antoine Petit explique :

« La seconde grande mission du CNRS est d’opérer les unités de recherche, qui sont devenues progressivement des UMR. Aujourd’hui, le CNRS assure la co-tutelle de plus de 860 UMR réparties sur l’ensemble du territoire national. […] Être associé au CNRS a longtemps été considéré comme un label de qualité. […] les réactions sont très vives dès que le CNRS envisage de se retirer d’une unité de recherche »

Présenter les UMR comme un simple label de qualité est très réducteur, il s’agit aussi, et peut-être avant tout, de moyens matériels, financiers et humains dont les laboratoires sans co-tutelle ne disposent pas. Dans un contexte de pénurie globale de moyens, l’enjeu est souvent majeur. Les réactions face à ce qu’on appelle la « désUMRisation » ne sont pas vives seulement pour des questions symboliques.

Notons l’usage du passé dans « Être associé au CNRS a longtemps été considéré comme un label de qualité », très différent de « est depuis longtemps considéré comme un label de qualité » : Antoine Petit semble considérer ainsi qu’être associé au CNRS n’est plus considéré comme un label de qualité. Cette affirmation nécessite une preuve.

M. Petit impute ce supposé problème à un trop grand nombre d’UMR, résistantes à toute forme de changement :

« Pourtant depuis 15 ans, la situation n’a pas beaucoup évolué […] Le CNRS a ainsi dilué son action et réduit sa plus-value, comme en atteste le nombre de ses agents permanents dans les UMR.

La réduction du nombre d’UMR est envisagée, mais qui n’a pas pu être mise en œuvre.

En affirmant que « Le CNRS a ainsi dilué son action et réduit sa plus-value », M. Petit promeut l’idée que le CNRS doit concentrer ses moyens s’il veut augmenter sa « plus-value ». La réduction du nombre d’UMR CNRS tombe alors sous le sens.

En réalité, cette réduction est un objectif ancien du CNRS, que je ne saurais pas dater exactement, mais auquel j’ai personnellement participé durant mon passage au Conseil scientifique de l’institut INS2I avant 2018, et dont j’ai pu trouver une trace en 2008. Un rapport de section fait état d’un processus de réduction se stabilisant entre 2014 et 2019. En 2018, la CPU est favorable à la réduction des tutelles des UMR, à condition qu’elle se fasse dans le dialogue. La situation a donc changé en 15 ans, mais sans doute pas assez au goût de M. Petit. Et puis les accusations d’immobilisme ne coûtent pas grand chose et permettent de légitimer les changements.

En 2022, Antoine Petit avait annoncé que « le CNRS est prêt à devenir « tutelle secondaire » d’unités mixtes » et qu’il ne voit d’ailleurs « pas de problème sur le principe » à déléguer la gestion des UMR CNRS aux universités. En clair, M. Petit était prêt à utiliser différents moyens pour retirer discrètement le CNRS des UMR, mais aucun n’a vraiment vu le jour.

Puisqu’on a échoué à réduire le nombre d’UMR, la concentration des moyens ne peut se faire qu’en différenciant les UMR existantes, d’où sans doute l’idée des « key-labs ».

Les « key labs » ont une définition et un objet particulièrement flous.

« Qualificatif », « label » ou « statut », la nature même des key-labs varie d’une annonce à l’autre. Pour l’instant, ça n’est pas clair. En plus de meilleurs moyens humains et financiers, les key-labs auront un « accompagnement renforcé » : « un travail régulier avec l’institut », « un dialogue stratégique » « une aide particulière au montage de projets européens », « une mise en valeur » et « un soutien renforcé à l’innovation »… On pourrait s’étonner que le CNRS ne puisse apporter un accompagnement aussi basique à l’ensemble des UMR.

