Quelques pistes de recherche sur l’apprentissage en ligne (pour après ma thèse)

http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photography-3d-confused-man-image24019587Il m’arrive parfois de m’imaginer faire une carrière d’enseignant-chercheur après ma thèse. Même si l’obtention d’un poste risque probablement d’être un chemin de croix, je rêve parfois aux recherches que je souhaiterais mener une fois installé. Si dans l’ensemble tous les projets que j’ai en tête tournent autour de la notion d’open knowledge (open education, open science, open innovation, etc), j’ai quelques idées un peu plus précises pour de possibles recherches à venir …

Au risque de radoter (mais c’est l’âge, vous voyez, je suis en fin de thèse), l’apprentissage hors champ institutionnel était un hobbie avant de devenir mon métier. Je fuyais en général les sujets en rapport avec mes études, et j’évitais tout ce qui avait à voir avec la biologie, concentrant l’essentiel de mon attention sur les langues (j’ai dû acheter une bonne moitié de la collection Assimil). Ce qui est amusant à apprendre, c’est que l’on n’est pas obligé d’apprendre, classique.

Dès que j’ai eu un peu de temps pour moi à la sortie de mes études, je me suis lancé corps et âme dans des projets en lien avec l’apprentissage en ligne,  au point de décider de faire ma thèse sur le sujet dès que l’opportunité s’est présentée, histoire de pérenniser la démarche. En arrière-plan, je me disais que c’était encore le meilleur moyen de m’adonner pleinement à ma passion. Que nenni. Bien sûr, j’ai suivi quelques MOOC au cours de la première année de doctorat, histoire de m’imprégner un peu du sujet, mais au fond, cela ne faisait pas à proprement parler partie de mes recherches. Et on peut dire que j’ai méchamment décroché de l’apprentissage formel en ligne ; cela fait une éternité que je ne me suis plus connecté à un site de langues. Pas le temps. Ou plutôt, je ne prends plus le temps pour ça. Si vraiment je voulais, je pourrais prendre sur d’autres loisirs et me replonger là-dedans, mais vous voyez, quand vous passez votre journée à travailler sur l’apprentissage en ligne, et bien le soir vous avez parfois (souvent) envie de décrocher. Ironie du sort, je considère avec une certaine forme de nostalgie tout ce qui relève de la biologie ou de l’écologie. Comme quoi, on n’est jamais contents.

Dans le cadre de mes recherches actuelles, je fais essentiellement des entretiens, de l’analyse de bases de données, et de la bibliographie. Plus vraiment de temps pour continuer à s’autoformer en ligne, ce qui est un comble pour quelqu’un qui voulait devenir spécialiste de la question.  Tout ce travail de théorisation est super intéressant; cela permet de prendre un peu de recul, replacer ces questions d’autoformation dans une perspective historique, pouvoir nommer et identifier les mécanismes à l’oeuvre. Mais ça m’éloigne un peu trop du terrain. Outre le fait que je n’apprends plus assez à mon goût, cela ne fait pas assez progresser ma compréhension de l’écosystème (technologies, acteurs, etc).  Mon rêve serait de mener mes recherches de sorte à pouvoir pratiquer, tout en approfondissant ma connaissance de l’écosystème voire peut-être pouvoir contribuer à ma manière à son développement. Et il faut que le tout soit de la recherche scientifique, pas un passe-temps ou une distraction. Voilà une question qui pourrait être abordée de manière scientifique : Quelles sont les limites de l’autoformation en l’état actuel des choses ?

Voilà une question toujours d’actualité, qui me permettrait de suivre un petit groupe de personnes dans leur trajectoire d’apprentissage et d’être mon propre cobaye, tout en continuant à approfondir ma connaissance de l’écosystème numérique et institutionnel. Après avoir travaillé sur la question de l’élargissement des audiences et l’hétérogénéité à travers les MOOC, je souhaiterais voir jusqu’où on peut repousser les limites quand on a la foi. Ce sont les multiples rencontres avec des Serial MOOCeurs qui m’ont inspiré. L’esprit qu’ils incarnent représente à mes yeux l’avenir de l’apprentissage, que ce soit en formation initiale ou continue. L’idée serait alors de se concentrer sur quelques disciplines, par exemple les langues, la programmation, les statistiques, l’électronique (j’ai un faible pour tout ce qui relève des « hard skills »), entre autres parce qu’il est plus facile d’évaluer l’acquisition de compétences procédurales facilement objectivables que des « soft skills » comme la gestion de projet, la qualité rédactionnelle ou l’esprit critique.

Je pourrais même expérimenter sur moi-même, histoire d’avoir des données plus complètes, et pour m’amuser un peu. Allez, on se met à une langue qu’on ne connaît pas du tout, genre le tibétain ou l’indonésien, et on voit jusqu’où on peut aller. Apprenant professionnel quoi, mais avec une démarche de chercheur (on note tout, on étudie tout) : je serai mon propre cobaye. Outre le travail sur les pratiques autodidactiques, cela permettrait de mieux appréhender ce qui manque dans l’écosystème, comprendre les directions que l’on devrait emprunter, et notamment la manière dont la puissance publique pourrait permettre à cet écosystème de fructifier. Bon, après il faudra que je trouve du temps  pour m’occuper de tout ce qui est open science et tout ça, histoire de capitaliser aussi un peu sur ma formation scientifique, mais ça c’est une autre histoire. Déjà Matthieu, si tu finis ta thèse et que tu trouves un poste, il faudra t’estimer heureux. Du coup j’arrête de rêver et je me remets au boulot pour finir ça au plus vite !

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