Lancer un MOOC : entre risques et opportunités

http://www.dreamstime.com/stock-photography-climbing-man-ladder-image15468082Quand on se lance dans un MOOC, il faut être conscient du défi que l’on s’apprête à relever. Ce sont en général des projets à forte visibilité. Vous pouvez connaître un échec retentissant avec parfois des conséquences assez néfastes en termes de réputation, ou au contraire un succès qui vous fera connaître aux quatre coins de la planète. Avant de partir bille en tête, il faut être tout de même conscient des risques, car il y a plusieurs façons de rater un MOOC. Retour sur la question à travers une petite vidéo ….

La façon de rater son MOOC la plus courante est sans doute le flop, mais on observe aussi régulièrement des crash. Le plus célèbre est sans doute le Fundamentals of Online Education du Georgia Tech. Ce cours organisé sur Coursera, a dû fermer quelques jours après l’ouverture, avec 50.000 personnes inscrites, juste à cause d’une mauvaise scénarisation et d’une mauvaise utilisation des outils Google.Les principales causes de tels échecs sont en général le manque de temps, de motivation et/ou de compétence. Il faut une certaine capacité d’adaptation et beaucoup de réactivité pour organiser un MOOC. Des équipes pédagogiques expérimentées se sont déjà brûlé les ailes sur ce type de projet. Ne sous-estimez pas le temps que cela peut prendre.

Heureusement, les crash sont assez rares,même s’ils sont souvent médiatisés, et la plupart des échecs sont en vérité des flops. C’est simplement de ne pas avoir assez de participants, ou un taux d’abandon si élevé qu’à la fin il ne reste plus personne à la fin. Parfois c’est simplement le sujet, qui n’est pas assez attractif pour que le cours devienne massif, ou la plate-forme qui n’est pas assez visible, ou le cours qui n’arrive pas au bon moment. Mais l’équipe pédagogique peut avoir sa part de responsabilité, car la qualité générale de la formation et des ressources pédagogiques, sur le fond comme sur le forme, joue nécessairement sur le succès du MOOC.

 Autre élément à prendre en compte avant de se lancer : la concurrence, en particulier si on raisonne sur le long terme. Pour le moment, il y a très peu de MOOC francophones. Mais d’ici quelques années, de nombreux domaines seront « occupés » par tel ou tel MOOC. La compétition risque d’être rude pour les sujets transversaux attirant beaucoup de monde, en particulier pour les compétences demandées dans le monde de l’entreprise: management, finances, marketing, comptabilité, etc.

 Après, ce n’est pas parce que deux cours abordent le même sujet qu’ils sont nécessairement concurrents. Ils peuvent au contraire avoir des approches complémentaires, ou être joués à des périodes différentes pour ne pas se gêner. On peut même envisager à court ou à moyen terme des partenariats entre MOOC sur des aspects comme la pédagogie ou le recrutement des participants. Il ne faut pas considérer les initiatives similaires comme concurrentes, et le succès des uns n’empêche pas nécessairement celui des autres.

Et quand le succès est au rendez-vous, les retombées peut être très spectaculaires. Avec des dizaines de milliers de participants à chaque nouvelle édition, sans avoir à investir dans la production de nouveaux contenus. Une audience qui grandit, avec des coûts de production qui chutent drastiquement. En termes de visibilité et d’image, c’est une aubaine, pour les enseignants, les formateurs, et éventuellement la ou les structures qui les supportent. Sans compter l’aspect démocratisation du savoir et de la formation.

Cependant, il faut être honnête, l’investissement initial est conséquent. Pour l’amortir, il faut penser sur le long terme, avoir une stratégie, choisir les bons sujets, les bons outils, et s’appuyer sur des équipes motivées et efficaces. Et si l’on souhaite faire évoluer le MOOC au fil du temps, il faudra suivre l’évolution des pratiques, intégrer les innovations, partir à la conquête de nouvelles audiences. C’est un champ entièrement nouveau qui s’ouvre aux enseignants et aux formateurs, et qui ne demande qu’à être exploré.

Même si les MOOC ne sont pas l’avenir de l’enseignement et de la formation, il est certain que dans les années à venir, le numérique va prendre une place croissante. Si vous vous lancez dans un projet de MOOC, vous trouverez probablement des moyens de valoriser l’expérience que vous aurez acquise. Alors, si vous vous sentez de relever le défi, je n’ai qu’une chose à vous dire, lancez-vous. En prenant des précautions bien sûr, en mettant au point une stratégie, en vous assurant que vous avez les ressources nécessaires, en prenant votre temps si c’est nécessaire, mais lancez-vous, la chance sourit aux audacieux.

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