Le métier d’enseignant-chercheur à l’heure du numérique.

Pendant que je rédige ma thèse, enfermé dans mon salon à Paris, vous êtes sûrement nombreux à la plage ou à la montagne. Rah, profitez bien, petits veinards. Je ne suis pas rancunier, la preuve je vous ai rédigé un petit billet un dimanche après-midi pour agrémenter vos vacances. La rédaction, c’est un passage obligatoire dans une thèse, et je savais à quoi je m’engageais en signant (ou pas, d’ailleurs). Mais j’avais envie de me détendre, sortir du formalisme de l’écriture académique une petite heure, alors j’ai écrit un billet de blog. En juin, j’avais fait une intervention au Collège de France intitulée « Le métier d’enseignant-chercheur à l’heure du numérique« , dans un colloque passionnant organisé par Pierre-Michel Menger. L’objet n’était pas d’aller dans le détail de mes recherches – 30 minutes, c’est trop court – mais de faire un panorama rapide de la question du numérique dans notre métier. On va de l’Open Science à l’Open Education en passant par l’Open Access, l’Open Data et l’intégration des MOOC dans les cursus. Quelques commentaires sur cette présentation, vidéo à l’appui …

Dans cette présentation, je commence par souligner l’importance du partage des articles de recherche en Open Access, et du partage de ses données en Open Data. C’est aussi bien par souci de transparence que par recherche de qualité. Quand tout un chacun peut refaire de chez lui les analyses qu’on fait dans un article, on porte davantage d’attention à ce que l’on dit. Plus question d’être cru sur parole, et gare à ceux qui manipulent leurs données pour leur faire dire ce qu’ils veulent. La logique d’Open Data oblige à faire plus attention à la manière dont on gère ses données; elle a déjà contribué à modifier le comportement des administrations qui l’ont adoptée (cf. data.gouv.fr), il serait bon que la logique se diffuse plus largement dans le milieu de la recherche.

On évoque ensuite le fait qu’il y a un public hétéroclite qui utilise ces ressources en Open Access, au même titre qu’il y a un public hétérogène qui consomme les MOOC. De la même manière que ce ne sont pas que des étudiants qui suivent les MOOC, ce ne sont pas que des chercheurs qui lisent les publis en Open Access (même s’ils sont sans doute majoritaires). Pour le coup, il serait intéressant de faire des recherches sur les consommateurs de l’Open Access en recherche, un peu dans la logique de ce que j’ai pu faire sur les MOOC, car un peu de données pour étayer ce genre de discours ne ferait pas de mal. Ce que je fais dans cette présentation s’apparente à du storytelling.

Question Open Education, j’attaque sur le fait que les MOOC ne sont que les nouveaux venus dans un secteur de l’apprentissage en ligne largement dominé par des acteurs privés (De Busuu à Codeschool en passant par Lynda.com). Après avoir discuté de l’importance de cet écosystème numérique, je parle de son intégration au sein de la formation initiale, avec les problèmes que cela peut poser en termes de cohérence des cursus, de liberté pédagogique ou de colonialisme numérique. Bref, cette présentation a les défauts de ces avantages : elle brasse large, mais du coup on peut avoir du mal à voir la cohérence (tiens, mais cela me rappelle un peu le problème auquel je fais face pendant ma rédaction de thèse). J’ai envie de dire, si vous voulez en savoir plus, allez visionner la vidéo, et on peut débattre un peu dans les commentaires.

Bon, allez, je retourne rédiger, il faut profiter du fait que je n’ai pas de réunions ou de mails auxquels il faut répondre, car la rentrée va être tendue, entre les séminaires, les articles à envoyer, les colloques, une intervention à l’Ambassade de France à Moscou fin septembre et peut être une autre à Columbia (si je suis sélectionné), la rentrée va être sportive.

PS : Avant de regarder cette vidéo, je demande un peu d’indulgence, car il m’arrive à l’oral de dire un mot pour un autre, et je n’arrive pas toujours à exprimer mes idées aussi clairement que je le fais à l’écrit. Je m’excuse donc en avance si dans la présentation j’ai pu utiliser certains mots qui n’étaient pas toujours appropriés. Par ailleurs, quand j’affirme que certains MOOC atteignent une audience interplanétaire, je voulais dire « planétaire », ou « internationale », et les deux mots se sont mélangés dans mon discours. Non, je vous rassure, les petits hommes verts ne suivent pas encore les MOOC d’électronique du MIT,  du moins, pas à ma connaissance.

PPS : Je parle, je parle, mais je n’applique pas toujours, comme je le souligne dans la présentation. Pour le moment je n’ai pas encore partagé mes données car elles ne sont pas assez propres et j’ai d’autres priorités, mais je ne manquerai pas de le faire une fois ma thèse soutenue et mes principaux articles soumis.

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