On peut aussi se demander si « key » ne veut pas dire « clé », au sens « devant être conservé à tout prix », marquant les UMR « non clé » comme candidates à la délégation aux universités, ou à la bascule en « tutelle secondaire » par le CNRS. Cependant, le label semble être temporaire :

« Bien entendu, il n’est pas question que ces key labs forment un club fermé. […] J’insiste sur le fait que priorité ne veut nullement dire exclusivité. Preuve en est qu’aujourd’hui, 46 % des agents du CNRS travaillent pour des unités identifiées comme futures key labs. Cela signifie donc que 54 % travaillent dans des laboratoires qui ne figurent pas dans cette pré-liste. »

Le label sera attribué pour une durée de cinq ans renouvelable « au fil de l’eau » (quoi que cela veuille dire). Ce « bien entendu » ajoute énormément de confusion : à quoi bon concentrer les moyens ou sécuriser une unité pendant cinq ans, si c’est pour ensuite le lui retirer ? On sait que le « stop-and-go » est particulièrement inefficace. Il devient franchement déraisonnable lorsqu’on souhaite que que les key-labs « jouent un rôle de tête de réseau vis-à-vis d’autres laboratoires de leur domaine, notamment via la mise à disposition de plateformes ».

On peut éventuellement comprendre l’intention de maintenir les unités sous pression en évitant de leur donner trop de stabilité, ou encore l’envie pour les dirigeants de pouvoir changer d’avis, au grès de leurs priorités du moment… Mais évitons alors de se plaindre de l’absence de visibilité à courts termes, et assumons que c’est une politique consciente, au seul bénéfice des dirigeants.

Les conséquences pour les unités exclues des key-labs ne sont ni connues ni assumées.

« Les UMR non concernées au départ ne seront évidemment pas interdites de recrutement. Tout cela va s’affiner avec le temps. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit en aucun cas de mettre tous nos moyens dans ces laboratoires. »

Même s’il ne s’agit en aucun cas de mettre tous les moyens du CNRS sur les seuls key-labs (comment en pourrait-il être autrement ?), une chose parait certaine : il faudra travailler à moyens constants (en réalité décroissants compte tenu de l’inflation), et la seule manière d’avoir un « accompagnement renforcé » à moyens constants est de réduire l’« accompagnement » des unités exclues du label.

De même pour les recrutements, évidemment que les interdire serait compliqué, mais on peut tout de même compter sur une forte incitation auprès des néo-recrutés pour qu’ils préfèrent choisir un key-lab sécurisé et mieux doté à une simple UMR aux moyens limités et décroissants.

Pour les moyens comme pour les recrutements, il n’y a certes pas de décision tranchée, mais une sorte de lente différenciation qui ne s’assume pas, dans l’espoir qu’elle « va s’affiner avec le temps »… Et peut-être se transformer en mise en extinction ?

Un argument quantitatif qui masque mal une approche essentiellement idéologique.

Dans une centaine d’unités, les agents du CNRS représentent tout au plus 10 % de l’ensemble des personnels permanents. […] Cette situation limite l’impact du CNRS et, de fait, le rayonnement de la science française. »

M. Petit s’appuie sur un argument quantitatif, le taux de 10% de personnels CNRS parmi les permanents dans une centaine d’UMR, qu’il présente comme un problème pour le rayonnement de la science française. Il n’explique cependant pas pourquoi, et j’avoue ne pas comprendre non plus en quoi c’est un problème, ni être en mesure de faire un lien de causalité entre ce taux et le rayonnement de la science française.

Quoi qu’il en soit, cela à l’avantage de faire un lien discursif avec la « compétition internationale » :

« la compétition internationale nous impose de faire porter un effort particulier sur un nombre plus restreint d’unités, celles qui sont le plus en capacité de répondre aux exigences de cette compétition, des fleurons de la recherche attractifs pour les meilleurs chercheurs et chercheuses »

On retrouve ainsi le discours habituel de M. Petit, qui serait l’existence de « meilleurs » qui côtoient du « bois mort » (sic), dont il faudrait absolument se délester pour rester dans la « compétition internationale ». C’est dans la continuité de son souhait d’avoir une Loi de programmation de la recherche « inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne ». Cette aveux avait déclenché beaucoup de réactions, mais aucune de positive (par exemple ici, là ou là).

