MOOC : quelques éléments de gamification ….

Les MOOC ne sont pas encore assez ludiques, tout le monde s’accorde là-dessus. Même si des badges ont récemment été introduits dans edX ou Coursera pour inciter les participants à être actifs dans les forums, nous sommes encore à des années-lumière de ce qui peut être fait. Compétitions, trophées, leaderboards, défis, tout reste à inventer; il ne faut pas se cantonner aux simples badges. Retour sur quelques éléments de gamification dont on ne parle pas assez, en nous inspirant de sites dédiés à l’apprentissage de langues ….

Premier élément, le tableau de bord. La quasi-totalité des plates-formes mémorisent les actions effectuées par leurs utilisateurs et synthétisent ces informations sous la forme d’un tableau de bord (ou dashboard pour les anglo-saxons). Il est très fréquent par exemple au sein des MOOC que les apprenants puissent visualiser la proportion des vidéos qu’ils ont visionnées ou des exercices qu’ils ont effectué. Certaines fonctionnalités plus avancées permettent de visualiser l’activité au cours du temps sous la forme de calendriers (Figure, Iknow) ou d’histogrammes, qui ont l’avantage d’être plus précis et plus visuels (Figure , Iknow). Il est par ailleurs fréquent de représenter les progrès réalisés sous la forme d’une barre de progression, qui peut aller de l’échelle du cours (Figure, Iknow) à celle de l’item (qui peut être un exercice, un QCM, etc) (Figure, Iknow). Coursera ne propose ce type de fonctionnalités qu’à l’échelle des cours.

barre coursera

Deuxième élément, l’avatar. Certaines plates-formes d’apprentissage de langues utilisent la métaphore de l’avatar pour symboliser ces barres de progression, avatar qui grandit au fur et à mesure des progrès réalisés (Figure, lingQ). Cet élément est récurrent au sein des jeux vidéos de type « jeu de rôles » (MMPORG), où l’on voit un personnage évoluer de niveau en niveau. Il est probable que des tableaux de bord un peu plus étoffés finissent par faire leur apparition au sein des plates-formes de MOOC, avec présentation des badges, mais à mon avis cela n’ira pas plus loin. Des avatars trancheraient avec l’apparence très « sérieuse » de Coursera & Co.

En revanche, il est probable qu’une partie des informations deviennent publiques, sous la forme de tableaux de bord relativement simples (Figure, Iknow et Busuu). C’est déjà le cas pour des plates-formes comme Novoed basées sur l’apprentissage collaboratif, il est probable que Coursera et edX suivent. L’idée n’est pas tant de créer de la compétition, mais de créer un peu d’émulation en jouant sur les principes de bases de la psychologie sociale (qui n’a jamais regardé la note de son voisin ?).

Après, il est très probable qu’apparaisse un autre élément de gamification qu’est le tableau de classement, ou leaderboard pour les anglo-saxons. Plus on apprend, plus on fait d’exercices, plus on monte dans le classement. Il est possible de se comparer à l’ensemble des autres apprenants du cours (parfois plus de 10.000), ou au sein de cohortes spécifiques (ses amis par exemple),  et ce à plusieurs échelles de temps (Figure, Memrise). On peut même imaginer à terme que les équipes pédagogiques organisent des compétitions synchrones, avec récompense symbolique ou réelle pour les participants qui apprendront le plus en un temps record.

Une alternative à la compétition, le concept de défi : l’apprenant lance un défi à un autre apprenant, qu’il le connaisse ou non (Figure, Busuu), pour un exercice ou un cours donné. Ou le défi peut être lancé par l’équipe pédagogique, selon le même principe que la compétition, mais sans le classement à la fin. Outre les badges, je suis persuadé que vont apparaître à terme les notions de coupes et de titres. Les titres constitueraient des « records absolus », à battre (ex. le record du monde de vitesse pour compléter au score maximal tel MOOC du MIT), alors que les coupes peuvent être distribuées par session (ex: l’apprenant le plus rapide de la session du printemps 2013). A terme, on peut même envisager des titres par pays, comme avoir un champion de France d’électronique comme on a des champions de France d’orthographe. Avoir des champions spécialisés dans l’apprentissage rapide, ou au contraire dans l’endurance, avec le nombre de cours complétés (j’ai entendu parle d’apprenants qui étaient allés au bout de plusieurs dizaines de cours, c’est un travail à valoriser).

Vraiment, en termes de gamification, nous n’en sommes qu’au début; il est certain que les années à venir vont être intéressantes de ce point de vue. Après tout, Coursera a levé des dizaines de millions de dollars pour développer la plate-forme, ce n’est pas que pour payer des billets d’avion à sa fondatrice Daphne Koller. Mais patience, patience, cela finira bien par arriver ! Cela dit, il n’est pas nécessairement besoin d’attendre que toutes les fonctionnalités soient développées pour se lancer, un peu d’imagination et de bricolage peuvent faire l’affaire. Alors n’hésitez pas …

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