Hybridation et ressources externes, quelques questions à se poser

Imaginons que vous soyez dans une logique d’hybridation de vos cours ou de vos formations, je vous propose dans ce billet d’explorer quelques questions stratégiques absolument incontournables que vous devrez vous poser, donc les questions préliminaires classiques. Tout d’abord, quelle est la part de synchrone et d’asynchrone ? Quelle est la proportion relative du distanciel et du présentiel? Quelle composante de votre formation digitaliser ? Est ce que vous voulez tout digitaliser ? Seulement une partie, par exemple, les exercices ? Il faut également se poser la question de la part relative des ressources exogènes et des ressources autoproduites, c’est à dire que vous aurez produit de vous-même, par opposition à des ressources que vous aurez glanées, par exemple, sur Internet. Est-ce que, même si vous produisez vos propres ressources, vous préférez des ressources bon marché ou investir dans des ressources assez exigeantes ? C’est la focale du jour.

Commençons par ma question préférée donc : ressources exogènes, externes, ou ressources autoproduites ? Il y a beaucoup de gaspillage quand vous allez produire des ressources vous-même. Beaucoup de travail de conception, mais très peu d’utilisation, c’est un classique. Du coup, pourquoi ne pas aller chercher ailleurs vos ressources? Il y a plusieurs choix possibles. Évidemment, vous pouvez aller travailler avec des éditeurs, des plateformes de contenus interactifs pour l’enseignement supérieur ou pour la formation des adultes. Vous allez sur Coursera par exemple trouver des vidéos, des exercices, activités ou vous pouvez aller sur Smartbook par exemple, un manuel interactif produit des éditeurs comme McGraw-Hill. Si vous n’aimez pas les éditeurs, vous pouvez vous concentrer sur des ressources institutionnelles, des ressources éducatives libres produites par d’autres enseignants qui les partagent gratuitement. Comme ça ou vous ne donnez pas d’argent ou vous traitez pas avec un éditeur privé. Mais sachez que vous allez probablement devoir faire un énorme travail de transformation des ressources malgré tout si vous allez dans cette voie.

A titre personnel, j’enseigne les statistiques et la data science en général, et j’envoie souvent mes étudiants sur une plateforme qui s’appelle Datacamp, avec différents projets clé en main. J’en ai parlé dans de nombreux budgets. Très peu de travail d’éditorialisation de ma part. L’avantage de cette approche, c’est que finalement, on peut suivre assez précisément ce qui a été fait ou non par l’étudiant.e. Quand les mobiliser ? Si vous voulez être dans une recherche de visibilité de votre formation, de votre établissement, cela va de soi, envoyer sur des ressources externes comme Datacamp, cela ne va pas vous apporter la moindre visibilité. En revanche, si vous êtes dans une recherche d’économie d’échelle, cela va être beaucoup plus intéressant d’intégrer des ressources externes. Si vous saviez le temps que j’ai économisé en procédant comme j’ai fait … C’est incroyable, j’ai pu prendre en charge le double ou le triple de cours que si j’avais tout produit moi même.

Le problème, c’est que l’on n’est pas tous égaux selon les disciplines que l’on enseigne. En ce qui me concerne, j’enseigne la data science, où il y a énormément de ressources. Je ne suis pas expert, mais il est probable qu’un praticien qui enseigne la littérature ou la poésie américaine soit bien plus dépourvu que moi.

Ensuite, imaginons que vous soyez dans une logique de production de vos propres ressources. On va se poser la question du coût et de la qualité de ce que vous faites si vous voulez aller sur des vidéos de qualité studio. Est-ce que vous voulez époustoufler les gens qui regardent la vidéo? Avant de répondre à cette question, il faut savoir que le temps nécessaire pour vraiment digitaliser une unité d’enseignement, avec un haut niveau d’exigence eu égard à la qualité, cela se compte plutôt en dizaines, voire en centaines d’heures.

Donc, il va falloir réfléchir aussi sur la base des disponibilités de vos équipes avant de vous lancer sur des grands projets de digitalisation et avant de choisir le type de ressources que vous allez produire. Souvent, les projets d’hybridation sont de vastes opérations de gaspillage de ressources – en achat de hardware par exemple, en temps – opérations qui, parfois, vont vacciner les enseignants contre le digital. Le risque est de créer une forme de rejet aussi. Donc, il faut être très, très stratégique en termes de choix des ressources externes / internes. Si c’est une charge supplémentaire trop lourde pour les enseignants, de donner dans l’hybridation, clairement, ça aura du mal à prendre. Cette considération m’a amené à produire un cours en ligne centré dans une large mesure sur les ressources externes, justement, dans le cadre de Hype 13. Je vous en reparle bientôt …

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