Après les MOOC, les SPOC

Les SPOC, pour Small Private Online Course, vous en avez sûrement entendu parler. C’est le même principe qu’un MOOC: une formation de quelques semaines sur un sujet donné, sauf que ce n’est ni massif, ni open (il faut payer). Ce sont des classes de 20 à 40 personnes, avec un suivi personnalisé des inscrits. Depuis quelques mois déjà, la startup Unow a lancé Capitaine SPOC, une plate-forme sur laquelle vous trouverez aussi bien des cours sur les méthodes agiles que sur le droit du travail et la gestion du stress (j’avais fait un article dessus dans mon blog MOOC&Co). Je vous propose de revenir rapidement sur le lien entre MOOC et SPOC avec Jérémie Sicsic, fondateur de Unow.

Le caractère ouvert et (parfois) massif des MOOC est considéré par certains comme un point négatif des MOOC. Selon vous, dans quelle mesure est-ce problématique, et dans quelle mesure peut-on au contraire en faire un atout ?

Ma première réponse serait de dire que ce n’est pas problématique au contraire, c’est ce qui fait la richesse et la puissance du web ! Mais si on va au-delà, on se rend compte que l’hétérogénéité du public des MOOC est un défi. Tout d’abord pour les concepteurs de MOOC, qui conçoivent le dispositif à destination d’un public ciblé, en exigeant parfois la maîtrise de certains prérequis. Le fait que le MOOC soit ouvert implique nécessairement que le public du MOOC aille au-delà du public ciblé, ce qui explique en partie la faiblesse des taux de complétion. Mais cela entraîne aussi une plus grande difficulté dans l’animation du MOOC, puisque les questions posées par les apprenants sont très hétérogènes, en même temps que cela crée une richesse de points de vue. C’est là où le caractère massif du MOOC peut se transformer en atout, à condition que l’on dispose des outils de suivis nécessaires à l’animation et au pilotage du MOOC. C’est ce constat qui nous a permis de développer sur la plateforme Unow des outils permettant de gérer le massif : une évaluation par les pairs performante, des outils d’analyse de données d’apprentissage en temps réel, permettant d’agir à l’échelle de chaque apprenant, des fonctionnalités de groupes permettant de réunir les apprenants en « petit comité » pour augmenter le taux de complétion…L’idée étant de conserver les avantages du massif tout en limitant ses défauts.

Est-il possible de privatiser certaines sections d’un MOOC, comme un forum, pour des entreprises qui le souhaiteraient ?

Oui, notamment grâce à la fonctionnalité de groupes que nous avons développée. Les participants d’une entreprise suivent le MOOC en même temps que tout le monde, ce qui leur permet de bénéficier des atouts du massif. Mais en plus de cela, ils possèdent un espace privatisé avec leur propre forum d’échange, la possibilité de créer en autonomie des classes virtuelles depuis la plateforme, de partager des fichiers, d’échanger par chat… Cela permet ainsi de créer des SPOC (Small Private Online Course) à l’intérieur du MOOC, ce qui constitue notamment la deuxième source de revenus après la vente de certificats authentifiés.

Certains des MOOC que vous avez contribué à mettre en place sont d’ores et déjà intégrés dans des cursus de formation en entreprise ? Comment cela se passe-t-il concrètement, auriez vous des exemples ?

Nous proposons en effet de privatiser les MOOC conçus avec nos partenaires, tels que Centrale Lille et le MOOC Gestion de Projet (GdP), et de les intégrer au cursus de formation en entreprise. Nous avons vu comment nous pouvions transformer le MOOC en SPOC en créant un espace privé à l’intérieur du MOOC. Nous pouvons aller plus loin, en adaptant le MOOC dans un contexte intra-entreprise. Nous personnalisons ainsi une partie des contenus au contexte de l’entreprise, nous mettons en place une animation spécifique et créons des activités sur-mesure, telles que des projets fil rouge conçus en fonction des problématiques internes. Nous pouvons citer l’exemple du SPOC réalisé avec l’Agence Universitaire de la Francophonie, avec qui nous avons adapté le MOOC GdP à destination de 300 salariés, en ajoutant un module supplémentaire, en créant une étude de cas avec évaluation par les pairs, et en mettant en place une animation spécifique en collaboration avec l’interne. De cette expérience nous est venue l’idée de créer des SPOC de toute pièce, ce que nous faisons sur la plateforme Capitaine SPOC qui référence aujourd’hui plus de 20 formations destinées à un public professionnel.

Fin de l’entretien

PS : Beaucoup de gens disent que le SPOC, c’est du e-learning rebrandé. On parlait justement de ça avec Unow hier (je passe une fois environ par mois chez eux pour travailler sur leurs données et me faire battre au ping-pong), quelle est la spécificité des SPOC par rapport aux formations à distance et au e-learning traditionnels. Bah la différence, c’est que dans un SPOC (de Unow du moins), quand tu ne t’es pas connecté ou que tu es en retard dans tes rendus, il y a quelqu’un qui finit par décrocher son téléphone pour demander si tout va bien; et ça, dans le e-learning et les FOAD, ça arrive pas souvent. Bon, on se refera des articles SPOC, car cela finit par être pas mal à la mode …

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