Il faut noter qu’en absence de preuve, les arguments quantitatifs ne donnent qu’une apparence de pragmatisme aux idéologies sans fondement. Or, M. Petit n’apporte aucune preuve de ses affirmations. Il n’existe d’ailleurs aucune preuve à ma connaissance que la concentration des moyens est la meilleure façon de rester performant en science. Cette approche « darwinienne », qui ne fait pas du tout l’unanimité au sein de la communauté scientifique, doit donc être considérée comme essentiellement idéologique.

Cette approche essentiellement idéologique est sans fondement légal.

Le R322-2 du Code de la recherche dispose des missions du CNRS :

Dans le cadre de la politique scientifique définie par le Gouvernement, en relation avec les besoins culturels, économiques et sociaux de la Nation et en liaison avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, le Centre national de la recherche scientifique a pour missions :
1° D’identifier, d’effectuer ou de faire effectuer, seul ou avec ses partenaires, toutes recherches présentant un intérêt pour l’avancement de la science ainsi que pour le progrès économique, social et culturel du pays ;
2° De contribuer à l’application et à la valorisation des résultats de ces recherches ;
3° De développer l’information scientifique et l’accès aux travaux et données de la recherche, en favorisant l’usage de la langue française ;
4° D’apporter son concours à la formation à la recherche et par la recherche ;
5° De participer à l’analyse de la conjoncture scientifique nationale et internationale et de ses perspectives d’évolution en vue de l’élaboration de la politique nationale dans ce domaine ;
6° De réaliser des évaluations et des expertises sur des questions de nature scientifique.

Non seulement la « compétition internationale » n’apparait pas dans la liste des missions du CNRS, mais en plus le 1° pousse dans la direction d’une large irrigation scientifique plutôt que dans sa concentration sur quelques unité estimées de « rang mondial ». On y parle en effet de « progrès » et non de « rayonnement » ou d’« attractivité ».

Pour caricaturer, les missions légales du CNRS nous disent « peu importe qu’on soit les meilleurs, pourvu qu’on progresse », ce qui est à contre-sens même de l’idée des key-labs, qu’on peut résumer par : « peu importe qu’on progresse, pourvu qu’on soit les meilleurs ». Et cela change tout, d’abord parce que progresser est possible mais qu’il est parfaitement délirant de chercher à être les meilleurs face à la Chine. Ensuite parce que ça change les objectifs chiffrés.

Un objectif quantitatif et une notion mal définie qui cachent (mal) une approche mandarinale.

Ce qui frappe en premier est l’objectif de 25% d’UMR key-labs. Pourquoi 25% ? Pourquoi pas 10% ou 35% ? Pourquoi un objectif en termes de proportion d’UMR ? Si l’objectif est uniquement la performance scientifique, ou le taux de personnels CNRS, ça pourrait aussi bien être n’importe quelle proportion. Il ne s’agit donc pas de sélectionner ce qui est bon pour la science, ni même la recherche nationale, ni même encore de rationaliser l’utilisation des moyens, mais bien de ne garder que « les meilleurs » pour augmenter artificiellement les performances du CNRS, au détriment des performances globales.

Le principal objectif est donc de sélectionner les UMR de « rang mondial » :

« Même si la notion ‘de rang mondial’ ne correspond pas à une définition mathématique précise, elle est le plus souvent largement partagée par les pairs au sein d’une discipline donnée »

Les key-labs seront donc sélectionnés par une notion non définie mais largement partagée mais différente en fonctionne des disciplines. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? A ma connaissance, s’il existe une notion vraiment partagée, c’est « moi » : « mon institut », « mon labo », « ma discipline », « mon équipe », « mon sujet de recherche ».

Tout repose alors sur « les pairs » qui prennent vraiment les décisions. Et ce ne sont bien sûr pas tous les pairs : l’écrasante majorité des pairs a appris l’existence du projet dans la presse. Il s’agit en réalité d’une ultra-minorité très bien placée, que l’on appelait autrefois le mandarinat, et qu’on appelle parfois aujourd’hui le néo-mandarinat, ou la nouvelle « oligarchie universitaire ».

