Pourquoi un tel attrait pour l’open education ?

Aujourd’hui, petit billet autobiographique sur mon intérêt pour l’open education, qui permettra sans doute aux lecteurs et lectrices de mieux cerner le profil de celles et ceux qui s’engagent dans ce secteur d’activité. Je commencerai par préciser que la rencontre avec de nombreux universitaires engagés m’a fait prendre conscience au fil des ans de la multiplicité des motivations qui poussent à s’intéresser au numérique éducatif, et plus généralement, aux technologies pour l’éducation et la formation. Dans le milieu des startups, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui sont intéressées aux questions d’éducation avec la volonté de faire évoluer la situation. Frustré par un aspect de ses études, tel jeune entrepreneur réagit en se constituant comme force de proposition. Fraîchement sorti d’école de commerce, il se revendique par exemple de la philosophie du « change making » et n’hésite pas à se lancer dans un champ, la « edtech », qu’il sait pourtant peu porteur financièrement. En concevant un service fondé sur le numérique, il espère faire changer les lignes sur un secteur donné.

Ces entrepreneurs et entrepreneuses officient à tous les étages, de l’école primaire à la formation d’adultes en passant par le collège ou l’université. Ils ou elles n’ont pas l’apanage de cette démarche, et nombreux sont les étudiants en sciences de l’éducation dont l’état d’esprit est similaire, particulièrement parmi les doctorant.e.s. S’inscrire dans le paradigme de la recherche-action est une possibilité offerte à tous ceux qui veulent mêler réflexion et innovation dans leurs travaux. Dans le champ des technologies éducatives, pléthore de travaux ont été menés dans le champ de la Recherche Orientée par la Conception, ou Design-Based Research en anglais; ces paradigmes offrent un cadre épistémologique dans lequel inscrire leur démarche. Cette possibilité à catalysé ma reconversion dans les sciences de l’éducation après des études d’écologie, troquant alors une cause qui me tenait à cœur – la conservation de la biodiversité, pour une autre : l’éducation.

Cette décision prend ses racines dans la perception que j’ai développée vis-à-vis de l’éducation reçue au sein d’institutions élitistes telles que le Lycée Henri IV et l’Ecole Normale Supérieure de Cachan. Ces établissements inculquent une forme de boulimie du savoir et exigent beaucoup de leurs étudiants ; ils représentent encore des fleurons du système éducatif français. Néanmoins, lorsqu’on y entre avec une certaine vision de ce que devrait être le service public, ils peuvent choquer par leur malthusianisme.

Que de ressources consommées pour un si petit nombre d’élèves ou d’étudiants. Par exemple, les khôlles, fort coûteuses pour l’établissement, se faisaient par groupes de trois. A l’ENS, les promotions sont constituées généralement de moins d’une vingtaine d’étudiants. Les enseignements sont certes d’une grande qualité, mais ils ne profitent qu’à un si petit nombre de personnes. Ce constat amène naturellement à la question suivante des jeunes personnes férues de technologies digitales : le numérique ne pourrait-il pas permettre de voir plus large, d’atteindre des objectifs plus ambitieux en matière de nombre de personnes touchées par les enseignements, de pousser un peu les murs de la classe ? Cette interrogation a aiguisé mon intérêt pour les MOOC et plus généralement pour l’open education. La démocratisation de l’enseignement supérieur passait dès lors dans mon esprit par une forme d’industrialisation de la conception de formations d’une part, et par la diffusion au plus grand nombre des contenus pédagogiques d’autre part.

Nombre de personnes traversent leurs études sans se poser la question de la démocratisation des enseignements, ou de savoir si l’argent du contribuable est dépensé de manière optimale. Les valeurs familiales ont beaucoup joué sur la manière dont je réagis au malthusianisme des institutions élitistes où je fis mes classes. Mais je n’en dirais guère plus ici, l’explicitation de ces valeurs familiales m’amenant trop loin dans des considérations autobiographiques. En espérant que ces quelques lignes vous permettront de mieux comprendre comment on peut venir à se pencher sur ces questions !

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