Lucas Grimont, ou comment les MOOC aident (parfois) à trouver un emploi !

Lucas GrimontAujourd’hui, je vous présente Lucas Grimont, un superMOOCeur que j’ai rencontré à l’occasion du MOOC « Monter un MOOC de A à Z ». Par superMOOCeur, j’entends ces gens qui s’investissent corps et âme dans le suivi de MOOC. Il y en a de plusieurs types; il y a ceux qui font ça avant tout pour leur travail, parce qu’ils ont un projet en tête, il y a ceux qui font ça pour leurs loisirs, comme on regarderait un documentaire, et il y a ceux qui le font pour les deux. Lucas appartient davantage à cette dernière catégorie. Portrait d’un MOOCeur hors du commun (qu’on a d’ailleurs vu dans les colonnes de Challenges il y a quelques mois).

Première chose, l’intensité du travail  « Je faisais [des MOOC] du lundi au vendredi, je faisais à peu près du 8h 20h, je devais faire dans les 60 heures par semaine […] sur deux mois; après j’ai trouvé mon job. » Voici comment ce s’est passé : « J’ai fait d’abord [des MOOC] pour ma profession, quand je faisais le MBA. Je n’ai fait qu’Internet les autres et moi parce que je n’avais pas trop le temps, je devais faire deux missions d’expertise en un an et en plus de l’alternance il y avait le contrôle continu, l’examen, la soutenance; je n’avais vraiment pas le temps. Dès que j’ai fini mon MBA par contre j’ai enchaîné parce que je finissais mon contrat pro, j’ai eu deux mois et je me suis formé dans la programmation pour trouver un nouveau job, et j’ai réussi. Et là, vu que je veux un autre job encore, même si j’en fais aussi pour ma culture personnelle, c’est majoritairement pour des raisons professionnelles.« 

C’est donc à la sortie du MBA que la frénésie MOOC a commencé : « Je voulais acquérir un maximum de compétences en deux mois; je travaillais beaucoup, je travaillais 10/12 h par jour en semaine, mais ça m’a permis en deux mois d’apprendre à coder, à faire des choses que je ne savais pas du tout faire avant, ça m’a ouvert des portes pour un emploi tout ça. » A la question de l’influence que les MOOC ont eu sur l’obtention de son emploi, Lucas est catégorique : « Dans mon cas j’ai passé trois entretiens. Dans les trois il y en avait deux qui savaient ce qu’étaient les MOOC. Les trois trouvaient que c’était un gros plus et pour le job que j’ai obtenu, il était nécessaire de savoir coder – ce que je ne savais pas faire avant le MOOC – et je peux le prouver grâce au certificat Open Classrooms (OC), que son designer connaît. Tout le monde connaît OC, c’est grâce à ça que j’ai eu le job, clairement. Il m’a dit même, ce qui est drôle, ces deux MOOC que j’ai passés en deux semaines je crois, trois semaines, ça valait plus que mon MBA ou mon Master, qui ont pris trois ans. » Un propos qui est plutôt encourageant pour le numérique pédagogique, même si je pense que c’est une manière de penser est plutôt spécifique à ce secteur d’activité.

Il faut également savoir que Lucas fait partie de ces superMOOCeurs qui aiment travailler en équipe, et poussant le sérieux jusqu’à faire des ‘questionnaires de postulation’ pour ne sélectionner que les plus motivés dans son équipe. « Sur [le MOOC] Gestion De Projet ça ne pouvait pas être mieux. J’étais le premier à poster un message sur les forums, du coup j’avais un maximum de vues sur la présentation de mon projet. J’avais tout de suite fait un questionnaire de postulation, pour savoir un peu les profils des gens, ce qu’ils pouvaient apporter, leur expérience, leur disponibilité et tout ça. Du coup on a eu une super équipe, on a fait un projet du tonnerre, on a vraiment cartonné. » Face à mon étonnement, il m’explique : « J’avais déjà travaillé comme ça sur Internet. Un questionnaire de postulation c’est obligatoire, parce que sinon y en a ¾ qui disent « je suis intéressé tout ça », tu dis oui parce que tu veux montrer que tu recrutes des gens, que ça avance,  mais au final c’est pas forcément les bons candidats, et en plus de ça ça motive. […] Il faut être très sérieux sur Internet. On n’est pas en physique, il n’y a pas de contraintes, il n’y a pas d’obligation comme en entreprise, donc si tu prends pas des personnes sérieuses ça part en live. »

Et du sérieux, il en faut. Dans un MOOC sur les Ressources Humaines de l’Ecole Française de Comptabilité, l’équipe a fait beaucoup plus que ce qui été demandé. « On a fait un super dossier aussi, 70 pages, plus de 50 documents analysés, un Google Slides de 80 slides, une quinzaine de documents. Un questionnaire d’entrée pour l’intégration dans l’équipe, un questionnaire d’entreprise, on est allés leur demander ce qu’elles connaissaient sur les MOOC et tout et tout, parce que les sujets de notre projet c’était l’entreprise, non la formation de l’entreprise à l’air du digital, et un questionnaire de bilan, on a fait tout ça en moins de deux mois je crois. […] En tout, ça fait deux cent pages à peu près. Parce qu’on a plein de documents annexes et tout. On a étudié 52 bouquins ! ».

Voilà voilà, c’est tout ce que je voulais vous dire pour le moment sur Lucas. Quand on conçoit un MOOC, il faut également penser à ces super apprenants (que Allen Tough a étudiés au cours des années 1970, pas besoin de MOOC pour vouloir apprendre) ! J’ai utilisé le terme SuperMOOCeur, c’est pas très joli, mais j’ai préféré l’acronyme anglais MOOC au français FLOT (sinon ça fait superfloteur, ce qui est pas top, hein). Des superMOOCeurs, je vous en présenterai probablement d’autres dans les mois qui viennent (comme j’ai pu le faire avec Vincent Datin il y a quelques mois), car je prépare un article spécifiquement sur eux. Ils sont peut-être minoritaires au sein des MOOC, mais ils incarnent un mouvement qui a je l’espère de l’avenir devant lui !

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