Des critères trop nombreux, inopérants et qui masquent probablement une sélection essentiellement comptable.

Les critères utilisés pour sélectionner les key-labs sont au nombre de 17, dans 6 catégories déséquilibrées (6 pour « excellence », 1 pour « singularité » – très beau symbole !), sans priorité ni pondération. Une telle liste permet probablement de justifier n’importe quel choix, et ne permet donc pas de guider vraiment ces choix. La quasi totalité des critères ne sont pas associés à un indicateur objectif, et ne sont en réalité pas objectivables, surtout si le CNRS tient son engagement de ne pas utiliser d’approche biblio-métrique (notamment pour le critère « qualité et impact des productions scientifiques »).

Seuls deux critères sont quantifiables, dans la catégorie « Structure du laboratoire : Taille du laboratoire ; poids des agents CNRS ».

Dans son billet sur la question, le collectif RogueESR a divulgué ce qui semble être le document de travail pour sélectionner les key-labs, dans lequel on trouve effectivement ces seuls indicateurs par institut : le % de key-labs parmi les UMR+UPR, mais surtout le nombre moyen de permanent par UMP+UPR et le nombre de permanents par key-lab.

Selon ce tableau, le nombre de permanents CNRS par laboratoire est donc l’indicateur à augmenter. Or, le nombre de permanents est très différent de son taux : un petit laboratoire avec 10 CNRS pour 20 permanents a un meilleur taux mais un plus mauvais nombre qu’un laboratoire de 30 CNRS pour 100 permanents.

En conséquence, on peut établir l’hypothèse que par « poids des agents CNRS », les sélectionneurs n’ont pas entendu le taux, mais bien la masse. Il y aurait donc alors une prime à la taille : les gros laboratoires sont de meilleurs choix pour être key-labs que les petits, tout à fait indépendamment de leur dynamisme scientifique, ou de leur utilité dans le tissus scientifique national, simplement parce qu’étant plus gros, ils ont plus de chance d’avoir un plus grand nombre d’agents CNRS.

Ce serait alors une opération tout à fait comptable, dans l’esprit pratique d’une bureaucratie déracinée se livrant à une rationalisation administrative presque aveugle à la réalité du terrain et aux intérêts de la nation.

L’hypothèse de la taille comme critère principal de sélection des key-labs : le pire de la bureaucratie.

Un choix des key-labs en fonction de leur taille pourrait relever de la rationalisation administrative, mais certainement pas d’une recherche de performance scientifique. On pourrait argumenter au contraire que la « plus-value » des personnels CNRS est d’autant plus grande que le labo est petit : un premier personnel CNRS dans une équipe de 20 personnes change tout ; un personnel CNRS de plus dans un labo de 600 personnes passe inaperçu.

On peut aussi se demander si on fait de la meilleure recherche dans les structures les plus grosses, où il est devenu impossible de connaitre tous ses collègues, où les séminaires sont sans rapport avec notre discipline, où on ne mettra jamais les pieds dans la plupart des étages et bâtiments, et où l’essentiel des réunions ne nous concerne pas.

On peut s’inquiéter enfin que cette politique encourage les labos à des fusions sans lien avec des considérations scientifiques, pour atteindre la « masse critique », c’est-à-dire celle qui met à l’abri des politiques d’exclusion comme le sont les key-labs, même si cela dégrade les conditions de travail et les performances scientifiques nationales.

Au final, les arguments quantitatifs utilisés par M. Petit laissent surtout un goût du pire de ce que sait faire la bureaucratie : des critères non transparents, sans lien avec l’exercice des missions, et appliqués discrétionnairement pour atteindre un objectif donné sans justification, sans lien avec les missions du CNRS, et sans lien avec la production scientifique.

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Commentaire (1)

  1. ROCCA

    Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

    Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. ».
    (MN 1946)

    Quand la recherche universitaire française a été budgétairement sacrifiée (pour installer le club foncièrement exclusif de « la bonne recherche »), qu’avez-vous dit chers collègues payés par le CNRS ?

    Que vous n’étiez pas concerné….

    Répondre ↓

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